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Salut, Orca V

Auguste lectorat, aujourd’hui, je te souhaite la bienvenue dans mon merveilleux petit laboratoire informatique et névrotique.

Présence légèrement en retrait ces temps-ci sur les réseaux, à cause de :

orca-iv … monsieur, de son petit nom Orca IV, qui, après six ans de bons et loyaux services et mises à jour matérielles bichonnées avec amour, a décidé que moui, finalement, ne plus reconnaître le disque système (neuf et fonctionnel) une fois tous les trois mois, c’était rigolo. Ça permet à l’utilisateur de réinstaller toutes les applications, ça le force à un peu de tri, c’est plutôt sain, n’est-ce pas ?

Oui, ben non. Quand des petits trucs aléatoires commencent à planter ici et là, on sent qu’il est temps de mettre la machine à la retraite, surtout quand c’est celle qui sert à bosser. Ce billet est le premier tapé sur :

orca-vMonsieur Orca V (ou madame ? Anguleux, monolithique façon 2001, sombre et légèrement menaçant, tous archétypes sexués mis à part, ce sera pour moi monsieur). Originellement conçu comme une machine de montage vidéo, mais parfait pour traiter des photos, faire un peu de MAO, et surtout travailler très à l’aise avec dictionnaires, traitements de texte et navigateurs ouverts.

Ta mission, si tu l’acceptes, mon cher, sera de durer plus longtemps que ton prédécesseur.

2014-02-18T10:55:55+01:00mardi 18 février 2014|Journal|12 Commentaires

Après les prothèses, demain la narration

De retour du colloque de Lyon « Prothèse, modularité, hybridité : entre réalité et fiction ». Un atelier dont le plus grande force a probablement résidé dans sa pluridisciplinarité, puisque des médecins, des sociologues prenaient la parole autour de l’image des personnes accidentées, de leur aide et de leur accompagnement, aux côtés des philosophes parlant de transhumanisme… et de Sylvie Lainé et moi-même, qui intervenions pour l’aspect prospectif et science-fiction du thème de la prothèse.

Deux présentations furent tout particulièrement marquantes pour moi : d’une part celle de Stéphane Mor, qui anime un FabLab – un atelier associatif de fabrication d’objets grâce aux nouvelles technologies, comme les imprimantes 3D. Il nous a ainsi été montré des prothèses rudimentaires, des objets d’assistance aux personnes comme un respirateur pour nouveau-né, chacun d’entre eux coûtant à fabriquer… une poignée d’euros. Après le film, la musique, la littérature, les objets physiques vont eux aussi se numériser, paradoxalement se dématérialiser ; cette révolution attendue depuis longtemps ne se trouve qu’à quelques années dans l’avenir à présent, et je suis profondément curieux de voir la société que cela donnera.

En espérant que l’espèce soit assez intelligente pour en tirer profit.

L’autre présentation, c’était celle de Selim Eskiizmirliler, sur les interfaces cerveau – machine. Le travail sur ce plan avance à pas de géant. On a notamment pu voir un singe contrôler un bras mécanique dans l’espace pour ramener une friandise à sa bouche avec une précision et une vivacité étonnantes. Bien sûr, on n’en est qu’aux balbutiements de cette technologie, mais l’on peut imaginer sans mal ce qu’elle donnera dans seulement vingt ans, et les transformations qu’elle entraînera dans l’aide aux personnes… et leur amélioration.

À ce titre, je voudrais répéter ce que j’ai essayé de dire pendant ces journées : l’arrivée, bien réelle, du transhumanisme pose quantité de questions philosophiques, sociales, technologiques. L’humanité semble dépassée, désarmée face à ces problématiques. Mais la science-fiction les étudie, les traite depuis 30, 40, 50 ans. Quelques dates ? Allez, quelques dates. Neuromancien – sur les interfaces homme-machine, par exemple – a été publié il y a tout juste 30 ans : en 1984. Le meilleur des mondes, sur l’eugénisme et l’amélioration génétique ? À votre avis ? Paru en 1950, 1960 ?

Non.

1932.

La science-fiction ne propose généralement pas de réponses, pas de discours. Elle interroge, sans cesse, le monde et ses avenirs possibles. À travers le jeu de la fiction, de la narration, elle propose un chemin possible, celui de l’histoire qu’elle raconte ; il n’est pas forcément (il est d’ailleurs rarement) le bon, il n’a pas non plus vertu futurologique. Il est, au plus, une étude de cas. Mais la lecture d’études de cas, la confrontation à des points de vue divergents, à des approches multiples, forment l’esprit à la réflexion prospective, aux risques possibles, aux bénéfices potentiels. La science-fiction ne fournit pas de réponses, mais elle construit chez son lecteur une grille d’analyse, un esprit critique. Elle est, je n’hésite pas, plus efficace à ce titre que la lecture d’essais sur le présent, qui deviennent, forcément, datés dès leur parution.

Il faut lire de la SF. Les questions qu’on se pose y sont déjà. Et elle forme l’esprit à trouver les réponses que l’on souhaite.

(Et je remercie donc d’autant plus Jérôme Goffette, organisateur de ces journées, pour avoir résolument inclus l’aspect SF dans ces journées et proposé une bibliographie sur le thème de la prothèse ainsi que pour son invitation à venir parler de « Tuning Jack » et de modifications corporelles.)

2014-02-18T11:01:25+01:00lundi 17 février 2014|Le monde du livre|11 Commentaires

Créer du lien : spécial espoir

Allez, parce qu’au milieu de tout cet énervement (ce pour quoi j’assume et plaide coupable à la fois), toute cette peine et cette incompréhension entre les gens, il est important aussi de se concentrer sur ce qui est bon dans le monde. C’est bientôt le week-end, c’est la Saint-Valentin, alors faisons-nous un peu de chaud au coeur et enterrons les armes.

Pour commencer, 21 photos dites « qui restaureront votre foi dans l’humanité » ; je ne sais pas si cela ira jusque là, mais certaines sont véritablement touchantes. Ensuite, faites ce test sur l’état dans lequel vous croyez que le monde se trouve, et constatez combien vous vous trompez. (Il reste du chemin, bien sûr !) On parle hélas beaucoup des intégristes du salon beige, mais bannissons les amalgames : tous les croyants ne sont pas à mettre dans le même sac, citons par exemple cette campagne chrétienne s’efforçant, elle, de construire des ponts avec la communauté LGBT et s’excusant régulièrement de mauvais traitements infligés par l’Église. Et plutôt que de nous consterner agressivement du créationnisme, prenons une profonde inspiration, sourions et rejoignons l’église pastafariste.

Et parce qu’Internet ne serait pas Internet sans des animaux mignons : the Daily Squee n’a qu’une mission dans la vie, vous faire fondre devant des bébêtes mignonnes. (Ouais, c’est niais, mais quand on en a gros, c’est meilleur pour la ligne qu’un pot de glace.)

Bon week-end, paix et bonne humeur !

2014-02-11T23:43:20+01:00vendredi 14 février 2014|Expériences en temps réel|3 Commentaires

Zone Franche à Bagneux : signatures, concert et nouvelle

bagneux-2014Les 4, 5 et 6 avril, c’est le festival Zone Franche, à Bagneux, et il faut en profiter, car il n’est pas si fréquent qu’un festival d’imaginaire se déroule en région parisienne ! Au programme : dédicaces, éditeurs indépendants, illustrateurs, un prix spécialement dédié aux jeunes créateurs (le Grand prix de la ville de Bagneux). J’y serai pour ma part le week-end :

Concert des Deep Ones

The Deep Ones est un collectif de musiciens et d’auteurs de l’imaginaire proposant des lectures de textes avec accompagnement musical semi improvisé. Avec Ophélie Bruneau, Nathalie Dau, LD, Patrick Eris, Mélanie Fazi, Laurent Kloetzer, Ghislain Morel, Shan Millan et Christophe Thill.

Cela se déroulera le samedi 5 avril à 20h30. Plus d’infos sur le site du festival (entrée gratuite, réservation nécessaire).

Dans l’anthologie du festival

lancelotLe festival publie également son anthologie, sobrement intitulée Lancelot et publiée par ActuSF.

Au sommaire :

  • Nathalie Dau
  • Karim Berrouka
  • Jeanne-A Debats
  • Fabien Clavel
  • Thomas Geha
  • Armand Cabasson
  • Franck Ferric
  • Anne Fakhouri
  • LD

Plus d’informations à venir sous peu !

Dédicaces

Et bien sûr, il y aura des dédicaces et rencontres ; programme précis à venir. On aura de toute façon le temps d’en reparler !

2014-02-11T23:00:58+01:00jeudi 13 février 2014|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Zone Franche à Bagneux : signatures, concert et nouvelle

Groar

Oui, elle est déjà passée, mais pour mémoire, je suis à Lyon pour trois jours pour un colloque intitulé « Prothèse, modularité, hybridité : entre réalité et fiction ». Soyez sages, c’est-à-dire, ne faites rien que la loi interdise ou que votre morale réprouve. Attention, cette phrase est importante, à ne pas lire trop vite, ne pas la changer en « interdisez ce que votre morale réprouve et ne faites rien de la loi », c’est important par les temps qui courent.

(Même si, auguste lectorat, tu es merveilleux et lucide, toi, comme le prouve encore le fil de commentaires d’hier. Merci.)

2014-02-11T21:35:45+01:00mercredi 12 février 2014|Journal|1 Commentaire

Les gros cons

Ouin, ouin. La théorie du genre (qu n’existe pas) ferait perdre des repères à notre tendre jeunesse, est responsable de la destruction de l’Occident (comme l’ont été l’imprimerie, l’instauration du divorce, le droit de vote des femmes).

Finalement, de quoi est-il question ? Simplement d’interroger la construction de l’identité et de reconnaître le poids du social, qui est peut-être plus fondateur – en tout cas aujourd’hui dans nos sociétés post-modernes fortement dématérialisées, industrialisées, intellectualisées – que le biologique chez Homo sapiens. De dire : oui, gamine, tu veux être cosmonaute, eh bien, ton patrimoine génétique ne s’y oppose pas, oui, gamin, tu veux être instit’ de maternelle, eh bien, ton patrimoine génétique ne s’y oppose pas. Gamine, tu veux porter les cheveux courts, pourquoi pas, gamin, tu préfères faire de la gym que jouer au ballon, pourquoi pas.

Fille, tu peux pousser une gueulante et boire de la bière si ça te chante. Garçon, tu es malheureux, tu n’es pas obligé de verrouiller ton coeur au titre de l’idéal fantasmé du cow-boy Marlboro.

Admettez que ce sont quand même des idées hautement compliquées, n’est-ce pas ? Les gens pourraient être libres de se décider eux-mêmes, et, du coup, heureux. On comprend pourquoi les religieux descendent dans la rue. Ça sape le fond de commerce. Le salut, c’est après la mort, quoi, merde.

J’en ai plus que marre de lire sur les réseaux sociaux une bien-pensance, teintée de conservatisme religieux peu réfléchi, qui ne sait pas trop quoi faire de ces idées, les trouve un peu malvenues, se rassure avec trois articles mal branlés de stagiaires en « philosophie » du Figaro pour s’assurer que, ouh là là, il vaut bien mieux que les choses restent comme ça, on ne sait pas trop ce que c’est comme ça, mais c’est mieux. Il faudrait « comprendre » les arguments des opposants, faire preuve de tolérance, de gentillesse, un bisou sur la joue, là, là ça va aller, la liberté des uns ne va pas menacer la tienne, mon chéri, prends ton gelsémium.

J’ai juste envie de vous demander, les mecs (car ce sont souvent des mecs, des pater familias où tout rentre bien droit dans les cases) : de quoi avez-vous peur ? Sérieusement ?

Homme et femme, quelle importance dans un débat ? Un entretien d’embauche ? Une orientation professionnelle ? (Dès lors qu’il ne s’agit pas d’entrer au GIGN) Un loisir ? Expliquez-le moi donc. Clairement.

On différencie les genres parce qu’on le souhaite, pas parce que c’est un impératif, une « loi naturelle » comme disent les fondus de la Manif contre tout le monde. (L’espèce humaine n’est pas naturelle, elle ne l’a jamais été ; elle était déjà responsable d’extinctions de masse il y a 10 000 ans.) C’est un consensus social, une construction (qu’étudient les gender studies). Comme toute construction, elle s’étudie, se questionne, s’observe.

Mais moi, je sais ce dont vous avez peur. Je suis un mec, hein, on peut se parler entre nous. Vous avez peur que votre domination soit sapée. Que la domination masculine, dont vous jouissez tant que vous ne la voyez pas, qui est tant intégrée à votre mode de vie que vous êtes incapable de considérer le monde autrement, vacille.

Vous êtes de petits garçons.

Vous savez, vous en avez, de la chance, de vivre dans vos douillets cocons où vous vous trouvez incapables de la voir, cette domination. C’est si confortable. Vous avez bien de la chance d’ignorer que les filles se font siffler dans la rue ou traiter de salopes parce qu’elles refusent de donner leur numéro, de ne pas voir qu’une victime de viol se voit répondre qu’elle n’avait pas à s’habiller court et que c’est de sa faute, de ne pas voir les inégalités salariales, de ne pas voir les mutilations génitales à la naissance, de ne pas voir les femmes voilées qui restent cloîtrées à la maison, de ne pas voir les conjointes qui meurent tabassées par leurs maris, de ne pas voir les filles à qui l’on explique que l’informatique c’est pas pour elles pourquoi ne pas faire esthéticienne ou marketing, etc.

Pourquoi parle-t-on de cela à l’école ? Parce qu’elle est un enjeu important. Elle reflète la société. Et elle se veut républicaine ; si ces crétins de parents sont incapables d’instiller ces valeurs d’égalité (je précise pour ceux qui ont séché les cours de français : l’égalité, ce n’est pas l’identité), alors on n’a pas le choix, il faut bien que la république essaie de rattraper le coup. Pour que vos gosses soient un peu plus malins que vous. Pour que l’espèce vise un peu plus haut, un peu plus loin, à la nouvelle génération.

Parce qu’en ce qui vous concerne, d’un homme à un autre, hein, on est entre nous : vous êtes plus que de petits garçons. Vous vous cachez derrière des impératifs moralistes et l’égocentrisme.

En conséquence de quoi : vous êtes de gros cons.

2014-02-19T18:00:55+01:00mardi 11 février 2014|Humeurs aqueuses|34 Commentaires

Pensées aléatoires : les grands garçons

(Merci à Nico)

(Merci à Nico)

Toujours un peu charrette, alors je regarde dans ma boîte à malices ce que je pourrais bien sortir. Suis retombé sur cette réponse, qui date de juin 2008 (ça nous rajeunit pas), à l’invective suivante vue sur une liste de diffusion littéraire professionnelle :

Ceci étant, la fantasy est un milieu assez spécial, qui abonde en grands garçons post-estudiantins ayant appris l’anglais dans les règles de Donjons et Dragons et qui rêvent de gagner (passer ?) leur vie dans ce monde hors normes, alors pourquoi pas traduire ? (Je grossis un peu le trait bien sûr).

Grossir le trait, c’est rien de le dire.

D&D n’est pas une plus mauvaise source d’apprentissage de l’anglais que James Joyce, surtout pour un adolescent désoeuvré qui aura une motivation pour lire le premier peut-être absente – avant un âge plus mûr – pour le second. Cela le poussera à la meilleure pratique de la langue qui soit: lire, lire sans arrêt, inférer le sens des mots, etc.

De ma génération, je connais justement bon nombre de « garçons post-estudiantins » qui ont appris l’anglais à un âge précoce et qui font aujourd’hui d’excellents professionnels reconnus de la littérature et de la traduction, en indépendant ou en entreprise.

Je trouve ce genre d’image d’Épinal limite insultante; on a déjà assez droit aux clichés « la fantasy, la SF, c’est une littérature d’ados attardés » de la part d’un grand public aux belles intentions, j’avoue que j’espérais bien y échapper parmi cette assemblée éclairée. La fantasy, ce n’est pas que LanceDragon, c’est aussi Robin Hobb, GRR Martin, Jeffrey Ford et j’en passe des auteurs à la plume magnifique, de vrais conteurs avec une finesse psychologique et stylistique souvent inégalée.

Alors, oui, le trait est grossi, c’était dit, mais je pense que vous ne mesurez pas combien ce rabâchage est usant.

2014-02-04T20:01:22+01:00jeudi 6 février 2014|Humeurs aqueuses|26 Commentaires

« Prothèse, modularité, hybridité : entre réalité et fiction » colloque à Lyon

prothèsesDu 12 au 14 février prochain se tiendra à Lyon un colloque intitulé « Prothèse, modularité, hybridité : entre réalité et fiction », organisé dans le cadre du projet « Human enhancement et anthropotechnie : entre réalité et fiction », copiloté par le Centre de Recherche sur l’Imaginaire, l’équipe Philosophie, Langage et Cognition (UPMF Grenoble) et l’université Claude Bernard (Lyon).

Il y sera question de recherche, de symbolique… et aussi de science-fiction, puisque Sylvie Laîné et moi-même y participerons. Pour ma part, il s’agira notamment de revenir sur « Tuning Jack » (disponible en libre téléchargement) (et c’est un beau symbole pour moi car la nouvelle aura dix ans de publication cette année, ce qui marque aussi mes dix années de publication professionnelle – le temps file, ma bonne dame).

Voici les thèmes des demi-journées :

  • La prothèse, cet étrange artefact (12/2, 14h)
  • Prothèses du faire et de l’agir (13/2, 9h)
  • Prothèse du sensible (13/2, 14h)
  • Poétique des prothèses (14/2, 9h)

Vous désirez assister au colloque ? Facile, il se déroulera Salle des Thèses, Ancienne Faculté Laennec, 22 rue Guillaume Paradin, 69372 Lyon.

2014-02-04T19:59:42+01:00mercredi 5 février 2014|À ne pas manquer|1 Commentaire
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