v5 à l’horizon

À la base, j’avais prévu de faire un article aujourd’hui sur UN SUJET QUE JE NE DÉVOILERAI PAS sinon on en causera en commentaires, et après les commentaires correspondants ne seront plus sur l’article en question, et ça choque le planificateur soviétique qui dort en moi, alors je garderai le silence. Mais je ne me suis laissé entraîner, en bon petit obsessionnel-compulsif, par le chantier qui m’accapare à nouveau depuis quelques semaines : donner à ce site le Graal d’une forme semi-définitive (c’est-à-dire, qui reste en place plus d’un an). Ce qui implique qu’elle soit pratique, puisse évoluer, et que la maintenir ne me demande qu’un travail de maintenance minimal. Mais je crois bien que je pourrais tenir le bon bout. J’ai à peu près architecturé le bousin, et je remplis maintenant de petites cases. Ce n’est pas sûr à 100%, mais j’espère que la chose sera finie pour la fin de la semaine.

Au programme au lancement :

  • Design allégé, plus rapide à charger, plus reposant pour l’oeil.
  • Meilleure clarté des informations concernant les livres et les nouvelles, avec une plus belle place réservée aux médias annexes (illustrations, vidéos).
  • Petite refonte des sujets traités dans le blog, avec une plus grande place réservée aux instantanés (vidéos, images, revue de presse, etc.).

Viendront ensuite (très vite) :

  • Nouveau système de lettre d’informations, parce que franchement, l’actuelle a toujours trois jours de retard.
  • Revue de presse allégée, plus claire (et surtout gérée de manière quasi automatique, ô joie).
  • Archive des interventions, interviews, podcasts, blagues de Toto1 rassemblées commodément en un seul endroit.

Dans l’avenir :

  • Portails sur les deux univers principaux (depuis le temps que je veux le faire), Léviathan et Évanégyre, comprenant notamment la liste de tous les récits rattachés à l’un et à l’autre.
  • Liens pour commander directement les livres.

Petit aperçu

Une image vaut valant fois mieux qu’un homme à qui on apprend à pêcher pour la vie, voici donc (cliquez sur chaque image pour un agrandissement).

v5 : Une page livre. Ici, Léviathan : La Nuit. Évidemment, le menu est incomplet et il y aura à droite, heu, des trucs.

Les nouvelles, extrait. Chaque page mène aux infos sur chaque texte.

Meilleure place aux médias annexes : ici, les illustrations de Fred Navez pour la Volonté du Dragon. Le bandeau du bas est un diaporama animé.

Vos avis, commentaires, insultes, sont les bienvenus (et même demandés, parce que si je dois changer des trucs, c’est maintenant…).

  1. Sous réserve.
2012-04-27T22:27:06+02:00lundi 23 avril 2012|Journal|2 Commentaires

Souvenir d’Irlande

On range des poches, des bureaux, et puis parfois, on tombe sur de vieux tickets rangés à la hâte, simple monnaie ou commodité sur l’instant, portant des noms et des horaires qui ne sont d’abord que des impératifs et des indications, et puis ensuite, deviennent des symboles, des évocations, presque des incantations, qui s’efforcent, de manière évanescente, de convoquer la mémoire des moments passés, des moments auxquels on ne prête aucune attention quand on les vit, mais qui ensuite, deviennent des souvenirs doux-amers, un temps heureux d’avoir été vécu, mais qui porte, par sa richesse même, la terrible conscience qu’hélas, bien sûr, le même instant ne revient jamais deux fois ; une conscience, toujours plus aigüe, qui pousse à la même question toute sa vie, toujours plus intense, et qui devient si lourde qu’un jour, elle vous tue – « est-ce que j’ai bien fait ? ».

2012-04-27T22:27:07+02:00mercredi 18 avril 2012|Journal|8 Commentaires

Deux passions au même endroit

Livre et Mer : impossible de ne pas sentir un petit frisson d’excitation devant le nom de ce salon – je ne sais pas, c’est comme si l’on faisait des salons Sucre et Saucisson, Jolies Filles et Chocolat, Vin et Jeu Vidéo, cela tient du fantasme. En moins improbable. La littérature maritime a évidemment une longue tradition derrière elle, des classiques du roman d’aventures aux ouvrages techniques et scientifiques. En conséquence, je n’avais même jamais osé m’imaginer dans cette lignée ; mais, vu d’où je viens, j’étais ravi de me trouver invité à ce salon, qui existe depuis vingt-cinq ans, et qui allie les deux univers qui me sont chers. J’étais donc également très heureux de pouvoir présenter Léviathan : La Nuit en avant-première pour la première fois en salon.

Dire que je n’ai pas été déçu est un euphémisme. Pour un salon spécialisé, Livre et Mer fédère un public passionné et exigeant qui ferait l’envie de plus d’un festival généraliste, reçoit ses invités avec chaleur, et offre une programmation qui sait allier qualité et créativité, que ce soit au niveau des cafés littéraires, des expositions (comme François Bourgeon cette année, excusez du peu), des soirées (émouvant et instructif concert-conférence d’Anne Queffélec autour de pièces marines) pour restituer cette ambiance maritime unique, où une âpre passion s’allie à l’éducation et la recherche. Même si vous n’êtes pas passionné d’océan, il faut aller à Livre et Mer. Il est impossible que le souffle de l’aventure ne vous prenne pas à la vue de la librairie où les vieux gréements, les romans de corsaires, les récits de voyages vous invitent à l’évasion.

Merci et bravo à toute l’équipe (Christelle, Claire, les bénévoles, les libraires…) pour l’organisation sans faille, leur gentillesse, leur énergie et pour avoir rendu toutes ces rencontres possibles. Et merci à vous tous, si vous lisez ces mots, pour votre présence, votre intérêt pour Léviathan et les échanges de ce week-end !

2013-04-23T09:31:06+02:00mardi 10 avril 2012|Carnets de voyage|3 Commentaires

La digue, forcément…

Mais Montaigu, c’est surtout un très sympathique Printemps du Livre où j’étais il y a deux semaines avec, entre autres, mon camarade Frédéric Petitjean qui publie Les Dolce chez Don Quichotte ; un très bon souvenir et surtout une équipe très accueillante, avec un somptueux dîner à l’Historial de la Vendée, musée qui dévoile tous les vestiges archéologiques découverts en Vendée depuis l’ère préhistorique, une collection étonnante très bien mise en valeur qui vaut la visite si vous êtes de passage dans le coin.

(Photos prises du téléphone portable… donc pas terribles.)

2012-04-09T16:44:08+02:00lundi 9 avril 2012|Carnets de voyage|3 Commentaires

Des cétacés en Irlande

Me voilà de retour, auguste lectorat, après une période de silence un peu longue ici et sur les réseaux due à deux choses : le bouclage des projets en cours (l’anthologie Reines et Dragons, les ultimes corrections de Léviathan : La Nuit), puis une escapade d’une semaine à Galway, en Irlande, pour la conférence annuelle de l’European Cetacean Society, la société scientifique et naturaliste qui rassemble chercheurs, étudiants et passionnés autour de la conservation des cétacés et même des mammifères marins en général. J’y ai retrouvé mes camarades de Sea Watch Foundation, où j’étais volontaire l’été dernier.

Je suis organisé au point de la maniaquerie.

Cela faisait dix ans que je n’étais pas retourné à un séminaire de l’ECS et je dois dire que c’était à la fois très agréable et très étrange de reprendre contact avec ce milieu. J’y ai retrouvé de vieux collègues et superviseurs que j’avais perdu de vue, ce qui m’a fait particulièrement plaisir, j’ai constaté en quoi la technique avait progressé en dix ans (et en quoi certains problèmes du milieu n’avaient pas évolué), mais cette fois sans aucune pression d’ordre professionnel, juste pour le plaisir d’être là, d’apprendre et de voir si je pourrais peut-être apporter une humble contribution ou deux dans les brefs moments de pause entre deux livres, et ce dans mon domaine de compétences, à savoir écriture et communication. Car la recherche expérimentale « pure », celle qui implique de longs traitements de données, n’a jamais été ma tasse de thé. L’analyse pure de longues séries de données, ce qui constitue le coeur des journées du scientifique, n’a pour moi pas le même attrait que partir sur le terrain, en rapporter des visions par la photo ou l’écriture (ou même résoudre des problèmes concrets et fournir des solutions techniques). Ce qui tombait bien, vu que le thème du séminaire portait sur la communication et l’échanges d’idées. Il commence à me tourner dans la tête des embryons de projets dans le domaine, toujours centrés sur l’écriture, qui est mon seul métier, mais qui permettrait de faire usage de mes « autres » compétences afin de me servir ces causes-là, qui me tiennent à coeur. Nous verrons.

J’en retire en tout cas une myriade de nouvelles connaissances et de faits ahurissants sur la cognition des dauphins et des orques, leur conservation, et surtout les dangers qui les menacent – à quel point leurs intérêts font figure de partie négligeable face aux exigences des industries. Mais c’est évidemment le cas de larges pans de l’environnement marin, et des activités humaines locales qui en dépendent. Cette semaine a offert un bouillonnement d’idées, comme seul en permet ce genre de rassemblement ; si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur le site de la conférence, qui comporte une section de téléchargement.

Pour finir, quelques photos pourries, car prises avec mon téléphone portable dans les rues de Galway et sur la plage (bénie par un soleil à fendre les pierres, parfaitement inattendu) :

2012-04-02T17:13:27+02:00lundi 2 avril 2012|Carnets de voyage|6 Commentaires

De retour sur Évanégyre…

Illus. Fred Navez

… pour une nouvelle en cours d’écriture (qui devra évidemment intéresser l’éditeur pour être publiée, bien sûr), toujours indépendante du reste, comme d’habitude. C’est une agréable cassure de rythme entre les volumes 2 et 3 de Léviathan que de reprendre la route aux côtés de l’Empire d’Asreth (qui sera une nouvelle fois le point focal de ce récit).

Pour se mettre dans l’ambiance…

2012-04-27T22:27:07+02:00samedi 17 mars 2012|Journal|10 Commentaires

Sneak peek

Alors que j’apporte les dernières touches à Léviathan : La Nuit, achève de construire avec Sylvie Miller l’anthologie des Imaginales Reines et Dragons (oh quel subtil rappel des actus en cours *petit geste de la main* vous n’avez rien vu), plus quelques autres projets dont je ne peux pas tout à fait parler encore, j’ai passé en priorité basse la nouvelle version du site, mais je continue à y penser.

Pour le lol, voici un petit aperçu bien débile de la page 404 (signalant une page non trouvée), et qui montre en passant la future apparence de l’endroit et les rubriques à venir :

Cliquez pour agrandir

2012-04-27T22:27:08+02:00mercredi 29 février 2012|Journal|4 Commentaires

Les dauphins sont-ils des hommes comme les autres ?

(c) Sea Watch Foundation / Lionel Davoust

Une controverse agite de façon de plus en plus marquée le champ de la cétologie : dauphins et baleines présentant un encéphale développé, des comportements sociaux et joueurs d’une grande complexité, une culture, sommes-nous vraiment en mesure de les limiter à l’état d’« animaux », de les considérer comme notre propriété voire notre nourriture, bref de les « exploiter » ? Il ne s’agit pas purement là de bien-être animal, où l’éthique moderne pousse l’homme à la bienveillance envers d’autres êtres vivants supposés inférieurs, mais de la reconnaissance qu’il accorderait à un semblable.

Terrain glissant.

Autant que je puisse cerner, la question est apparue dans la presse en fin d’année dernière, à l’occasion d’une conférence plus ancienne encore :

Deux cétologues de premier plan ont avancé que les dauphins étaient trop intelligents, et nous ressemblaient trop, pour que nous ayons le droit de les capturer ou de les tuer. À la conférence annuelle très courue de l’American Association for the Advancement of Science, déclarer plus ou moins ouvertement que les dauphins sont des personnes constituait une importante prise de risques professionnelle.

Depuis le début de l’année, le dossier s’est emballé. Tout d’abord, un coup de pub de la PETA1 qui a attaqué Sea World pour esclavage ; et maintenant, info signalée par Nathalie Mège, les experts néo-zélandais, cherchent à reconnaître aux cétacés les mêmes droits qu’aux êtres humains.

On peut considérer toutes ces initiatives comme absurdes en avançant que la loi concerne l’être humain, et que les dauphins ne sont pas des êtres humains, point final. Mais on pourrait se rappeler, par exemple, qu’à l’époque de la théorie des races, les Noirs n’étaient pas considérés comme des êtres humains à part entière ; on pourrait également songer aux implications philosophiques d’un système anthropocentré – pourquoi, au juste, nos lois ne concernent-elles que nous ? Quelle en est la justification intellectuelle, autre que c’est « commode » ? Peter Watts, biologiste marin et auteur comme votre aimable serviteur, a longuement traité ces questions dans cet article.

Mais comment pourrait-on s’assurer du bien-fondé, ou non, de ces démarches ? Comment démontrer la présence ou l’absence de capacités cognitives supérieures chez ces animaux fascinants qui justifieraient pour eux l’établissement de droits inalinéables2 ?

La réponse est simple : c’est impossible.

De la même manière qu’il est impossible de démontrer, actuellement du moins, que l’homme jouit effectivement de capacités cognitives supérieures, d’une conscience dont il est le maître, en un mot, du libre arbitre. Nous possédons l’illusion du libre arbitre ; à chaque instant, si nous réfléchissons, nous sommes globalement convaincus d’être libre de nos décisions. Mais nous sommes aussi des machines biologiques. Nous ignorons totalement si, en réalité, nous ne sommes pas à chaque instant le jouet et le fruit d’une mécanique chimique hautement élaborée mais totalement déterministe, qui se berce seulement du doux rêve de la liberté.

Comment pourrions-nous alors prouver ces notions chez une autre espèce que la nôtre, si nous en sommes incapables pour nous-mêmes ?

Comme toujours, une fois libéré des influences étouffantes des morales absolutistes, on débouche sur une notion très simple pour l’éthique : celle-ci n’est pas une loi suprême, c’est un choix. Un choix de société, dont nous assumons les conséquences en tant que collectivité, qu’espèce, que membres de l’écosystème. Nous choisissons de considérer que nous détenons une liberté d’action et une conscience qui valent la peine d’être préservées. Viendra un point où la recherche cétologique atteindra elle aussi ses limites sur la question, et où l’homme devra, en fonction de ce qu’il croit percevoir chez ces autres espèces, décider là aussi s’il juge les preuves suffisantes ou non pour appliquer à autrui le même acte de foi qu’à lui-même. Mais ce sera une décision. De la même façon qu’il décide, plus ou moins unanimement, que tuer son voisin est mal, parce que sa vie est précieuse. Qu’il décide qu’il a une conscience, parce qu’il préfère cela à l’autre côté de l’alternative. Rien ne prouve la loi : la science accumule des faits, mais l’éthique constitue toujours, quelles que soient les circonstances, une volonté, un projet, et non un absolu.

Pour ma part, au fil des ans, en captivité ou en milieu naturel, et à travers la presse scientifique, j’ai assisté à tous les comportements prétendument indigènes à l’homme, ou peu s’en faut. La culture était censée constituer notre apanage : dommage, les orques ont une culture des pratiques de chasse, les baleines à bosse une culture des chants, etc. Le test du miroir (la conscience de soi) était censée constituer l’apanage de l’homme, dommage, les orques et les dauphins le réussissent. Les frontières bougent, et elles donnent désagréablement l’impression qu’à chaque découverte éthologique, on reformule la définition de l’humain pour lui conserver sa singularité, sa position « supérieure » au pinacle de la Création.

Alors qu’il y a une définition très simple, en définitive, pour  nous, qui nous place irréfutablement à l’écart de toutes les autres formes de vie de cette planète. C’est nous qui nous trouvons en position de passer des lois pour limiter les dégâts faits aux autres êtres vivants qui partagent la planète avec nous. Cela se résume très simplement, pour paraphraser Brandon Sanderson dans L’Empire ultime, à : « Au bout du compte, c’est nous qui possédons les armées. »

Cette définition-là, personne ne nous la volera. Maintenant, est-ce vraiment celle que nous voulons pour notre espèce ?

[boxparagraph]J’en profite pour mentionner que les baleines grises du Pacifique Ouest ne sont plus que 130, dont 26 femelles en âge reproductif. Un projet de plate-forme menace cette population probablement déjà condamnée, mais cela ne signifie pas pour autant qu’on peut rester inactif : des rapides infos du WWF sur la situation se trouvent ici, et une pétition .[/boxparagraph]

  1. La SPA américaine, en plus activiste et plus démago.
  2. Il faudrait déjà que nous soyons en mesure de faire respecter ceux que nous sommes censés accorder à nos semblables, qui sont dans certains pays du monde bien moins considérés que des animaux domestiques occidentaux.
2014-08-30T18:28:06+02:00jeudi 23 février 2012|Best Of, Humeurs aqueuses|15 Commentaires

Surface ! Surface !

Couv. service artistique Seuil Image © Bertrand Desprez / Agence VU

Deux semaines plus tard exactement après l’entrée en plongée profonde, je refais surface : salut, vaste monde, avé, auguste lectorat ! La première et imposante grosse passe du retravail sur Léviathan : La Nuit a été effectuée et remis à l’éditeur. Entre autre choses, il s’est agi de couper à peu près 15 % du volume de la première version, c’est-à-dire que je me suis appliqué à ôter le maximum de gras, pour ne laisser qu’un bon gros steak musclé et aussi consistant que possible. J’ai vraiment hâte que ce livre sorte et que vous le découvriez, que les enjeux tournant autour de Michael et Masha commencent à être révélés, et que vous fassiez connaissance avec Andrew Leon, troisième protagoniste principal de la série.

Pendant que je me trouvais dans ce no man’s land où se retirent les auteurs en période de révision, où les frontières se brouillent entre le jour et la nuit, la vie et la mort, pour vous laisser croire finalement que vous n’êtes qu’énergie pure (vous vous nourrissez de pâtes) et que la fiction est aussi vraie que la réalité (vous n’avez plus de réalité) (ce passage vous est offert par l’Amicale des Poètes Maudits), j’ai reçu tout un tas de gentils messages et de commentaires sur le blog et Facebook : merci à vous tous pour vos encouragements et votre suivi de cette aventure. Je m’en vais répondre, mais je voulais d’abord vous faire ce merci collectif : l’auteur du XXIe siècle a de la chance, car sa profession n’est finalement plus aussi solitaire qu’elle l’était autrefois.

Je vous propose de finir par un autre petit morceau qui m’accompagne pendant l’écriture de la trilogie Léviathan. Un type qui répète « Who am I ? » (qui suis-je ?) en boucle pendant six minutes sur un fond planant collerait bien tout spécialement avec les débuts de La Nuit.

2012-04-27T22:27:09+02:00lundi 6 février 2012|Journal|14 Commentaires
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