Se faire un cadeau

Un pli curieusement plat arrivé au courrier en fin de semaine :

VAST-la

Il y a quelques mois, Jon Crosby, le maître d’oeuvre du groupe indépendant VAST proposait un financement participatif pour son nouvel album, avec quelques récompenses spéciales, dont l’enregistrement personnalisé acoustique d’une chanson au choix. J’ai cassé ma tirelire pour cette version de I Woke up L.A., dont la version d’origine m’a accompagné pendant une bonne part de l’écriture de la trilogie Léviathan (et qui se trouve même citée en exergue de La Nuit) – s’il devait y avoir une bande-originale, je ferais mes yeux de chat potté pour qu’elle y soit incluse :

I woke up L.A.

To sound the siren song

Everything is great

And everything is wrong

Une forme de conclusion avec retard, ou une manière de relier avec cet univers, qui commence, lentement mais sûrement à me chatouiller ; il reste beaucoup d’histoires à y raconter (mais ce ne sera pas avant quelques années, au bas mot).

La version d’origine :

2015-10-12T10:40:21+02:00mardi 13 octobre 2015|Journal|5 Commentaires

Le meilleur fil de commentaires, le retour

Pendant ce temps, sur Facebook.

L’autre fil de commentaires ultime était celui-là. Il y a maintenant deux fils de commentaires ultimes. Va falloir vivre avec.

(Information si cela préoccupe quelqu’un, mon profil Facebook est public par défaut, donc aucune vie privée n’a été blessée pendant le tournage.)

(Sinon, oui, j’ai maintenant un compte Storify. Les discussions se délocalisant de plus en plus sur les réseaux et ne tenant pas à leur laisser l’exclusivité de nos données ni à perdre de beaux moments, je compte m’en servir de temps en temps.)

2015-09-15T11:44:47+02:00mercredi 16 septembre 2015|Expériences en temps réel|2 Commentaires

Ce qu’il advient d’un manuscrit terminé

Auguste lectorat, je te présente le manuscrit de Port d’Âmes :

manuspda

Yep, 500 pages passées à la déchiqueteuse, ça prend un poil plus de place que sous forme plane (mais ça paraît étonnamment moins lourd).

Je détruis systématiquement mes propres versions annotées à fins de correction de mes propres manuscrits (mais pas celles annotées par les beta-lecteurs, qui rassemblent leurs impressions de lecture, ce qui est précieux à conserver, et aussi par respect pour leur travail). Le livre est sorti, fini, il représente un moment dans le temps et un projet achevé. J’aime couper cet ultime pont avec le récit qui se trouve en librairie ; il est à présent dans la nature, et vit sa vie dans l’esprit de ses lecteurs. Pour moi, il est temps d’avancer, de passer à autre chose, de prolonger éventuellement l’univers dont il est question – mais cette histoire, placée sur le papier, lancée un peu comme une bouteille à la mer, a été fixée, comme une photographie. Il y a, dans ma tête comme sur un cliché, un avant et un après ; mais ceux-là, par définition, restent changeants, en flux, tant qu’ils n’auront pas été fixés à leur tour – et il n’y a généralement pas de raison de le faire ; l’histoire intéressante n’était pas là.

C’est tout l’inverse d’une destruction, contrairement aux apparences. C’est la reconnaissance qu’un livre est terminé, que j’ai fait tout ce que j’avais à, ou pouvais, faire dessus. Il existe et est diffusé. Il est temps d’en accompagner la vie, comme des autres et, dans le laboratoire, d’envisager de nouvelles choses. N’est pas mort ce qui à jamais est publié, et au long des rentrées littéraires étranges, même la mort peut mourir. Tout ça tout ça. 

2015-09-13T16:07:16+02:00lundi 14 septembre 2015|Journal|37 Commentaires

Ne me cherchez pas

travelcatJe n’y suis pas, ou du moins, plus.

Je rentre en métropole.

Have phear.

(Et si tu te demandes, auguste lectorat, pourquoi je n’ai quasiment pas fait d’article sur mon séjour à la Réunion, c’est que cette période ne s’est pas déroulée sous les meilleurs auspices, avec des tas de petits soucis de logistique et d’organisation qui m’ont un peu ôté l’envie de raconter quoi que ce soit. Rien de grave, mais du saoulant. Heureusement, ça sera bon pour quand j’y retournerai – fin novembre.)

2015-09-08T15:31:13+02:00mercredi 9 septembre 2015|Carnets de voyage|2 Commentaires

Uber, et le monde découvre brutalement le statut du créateur

La fureur du conflit taxis / Uber est retombée et tout le monde s’accorde à peu près pour dire que personne ne sort vraiment gagnant de cette affaire ; les taxis dont le comportement violent et honteux n’a fait que salir une profession à l’image ternie, les chauffeurs en situation de précarité qui comptaient sur ce revenu, les clients qui trouvaient ce service bien pratique. En somme, la grande économie du « partage » ne revient qu’à une paupérisation / précarisation des travailleurs de tous bords, à un morcellement des activités, et à une concentration des revenus et du pouvoir dans les mains d’un petit nombre de gros acteurs (Amazon, Uber, etc.) Voir cet article court et bien résumé.

L’affaire Uber n’est que la partie émergée d’une mutation déjà bien amorcée dans d’autres secteurs d’activité. Amazon (et autres grosses plate-formes) centralise les offres des vendeurs d’occasion et ne fait que de la mise en relation. Graphistes, codeurs, webdesigners, traducteurs se font payer à la parcelle de contrat au bénéfice des plate-formes sur lesquelles ils sont inscrits. Ils sont presque reconnaissants : après tout, ils trouvent du travail.

Ce que tout le monde voit se dessiner, mais que personne n’ose s’avouer, c’est que la tendance ne va aller qu’en s’accélérant et en touchant des secteurs d’activité de plus en plus vastes et inattendus. Dans les années 2000 circulait une blague parmi les fervents défenseurs du piratage des échanges non-marchands :

Les ventes de voitures ont baissé de 20% cette année. Fichus pirates qui téléchargent des voitures !

C’était drôle parce qu’absurde, c’était un peu rebelle aussi, bref c’était très dans le coup.

Dans quelques années, avec le développement des imprimantes 3D, la blague va devenir une réalité. On peut imaginer un Renault du futur, qui concevra ses véhicules en les sourçant collectivement sur des plate-formes de travail à distance, au design établi par concours ouvert, dont la fabrication se fera partiellement chez le client pièce à pièce, et dont la durée de vie n’excédera par un ou deux ans, pour un prix égal au dixième du cours actuel. Et le client final, qui paiera moins cher, trouvera ça parfait, jusqu’au moment où sa propre profession se verra touchée par cette uberisation – peut-être même sera-t-il capable de trouver ce système idéal tant qu’il est client, tout en se révoltant quand on l’applique à lui, sans même voir la contradiction.

Pour que même Jaron Lanier, un des activistes et penseurs historiques de l’Internet libre, considère qu’un problème se dessine, on est en droit de se poser des questions. (Si le sujet vous intéresse, l’article ici vaut largement l’euro qu’il coûte.)

Cela dit, je ne porte pas de jugement de valeur. Peut-être est-ce l’évolution de la société. Peut-être que le système actuel sera jugé archaïque dans trente ans ; peut-être ne le comprendra-t-on pas. L’éthique est un choix de société ; à voir ce qu’elle choisit. 

Mais, du haut de ma lorgnette, tu sais à quoi je pense depuis plusieurs mois, auguste lectorat ?

Aux donneurs de leçons. 

Je pense aux donneurs de leçons du début des années 2000 – et à ceux qui existent encore maintenant, qui prônent une libération sauvage de la culture avec des expressions de novlangue telles que « échange non-marchand » – qui, voyant émerger Napster, eDonkey et les réseaux p2p, n’avaient qu’un seul mot à la bouche : « L’économie change. Le monde change. Vous n’avez qu’à vous adapter. À vous de trouver de nouvelles solutions. Le progrès n’attend pas ! » Ceci de la part de professions bien établies, sûres à l’époque : cadre de grande industrie, commercial de grand groupe.

Eh bien, soit. Nous avons serré les dents, râlé, tempêté contre notre situation déjà difficile en train de s’effriter davantage, pensé que, peut-être, oui, nous étions des dinosaures, peut-être, oui, il fallait trouver de nouvelles façons de commercer. Ce qui, pour être juste, n’est pas entièrement faux : certaines pratiques doivent changer à l’ère du numérique, la création nécessite davantage de réactivité et d’agilité qu’autrefois. L’auteur et compositeur que je suis a appris le métier de webdesigner, a touché à celui d’attaché de presse, de commercial. Par chance, j’aime apprendre de nouvelles choses ; cela ne m’a pas tant coûté.

Mais je vois aujourd’hui monter la marée vers toutes ces professions jadis bien sûres et bien établies et je les entends crier d’ici au secours, que l’eau est froide. Vous savez, cela ne me fait pas plaisir de vous voir aujourd’hui confrontés à ces mêmes problématiques. Le monde était plus simple pour tout le monde quand seuls les créateurs et les indépendants étaient confrontés à ces problématiques – trouver des contrats d’un an à l’autre, apprendre à se placer, savoir promouvoir un projet et le vendre.

Mais vous savez, il m’est vraiment très difficile de ne pas vous rétorquer aujourd’hui : « L’économie change. Le monde change. Vous n’avez qu’à vous adapter. À vous de trouver de nouvelles solutions. Le progrès n’attend pas ! »

J’essaie d’être un homme meilleur. Alors je m’abstiens. Parce qu’au-delà de nos cas individuels, nous y perdons tous, je pense. Mais je suis quand même navré de constater à quel point les leçons sont beaucoup plus amères quand c’est directement vous que le progrès concerne, qu’il rend votre façon de travailler obsolète, vous pousse à des bouleversements d’envergure pour ne pas couler, pour juste survivre. Adapt or die. (Motherfucker.) 

Quelque part, nous avons déjà amorcé notre transition, dans les métiers de la création. Nous y travaillons depuis dix à quinze ans. Par nature, nous défrichons, nous explorons. Il va y avoir encore bien des difficultés, mais nous sommes finalement plus en avance que tout le monde sur ce point. Je n’envie pas ceux qui découvrent aujourd’hui ces réalités-là et n’ont pas la disposition pour explorer – tout le monde n’a pas envie de ne pas savoir ce qu’il va faire dans un ou deux ans, ce qui est tout à fait légitime.

Oui, j’essaie d’être un homme meilleur. Alors je m’abstiens d’une disposition d’esprit revancharde sur le monde. Mais, vraiment, il m’est très difficile de ne pas avoir une pensée spéciale pour tous les donneurs de leçons, confortablement tapis derrière leurs écrans, confits dans leur assurance et leur bon droit, avec qui j’ai pu croiser le fer sur ces sujets au fil des ans. Vraiment, il m’est très difficile de ne pas souhaiter avec ferveur que l’Uber de votre secteur vienne frapper à votre porte.

Parce que vous chantiez. Et que, comme nous tous, il va vous falloir danser, maintenant.

2015-08-05T15:45:25+02:00mercredi 5 août 2015|Humeurs aqueuses|8 Commentaires

Les Instagrams de la semaine à la Réunion

… ouep, parce que je suis un peu pouilleux. Pas d’Internet fiable, d’accès à mes archives, ni de nouvelles photos (pas trop eu le temps). Du coup, pas de composition un peu arty avec des titres ésotériques, juste du bru(i)t de téléphone portable, histoire d’achever de me rendre globalement antipathique :

https://instagram.com/p/5PPoupR_rz/

https://instagram.com/p/5RZroTR_tP/

https://instagram.com/p/5XJUaXR_oI/

https://instagram.com/p/5XJfPPx_oq/

https://instagram.com/p/5cyuudR_uS/

2015-07-23T13:26:05+02:00vendredi 24 juillet 2015|Carnets de voyage, Photo|Commentaires fermés sur Les Instagrams de la semaine à la Réunion

974 représente, malgré toi

Howdy, auguste lectorat, me voici donc bien arrivé, à peu près remis de la courte nuit, l’ordre soigneux de ma valise n’est plus qu’un souvenir, mes souvenirs de démarrage en côte avec une bagnole manuelle ont intérêt à redevenir un ordre soigneux, j’ai rencontré mes premiers bugs imprévus sur le PC, mangé des samoussas sur le front de mer de Saint-Pierre, constaté qu’il fait super bon et que déjà, presque, je pourrais trouver qu’il fait un brin frisquet quand le soleil se cache, hein, à force qu’il me tape sur le crâne toute la journée.

Problèmes de riche. Tu peux me haïr. Tu as raison.

https://instagram.com/p/5PPoupR_rz/

L’installation se déroule donc tranquillement et nous prenons doucement nos marques. L’île est aussi belle que dans mes souvenirs, et cette fois je vais pouvoir la découvrir un peu plus posément, au quotidien, m’arrêter sur les petits détails, ce qu’on ne voit que sur la durée.

En revanche, je constate déjà avec consternation et un agacement croissant à quel point l’île est tranquillement oubliée, ou ignorée, par la métropole, à une foule de petits détails. Tu veux t’équiper en menus bidules, tu as le réflexe du XXIe siècle : tu te renseignes sur Internet avec tes habitudes. Tu découvres vite que, ah, tu veux être livré – mettons par Amazon pour du petit matériel – mais mon pote, tu habites où, là ? La quoi ? Connais pas. Bon, admettons, les frais d’envoi sont plus élevés, etc.

Là où ça devient carrément du foutage de gueule :

Salut, Conforama, je voudrais une info sur une dispon... euh...

Salut, Conforama, je voudrais une info sur une dispon… euh…

… OH WAIT

... dis-donc, Conforama, tu te foutrais pas de ma gueule ?

… dis-donc, Conforama, tu te foutrais pas de ma gueule ?

Les imbéciles sont tous nés quelque part, disait Brassens, et si un truc m’horripile, c’est l’aveuglement borné, la supériorité prétendue de ceux qui se croient au centre du monde – une certaine vision parisienne par rapport à la province ; une certaine vision métropolitaine par rapport aux îles. La psychologie sociale appelle cela le biais intra-spécifique ; dès lors qu’on appartient à un groupe, quel qu’il soit, on le considère intrinsèquement supérieur et une rivalité s’installe avec l’extérieur. L’expression la plus simple se retrouve dans (ne rigolez pas) ce grand succès des réfectoires étudiants – c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort, etc.

Sans rire, tentez l’expérience la prochaine fois que vous vous trouvez artificiellement séparé.e dans un groupe arbitrairement constitué : lâchez un innocent « ouais, on est mieux à gauche / en bas / sous le panneau vert » (sous-entendu : que les autres à droite / en haut / sous le panneau bleu) et voyez sous vos yeux ébahis éclore une rivalité aussi instinctive que stupide avec ceux d’en face tandis que la cohésion se renforce au sein du groupe même (s’il y a ici des joueurs de MMORPG qui ont fait des raids nécessitant une division arbitraire en groupes, vous devez bien voir ce dont je parle : mon groupe à moi il est forcément trop mieux que celui de l’autre).

Bref, 1) tout ça n’a peut-être (probablement ?) aucun rapport avec la choucroute, 2) je suis assurément le plus mal placé de l’univers entier pour parler de ça mais il n’empêche : hey, la métropole, les îles existent, et ça serait bien que tu fasses un tout petit peu genre que tu es au courant, surtout si tu es une entreprise qui aime avoir des clients qui dépensent des sous chez toi. Et au minimum pour respecter les gens qui vivent ailleurs que chez toi. Sérieux, ce genre d’ignorance paternaliste charrie implictement tant de choses désagréables, moi, ça me fait honte.

Mais ça, c’est parce que tu es jalouse du beau temps et de la mer. Je sais. Chut. Viens faire un câlin.

2015-07-20T16:03:46+02:00mardi 21 juillet 2015|Carnets de voyage|6 Commentaires

En route

So._Well._Looks_like_I_m_kinda_packed._On_to__lareunion__island____travel__selfie

Plus de photos trop lol sur Instagram

Bon.

Ça y est, 30 kilos de bagage avec une surtaxe à prévoir, le portable est synchronisé avec le cloud, j’ai un contrôleur Ableton et un mini-clavier pour composer en déplacement, ma tablette qui sert de bloc-notes, tous les logiciels sont mis à jour, j’ai un Lightroom tout frais sur le portable pour traiter les photos faites là-bas.

Il n’y a plus qu’à décoller : le prochain article, si tout va bien, sera posté depuis l’île de la Réunion !

2015-07-14T23:25:52+02:00mercredi 15 juillet 2015|Journal|6 Commentaires
Aller en haut