Pour la première fois, une catégorie Jeu Vidéo dans les prix Hugo (mais temporaire pour l’instant)

C’est chouette, mais j’ai quand même envie de dire qu’il était temps (à vrai dire, je pensais naïvement que c’était déjà le cas) :

Pour mémoire, les prix Hugo font partie des prix les plus prestigieux de l’imaginaire mondial, décernés par vote des membres de la World Science Fiction Society (même si, comme ce sont les participants aux Worldcon qui votent, cela concerne dans l’écrasante majorité des cas des œuvres en langue anglaise, donc cela concerne surtout l’imaginaire étasunien…). DisCon III est la convention mondiale de cette année.

En revanche :

C’est donc temporaire pour cette année car :

Les prix Hugo étant pluridisciplinaires (on y trouve des catégories podcast, cinéma, télé), il me paraît incompréhensible que la catégorie jeu vidéo, en 2020, n’existe pas encore. C’est le média où l’imaginaire domine littéralement l’ensemble de la production (de Mario à Silent Hill en passant par WarCraft, EVE Online et Monkey Island), la porte d’entrée principale vers ces univers pour toutes les jeunes générations ; reconnaître cette forme comme faisant partie de la famille me semble non seulement indispensable, il y a urgence. Le jeu vidéo ne parle pas que d’imaginaire en 2020 l’année mondiale des confinements (et il le fait souvent brillamment – Gris, Journey, Hellblade: Senua’s Sacrifice…), c’est l’un de ses vecteurs majeurs depuis littéralement toujours. (Le jeu vidéo se démocratise dans les années 1980… soit il y a près de quarante ans.)

Si cette catégorie ne devient pas permanente après une délibération et un vote qui tiennent de la formalité, je ne comprends pas.

2020-12-07T18:34:58+01:00mercredi 2 décembre 2020|Le monde du livre|4 Commentaires

Procrastination podcast s05e01 – La sélection des manuscrits, avec Mireille Rivalland

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e01 – La sélection des manuscrits, avec Mireille Rivalland« .

(Épisode enregistré à distance pour raisons logistiques.)
Procrastination reçoit avec un immense plaisir sa toute première invitée : Mireille Rivalland, directrice des éditions l’Atalante, grande et belle maison installée depuis plus de 40 ans à Nantes, en parallèle avec la librairie du même nom. L’Atalante publie polar, BD, théâtre, essais et bien sûr de l’imaginaire avec de grands noms comme Terry Pratchett, Orson Scott Card, Poul Anderson, Dmitry Glukhovsky, Pierre Bordage, Fabrice Colin ou encore Jean-Claude Dunyach.
Mireille a très aimablement accepté de lever le voile sur la réalité du travail de sélection des manuscrits à l’Atalante. Comment s’organise la lecture ? Existe-t-il des « erreurs » rédhibitoires lors des soumissions ? Qu’est-ce qui dicte vraiment le choix d’un livre ? Où intervient la tant redoutée « ligne éditoriale » ? Comment attirer l’attention d’un éditeur ? Et le rôle de la technique littéraire dans tout ça ?
Procrastination remercie profondément Mireille Rivalland et les éditions l’Atalante ! Pour retrouver les éditions et la librairie en ligne :
– https://www.l-atalante.com
– Facebook https://www.facebook.com/EditionsLAtalante/
– Twitter https://twitter.com/latalante
– Instagram https://www.instagram.com/edlatalante/
– Pinterest https://www.pinterest.fr/edlatalante/

Procrastination est animé par Mélanie Fazi ( https://www.melaniefazi.net ), Estelle Faye ( http://www.estellefaye.fr/ ) et Lionel Davoust ( https://lioneldavoust.com ). Diffusion : Elbakin.net.

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:15+02:00mardi 15 septembre 2020|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e01 – La sélection des manuscrits, avec Mireille Rivalland

Procrastination podcast S04e10 – Retour des poditeurs 06

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S04e10 – Retour des poditeurs 06« .

Sixième rendez-vous avec les commentaires, questions, retours des poditeurs de Procrastination. Comme toujours, le meilleur endroit où les proposer est sur le fil correspondant du forum d’Elbakin.net, qui diffuse l’émission : http://www.elbakin.net/forum/viewtopic.php?id=9594
Au programme cette fois-ci :
– Le cas particulier de la réussite (ou de l’échec) du héros chez Tolkien
– Pourquoi certains épisodes s’appellent « conseils de survie pour » ?
– D’où vient l’existence de romans de SF publiés en littérature générale ? Qui choisit le classement ?

Références citées
– Le Seigneur des Anneaux, J. R. R. Tolkien
– Joseph Campbell
– Bernard Werber
– Tristan Garcia (et son roman 7)
– Jean-Yves Tadié
– Xavier Mauméjean
– Cassandra O’Donnell

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2020-10-19T11:35:20+02:00lundi 2 mars 2020|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S04e10 – Retour des poditeurs 06

La Revue de la BnF n°59 : Dossier création de mondes imaginaires [entretien]

Anne Besson et Frédéric Manfrin ont dirigé le dossier du numéro 59 de la prestigieuse Revue de la Bibliothèque nationale de France, et ce mois-ci, elle ouvre ses portes à la notion de worldbuilding, la création de mondes imaginaires contemporains, avec un prodigieux Cthulhu de François Baranger (si je ne me trompe pas) en couverture :

À l’heure où la fantasy séduit de plus en plus (Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones…), plaçant les « mondes inventés » au cœur de la culture populaire, ce dossier s’interroge sur leurs formes et leurs usages en confrontant le regard des historiens du genre à celui des spécialistes des médias et des créateurs, qu’ils soient écrivains ou concepteurs de jeux.

Bravo, et un immense merci à Anne Besson (professeure agrégée de littérature générale et comparée, spécialiste de la fantasy, directrice du Dictionnaire de la fantasy chez Vendémiaire, prix Imaginales 2019) et Frédéric Manfrin (chef du service Histoire au département Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme de la BnF) pour ce numéro événement qui invite en grand l’imaginaire, les genres et tout particulièrement la fantasy dans ses pages, et pour cette exploration de tout ce processus créatif.

Il y sera question de Tolkien, bien sûr, de cartes, mais aussi de fantasy française, de jeu de rôle, de films et séries, de jouets… Au sommaire :

C’est pour moi un merveilleux honneur de faire partie des trois entretiens du dossier (avec Karoline Georges et Jean-Philippe Jaworski). Nous parlons d’Évanégyre avec Anne Besson, la genèse de l’univers, son évolution et surtout comment ménager cohérence et fraîcheur dans une narration au (très) long cours.

La revue est disponible en librairie, sur commande éventuellement, ou bien directement sur le site des éditions de la BnF.

2019-11-14T23:36:37+01:00mercredi 16 octobre 2019|À ne pas manquer, Entretiens|5 Commentaires

L’atelier à distance « créer un monde imaginaire » est complet

Merci à toutes et tous pour votre confiance ! Vous êtes donc une large promo, et on va s’efforcer de s’assurer que tout le monde sorte avec, au strict minimum, quelque chose pour nourrir sa pratique au long cours.

Désolé si vous n’avez pas pu avoir de place et que vous le souhaitiez. On va tous, forcément, voir comment ça fonctionne pour cette première initiative, mais si tout le monde est content, il n’y a pas de raison qu’on ne refasse pas ce genre de chose dans les années à venir !

2019-07-11T01:23:53+02:00jeudi 11 juillet 2019|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur L’atelier à distance « créer un monde imaginaire » est complet

Les Imaginales, c’est cette semaine !

Affiche Piotr et Grzegorz Rosinski

Et si, auguste lectorat, tu ignores encore l’existence de cette grande fête de l’imaginaire, un des rendez-vous majeurs du genre en France dans l’année, eh bien – non, je ne vais pas te jeter des cailloux, car je suis paix et amour (ou du moins j’y travaille). Je vais te jeter des arcs-en-ciel, des pétales de rose, car hosanna sur terre et dans les cieux, tu es sur le point de découvrir une fête merveilleuse à laquelle tu auras grand plaisir à participer.

À condition que tu viennes, évidemment. Sinon, on reparlera des cailloux.

Les Imaginales, ce sont quatre jours de rencontres, dédicaces, expositions, débats, jeux, tous autour de l’imaginaire, avec un petit accent sur le conte, la fantasy et le roman historique. C’est à Épinal, les infos sont là, et Épinal, je tiens à le préciser, c’est très accessible en train. Donc pas d’excuse. Sinon, cailloux, toussa.

J’aurai le plaisir de participer à un certain nombre de rencontres et d’événements. Pour mémoire, j’aurai également La Fureur de la Terre, tome 3 de « Les Dieux sauvages », tout frais sorti la semaine dernière. Et ce sera pour moi la première fois que j’en parlerai, et ça me fait drôlement plaisir !

[tribe_mini_calendar tag= »imaginales »]

2019-05-28T09:49:20+02:00lundi 20 mai 2019|À ne pas manquer|7 Commentaires

Pourquoi l’imaginaire ? [Entretien]

Hop, un petit entretien en vidéo récemment mis en ligne : en juin dernier, j’ai eu l’honneur et l’avantage d’être le parrain de la Journée des mondes oniriques à Charleville-Mézières (la ville où tout discours se doit de mentionner Rimbaud, c’est pourquoi dans le mien j’ai dit « vous devez en avoir marre qu’on vous sorte Rimbaud donc je le ferai pas », check).

L’organisation m’a proposé une petite discussion sur ce que je fais de mes journées, pourquoi, la technique de l’écriture, et pourquoi l’imaginaire. Si tu traînes souvent en ce lieu de perdition, auguste lectorat, tu n’apprendras pas nécessairement grand-chose, puisqu’il s’agit surtout d’une jolie présentation (et merci !), mais l’ambiance est détendue, le décor est chouette, on est bien :

2019-05-13T21:49:52+02:00mercredi 3 avril 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Pourquoi l’imaginaire ? [Entretien]

Mon mois de l’imaginaire (je sais, on est bientôt fin janvier)

En octobre dernier, et à l’approche des fêtes, comme souvent, ActuSF a proposé à quelques auteurs (Estelle Faye, Thomas Geha, Fabien Cerutti, Stefan Platteau…) leurs livres-phare, coup de cœur ou recommandations spéciales pour les fêtes. Si vous traînez un peu par ici depuis quelque temps, mes propres réponses ne devraient pas vous surprendre, mais il est toujours agréable qu’on vous demande votre avis sur un tel sujet.

Merci, donc, à ActuSF : c’est à lire là (avec des liens sur la page vers toutes les réponses de mes estimés camarades).

2019-01-16T11:38:36+01:00mercredi 23 janvier 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Mon mois de l’imaginaire (je sais, on est bientôt fin janvier)

Rendez-vous ce week-end aux Aventuriales, près de Clermont-Ferrand !

Affiche Sandrine Gestin

Ménétrol, c’est quand même un super nom de village pour installer un festival d’imaginaire. Je veux dire, c’est comme un troll ménestrel. Une grosse bête magique sympa comme tout avec un luth. Ou une mandoline. Enfin bref.

Ce week-end, je ferai la grosse bête (pas vraiment) magique et (c’est le but) sympa : à Ménétrol se tiennent les Aventuriales, samedi et dimanche 29 et 30 septembre. Un chouette festival avec une ambiance hyper conviviale, dans un joli cadre, et dans une région où il n’y pas tant d’événements dédiés à l’imaginaire que ça : si vous ne venez pas alors que vous êtes dans le coin, vous avez intérêt à produire un sacré mot d’excuse, et attention, je saurai reconnaître si vous avez imité la signature de vos parents.

Je proposerai aussi une conférence sur la procrastination et la motivation des auteurs. On va s’avouer qu’on a parfois du mal, on va se taper sur l’épaule en se disant que ça arrive aux meilleurs, et surtout, on va étudier pourquoi ça arrive, et ce qu’on peut faire contre (avec plein de stratégies tirées de mon humble expérience personnelle de type qui a parfois tendance à fuir le clavier en criant AAAAAAH parce que ça fait peur).

Regardez, y a même une vidéo pour vous dire coucou, certifiée avec le soleil dans la tronche™.

Toutes les informations sur le site idoine (j’aime ce mot, idoine, on dirait un truc qui se mange, genre les flacons idoines). (Bon, je crois vraiment qu’il faut que j’arrête de parler.)

2018-10-01T10:35:28+02:00lundi 24 septembre 2018|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Rendez-vous ce week-end aux Aventuriales, près de Clermont-Ferrand !

Roi maudit de la fantasy en France ?

Or doncques, auguste lectorat, je suis en Australie en ce moment, et je me promène l’autre jour dans une libraire d’un joli petit village des collines situées dans la grande, grande périphérie de Melbourne (45′ de voiture au bas mot). Une chouette boutique, pas petite mais pas immense non plus, et pas non plus dans un centre urbain regorgeant de geeks au mètre carré – bref, le rayon imaginaire était tout au plus deux fois plus large que la photo ne le montre. Or, quel ne fut pas mon ébahissement en tombant sur :

« Les Rois maudits », de notre grand et national Maurice Druon, au rayon FANTASY, bon dieu, entre Sara Douglass et David Eddings. Et avec un blurb de George R. R. Martin : « Le ‘Game of Thrones’ original ».

Alors, deux réactions sanguines, sur le moment, quand même.

Déjà : a) wouaaah, c’est quand même génial que ces livres soient disponibles là, dans ce rayon (alors que c’est du roman historique), vive la France, et vive Maurice Druon, qui a dépassé les frontières, dont les livres ont été repris avec des couvertures tout à fait raccord avec le genre, accrocheuses, susceptibles d’intéresser de nouveaux lecteurs. Vraiment, génial, et intelligent d’un point de vue éditorial.

Ensuite, b) MAIS QU’EST-CE QU’ON FICHE EN FRANCE, BON DIEU ?

Bragelonne a ressorti « Les Mémoires de Zeus »1 et c’est une vache de bonne idée ; Martin cite en effet régulièrement Druon en entretien comme inspiration pour « Game of Thrones ». Maurice Druon, de l’Académie Française, c’est un diable de grand monsieur, co-auteur du « Chant des Partisans », et son œuvre forme une passerelle rêvée pour nos genres et l’acceptation qu’elle lutte toujours pour acquérir auprès des élites qui traitent l’imaginaire de sous-littérature par totale ignorance.

J’ignore si l’initiative de Bragelonne a rencontré le succès espéré / qu’elle méritait. En fait, j’ai l’impression qu’on parle assez peu de Druon, de manière générale, et de son influence sur des auteurs centraux de la fantasy. Les barrières des genres sont encore diablement étanches ; Druon étant un auteur « respectable », on rechigne (sauf Bragelonne) à l’associer aux mauvais genres. De façon plus large, combien de classiques de la SF et de la fantasy devenus « respectables » republiés en collections blanches, sans l’étiquette, surtout, parce que ça fait peur à la dame et au monsieur propres sur eux ? 1984, Le Meilleur des mondes, À la croisée des mondes… Si mes droits d’auteur avaient augmenté d’1% chaque fois que quelqu’un me répondait en parlant d’une des œuvres s-citées « ah mais ça c’est pas la science-fiction, c’est de la littérature« 2, je toucherais 1200% à chaque bouquin et on saurait fichtrement pas comment gérer ça, et qui a donné 1% à Davoust à chaque fois, c’est quoi encore cette idée stupide ? Bref.

J’ai quand même parfois l’impression qu’en France, on préfère parfois que les jeunes ne lisent pas plutôt qu’ils risquent de lire des trucs qui les amuseraient, genre de la SF et de la fantasy, et que – horreur ! choc ! – ils puissent, genre, attraper le virus de la lecture. Bon dieu, laissez les gens lire ce qu’ils veulent, tant qu’ils lisent ! Ne venez pas vous plaindre qu’ils « ne lisent pas » si vous froncez le nez dès qu’ils prennent une novelisation de World of Warcraft. Aujourd’hui WoW, demain, quoi ? Tolkien, peut-être. Diantre, Maurice Druon ! Pour ma part, j’ai approché Balzac passé vingt ans, et ça n’est absolument pas les cours de français avec, à de rares exceptions près, leurs analyses stériles, entièrement dénuées de la moindre notion de joie, qui m’en ont donné envie ; c’est mon parcours de rebelle secret à aller chercher du plaisir (ouh le vilain mot) qui l’a remis sur ma route, à une époque où, en plus, j’avais peut-être la maturité pour apprécier.

Les passerelles entre littérature générale et imaginaire sont innombrables, et plus je voyage dans le monde anglophone, plus j’ai l’impression que le monde entier l’a plus ou moins compris, sauf nous.

  1. Merci à Emmanuel Tollé qui a signalé une erreur dans la première version de cet article : je citais « Les Rois maudits », que Bragelonne n’a en réalité jamais repris.
  2. Et ma main dans ta tête ne sera pas une gifle, mais de l’éducation.
2019-06-03T11:39:36+02:00mardi 14 août 2018|Humeurs aqueuses, Le monde du livre|23 Commentaires
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