Quels projets en 2019 ? [entretien court chez ActuSF]

Tu es déjà pas mal au courant, auguste lectorat, car j’ai parlé ici de la nouvelle en détail, cependant, à l’occasion de la nouvelle année, ActuSF m’a proposé de passer en revue mes projets de l’année 2019, donc : ici, un petit récapitulatif des douze prochains mois. (Spoiler : « Les Dieux sauvages ». « Les Dieux sauvages ». « Les Dieux sauvages ».) Rappelons qu’ActuSF propose cet entretien à un large échantillon de la profession, et que l’on peut donc retrouver ce qu’ont dans leurs cartons beaucoup des consœurs et frères : comme Thomas Geha, Laurent Genefort, Sylvie Laîné et tout plein d’autres → ActuSF.com
2019-01-23T12:04:07+02:00jeudi 31 janvier 2019|Entretiens|Commentaires fermés sur Quels projets en 2019 ? [entretien court chez ActuSF]

Écrire plusieurs histoires en parallèle ?

Une question fort intéressante qui m’est arrivée il y a quelque temps, quand on parlait d’une habitude qui forme pour moi une des pierres angulaires de la pratique de l’écriture (et à voir le retour positif, les « aha ! » enthousiastes qui me sont revenus, je ne suis pas le seul !)
Dans un registre plus large, que penses-tu du fait d’avoir plusieurs histoires sur le feu ? (Et par sur le feu j’entends « en cours de rédaction »)
De base, ce que je pense est : si ça marche pour toi, si ça te permet d’avancer, alors c’est très bien. Je connais des auteurs (dont, si ma mémoire est bonne, Laurent Genefort qui en parle dans l’épisode 17 de Procrastination) qui maintiennent leur motivation et leur intérêt justement de cette façon. Pour ma part, et c’est éminemment personnel, hein, j’aurais tendance à mettre en garde, voir carrément à déconseiller la pratique. L’humain est notoirement mauvais dans la conduite de plusieurs tâches de front. Bien sûr, il ne s’agit pas d’écrire littéralement en même temps deux histoires, mais j’ai tendance à penser que l’implication nécessaire dans un projet, un univers, des personnages, nécessite une concentration totale, tant lors de la pratique, que sur la durée. La création nécessite à la fois des phases de production active (on travaille avec une intention claire de réalisation, que ce soit pour planifier ou rédiger) et de repos, de lâcher-prise (pendant lesquelles l’esprit rumine inconsciemment les problèmes qu’on lui a donnés et façonne des réponses). Pour ma part, je redouterais de mélanger les univers et les discours. « Les Dieux sauvages » représente une série de trois gros (énormes) bouquins de plus d’1 million de signes pièce, avec sept à huit points de vue par volume, des fils d’intrigue concomitants ; j’admets tout à fait que j’ai une petite tête, mais je ne vois pas comment je pourrais maintenir ma concentration et mon lien avec l’ensemble si je m’aventurais ailleurs. (Un détour par la traduction a contribué, d’ailleurs, à m’en sortir.) J’y passe 4 à 8h par jour et j’ai l’impression que c’est toujours insuffisant. (Je veux plus de temps, d’énergie, d’esprit !) Mais, comme je le disais, pourquoi pas. La question que j’ai envie de te poser en retour, c’est : travailles-tu réellement sur plusieurs projets à la fois ? Leur attribues-tu bien ces phases de travail actives sus-évoquées ? (Quoi, on dit bien susnommées, sus-évoquées, ça n’irait pas ?) Ce que je brandis sous ton nez, c’est en réalité mon doigt moralisateur de Jupiter, pour te dire : est-ce que ce travail en parallèle n’est pas une façon élaborée de procrastiner sur tes histoires ? De ne pas te confronter au travail d’écriture proprement dit ? De retarder l’angoisse de tracer un sillon dans le champ vierge de tes rêves créatifs, telle une cuillère dans un pot de fromage blanc tout neuf à jamais désacralisé par ta coupable gourmandise ? Chut, la métaphore1, c’est un métier. Écrire un bouquin, c’est long. On n’y échappe pas. On peut réduire un peu la durée par l’expérience, par la technique, bref, par le métier, mais ça reste une œuvre au long cours. Ma crainte, quand je lis ça, c’est que ce soit une manière détournée de se réclamer d’un travail d’écriture sans être réellement du travail d’écriture qui comptera au final : les mots sur la page. Je ne fustige nullement la préparation ; je suis puissamment structurel, mais la préparation, il me semble, doit conserver toujours en ligne de mire la production du résultat fini. (Non pas qu’il faille se retenir de créer des trucs inutiles au final si on se fait plaisir, mais il faut en avoir conscience – créer douze langues fictives pour une nouvelle de fantasy risque d’être de l’effort perdu dans cette perspective immédiate, hormis l’amusement. C’est bien, l’amusement, mais si l’on a pour but de produire du texte pour des gens, cela peut, aussi, revêtir une stratégie d’évitement et de procrastination.) Donc, je te pose les questions :
  • As-tu réellement, sincèrement avancé sur ces projets en parallèle ?
  • Sens-tu que cette respiration t’aide, justement, au lieu de te compliquer la vie en mélangeant les récits ?
Si la réponse est oui aux deux, félicitations : tu as une plus grosse tête que moi ! Et continue à faire ce que tu fais, parce que tu fais ce qui te convient. Si non, choisis-en un, clairement, et finis-le avant de passer au suivant, comme le recommanderait la deuxième règle de Robert Heinlein (<- article où l’on trouvera des éléments complémentaires à celui-ci sur le sujet, d’ailleurs).
  1. Ouais, je sais, en plus, c’est une comparaison.
2018-07-17T16:44:58+02:00jeudi 20 juillet 2017|Best Of, Technique d'écriture|7 Commentaires

La Fureur de la Terre gronde au loin

Nous y voilà ! Je travaille en parallèle sur les corrections éditoriales de La Messagère du Ciel (qui sort en mai, au moment des Imaginales, où je serai ; pour mémoire, Port d’âmes ressort en poche chez Folio SF un peu avant), mais les livres ne s’écrivent pas tout seuls (je dis ça tellement souvent, y aurait-il un vœu inconscient derrière ?). Difficile de dévoiler dans quel état je reprends la situation, vu qu’on parle d’un livre qui n’est même pas encore sorti (la dissonance cognitive est assez étrange, j’avoue, et je mesure tout à fait et remercie les éditions Critic pour leur confiance) mais, heu, il y a un sacré nombre de choses à démêler. Me voilà reparti pour la deuxième étape de ce voyage au long cours en compagnie de ces personnages, et j’ai hâte de dévoiler et de conclure un certain nombre de fils d’intrigue… mais pas tous, évidemment, puisque la seconde partie de mon année sera occupée par l’écriture du troisième et dernier tome, L’Héritage de l’Empire, dont la sortie est prévue en mai 2018.
2017-03-07T16:46:59+02:00lundi 13 février 2017|À ne pas manquer|3 Commentaires

Les projets de l’année, en entretien sur ActuSF

ActuSF : Sur quoi travailles-tu ? Quels sont tes projets ?
Il y a en fait beaucoup de choses qui vont se concrétiser cette année après avoir été préparées l’année dernière. Je me suis lancé dans une trilogie de fantasy post-apocalyptique intitulée « Les Dieux sauvages » dont le premier volume, La Messagère du Ciel, sortira en mai. Et…
… Et je ne vais pas vendre toute la mèche ici, tiens ! Merci au site de référence ActuSF qui m’a proposé, comme à tous les camarades, la désormais classique interview de début d’année, pour établir le paysage de 2017 et de ses publications. Il y est question de La Messagère du Ciel et même déjà de sa suite, La Fureur de la Terre. C’est à lire ici ! 
2017-03-16T11:43:36+02:00mardi 7 février 2017|À ne pas manquer, Entretiens|Commentaires fermés sur Les projets de l’année, en entretien sur ActuSF

Tous les projets de l’année (en entretien sur ActuSF)

Tous les ans, le site de référence ActuSFactusf fait le tour des auteurs et éditeurs pour leur demander au cours d’un mini-entretien leurs projets à venir pour l’année. On en a déjà parlé ici (notamment de la trilogie à venir « Les Dieux sauvages ») mais cela se trouve donc résumé sur la page de l’entretien idoine.
2016-02-24T19:38:00+02:00mardi 1 mars 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Tous les projets de l’année (en entretien sur ActuSF)

Tous les projets en cours sous forme graphique

Lionel Davoust s’engage ! La guerre c’est mal, le gluten c’est pas bon, les pesticides ça tue les rivières, les bisous valent mieux que les torgnoles ! Nan, sans rire. Il y a une idée qui me trottine dans la tête depuis un moment, c’est trouver une façon immédiate de montrer les projets en cours sans qu’on soit forcément obligé d’éplucher le blog à la recherche des articles idoines (ce que personne ne fait, et à juste titre), mais, évidemment, entrer à ce point dans le détail nécessite de ma part une forme d’engagement ferme sur les projets, sans trop en dire quand c’est contractuellement impossible ou simplement prématuré. Mais cela se résout très simplement. Auguste lectorat, je te présente la barre de progressionVoici ce sur quoi je travaille (avec autant de détails que je puis contractuellement en révéler), avec une perspective réelle de diffusion, et qui verra assurément le jour (sauf réel cas de force majeure) : des informations visibles discrètement d’un peu partout sur le site, ou même sur une page réservée à cet effet dans la section « l’auteur ». On retrouve ce dont il était question au début de l’année. Sachant que mes promesses n’engagent que moi ; la publication d’un projet est évidemment toujours liée à l’accord final de son éditeur / commanditaire / partenaire, et, bien entendu, les catastrophes peuvent toujours arriver. Mais la réalisation de ces projets est très raisonnablement certaine, modulo le degré de certitude qu’on peut avoir de quoi que ce soit dans l’existence au sens large : [block id= »19533″] Je suis très content de cette nouvelle façon de garder un peu plus de contact entre deux livres ; j’aimerais également dévoiler un peu plus le processus d’écriture au jour le jour, notamment dans la construction de la trilogie « Les Dieux sauvages ».
2016-02-01T09:16:57+02:00lundi 1 février 2016|À ne pas manquer|30 Commentaires

Discours de l’état de l’année 2016

funny-pictures-cat-is-planning-to-workEh bien, auguste lectorat, de retour d’isolement, il semble opportun de faire un petit point sur ce qui va se passer en 2016, à quoi il faut s’attendre (ou pas), en tout cas pour ce dont je puis parler à l’heure actuelle.

Des lettres…

Le gros projet de l’année, c’est la planification des prochains livres. Des, pluriel, car le prochain projet sera une trilogie, située dans l’univers d’Évanégyre. Comme d’habitude, elle sera indépendante des ouvrages précédents (La Volonté du DragonLa Route de la ConquêtePort d’Âmes), mais là, cette fois, les trois volumes ne le seront pas les uns des autres (forcément). La trilogie constituera un ensemble narratif indépendant. Ce que je peux dire pour l’instant : le récit se situera à l’époque des Âges Sombres (évoqués dans Port d’Âmes et où se situe « Quelques grammes d’oubli sur la neige« ) : une époque sombre, difficile, où une magie instable altère les lois de la nature et où chaque communauté vit pour elle-même dans la peur des voisins. De la fantasy post-apocalyptique, en somme. Il s’agira de l’histoire réelle de Mériane (évoquée là aussi en passant dans Port d’Âmes), des terreurs de son époque, des choix réticents qu’elle devra faire pour sauver le monde, une tâche qui lui incombe à son corps défendant. Le premier volume sortira au printemps 2017. Oui, dans un an et demi, car ils sortiront ensuite au rythme soutenu d’un livre tous les six mois. C’est pour cela que je prends de l’avance en 2016 ! Et il y a bien sûr d’autres choses en préparation, mais dont je ne peux pas encore officiellement parler.

Et des chiffres – heu, des notes

Ma casquette Wildphinn ne sera pas en reste : après Psycho Starship Rampage, un autre jeu est en préparation avec Ballistic Frogs et j’aurai le plaisir de m’occuper à nouveau de la partie son. Et peut-être d’autre(s) chose(s) dessus, mais on en reparlera. Dans l’intervalle, je l’ai promis depuis longtemps, mais une des priorités consiste à m’occuper enfin de la publication de la bande originale de Psycho Starship Rampage

Versant site

En deuxième partie d’année, en partie forcé par les circonstances, j’ai un tout petit peu levé le pied sur le rythme de publication du blog, passant de 5 articles par semaine à 4, mais pour les rendre un peu plus touffus et informatifs. Les statistiques de visites ne s’en étant absolument pas ressenties (plutôt le contraire), je pense que l’optique est bonne (mais c’était une relative évidence…). Au programme :
  • Continuer à développer la boîte à outils de l’écrivain dont le succès est manifeste, au rythme d’un produit par mois, développé en profondeur ;
  • Rénover et remettre, pour de bon, les portails sur les univers (cela devient urgent avec le développement d’Évanégyre) – il s’agira d’offrir un véritable « compagnon » aux livres, qu’il s’agisse de Léviathan ou d’Évanégyre – tenant le rôle de ces 20 à 30 pages en fin de livre qu’on appelait annexes… ;
  • Me débarrasser des ultimes scories restant des versions précédentes du site ;
  • Une nouvelle version de celui-ci aura probablement lieu dans le cours de l’année, en raison de bugs insolubles sur celle-ci dont je ne me débarrasserai qu’avec un changement de thème (il s’agira dans tous les cas d’une évolution mineure, la modularité acquise dans la douleur début 2014 portant ses fruits).

Versant moi

Moi, ça va pas mal, je vous remercie, et vous, la petite famille, le carreleur est venu pour la terrasse ou bien c’est pour le mois prochain ? À titre personnel – professionnel, poursuivant le nirvana de l’organisation parfaite, je me relis Getting Things Done dans sa mouture 2015 en ce moment afin de reprendre un peu le contrôle sur une vie qui est un peu partie en ca-chaos-ette en fin d’année dernière. Après avoir beaucoup (ré)appris sur la production musicale ces deux dernières années et beaucoup optimisé ma méthode de travail en écriture, je vois 2016 comme une année de consolidation et de renforcement de tout ce qui a été construit jusqu’ici : professionnellement, je fais à peu près maintenant tout ce que j’ai envie de faire, et je souhaite le faire toujours mieux et de façon toujours plus efficace et agréable (ce qui est, il faut le dire, d’un banal consommé). En clair : on se calme, on bétonne, on réfléchit, et on pourra défricher de nouveaux terrains en 2017 si l’envie est là, mais on a déjà largement assez pour s’occuper une ou deux vies. C’est l’occasion de reprendre tous les jours la méditation sérieusement, par exemple. Voilà qui n’est déjà pas mal pour occuper une année – sans compter les autres projets en gestation et qui auront lieu en 2016 également et dont, tu t’en doutes, auguste lectorat, je t’en rebattrai les oreilles à bride abattue vaut mieux que deux tu l’auras. Meilleurs voeux, à nouveau ! 
2016-01-04T19:47:19+02:00mardi 5 janvier 2016|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Discours de l’état de l’année 2016