Procrastination podcast s09e19 – Introduire les personnages

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s09e19 – Introduire les personnages« .

Introduire les personnages est une étape cruciale de la narration, et potentiellement délicate, car les présenter pour susciter l’intérêt de la lecture peut aller à l’encontre du rythme de la narration. Comment naviguer ce paradoxe, s’il existe vraiment ?

Lionel place l’importance sur le fait de connaître en profondeur ses personnages, se concentrer sur l’histoire et la dramatisation, et compter sur des situations intéressantes pour voir émerger l’ensemble.

Estelle signale que les jeunes auteur·ices tendent à se focaliser un peu trop sur la description physique, qui n’est même pas forcément nécessaire ; elle propose de montrer plutôt les personnages en action et interaction, avec quantité d’exemples à étudier.

Mélanie rappelle qu’en amont même de la narration, la place du personnage dans l’intrigue, la forme choisie pour le point de vue vont aussi dicter la manière de s’y prendre, et met en relief les différences d’approche entre roman et nouvelle.

Références citées

  • James Bond, personnage créé par Ian Fleming
  • Martin Eden, Jack London
  • Madame Bovary, Gustave Flaubert
  • Lestat le vampire, Anne Rice
  • The Marvelous Mrs Maisel, série d’Amy Sherman-Palladino
  • Joe Michael Straczynski
  • Anton Tchekhov
  • Le Prince cruel, Holly Black
  • Vernon Subutex, Virginie Despentes
  • I. G. H., J. G. Ballard
  • Nous avons toujours vécu au château, Shirley Jackson
  • Rebecca, Daphné du Maurier

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2025-08-04T11:04:22+02:00lundi 16 juin 2025|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s09e19 – Introduire les personnages

Le monde est différent. Nous pas.

Well, fuck.

John Scalzi

Je ne vais pas prétendre que j’ai une grande analyse profonde à vous proposer alors que le monde entier a la gueule de bois, que nous sommes innombrables à être terrifié·es du monde dans lequel nous nous réveillons aujourd’hui et de ce qui nous attend pour les quatre ans à venir.

Une pensée cruciale, cependant : il est indispensable de ne pas baisser les bras. Je sais qu’on en a tou·tes gros sur la patate, que le monde est vraiment très très compliqué, est-ce qu’on pourrait calmer un peu le manège un moment s’il vous plaît – il est sain et normal de se poser un peu avec ses émotions, d’accepter qu’on vient de prendre une brique sur le coin de la gueule et que ça fait mal, deux secondes, je dis aïeuh, je suis à vous dans un instant.

Cependant, la vie n’est pas finie, la civilisation n’est pas vaincue, le monde n’est pas mort. Je sais que c’est extrêmement tentant de penser ou de parler ainsi, parce qu’on en a marre, mais les mots ont du pouvoir, et si nous commençons à les dire, même de dégoût, ils finiront, à force, par prendre de la réalité. Nous créons notre environnement autant qu’il nous façonne.

That is very much how autocracies take hold. People get tired of fighting. Mass withdrawal from the public sphere is the foundation of autocracy.

https://talkingpointsmemo.com/edblog/status-check-before-midnight – emphase de mon fait

L’avenir peut sembler bouché, le monde épouvantable, et ils le sont à bien des degrés. Les droits de tout ce qui n’est pas hétéro, cis, homme, blanc et riche, l’équilibre géopolitique, le climat, tout ça se trouve en très réel danger. La colère envers les irresponsables qui ont voté pour un criminel fasciste est légitime. Mon cœur saigne pour tous les amis qui se trouvent là-bas et les innombrables personnes qui ne voulaient pas de lui.

Pour essayer de nous donner une lueur d’espoir, rappelons-nous que :

  • Dans les années 1950, le McCarthysme battait son plein avec l’existence d’un comité jugeant les activités anti-américaines (HUAC).
  • Dans les années 1960, la crise de la baie des Cochons a amené le monde au bord de la Troisième Guerre Mondiale.

Le monde a survécu, et ce qui passe pour notre civilisation aussi.

Ce n’est absolument pas pour minimiser et dire que tout ira bien – non, parce que l’élection de Trump et ses doctrines vont faire, et font déjà plus que ravages : des morts. Et ça n’est que le début. Mais sa présence n’est pas une fatalité, un signal d’extinction. L’humanité a déjà connu des crises graves, et elle est encore là, grâce à la décence, aux bonnes volontés, aux personnes courageuses qui ont gardé un compas moral.

La seule véritable catastrophe consiste à jeter l’éponge. Ne le faisons pas, où que nous soyons. Tou·tes, à notre échelle, nous devons résister, par la pensée, la parole et l’acte.

Et, en passant, l’une des leçons les plus immédiates et tellement faciles à retirer pour nous dans le reste du monde, c’est qu’il faut voter. Les extrémistes vont toujours aux urnes, et quelle que soit l’opinion qu’on pouvait avoir de Kamala Harris, la situation était claire : dans un cas, il y avait une candidate respectueuse du processus démocratique, des institutions de son pays, dans l’autre, un autocrate avéré, condamné plusieurs fois, leader d’une insurrection, qui cite Hitler tranquille.

Ce n’est pas la même salade. Du tout. Et si la France ou d’autres pays se trouvent confrontés à ce même genre de situation, j’espère que nous aurons collectivement la clairvoyance de le constater, quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir de « l’alternative ».

Les votes comptent. Les États-Unis vont endurer quatre ans (on espère que ça se limitera à ça) très douloureux, et le monde aussi, par voie de conséquence. Qu’il le veuille ou non, ce pays montre le chemin au monde: maintenant qu’ils ont fait cette erreur colossale, ne la faisons pas à notre tour. Et ça peut être, parfois, aussi décisif que bouger son cul en nombre pour éviter qu’une pure ordure se retrouve élue par défaut.

2024-11-07T06:14:36+01:00jeudi 7 novembre 2024|Humeurs aqueuses|3 Commentaires

Le podcast Elbakin.net recrute : saisissez cette chance (et les autres, sacredieu)

Ceci est une actu :

Après quelques mois d’interruption, le podcast Elbakin.net est de retour en septembre 2024 !
Cette nouvelle saison s’annonce, on l’espère, riche en surprises et en nouveautés. Et pour cette rentrée 2024, nous avons décidé de redonner un nouveau souffle à notre podcast, notamment en intégrant de nouvelles voix ! Pour ce faire, nous cherchons donc des personnes qui souhaiteraient rejoindre notre équipe de podcasteurs bénévoles.
Vous êtes passionné(e) par la fantasy ? Vous aimez discuter de vos lectures, de vos films ou séries préférés ? Vous avez toujours eu envie de participer à un podcast ? Rejoignez-nous ! Que vous soyez un(e) lecteur(trice) assidu(e), un(e) cinéphile averti(e) ou un(e) gamer(euse) passionné(e), votre profil nous intéresse. Pour postuler, envoyez une présentation ainsi que, pourquoi pas, un court enregistrement audio dans lequel vous partagez votre avis sur une œuvre de fantasy de votre choix.
Nous avons hâte de découvrir vos talents et de vous accueillir dans notre équipe ! Pour plus d’informations et pour envoyer votre candidature, contactez-nous à l’adresse suivante : podcastelbakin@gmail.com.

Et j’en profite pour houspiller ceux du fond. Parfois circulent sur forums, réseaux, etc. un certain désœuvrement concernant le milieu professionnel de l’imaginaire et de l’édition au sens large, qu’on lit comme occulte, difficile d’accès, opaque, faut coucher pour réussir, etc. Déjà, mes amis, avec les ressources qu’on a en 2024 (chuchote façon ASMR Interneeeet), vous n’imaginez pas la chance que vous avez, mais surtout :

Une occasion, en voilà une, et magnifique avec ça.

Anecdote : il y a quelques années, j’étais intervenant extérieur à la fac d’Angers en Master de traduction littéraire. Une vingtaine de personnes, à la louche. À Angers se tient le festival ImaJn’ère qui est un festival littéraire d’imaginaire, mais littéraire, donc. Parmi mes étudiant·es figurent des aspirant·es à l’imaginaire ; je leur dis, hé, vous avez ça dans les week-ends à venir, c’est cool, venez. Dans ma naïveté, j’imagine évidemment voir les deux tiers de la promo (l’intégralité des imagineux + une bonne part du reste).

Qui j’ai vu à l’événement ? Trois-quatre personnes grand max.

Bizarrement, ces personnes sont toutes (si ma mémoire est bonne) aujourd’hui des traducteur·ices pro. Les autres, en moyenne moins.

Non pas que ces personnes aient trouvé du boulot à ImaJn’ère – je ne pense pas – mais cela témoignait d’une prise en main personnelle, d’une attitude volontaire pour aller chercher les rencontres, les occasions, et au bout d’un moment, ça paie.

Investissez-vous dans le milieu, essayez les occasions qui se présentent. Elles existent, bon dieu, elle sont accessibles, par contre, oui, il faut se prendre un petit peu en main. Mon petit doigt m’a dit que les candidatures ne se bousculaient pas pour l’instant au portillon d’Elbakin.net et cela m’est parfaitement incompréhensible. À vingt ans, chevelu et désespéré d’avoir de l’expérience – n’importe laquelle – je me serais rué là-dessus quitte à devoir travailler mon rythme d’élocution jour et nuit en répétant en boucle Kiki la cocotte avait un caracot kaki à col de caracul1.

Courage et bougeage ! Dites « oui » au monde – et le monde finira par vous le rendre. Soyez juste plus têtu·e que lui s’il met du temps à répondre. Il en ressortira toujours quelque chose.

  1. Je sais de quoi mon élocution a l’air. Je produis Procrastination et par malheur, je parle dedans.
2024-06-24T02:47:13+02:00mercredi 26 juin 2024|Le monde du livre|1 Commentaire

Procrastination podcast s07e14 – Écrire les batailles

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s07e14 – Écrire les batailles« .

Après l’intimité de la scène d’action sur quelques personnages, Procrastination fait les choses en grand et explore les batailles rangées à plusieurs centaines, voire dizaines de milliers de belligérants. Mélanie n’aime pas ça ! Elle n’en écrit pas et n’aime pas en lire non plus. Mais Estelle adore ça, au contraire, et met avant tout l’accent sur la lisibilité de l’action, ce qui vient former un pôle de tension avec la confusion inhérente à la situation. Pour Lionel, la fonction narrative de la bataille, son possible discours seront intimement liés aux choix de narration et point de vue. Un travail d’explicitation pourra être nécessaire pour rendre l’action accessible en fonction des attentes inconscientes d’un lectorat d’une époque. (Il est par ailleurs désolé pour le léger changement de sa prise de son en cours d’épisode, dû à des contraintes techniques indépendantes sa volonté.)

Références citées

  • Henry V, film de Kenneth Brannagh
  • Le Seigneur des Anneaux, la trilogie des films de Peter Jackson
  • 1917, film de Sam Mendes
  • Braveheart, film de Mel Gibson
  • David Gemmell, notamment Légende et sa série sur Alexandre le Grand (Le Lion de Macédoine et ses suites)
  • Star Wars, licence fondée par George Lucas
  • The Expanse, série fondée sur les romans de James S. A. Corey
  • Game of Thrones, série fondée sur les romans de G. R. R. Martin
  • Le Musée de l’armée aux Invalides et sa librairie
  • Les éditions Osprey
  • La série des jeux vidéo Total War
  • Actuel Moyen Âge sur Twitter, https://twitter.com/AgeMoyen
  • Shadiversity sur YouTube, https://www.youtube.com/@shadiversity
  • Skallagrim sur YouTube, https://www.youtube.com/@Skallagrim
  • Napoléon Bonaparte (fallait bien qu’il arrive sur le tapis)
  • K. J. Parker, la trilogie Loredan

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2023-04-14T08:49:01+02:00lundi 3 avril 2023|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s07e14 – Écrire les batailles

Donnez de l’impact à vos textes en supprimant les verbes d’indirection

L’indirection, c’est un horrible anglicisme venu du monde de la programmation : c’est une technique pour accéder à l’adresse d’un objet. Dans le monde réel, ça pourrait donner ça : au lieu de dire « le ministère des Armées », on dirait « le ministère installé rue Saint-Dominique à Paris ». C’est exact, mais ça nécessite quand même un petit effort mental pour savoir de quoi on parle. C’est indirect. (Je précise que l’expression « verbe d’indirection » n’existe absolument pas dans l’analyse littéraire respectable, c’est juste mon propre terme pour le truc.)

Le rapport avec l’écriture de fiction ? Tous les verbes qui induisent une médiation entre l’action et les personnages créent le même effet indirect. Comparez :

Jean-Eudes vit que le compte à rebours de la bombe n’indiquait plus que sept secondes.

Avec, pour la même action exactement :

Le compte à rebours de la bombe n’indiquait plus que sept secondes.

Niveau tension, c’est quand même autre chose. Dès que l’on place un intermédiaire entre l’action et le personnage, et donc le lecteur, on éloigne les événements – c’est mécanique. Donc, ils perdent en impact. Dans vos relectures, pensez-y : passer le point de vue en induit est une manière très simple et efficace de donner de l’immédiateté à votre action.

Bien sûr, c’est comme tout, ça n’est pas forcément à systématiser. Si vous avez bien compris l’effet, vous pouvez choisir dans certaines circonstances, au contraire, de désirer une indirection pour établir une distance clinique, ralentir le rythme, que sais-je encore.

Dans ce contexte, l’indirection était peut-être indiquée.
2022-09-03T02:00:54+02:00jeudi 8 septembre 2022|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Donnez de l’impact à vos textes en supprimant les verbes d’indirection

Cela nous concerne très directement

Toutes les horreurs que les écrivains croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité.

Balzac

À chaque fois que le monde part en vrille, je pense systématiquement à cette citation de Sartre à laquelle Ayerdhal tenait beaucoup : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent. » Mais à chaque fois que le monde part en vrille, je m’interroge aussi en ces termes à peu près : « Qu’est-ce que je suis en train de foutre ? » C’est-à-dire : suis-je à la hauteur de cet aspect de la mission ? (Ne répondez pas, ce n’est pas une question à laquelle on répond, c’est un processus que l’on réfléchit à incarner.)

La littérature, l’art par extension, me semble toujours la chose la plus importante et la plus futile à la fois. L’art sauve, nous élève, nous incite à réfléchir et même, simplement, nous fait du bien. Oui, bien sûr. Mais quand le monde part en vrille et qu’on n’est qu’un humble pousse-curseur, il ne me semble pas complètement absurde de se demander : « Non mais là, en vrai, qu’est-ce que je suis en train de foutre ? »

Qu’est-ce qui me donne le droit et la volonté de croire que je fais un truc réellement important ? Personne, et c’est bien ça le truc : la création est toujours un processus imprévisible, quelle que soit la structure qu’on y injecte ; l’authenticité qu’on s’efforce d’y mettre ne parvient pas toujours à établir ce pont vaporeux avec l’esprit inconnu que l’on espère atteindre, et nul ne peut le savoir a priori. On ne peut qu’essayer, toujours, avec sincérité ; laquelle est la seule clé et la seule vraie raison de toute cette futilité.

Quand le monde part en vrille, que ce soit le monde en dehors ou au-dedans de moi (ce qui arrive aussi), je m’efforce toujours de revenir à ces paroles simples et ô combien fortes de Neil Gaiman : make good art. Le good est toujours une aspiration, une intention, un espoir. Aucun de nous ne sait si ça va marcher. Il n’est même pas un but réaliste. Il nous reste à make art, surtout ceux et celles d’entre nous, dont je fais absolument partie, qui ne savent pas faire grand-chose d’autre et en ont grande conscience. (À part aussi, bien sûr, faire des dons à La Croix Rouge, et à toutes les organisations humanitaires de réputation établie.)

Du discours de Gaiman, on a surtout retenu le make good art, mais je trouve, tout particulièrement en ce moment, ce passage beaucoup plus important, qui nous concerne tous, c’est peut-être là que notre action individuelle commence réellement, en tant que citoyens du monde : être sages, et si nous ne le sommes pas, faire comme si nous étions quelqu’un de sage, et puis agir conformément à ce que cette personne ferait. Ce qui est une nécessité vitale en cette ère de surinformation, de désinformation et, forcément, d’angoisse :

Les Stoïciens plaçaient la vertu (et l’action qui en découle) au-dessus de toute considération, l’équivalant au bien ; deux millénaires plus tard, Gandhi disant be the change you want to see in the world.

Qu’est-ce que je suis donc en train de foutre ici, là, aujourd’hui ? Je vous parle, déjà, parce que j’ai la chance d’avoir une petite tribune, et que si, pour être totalement honnête, je ne sais pas depuis le début de cet article comment aborder un sujet bien trop brut pour avoir une réaction que j’espère intelligente (si j’écris de la fiction, c’est aussi parce qu’elle m’offre le bouclier du temps, de la réflexion et de la métaphore avec l’alibi du divertissement), je ne peux pas ne pas m’en servir alors qu’une histoire terrible est en train de s’écrire et que j’ai l’impression qu’on n’en prend pas trop la mesure. Ce n’est pas la première fois ni le premier endroit où ça arrive, je sais. Mais là, il faut vraiment prendre conscience de tous les parallèles historiques, et on ne rigole plus avec ça : on a déjà, réellement, vécu ça de très près.

Lors du défilé pour la paix samedi à Rennes, des personnes d’ascendance ukrainienne martelaient aux passants : « Arrêtez-vous, les Français. Cela vous concerne. » Fichtre oui. Cela nous concerne. Les habituelles récupérations politiques écœurantes ont lieu – elles ont toujours lieu ; les figures publiques démagogiques croient toujours pouvoir capitaliser sur les crises qu’elles s’imaginent lointaines et donc inoffensives. Mais ce n’est pas cela qui nous concerne, nous, en tant que citoyens et citoyennes du monde. La vérité brute, c’est qu’une puissance a envahi militairement une nation souveraine, bombarde des cibles civiles et que son allié proche prépare sa nucléarisation tandis que l’agresseur lui-même brandit la menace atomique.

Des imbéciles et des fantoches ânonnent un relativisme criminel et irresponsable, comme quoi la Russie aurait été poussée par l’expansion de l’OTAN à réagir de la sorte. L’Ukraine est une nation souveraine apte à choisir son destin ; la personne qui met le flingue sur la tempe de son gouvernement n’est pas l’Ouest. L’invasion russe est aussi un aveu criant d’échec de la proposition portée par son pouvoir. Quelle que soit la manière dont on regarde cette crise, on ne peut pas justifier, expliquer, comprendre cette invasion, quel que soit le contexte géopolitique. C’est une fucking invasion, avec des civils qu’on arme dans les rues, des immeubles d’habitation qu’on bombarde, et un pays auquel l’agresseur a refusé explicitement le droit d’exister.

C’est extrêmement grave, ça nous concerne, c’est littéralement à nos portes. Et j’avoue que je suis juste triste de voir réseaux et figures publiques s’exciter tellement fort dès qu’un président de droite est démocratiquement élu1, se drapant dans des proclamations de Résistance (une référence historique dont je n’oserais pas personnellement me réclamer : il fallait un courage et une vertu que la vaste majorité d’entre nous ne peut affirmer posséder en toute connaissance de cause, parce que nous avons eu la chance de ne jamais avoir été mis à l’épreuve) alors que là, j’ai quand même l’impression que les affaires continuent sans guère de vague. Alors certes, les affaires doivent évidemment continuer, car c’est déjà une façon d’affirmer la vie, et affirmer la vie, c’est résister (avec un petit « r »). Mais quand même. Nous rendons-nous bien compte de la chance que nous avons ?

Mais que peut-on faire ? Pas grand-chose de concret, certes, mais commencer par refuser, protester vocalement et continuellement, car c’est aussi une guerre d’influence et de propagande (les médias russes ont interdiction de parler d’invasion, Twitter et Facebook sont coupés là-bas depuis quelques jours, les manifestations anti-guerre sont passibles d’arrestation) ; et à notre humble échelon, à chaque instant, s’efforcer (et je reviens à Gaiman) de faire preuve de sagesse dans nos actions, quelles qu’elles soient, dans notre partage de l’information, dans notre compréhension du sujet, dans nos conversations. Refuser, comme nous avons encore la chance merveilleuse de ne pas être appelés à résister. Nous montrer peut-être à la hauteur des valeurs que nous prônons porter et incarner, alors qu’elles sont justement mises à l’épreuve. En tant que citoyens, en tant qu’êtres humains.

Et le plus important, bien sûr, exprimer notre solidarité avec le peuple ukrainien qui se bat en ce moment même dans les rues de ses villes, et Résiste, lui, avec un grand « R ».

2022-02-27T16:38:58+01:00dimanche 27 février 2022|Humeurs aqueuses|Commentaires fermés sur Cela nous concerne très directement

Steampunk + Haendel : Cœurs anachroniques ép. 1 disponible

Anachronistic Hearts, Les Cœurs anachroniques, c’est un projet fou et génial de rendre la musique classique accessible au plus grand nombre et de la faire aimer en utilisant les médias et les genres contemporains : une mini-série sur YouTube de pur steampunk mêlant tout ce qu’on aime – surnaturel, loups-garous et j’en passe.

J’en avais parlé et je vous en recauserai (que ça vous plaise ou non, heh) parce que l’initiative est géniale, que la qualité de la production est bluffante, et surtout parce qu’on y trouve la voix absolument renversante d’Héloïse Mas, qui occupe le rôle principal avec un réjouissant panache. Le premier épisode est enfin sorti et j’attends la suite de nageoire ferme :

Bonus : deux figures connues de l’imaginaire apparaissent dans ce premier épisode, auguste lectorat, sauras-tu les identifier sans tricher ?

2021-04-23T11:08:38+02:00mardi 27 avril 2021|Décibels|2 Commentaires

Procrastination podcast s05e14 – Conseils de survie pour écrire l’action

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e14 – Conseils de survie pour écrire l’action« .

Le scène d’action est un trope extrêmement fréquent des genres populaires, dont l’imaginaire ; elle présente des défis techniques particuliers, requérant une première discussion globale sur l’approche et les conseils fondamentaux. Tout d’abord, pour Estelle, l’action est trop souvent traitée à part, comme un passage obligatoire, alors qu’elle doit s’insérer naturellement dans le récit, et qu’elle présente en réalité les mêmes fondamentaux que le reste de la narration – enjeux, caractérisation, évolution des personnages. Pour Lionel, c’est une expression sous pression de la volonté de personnages et de leur approche de leur résolution des problèmes ; mais sa concision et la clarté qu’elle requiert en font les difficultés principales. Quant à Mélanie, ce n’est pas son truc… prouvant là encore que l’on peut tout à fait s’en affranchir !

Références citées

– David Cook, Advanced Dungeons & Dragons 2e édition, Guide du Maître

– J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux

– David Gemmel

– Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses

– Ellen Kushner, À la pointe de l’épée

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2021-04-14T18:08:52+02:00vendredi 2 avril 2021|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e14 – Conseils de survie pour écrire l’action

Tous les thèmes de Procrastination jusqu’à mi-mai

Procrastination, le podcast qui porte décidément de plus en plus mal son nom, a maintenant plus de dix épisodes d’avance dans la boîte :

(On constate que j’ai visiblement décidé de faire tous les mèmes d’Internet un à un)

Et donc, voici le planning mis à jour de tous les thèmes à venir, déjà dans la boîte, prêts à la production, cash pistache :

  • 1e décembre : Le retravail des manuscrits, avec Mireille Rivalland
  • 15 décembre : Le découpage des séries
  • 2 janvier : Le réalisme en imaginaire
  • 15 janvier : L’organisation d’une journée de travail
  • 1e février : Vivre la critique
  • 15 février : Les règles magiques de Brandon Sanderson, part. 1
  • 1e mars : Les règles magiques de Brandon Sanderson, part. 2
  • 15 mars : Écrire son deuxième livre
  • 1e avril : Conseils de survie pour écrire l’action
  • 15 avril : La procrastination (on ne pouvait pas ne pas la faire…)
  • 1e mai : Les mises en page hors normes
  • 15 mai : L’ambition

Et nous commençons à déjà à penser évidemment à la saison 6.

J’en profite pour mentionner que je sais, vous êtes nombreux et nombreuses à regretter que la diffusion sur YouTube s’arrête à la saison 2. Nous n’avons pas oublié, et je suis sur la piste d’une solution pour que le canal reprenne. Ça ne devrait pas trop tarder !

2020-11-18T12:20:04+01:00lundi 23 novembre 2020|Technique d'écriture|4 Commentaires

L’atelier sur le conflit est complet, mais il reste quelques places pour la scène d’action

Incroyable ! Et vraiment immensément agréable : merci pour votre confiance constante, l’atelier d’écriture à distance sur le conflit en narration est maintenant complet ! J’ai pu répéter à quel point cette notion me semble centrale à la narration (moderne, surtout) et je suis très content de pouvoir la transmettre.

Il reste par ailleurs encore quelques places pour le stage intensif sur la scène d’action, qui se déroulera sur un week-end entier à l’école Les Mots (10-11 octobre). Du duel à l’infiltration jusqu’à la bataille épique rangée, venez mettre vos personnages sous pression : ne tardez pas, l’atelier est limité à 12 participants maximum !

➡️ Infos pratiques, inscriptions, détail du déroulement

2020-08-15T21:20:50+02:00jeudi 20 août 2020|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur L’atelier sur le conflit est complet, mais il reste quelques places pour la scène d’action
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