Créer du lien : du numérique chouette, du numérique d’État, de l’intolérance et de la productivité
Bon, j’ai expérimenté trois semaines avec le fait de proposer chaque vendredi les tweets de la semaine, mais il semble que c’était une mauvaise idée : cela donnait un billet illisible publié à des heures fantaisistes. Je reviens donc sur l’ancienne formule, qui sera une compilation publiée à des dates aléatoires de trucs bizarres, ou bien revenant sur des dossiers déjà mentionnés, ou bien sur lesquels je n’ai pas le temps de m’étendre.
Le dossier du moment, c’est ReLIRE et le hold-up d’État à la Google sur la littérature. On en a parlé ici ; d’autres pièces à verser depuis :
- Tout d’abord, les lecteurs refusent que cette opération se fasse en leur nom, et lancent une pétition à cette adresse – signez et faites tourner si vous vous sentez concerné ;
- Didier Daeninckx « refuse d’être diffusé par un éditeur qu’il n’a pas choisi » ;
- Calimaq répond point par point à François Gèze (La Découverte, membre du comité scientifique du projet) avec précision.
Pendant ce temps, la vente des contenus numériques d’occasion (discutée ici) subit un coup de frein. Et Gallimard Jeunesse ressort en numérique les vieux livres dont vous êtes les héros (aaaah, J.H. Brennan et Sa Quête du Graal complètement débile !).
Mercredi, un grand pas vers la civilisation a été franchi, alors que le Sénat a voté l’article de loi levant la discrimination envers les citoyens de même sexe incapables de se marier. Hélas, les intégristes, confits dans leur intolérance et leur stupidité, continuent de manifester en brandissant des associations fantoches, ou tabassent carrément les gens qui ont le malheur de montrer qu’ils s’aiment. Mais nonononon, les manifs ne promeuvent pas du tout l’homophobie.
Quant aux anti-IVG, ils pratiquent sur le web une désinformation proprement criminelle.
Yoko Ono tweete une photo choc contre la prolifération des armes à feu aux USA (lu dans le dernier Canard PC, d’ailleurs, qu’un armurier texan – qui d’autre ? – propose d’en réaliser par impression en 3D. Merveilleux).
Combien d’hommes tués par des requins ? Et combien de requins tués par l’homme ?
Allez, plus léger : Le Nouvel Obs nous livre les secrets d’une photo d’écrivain pourrie, et pour bien attaquer la semaine prochaine en pleine forme mentale, réfléchissez à la façon dont vous gérez vos mails (je lutte dur depuis des semaines pour y parvenir) et à ce qui se trouve sur votre bureau.
Bon week-end, et, pour paraphraser Gandhi, efforçons-nous d’être le changement que nous voulons voir dans le monde. 🙂
B.A.T.
Et voilà :
Le travail de correction sur Léviathan : Le Pouvoir est officiellement achevé – il s’agit maintenant de vous le faire découvrir et d’arriver à en parler correctement ! J’ai extrêmement hâte que vous le teniez entre les mains et découvriez la conclusion de cette histoire. La sortie aura donc lieu à l’heure, le 10 mai !
Question : subir des influences stylistiques ?
Je continue à éplucher les questions sur l’écriture qui me sont arrivées depuis 1872, et auxquelles, pris par le terrible flux érosif de l’activité quotidienne, je ne pus convenablement répondre :
Est-ce que tu arrives à écrire d’une certaine façon, avec un certain style, et à rester imperméable à ce que tu peux lire à côté ? Je sais que moi, je suis une vraie éponge et quand je veux écrire un texte à la première personne, je ne peux que lire un livre écrit comme tel, sinon ça ne ressemblera à rien. Alors docteur, suis-je faible ? Ou est-ce normal ?
Il est évidemment meilleur d’apprendre à se cloisonner l’esprit, à se cuirasser tel le Bismarck, mais soyons honnêtes, nous ne sommes que des êtres de chair et de sang aspirant secrètement à des câlins le soir. Donc, tout en restant conscient qu’il vaut mieux travailler sa discipline mentale, ça n’est pas forcément la peine de se tirer une balle dans le pied. Écrire peut être assez épineux comme ça, et il n’y a rien de honteux à se sentir imprégné par ce qu’on lit, tant qu’on y prend garde. Un auteur a forcément un côté éponge, sinon comment pourrait-il se montrer sensible au réel et le rendre vivant à ses lecteurs ?
J’ai lu il y a un sacré bail un entretien d’un grand auteur (je crois que c’était Kristine Kathryn Rusch), lequel oeuvrait dans moult domaines différents, et qui confiait toujours lire dans un genre très différent ce qu’il est en train d’écrire afin de minimiser les influences inconscientes. Je pense que c’est un bon conseil qui ne coûte pas cher, j’ai tendance à le suivre par prudence, et ne m’en porte pas plus mal.
Quoi qu’il arrive, je recommande aussi de toujours prendre un temps de réflexion avant de se mettre à écrire une scène, surtout si l’on reprend un projet en cours. Une sorte de mini-méditation qui évacue les influences extérieures, et laisse l’histoire réinvestir l’auteur. Respirer un grand coup, et laisser venir à nouveau les personnages à soi. Se demander activement : où sont-ils ? Qu’ont-ils récemment vécu ? Dans quel était d’esprit sont-ils ? Et que veulent-ils à l’instant ? Ces réponses et ce petit travail, visant à se rendre à nouveau disponible à son histoire, permettent souvent de changer une séance d’écriture laborieuse en une randonnée au long cours, guidée par ses voix internes.
Pour mémoire, vous pouvez toujours m’envoyer vos questions sur le métier, l’écriture, via cette page.
Doctor Who à la harpe
Camille et Kennerly, toujours aussi talentueuses, nous offrent une magnifique reprise. Juste parce que c’est cool.
Résultats du prix Masterton 2013
Les lauréats de ce prix, dont le jury composé de critiques, éditeurs, essayistes, récompense les textes d’horreur ou de fantastique, viennent d’être annoncés :
Romans francophones
Jérôme Noirez : 120 journées, Calmann-Levy
Étaient finalistes :
- Li Cam : La Chimère aux ailes de feu, Griffe d’Encre
- Morgane Caussarieu : Dans les veines, Mnémos
- Sire Cédric : Le premier sang, Le pré aux clercs
- Céline Guillaume : La Baronne des Monts Noirs, Terre de Brume
- Frédéric Livyns : Le souffle des ténèbres, Val Sombre
- Frédéric Merchadou : Ange Maudit, Malpertuis
Romans traduits
Michelle Paver : 40 jours de nuit, Hachette (traduit par Blandine Longre)
Étaient finalistes :
- Ben Aaronovitch : Les Rivières de Londres, J’ai Lu (traduit par Benoit Domis)
- Darynda Jones : Charley Davidson, Première tombe sur la droite, Milady (traduit par Isabelle Pernot)
- Robert Kirkman & Jay Bonansinga : L’ascension du gouverneur (The Walking dead T1), Le livre de poche (traduit par Pascal Loubet)
- Ari Marmell : Darksiders, le caveau des abominations, Milady (traduit par Cédric Degottex)
Nouvelles
Claude Ecken : Au réveil il était midi, L’Atalante
Étaient finalistes :
- Mélanie Fazi : « Les soeurs de la Tarasque », in Reines et Dragons, Mnémos
- Anthelme Hauchecorne : Baroque’n’roll, Midgard
- Jean Carlo Lavoie : « Les Adorateurs de sorcières », Solaris 181
- Emilie Witwicki-Barbet : « Au nom de la lune », in Ils ne devaient pas s’aimer, Val Sombre
[Source]
Léviathan : Le Pouvoir sortira le 10 mai !
Ave tenebrae !
La date approche, celle où le fin mot du mystère Léviathan sera dévoilée. C’est pour moi un immense plaisir, après presque trois ans d’écriture sur ce projet, quatre fois plus d’incubation, d’être en mesure de vous proposer la conclusion de cette histoire ! Cela aura constitué un sacré voyage, presque une expérience où enfin, j’ai pu libérer la voix de personnages avec qui j’ai tenu tant de discussions au feu rouge, Masha, Alukar, Andrew et tous les autres.
Léviathan : Le Pouvoir sera disponible en librairie le 10 mai !

Couv. service artistique Seuil d’après (c) Hannah Stouffer / fstop / Corbis et (c) Bill Varie / Getty Images
Quatrième de couverture
De nos jours, les progrès scientifiques ont chassé les vieilles superstitions et l’enchantement, cédant la place à une ère de raison où même la religion chancelle. Or, dans les profondeurs de l’inconscient, les traditions antiques, les peurs ancestrales, il subsiste une porte entrouverte sur des prodiges dépassant l’entendement. Ce n’est pas de la magie ; c’est du pouvoir. Rares sont ceux à y accéder. On les a appelés prophètes, sorciers, chamanes au fil des âges. La plupart ont été exterminés sur le bûcher, mais certains ont concrétisé les rêves les plus fous de l’humanité : richesse, domination. Jeunesse éternelle. Et ils se font la guerre – en riant.
Michael Petersen, biologiste marin, fait les frais de cette guerre. Pris dans une machination dont il ignore les enjeux mais dont il est la clef, il a vu presque tout son entourage périr de mort violente ; pire, il est lui-même la cible d’une chasse à l’homme qui le contraint à vivre en paria. Andrew Leon, l’agent du FBI qui a aidé la famille Petersen à fuir les États-Unis, est devenu lui aussi une proie : l’inquiétant Comité compte sur son outil de cartographie de la conscience humaine pour localiser Michael. Une course contre la montre s’engage, afin de détruire le biologiste avant l’éclosion de son pouvoir, capable d’anéantir l’organisation.
De révélations en rebondissements, le héros de Léviathan perce les voiles d’illusion qui entourent son existence. Mais il devra d’abord lutter pour sa survie, avec l’aide d’une ombre prédatrice, d’un faux prêtre et d’une vraie mage, jusqu’à l’affrontement décisif.
« Une aventure métaphorique qui tente la relecture des grands mythes de l’humanité, chargée de l’esprit de ses plus illustres ambassadeurs, de Dante à C.G. Jung. » – Le Point
Et si la série vous a plu, n’hésitez pas à faire circuler l’information ! Restez à l’écoute, parce que nous sommes en train de concocter quelques surprises autour du livre…
Prix Bob Morane 2013, les lauréats
Les résultats sont tombés ce 27 mars. Félicitations à tous les lauréats !
Roman francophone
Laurence Suhner pour Vestiges, L’Atalante
Roman traduit
Paolo Bacigalupi pour La fille automate, Au diable Vauvert (traduit par Sara Doke)
Nouvelle
Roland C. Wagner pour Le train de la réalité, L’Atalante
Coup de coeur
L’intégrale Omale, de Laurent Genefort, aux éditions Denoël.
Mélanie Fazi expose ses photographies à Rennes
Salutations, peuple breton ! Mélanie Fazi, que tu connais pour ses écrits, ses traductions, sa présence dans l’imaginaire, est également photographe. Elle a rapporté de ses pérégrinations en salons littéraires, concerts, répétitions, quantité de portraits dynamiques, intimistes ou insolites d’artistes, musiciens, écrivains.
Elle exposera au Dahlia Noir, à Rennes. Cela commence ce week-end (samedi) et c’est pour un petit mois.
Jeu musical
Hop, tagué par Mélanie Fazi sur Facebook, un autre court jeu, musical, cette fois, puisqu’on est entre gens de goût.
Tu like, je te donne un nom de groupe, tu réponds aux questions…
… et Mélanie m’a demandé de parler de Therion.
1. Fan ?
Je crois qu’on peut dire ça. J’y suis venu par la découverte du métal symphonique quand j’avais 20 ans, j’y suis resté pour le constant renouvellement de la formation, de la composition, l’univers mythologique, et je m’amuse de constater que les albums les plus atmosphériques qui me parlaient le moins il y a des années sont ceux que je redécouvre aujourd’hui et que j’ai l’impression de finalement « piger ».
2. Déjà vu ?
Chaque fois que je le peux. Chaque spectacle est totalement différent. Mes deux grands souvenirs restent d’une part en 2004, où ils partageaient l’affiche avec Trail of Tears (époque Free Fall into Fear), Tristania (époque World of Glass, avec Vibeke Stene !) et Mercury Rain, à l’Antipode, une toute petite salle rennaise, qui donne presque l’impression que les musiciens viennent jouer dans ton salon. D’autre part, en 2012, où Christopher Johnsson, après un concert marathon (car Therion va cesser les tournées pendant quelques temps), est venu se mêler à la foule en toute simplicité pour dédicacer ce qu’on lui tendait, armé d’une bouteille de vin rouge à la main et lançant à la cantonade « Anyone has a corkscrew ? Aren’t you all French ? »
3. Album préféré ?
Difficile à dire, j’y trouve des choses différentes au fil des ans, donc. Mais je pencherais probablement pour Vovin, qui n’a peut-être pas la sophistication de la suite, mais reste d’une redoutable efficacité. Avec Sirius B en proche second. Mais si je devais en emporter un sur une île déserte, je prendrais certainement Secret of the Runes, car je n’ai pas fini de l’explorer…
4. Album que j’aime le moins ?
Je vais me faire huer mais je peine à entrer dans Sitra Ahra qui noie l’auditeur sous trop d’idées à mon goût. Cela dit, je suis resté hermétique aussi à Deggial et à Secret of the Runes à leur sortie, donc reparle-m’en dans cinq ans, si ça se trouve j’aurai enfin formé mon oreille à cet album et je me dirai « mais comment ai-je pu passer à côté ? »
5. Chanson préférée ?
Très difficile de choisir, entre les morceaux courts et efficaces comme Wine of Aluqah, les grandes sagas comme le triptyque Kali Yuga ou Adulruna Rediviva, les plages atmosphériques comme Lemuria ou Siren of the Woods… Mais je crois que je reviens toujours à Clavicula Nox, dont le texte résonne particulièrement pour moi. Ici en live avec un orchestre symphonique :
À vous, si vous souhaitez jouer et continuer la chaîne, postez en commentaire ou likez cet article sur Facebook, et je vous soumettrai à mon tour à la question.




