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Léviathan : La Nuit sur La Culture se partage

Couv. service artistique Seuil Image © Bertrand Desprez / Agence VU

J’ai retrouvé sans problèmes les personnages et l’intrigue traités dans le premier tome. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à cette histoire rythmée et intrigante dans laquelle le monde marin et la mythologie ont une place importante. Mais n’ayez pas peur d’être submergés par des choses incompréhensibles, ce n’est pas du tout le cas et ce roman passionnant se dévore presque d’une traite !

Un article de Catherine à lire sur La Culture se partage.

2012-06-26T18:51:52+02:00mardi 26 juin 2012|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Nuit sur La Culture se partage

Et maintenant, commencer par la fin

Son estomac décrivait des sinusoïdes façon montagnes russes comme s’il voulait se vomir par ses oreilles. Elle se sentait glacée et brûlante, blanche et noire, yin et yang ; dureté froide sous son dos nu, tiédeur caressante de l’air sur son visage et son ventre.

« La dormeuse doit se réveiller », lui murmura le tapis de bain.

Elle répondit un râle inarticulé qui avait pour elle la signification d’un millier de mots et, à la manière d’un faux raccord au cinéma, se retrouva à s’agripper au lavabo sans se rappeler s’être levée. Une touffe de cheveux blonds pâle surmontant des yeux cernés et injectés de sang parut dans le miroir.

Elle se baissa vivement pour esquiver la rafale de kalachnikov que lui balança son reflet.

« Paix ! hurla-t-elle d’une voix éraillée. Paix ! »

Ses doigts serraient douloureusement la faïence blanche tandis que, sous elle, s’ouvrait le vertigineux précipice de sa propre hauteur, et qu’en contrebas la houle déchaînée des carreaux de la salle de bain battaient furieusement les uns contre les autres, prêts à disloquer sa frêle silhouette au terme d’une chute fatale.

D’une voix prise du nez, le robinet intercéda en sa faveur:

« Donne-lui donc à boire, disait toujours mon père.

— Clémence ne mérite pas sa propre clémence, ni la mienne », rétorqua le reflet de Clémence. Clémence eut l’impression que c’était sa gorge qui avait prononcé ces mots, et pourtant ils ne venaient pas d’elle.

Elle balaya les alentours du regard, en quête d’une liane en rideau de douche qui pourrait lui permettre d’atteindre l’abri de la baignoire, loin de la fureur de son ego. La sueur perlait à son front et son œsophage révulsé lui brûlait. Elle n’était pas sûre que, dans son état, elle pourrait avaler quoi que ce soit, de toute façon.

Elle passa le coude par-dessus le rebord, assura sa prise et tendit l’autre main vers le rideau, faisant appel à des réserves de concentration qu’elle s’ignorait détenir. Les portes de son esprit s’entrouvrirent et, l’espace d’une fugace seconde, tous les secrets de l’univers lui apparurent dans leur beauté virginale ; le mouvement des planètes et les mystères des particules ; les tourbillons de l’âme humaine et la contemplation coite des rochers ; la mathématique et l’art, tout s’unit en sa conscience en un tout d’une beauté insoutenable.

En réponse à son appel muet, une brise fit ondoyer le rideau de douche. Elle ne connaîtrait pas d’autre épiphanie que celle-là ; il fallait tenter le tout pour le tout. Elle s’élança désespérément vers la baignoire tandis qu’en-dessous, le carrelage entamait sa funeste métamorphose en crocodiles à motifs à fleurs.

Des ailes lui poussèrent dans le dos et le vent de son bond prodigieux sécha la sueur sur son visage pendant de longues minutes.

Mais c’était sans compter avec les armées démultipliées de son surmoi qui, embusquées dans le jardin, relancèrent l’offensive en la voyant passer devant la fenêtre. Les artilleries de la culpabilité, des choix malavisés et de l’autodestruction ébranlèrent la salle de bains juste alors que Clémence se mettait à couvert dans la baignoire.

Elle eut juste le temps de relever la tête pour voir le bouton d’eau chaude se tourner vers la gauche, indiquant une grave perte d’altitude d’équilibre dans sa vie.

« Mayday ! Mayday ! cria-t-elle dans le pommeau de douche. Jeune fille à la dérive ! »

Elle tira sur le robinet pour tenter de redresser sa trajectoire. Hélas… Si c’était un manche à balai, alors elle était une théière.

Contrainte : Terminer par la phrase « Si c’était un manche à balai, alors elle était une théière », trente minutes d’écriture.

2012-06-23T23:18:38+02:00mardi 26 juin 2012|Expériences en temps réel|5 Commentaires

Comptes-rendus des Imaginales 2012… par les autres

N’étant jamais très doué pour les comptes-rendus d’événements, en plus du fait qu’y participer pour des raisons plutôt professionnelles (même si le plaisir est là) implique de n’en voir qu’une partie, je vais honteusement vampiriser ceux des autres blogueurs pour vous proposer de voir ce que vous avez raté. Beaucoup de ces articles sont en plusieurs parties ; n’hésitez pas à lire les autres volets, bien sûr !

C’est parti pour la compilation (en m’efforçant de ne pas rougir des mots gentils disséminés ça et là et en remerciant à nouveau vous tous qui avez participé à la fête) :

  • Endea propose sur son blog Clair Obscur une série de trois articles : Avant-goût, partie 1, partie 2.
  • Le regard d’un auteur : Jess Kaan (plus doué que moi pour les comptes-rendus…)
  • Autre regard d’un auteur, en photos créatives : Mélanie Fazi.
  • L’article du journal régional Vosges Matin consacré à l’événement.
  • Fetish Cat propose quelques planches kawai en résumé.
  • Le site d’actualités ActuSF a évidemment suivi l’événement de près et compile sa moisson d’informations sur cette page.
  • Snow propose également sur son blog un retour en trois parties : One, two, conclusion.
  • Série très fournie (et drôle !) comme toujours sur le RSF Blog de Lhisbei : Prologue, 1, 2, 3, 4, 5.
  • Tigger Lilly du Dragon Galactique était présente également : Prélude, 2, 3, 4, 5, 6.
2012-06-23T23:18:19+02:00lundi 25 juin 2012|Carnets de voyage|2 Commentaires

Reines et Dragons sur Lectures Trollesques

Couv. Kerem Beyit

8.5/10. Un très bon recueil qui m’a donné envie de lire de nombreux auteurs au sommaire, et qui m’a transporté dans une multitude d’univers que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Chaque auteur a sa propre interprétation du thème de cette anthologie, parfois très classique, avec reines et dragons dans un décor moyenâgeux, et parfois plus originale, décalée, onirique ou encore contemporaine. Une diversité intéressante !

Un article de Ptitetrolle à lire sur son blog.

2012-06-24T10:56:02+02:00dimanche 24 juin 2012|Revue de presse|2 Commentaires

Léviathan : La Nuit sur le Choix des Libraires

Couv. service artistique Seuil Image © Bertrand Desprez / Agence VU

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

« Quels sont les vrais mensonges ? Ceux que nous nous racontons à nous-mêmes pour nous rendre la vie plus facile, ou bien ceux qui nous font souffrir, mais auxquels nous nous accrochons parce qu’en fait, ils s’appellent des rêves ? »

Le Choix des Libraires propose une courte présentation de Léviathan : La Nuit, avec la première page du roman, ainsi qu’une mini-interview à lire sur cette page.

2012-06-23T23:18:26+02:00vendredi 22 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Léviathan : La Nuit sur le Choix des Libraires

Léviathan : La Chute sur Reflets de mes lectures

Couv. Alexandre Fort

Ce premier tome est excellent et est difficile à lâcher. L’ambiance de conspiration et de découverte d’anciens secrets est très bien rendue. Léviathan La Chute est une vraie réussite !

Un article de Cédric Jeanneret à lire sur son blog.

2012-09-03T22:16:36+02:00jeudi 21 juin 2012|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Chute sur Reflets de mes lectures

Entretiens sur Reines et Dragons, sur le profil des Imaginales

Avec la camarade Sylvie Miller aux Imaginales (photo Orfilinn).

« Pourquoi une anthologie?

— L’anthologie des Imaginales est née de la volonté conjointe du festival et des éditions Mnémos, impulsée par Stéphanie Nicot, directrice artistique. Puisque les Imaginales sont en France un festival majeur d’imaginaire, de fantasy, de conte et de roman historique, et que les anthologies ont souvent eu un rôle de présentation d’un genre, d’un courant littéraire dans ce qu’il a de meilleur, il semblait logique que cet événement ait la sienne, un ouvrage qui propose le meilleur de la fantasy de langue française, pour démontrer sa vitalité, sa force d’évocation et son souffle épique. »

Un entretien réalisé par Orfilinn autour de Reines et Dragons, l’anthologie du festival Imaginales 2012 parue aux éditions Mnémos, à découvrir sur la page Facebook de l’événement.

2012-06-13T01:33:21+02:00jeudi 21 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Entretiens sur Reines et Dragons, sur le profil des Imaginales

« Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie. »

Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie. Cette table que nous achèterons dans un magasin d’ameublement en kit, quand nous penserons que cela suffit bien assez pour renouveler le vieux mobilier de la maison. Cette cuisine toute entière sera hantée par le parfum de ses pâtisseries et des dîners, qu’elle préparera d’abord pour les amis que nous recevrons, puis pour sa famille et la mienne, puis pour les enfants que nous aurons, un, puis deux. Cette porte vitrée, qui donne sur la cour de la ferme héritée de mon père, qui la tenait lui-même du sien, me rappellera les matins où je partirai à la traite des vaches, quand elle restera s’occuper des comptes; car tenir une exploitation est plus qu’une affaire de couple ; c’est un partenariat, une aventure d’équipe. De là où je me tiens, à observer les premier rayons de l’aube raccourcir les ombres de la prairie, j’aperçois l’angle de la grange, et je me souviendrai d’escapades, plus tard, avec elle parmi les bottes de foin, au milieu de la nuit ou dans la chaleur de l’été, juste avant les moissons. Je m’en souviendrai d’abord, quelques mois plus tard, quand des promesses d’avenir arrondiront son ventre, et puis plus tard, bien plus tard, quand ces mêmes yeux se poseront sur ce même panorama immuable, probablement plus fatigués, certainement plus embués, quand la cotte d’agriculteur aura fait du costume précieux que je porte aujourd’hui un lointain souvenir, quand le petit bouquet que je porte à la boutonnière, en symbole de ce jour particulier, aura depuis longtemps fané et disparu.

Tout ici me rappellera Marie-Amélie, cette demeure qui était la mienne, sera la nôtre, puis la mienne à nouveau, lourde de son absence, de ses silences, de la moue qui tracera, avec le fil acéré des années, des lignes malheureuses aux commissures de ses lèvres. Un moteur de voiture résonne déjà dans l’air du matin ; j’ai un dernier regard pour cet environnement muet pour l’instant, porteur de changements en devenir, et qui est sur le point de basculer. Elle viendra, puis elle repartira, fatiguée par l’isolement et la vie de la campagne, comme ma mère avant elle, trop éloignée de l’aisance des villes, du bruit et des lumières. Je me console en me disant qu’au moins, elle ne sera au moins pas brisée comme ma grand-mère et toutes les femmes qui l’ont précédées, dont des photos austères ornent les couloirs de la ferme. Je sais cette maison sera hantée par les souvenirs de ses rires et de sa présence, et pourtant, il faut que j’essaie. Il faut que j’y croie. Même si c’est pour apprendre, comme mon père, le sien et ceux qui nous ont précédé, ce que c’est que d’aimer pour perdre.

Contrainte : Démarrer par la phrase « Cette nappe cirée me rappellera Marie-Amélie » ; vingt minutes d’écriture.

Si ce genre d’exercice vous plaît ou vous intrigue, je vous ai concocté de quoi vous affairer pendant l’été. Restez à l’écoute !

2012-06-23T23:18:48+02:00mercredi 20 juin 2012|Expériences en temps réel|15 Commentaires

« Bataille pour un souvenir » en tchèque

Couv. Maciej Garbacz (si j'ai bien interprété le tchèque)

Yeah ! Je doute que qui que ce soit ici parle tchèque, malheureusement, mais c’est un immense plaisir pour moi de vous annoncer une nouvelle traduction à l’étranger, et c’est « Bataille pour un souvenir », le premier texte publié dans l’univers d’Évanégyre, qui reçoit cet honneur.

C’est dans le numéro de juin de la revue XB-1, sous une très belle couverture de Maciej Garbacz (si j’ai bien compris la page en tchèque). La traduction est de Jan Hlavička.

Le titre tchèque est « Bitva pro vzpomínku », ce qui m’emplit à la fois de fierté et de révérence, comme me cause toujours ce que je ne comprends qu’à demi.

Merci à toute l’équipe d’XB-1 pour avoir repéré cette nouvelle, et au camarade Jess Kaan pour son aide !

2012-06-23T23:19:04+02:00mardi 19 juin 2012|À ne pas manquer, Dernières nouvelles|6 Commentaires

Léviathan : La Nuit sur L’Antre des Mots

Couv. service artistique Seuil Image © Bertrand Desprez / Agence VU

**** – Quand Les Agents Littéraires me proposèrent cette lecture, je n’avais pas encore parcouru le premier tome.  À peine les premières pages lues que j’étais déjà totalement plongée dans cet univers vers lequel je ne me serai sans doute pas orientée seule. C’est une très belle découverte.

Une chronique d’Annie à lire sur L’Antre des Mots ou Les Agents Littéraires.

2012-06-24T11:21:17+02:00dimanche 17 juin 2012|Revue de presse|Commentaires fermés sur Léviathan : La Nuit sur L’Antre des Mots
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