Arkeos 1e édition réédité en intégrale

Arkeos a… pfiou, plus de quinze ans ? Arkeos, c’est le jeu de rôle pulp rapide et fun, inspiré de l’aventure façon Indiana Jones, que nous avions écrit et publié avec Extraordinary Worlds Studio en 2004, sous la forme d’un magazine périodique tout en couleurs avec système de jeu, campagne et écran inclus. La gamme, épuisée de longue date, avait connu un très vif succès et je recevais de loin en loin des questions quant à une éventuelle disponibilité quelque part, que ce soit de l’univers ou du système de jeu.

Eh bien, sonnez tables de résolution universelle, car :

Couv. Mike

Arkeos 1e édition est de nouveau disponible en numérique, avec l’intégralité de tout le contenu jamais développé pour la gamme : les cinq numéros (écrits par Christian Grussi, Sydney Merkling et moi-même, avec des contributeurs comme Pierre Pradal, ainsi qu’Arnaud Cuidet, auteur de l’intégralité du volume 5), les scénarios additionnels, tous les bonus. Soit près de 500 pages, dont le détail (avec une petite histoire de la gamme) est à découvrir ici.

➡️ Arkeos, l’intégrale numérique rééditée

2021-02-05T18:08:26+01:00jeudi 28 janvier 2021|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Arkeos 1e édition réédité en intégrale

Comment j’organise mes notes d’écriture (Zettelkasten + Linking Your Thinking)

Avec Geekriture, l’idée est de partager explorations et propositions concernant la productivité (qui est, rappelons-le, arriver plus vite et avec plaisir à ses buts) dans le cadre de l’écriture, parce qu’au-delà de l’organisation personnelle, il se tient en ce moment environ une véritable révolution (encore confidentielle) concernant la gestion de la connaissance. Ce qui est parfait en ce qui me concerne, parce que mener des projets pharaoniques comme « Les Dieux sauvages » et même l’univers d’Évanégyre tout entier implique des exigences proprement industrielles de traçage des détails, des intentions, jusqu’aux schémas d’ensemble, et je suis, eh bien, toujours à l’affût de meilleures méthodes.

Je me suis plongé depuis deux ans ce territoire, à la fois d’avant-garde (parce que les outils numériques, notamment l’hypertexte, transforment le savoir à l’échelon individuel) et ancestral (parce que gérer du savoir, ça remonte au bas mot à la bibliothèque d’Alexandrie, et le principe du Zettelkasten a été inventé par un sociologue dans les années 1960, soit avant l’informatique). Je parlerai de toutes ces méthodes dans Geekriture au fil des mois et surtout en quoi et comment on peut les adapter pour la fiction romanesque. Cependant, dans ce cadre, j’ai cassé ma tirelire cochon rose et suivi la formation Linking Your Thinking de Nick Milo (juste avant que le prix n’augmente cette année) dans l’espoir d’apprendre toujours plus de trucs.

Cela paraît peut-être encore un peu abscons, il y a pas mal de théorie derrière tout ce mouvement qui rappelle le lifehacking et l’essor de GTD dans les années 2000 (les principes sont très simples, mais nécessitent une pratique assidue pour en faire des réflexes). Ce qui est important ici est : à la fin de la formation, comme tous les stagiaires, j’ai proposé un exposé sur les systèmes qu’elle m’a permis de bâtir. Mon but d’origine était très clair : arriver à organiser mes idées avec plus d’aisance pour maintenir autant que possible l’état de flow.

Dans cette vidéo, je vous propose donc un tour d’horizon de mon organisation interne de notes de narration, que ce soit pour Évanégyre ou La Succession des Âges (« Les Dieux sauvages » V). (En anglais.) Le concept du « problème du tesseract » que j’aborde rapidement sera développé en détail dans Comment écrire de la fiction ?, tout comme le spectre de l’idée, de l’hypothèse et de la certitude en fiction, qui a été exposé ici avec le système d’émojis correspondant.

2021-01-23T12:27:08+01:00mardi 26 janvier 2021|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires

De quoi ça parle ? « Les Dieux sauvages »

Très heureux d’être invité par la chaîne YouTube « De quoi ça parle » ! Qui, en ces temps de confinement et d’isolement, permet de voir des auteurs parler de leurs bouquins en vrai, tout cela dans leur environnement naturel (soit, dans mon cas, la Loge Noire de Twin Peaks).

Si vous êtes ici, il est possible que vous soyez déjà au courant de ce dont parle « Les Dieux sauvages ». Mais, le cas échéant, voici une présentation en trois minutes !

2021-01-23T12:26:25+01:00lundi 25 janvier 2021|Entretiens|Commentaires fermés sur De quoi ça parle ? « Les Dieux sauvages »

Geekriture, nouvelle colonne mensuelle sur ActuSF. 01 : De la méthode dans ma créativité ?

Je suis ainsi vissé que d’une part, j’aime faire les choses mieux et avec moins d’effort, d’autre part, pour arriver à les faire, j’ai besoin de les faire mieux et avec moins d’effort, ou bien elles peinent à être faites, ce qui entraîne la spirale infernale dite de la Cavale Après La Deadline. J’ai découvert avec joie et bonheur la mouvance du lifehacking, de la productivité personnelle… 

… et sans m’en rendre compte, à force de pratiquer ça au quotidien depuis des années et de tester tout ce qui passe avec l’obsession qui est la mienne pour me faciliter toujours davantage la vie, j’ai accumulé probablement de quoi écrire un ou deux bouquins entiers rien que sur la productivité des artistes en général et des autrices et auteurs en particulier.

Sauf que

  • C’est un domaine qui évolue extrêmement rapidement parce que les techniques sont de plus en plus liées à l’évolution des outils numériques
  • … personne n’aurait envie d’acheter un manuel de productivité à destination des auteurs. De façon générale, l’organisation personnelle est un domaine de niche, méconnu de façon stupéfiante en France et suscite même une curieuse méfiance, comme j’ai pu m’en apercevoir lors de conférences et en ligne.

Pourtant, il y a tant à y prendre ! Et tant de manières possibles de se faciliter la vie, en n’étant plus asservi à la technologie, mais en la mettant au contraire à notre service. Mine de rien, sans cela, j’aurais certainement été incapable de publier L’Héritage de l’Empire à temps et avec une santé mentale intacte, malgré la pandémie et une blessure à la main qui m’a fait perdre deux mois de boulot. La création se nourrit avant tout de temps et de silence ; parvenir à rassembler les deux a toujours été difficile, et l’est plus encore à notre époque hyperconnectée.

Du coup… il convient de diffuser ces idées de manière beaucoup plus accessible, dans la joie et la décontraction. Enter ActuSF. Et je suis vraiment ravi d’annoncer que j’ai à présent la responsabilité d’une colonne mensuelle sur l’un des sites majeurs de l’imaginaire en France, intitulée Geekriture.

Geekriture, c’est le mariage entre l’écriture littéraire et l’approche expérimentale geek, interrogeant les outils pour parvenir avec plus de plaisir et d’aisance à la réalisation de ses rêves artistiques. Chaque 20e jour du mois, la colonne décortiquera le flux de travail de l’écriture sous l’angle de l’approche pratique et de l’organisation : comment accomplir le meilleur avec l’énergie et l’attention dont on dispose ? Outils qui facilitent la vie, grandes méthodes qui ont fait leurs preuves, nouveaux venus sur la scène de la productivité et de la gestion de la connaissance, ce sera l’occasion d’explorations joyeuses obsédées par un seul but – écrire dans la clarté et la joie –, le tout avec évidemment des blagues pourries et un ton qui pousse gentiment, mais fermement. On va parler Getting Things Done, Zettelkasten, Personal Knowledge Management, motivation, et peut-être même méditation de pleine conscience et manière de gérer ses mails.

Si Comment écrire de la fiction ? synthétise tout ce que j’ai pu apprendre sur l’approche narrative des histoires, Geekriture incarne le versant organisationnel et productivité personnelle du travail de l’auteur. Et comme votre horloge biologique interne ne manque pas de vous informer que nous sommes le vingt et un, c’est qu’il y a déjà un article de publié, n’est-ce pas ? Tout à fait, nous démarrons 2021 avec une interrogation quant à la pertinence de l’organisation personnelle dans la créativité, ainsi qu’une profession de foi :

Geekriture 01 – De la méthode dans ma créativité ?

J’espère que ce nouveau rendez-vous saura être à la fois inspirant et amusant, et que vous aurez plaisir à le suivre. Rendez-vous sur ActuSF – et évidemment, je répercuterai ici la colonne mensuellement. N’hésitez pas, par ailleurs, à faire part de votre avis, des approches et des sujets les plus brûlants que vous voudriez voir traités. J’ai un plan pour l’année à venir, mais tout est adaptable !

2021-02-05T18:08:00+01:00jeudi 21 janvier 2021|Geekriture|4 Commentaires

L’inconscient sait ce qu’il fait (mais surtout, le Mystère pilote tout)

Victor Hugo a passé plus de deux ans à faire du spiritisme. Les messages qui, disait-il, lui étaient transmis étaient inspirés et grandioses ; il n’était guère difficile de les imaginer dictés par l’esprit de Shakespeare ou de Châteaubriand… à moins que ce ne soit Hugo lui-même qui les ait écrits sous le feu d’une connexion directe avec son inconscient, les pensant, de bonne foi, venus d’ailleurs.

Un type avec une tête très très lourde. Est-ce à lui que l’on doit la pose de l’auteur pensif en photo de presse ?

J’en parle un peu dans Comment écrire de la fiction ?, mais tous les auteurs avec qui j’en discute – à commencer par moi – parce que je discute avec moi – arrêtez de me regarder bizarrement – ont une relation fascinante, curieuse, avec leur imaginaire, leur inconscient ; c’est un objet vécu comme extérieur, qu’il faut cajoler pour qu’il amène à la conscience ou du moins à la possibilité de l’exécution la réalité d’une œuvre en devenir. Les anciens parlaient évidemment de Muse, mais Steven Pressfield aussi ; pour Elizabeth Gilbert, les idées sont une forme de vie qui cherchent à s’incarner. On a parlé dans ces articles de l’auteur (ou du créateur au sens large) vu comme un ou une chaman·e, et j’ai livré une histoire extrêmement troublante où mon inconscient avait inexplicablement préparé le terrain pour une histoire contenue dans une autre, alors que j’étais persuadé de ne jamais revenir à cet événement (et que j’avais même tout écrit pour que ce soit impossible).

Personnellement, j’appelle cela le Mystère. Je ne sais pas ce que c’est : la Muse ? Mon inconscient ? Une réalité parallèle ? La voix des anges ? L’esprit de Shakespeare ? (yeah, baby) Tout ce que je sais, c’est que je ne peux y accéder directement, que cela m’est donc extérieur (et ma relation avec la chose m’intéresse beaucoup plus que la nature d’icelle ; si le Mystère veut rester mystérieux, je le respecte). Je dois réussir à collaborer avec, en mettant en ordre « l’île de mon tonal » (comme dirait Castaneda), soit le plateau de ma volonté consciente. En revanche, je suis le seul capable à canaliser ce que le Mystère me murmure, de la même manière que tous les autres auteurs et autrices sont seul·es capables de canaliser ce que le Mystère leur murmure à eux et elles. Nous sommes des prismes, chacun et chacune réglé·es différemment, et surtout, c’est d’abord notre travail assidu et délibéré qui distille la lumière. (Sans ça, il n’y a rien.)

Or, en écrivant « Les Dieux sauvages », je suis tombé sur deux nouvelles coïncidences incroyables, imprévisibles, dont je promets qu’elles sont entièrement inconscientes.

Il se trouve que « messagère du Ciel » était un titre plus rare et moins connu de Jeanne d’Arc. Je n’en savais fichtre rien, et je ne crois pas avoir jamais croisé cette appellation, d’autant plus que le titre d’origine prévu pour le roman était « La Messagère de Wer » (puis « La Fureur d’Aska » et « L’Héritage d’Asrethia », à l’époque où c’était prévu comme une trilogie, et que j’ai décidé de supprimer de mes titres ces noms propres qui ne diraient de toute façon rien à personne. Évitez les noms propres dans les titres. Personne ne sait de qui vous parlez).

Et je viens de découvrir que Nehyr signifie « lumière divine » en araméen. Spoiler : je cause pas araméen. Au cas où vous vous poseriez la question, hein.

La part rationnelle en moi dit : si l’on évolue dans le domaine d’une élue divine venue changer les temps, il n’est pas complètement absurde de retomber sur un titre identique de par les voisinages symboliques. La part rationnelle en moi dit : si l’on prend un ensemble de phonèmes facilement prononçables par la bouche humaine (comme un nom) et qu’on balance ça dans un moteur de recherche, la probabilité de tomber sur une signification éloquente est loin d’être nulle.

La part non-rationnelle en moi dit : wooooooh c’est cool (et un peu flippant aussi). Okay, Mystère. Je vais faire mon possible pour écouter. Avec mes tripes. Parce que les tripes sont l’oreille du Mystère.

Et je dis : je pose ça là, à vous de voir.

2021-01-17T18:52:59+01:00mardi 19 janvier 2021|Journal, Technique d'écriture|8 Commentaires