Un éclair à 7207 images / seconde
Je ne sais pas si ça a été déjà capturé à l’image, mais c’est drôlement joli et impressionnant.
Lightning captured at 7,207 images per second from ZT Research on Vimeo.
Je ne sais pas si ça a été déjà capturé à l’image, mais c’est drôlement joli et impressionnant.
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Julien Assange, le très poursuivi et controversé rédacteur en chef de Wikileaks est actuellement au centre d’un conflit diplomatique opposant l’Équateur et la Grande-Bretagne. Les premiers lui accordent l’asile politique, ce qui n’est pas du tout du goût des seconds, qui menacent de répliquer par une intervention armée.
Évidemment, ça fâche.
Nous souhaitons être très clairs, nous ne sommes pas une colonie britannique. Le temps des colonies est terminé […] Si l’intervention mentionnée dans le communiqué officiel britannique se produit, elle sera considérée par l’Equateur comme un acte inamical, hostile et intolérable, ainsi que comme une agression contre notre souveraineté, ce qui nous obligerait à répliquer par les moyens diplomatiques les plus fermes. – Source
C’est dans l’air que les inégalités sociales, les disparités de rémunération, les répercussions de la crise économique, les horreurs générées par le capitalisme sans contrôle, la haine envers l’Occident née de la misère forment un très dangereux cocktail qui monte doucement vers l’ébullition et des paroles de « révolution » ou de « guerre » ne se trouvent plus seulement prononcées par les alarmistes.
Quand je vois Assange détenu par un État souverain et qu’un autre menace ni plus ni moins d’une violation de celle-ci pour récupérer un homme qui – à tort ou à raison, c’est un autre débat – a poussé à l’extrême l’idéal de libre circulation de l’information, je frémis. Je me rappelle qu’un autre type est mort assassiné il y a presque un siècle et que, par le jeu des alliances, cet événement tragique mais relativement isolé a plongé l’Europe dans une guerre atroce. Assange symbolise un enjeu majeur du début du XXIe siècle, celui du contrôle de l’information. Car, selon les mots d’Orwell, « qui contrôle le présent contrôle le passé ; qui contrôle le passé contrôle l’avenir ». Cela va bien au-delà des questions de propriété intellectuelle ou du fantasme de geek ; il y a les colossaux enjeux économiques liés au contrôle de l’information personnelle du citoyen (qu’on constate le succès de Google et Facebook, deux régies publicitaires, pour mesurer leur poids), la tentation du contrôle et du fichage des citoyens par les États, même démocratiques, sous couvert d’épouvantails rhétoriques. Assange ne peut pas rester impuni. Sans même parler d’éthique et en constatant les faits seuls, il est la faille dans le système, l’épine dans le pied, une faille qu’il faut écraser, effacer, au risque de saper l’ensemble des édifices politiques actuels.
C’est trop gros, et pourtant. Une part de moi-même ne peut s’empêcher de souhaiter ne pas assister à un fragment d’histoire en train de s’écrire. Que le symbole controversé qu’est Assange et les actions irréfléchies des États ne forment pas le prétexte à l’explosion tant prophétisée du cocktail et déclenchent une cascade de dominos comme en 1914 avec l’assassinat du pauvre archiduc Ferdinand qui ne se serait probablement jamais douté que sa mort conduise des États prétendus civilisés à la guerre. Qu’en 2090, un gosse comme moi cent ans avant ne s’interroge sur la cause incroyablement stupide d’une boucherie, preuve de la sottise humaine – une espèce qui a manifestement besoin de se baigner dans son propre sang pour apprendre des leçons.
Des leçons pour lesquelles sa mémoire semble toujours tristement courte.
Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.
Ces conflits indirects forment des moments de friction, où la tension narrative se développe, où les personnages se complexifient, réagissent à la frustration. Comment ? Qu’est-ce que cela révèle sur leur nature profonde ? Quelle différence ressentez-vous par rapport au premier exercice de la série, où l’affontement était direct ?
Je plaisantais juste avant de partir en mer en disant que c’était le moment que le monde s’effondre, parce que je n’en saurais rien. La plaisanterie devient très, très amère quand, à votre retour, vous découvrez qu’une tragédie s’est produite : la disparition d’une des pierres angulaires de la science-fiction française, Roland C. Wagner.
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur sa vie et son oeuvre, laquelle a été continuellement étudiée par les spécialistes qui ont des choses bien plus inteligentes à en dire que je ne pourrais le faire. Je mentionnerai cependant qu’ouvrir un livre de Roland, pour moi, était toujours l’assurance d’un mélange unique, celui d’une grave légereté. La légereté par l’humour, le sens du romanesque, mais nourri et étayé par une profonde réflexion, une véritable préoccupation pour l’avenir de l’humanité et ses défis – une vision aux antipodes de la naïveté, parfois terrible ; mais qui parvenait toujours à conserver une étincelle de lumière, semblable à la claque dans le dos et la bière que vous offre un pote compatissant après que votre vie vient de s’écrouler.
Les forums ont beaucoup parlé de la verve de Roland, de ses engagements, de son combat pour la reconnaissance de la science-fiction, de ses coups de gueule mémorables. Quand le jeune fanzineux que j’étais a débarqué dans le milieu de l’imaginaire, effacé et soucieux de ne pas mettre les pieds là où il ne fallait pas, je dois avouer monsieur Wagner m’impressionnait énormément. Mais lui ne s’est pas laissé faire. Contrairement à une certaine part du sérail, qui vous bizute, vous prend de haut, ne vous calcule pas tant que vous n’êtes pas bankable, monsieur Wagner, qui m’impressionnait tant, m’a parlé comme à un égal dès qu’il m’a identifié, alors que je n’avais qu’une ou deux nouvelles derrière moi, peut-être encore moins. M’a simplement dit, un jour aux Utopiales : « c’est bon, tu fais partie de la maison, on va pas épiloguer. » Presque un chaleureux « oh, ta gueule. » J’ai mis un temps à m’en apercevoir, mais cette gentillesse, cette simplicité dans les rapports humains et surtout cette confiance et ce respect qu’il m’accordait alors que j’avais tout à prouver a grandement contribué à nourrir mon affirmation d’auteur.
Roland s’en foutait que j’aie quelque chose à prouver ; il comprenait que c’était à moi que je devais le faire, et pas au milieu, pas aux éditeurs, pas aux collègues, et surtout pas à mon image de monsieur Wagner, avec mes 20 et quelques années encore un peu sous cellophane. On dit souvent des auteurs qu’ils sont humanistes. Mais beaucoup ne font seulement que parler d’humanité dans leurs livres (et de quoi parler d’autre ?). Roland, lui, était un vrai humaniste. Je le sais parce que je l’ai vu, et il me l’a donné, comme ça, sans même y penser, parce que c’était vrai, c’était lui.
Je n’oserais néanmoins prétendre que je l’ai vraiment connu, au sens qu’on connaît personnellement, au bout du compte, peu de camarades et de collègues dans le milieu littéraire – on se croise lors des festivals, on boit un verre, on rigole. (Le fait que je vive de plus en plus à la marge n’aide pas non plus.) Mais je chérirai les quelques discussions musicales que nous avons eues, et surtout la complicité d’une lueur maligne dans le regard alors qu’il venait de sortir une énorme connerie, l’air de rien, pouffant dans sa bière, en se demandant combien de personnes allaient gober son bobard.
Merci, Roland.
Pour (re)découvrir son oeuvre, voir son site.
« Les temps comme les oeufs sont durs », professait ce philosophe de l’exrême qu’est Ken le Survivant (dans son immortelle version française). Cependant, pour faire ses premières armes dans le domaine de la création, il est de plus en plus courant de prendre contact avec d’éventuels professionels via Internet et les blogs.
Je suis honoré et surpris de recevoir de plus en plus de démarches en ce sens, mais j’en reçois aussi un nombre certain qui sont tournées n’importe comment.
Or, les gens publiés sont méchants, c’est connu, ils font partie d’un complot visant à étouffer la véritable création indépendante, puisqu’ils n’aident personne.
Sauf que.
Si je peux aider quelqu’un, je suis ravi de le faire, car « you can never pay back, only pay forward » dans ce métier. Mais faut quand même y mettre un minimum d’efforts. Cela ne vaut pas que pour moi – je suis plutôt cool, en fait, à part mes 10 ans de retard sur mon mail, ce qui constitue une raison parfaitement suffisante pour me vouer à une éternité en enfer -, mais pour toute démarche visant à demander un truc à un type. Et comme le bon sens n’est pas – contrairement à ce qu’affirme ce gros prétentieux de Descartes – la chose la mieux partagée au monde, enfonçons les points sur les i avec des portes ouvertes.
Je suis toujours interloqué quand je reçois des mails m’assurant d’un profond désir de travailler avec ma maison d’édition et, si je ne suis pas la bonne personne, pourrait-on parler au responsable marketing s’il vous plaît ?
Allô ?
J’ai vraiment l’air d’une multinationale ? Est-ce que j’ai seulement l’air de bosser à deux ? Il m’arrive d’avoir des stagiaires une fois par syzygie, certes, mais je n’ai guère les moyens que de les payer en nature, telle est la dure loi du monde de la création. (Je parle de livres, allons. Qu’est-ce que vous imaginez ?)
La moindre des politesses consiste à savoir à qui l’on parle. Solliciter un écrivain pour travailler pour son département artistique est un moyen assez sûr de passer pour un abruti. Pour qu’on vous réponde, assurez-vous de ne pas donner l’impression d’avoir fait un faux numéro.
Les temps comme les oeufs sont durs, oui, alors envoyer une brouette de mails tous azimuts permet d’augmenter ses chances, non ?
Ben non. Enfin, pas forcément.
Le milieu de la création est grandement fondé sur des relations de personne à personne, non pas parce qu’on se paie en nature (quoi que fantasment les étudiants en lettres) (c’est pendant les études en lettres qu’il faut en profiter les gens, pas après) (enfin, c’est ce que j’ai entendu dire, j’ai pas fait lettres) (hein) mais parce qu’il s’agit constamment de rencontres d’univers personnels : créateurs, éditeurs avec un discours et une vision, distributeurs amoureux de la culture. Recevoir un mail standard envoyé à 10, 100, 1000 destinataires n’a guère de chances de provoquer l’intérêt.. « Salut, je veux bosser pour / avec vous. » Pourquoi ? « Parce que je suis désespéré. »
Pourquoi vous ? Pourquoi moi ? Démarcher quelqu’un, c’est certes lui demander un service, mais c’est aussi potentiellement lui apporter quelque chose. Bossons ensemble ? Yeah. Mais t’es qui, toi ?
Il ne s’agit pas de réécrire 15 pages à chaque envoi. Mais au moins, s’assurer que ce soit bien ciblé sur la personne, avec un paragraphe changeant en fonction du destinataire, histoire de montrer que vous n’êtes pas aux abois, prêt(e) à tout pour percer), peu importe avec qui. Même s’il faut se faire payer en nature.
Sachez à qui vous parlez. Ça retient l’attention. Ça peut donner envie de lancer la discussion et de s’intéresser, en retour, à vous.
Vous êtes chaud(e) patate, motivé(e) à balle, remonté(e) comme un coucou suisse, prêt(e) à conquérir le monde. Vous savez ce que vous voulez. Oui ? Alors dites-le. Il y a, d’après le dernier recensement INSEE, 14,7 pétamilliards de personnes désireuses de bosser dans la création. Avec vous au milieu. Qu’est-ce que vous avez de plus ? Vous êtes vous-même. Vous avez vos idées, votre perspective, votre approche, votre personnalité. Au bout du compte, dans ce domaine, c’est ce qui compte le plus : votre vérité. Alors dites-la, for fuck’s sake. Les diplômes n’ont qu’un poids très relatif dans ce milieu, navré. Des vrais futés, débrouillards, inventifs, en revanche, je peux vous le dire : on en cherche.
N’allez pas jusqu’à exposer clairement que vous allez conquérir le monde, hein, ça fait un peu prétentieux en général et l’histoire a prouvé que ça se termine plutôt mal en général. Mais si vous avez des compétences à apporter, si vous voulez monter un projet avec quelqu’un, mettez-le – mettez-vous – en avant. Vous rêvez de bosser avec Edgar Allan Poe et vous faites du webdesign ? Écrivez-lui en lui proposant un coup de main sur ce front. Parce que, franchement, Edgar, même pas un blog et un Twitter, je te le dis, t’abuses.
Vous ne savez pas ?
Arrêtez tout.
Commencez par là. Qu’est-ce qui vous différencie ? Qu’est-ce que vous apportez ? Il y a forcément quelque chose.
Il y a une constante dans le milieu artistique, du créateur au distributeur : tout le monde ici sait ce qu’il veut et pourquoi il est là. On n’arrive pas là par hasard, et surtout, on n’y survit pas par hasard : c’est une route qui nécessite de la ténacité, de la persévérance au quotidien, au nez et à la barbe de tous ceux qui vous assurent que « personne ne réussit là-dedans, voyons ». Il y a une tolérance assez mince dans ce milieu pour les personnalités poussives ou molles. Soyez proactif, démerdard. Sachez ce que vous voulez – en restant humble. Mais choisissez un cap, un rêve, un objectif. Ayez la niaque. La volonté. Agir. Si vous ne savez pas ce que vous voulez, personne ne le saura à votre place.
Permettez-vous de changer, bien sûr. C’est indispensable.
Corollaire de la relation de personne à personne. Les gens ne sont pas des outils, encore moins quand vous leur demandez un coup de patte. La réponse est négative ? Vous avez eu une réponse, déjà, parmi les 14,6999 pétamilliards de mails reçus par la personne. (Cela vaut aussi pour les lettres de refus personnalisées quand vous soumettez un manuscrit.) Plus encore : on vous a posé quelques questions, donné des conseils ?
Répondez, sacré bon dieu.
Le temps d’un créateur, c’est son argent. Si le type vous répond, même pour dire non, il est sympa. Rien ne l’y oblige. Remerciez-le – en deux lignes, juste pour marquer le coup. Ça montre que vous savez vivre, tout simplement. Ce n’est pas de l’obséquiosité. C’est juste se rappeler que c’est comme ça que les relations humaines fonctionnent : en se parlant.
Par contre, une chose est sûre, si vous ne savez pas vivre, ça dispose mal. Et les milieux artistiques sont très, très petits. Une incorrection ou du j’m’en-foutisme peut vous retomber sur le dos sans que vous ne compreniez d’où ça vient. À l’inverse, aux gens sympathiques et motivés, les portes, curieusement, s’ouvrent.
Comportez-vous donc comme si vous aviez votre mère perchée sur l’épaule. Ne jouez pas un rôle. Mais c’est quand même le moment de vous rappeler les leçons de savoir-vivre de votre vieille grand-tante quand elle vous rabâchait de dire « bonjour madame, bonjour monsieur ». On n’est pas des bêtes, bordel, même si on dit bordel.
Tout ça ne fera évidemment pas votre carrière. Mais, par tous les diables, ça peut sacrément aider à vous rendre sympathique. Et ça ne fait pas de mal, à vous, à votre entourage, à votre karma, d’être cool.
En d’autres termes plus agressfis, il faut être sacrément talentueux pour s’octroyer le droit de se comporter comme un connard. Or, comme il est toujours prudent pour un créateur d’éviter de se considérer génial, ça l’oblige à être fréquentable, et ce n’est pas plus mal. La planète ne s’en porte que mieux. Les gens sourient. Tout le monde travaille en bonne entente. Les chats se prélassent au soleil. Signature de la paix dans le monde. Clôture du trou de la couche d’ozone. First contact avec les Vulcains.
J’aime beaucoup ces recueils car cela nous permet de découvrir l’écriture de beaucoup d’auteurs français. C’est un peu mon petit catalogue Fantasy français.
Un avis à lire sur le blog La Biblio de Koko.
Le prochain on est d’accord c’est le dernier ? Et après ?
On est d’accord, Léviathan : Le Pouvoir conclut la trilogie et l’histoire de Michael Petersen. Toutes les questions quant au plan du Comité, l’Ombre, Léviathan, le passé de Michael et la tragédie du Queen of Alberta trouveront leur réponse. Son histoire, ainsi que celles de Masha et d’Andrew seront définitivement achevées.
Après ? Je ne sais pas encore. J’ai beaucoup d’envies et de projets.
Le site Unwalkers propose un entretien autour de Léviathan : La Nuit, sur le recul acquis au fil des deux premiers volumes, les perspectives pour le troisième, et au-delà.
Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.
Qu’est cette décision ? Le point de départ de la scène ? Sa conclusion ? Son coup de théâtre ? N’hésitez pas à partir dans tous les sens ! Lâchez-vous, mettez des mots sur le papier (ou l’écran).
7,5/10. Du bon et du très bon. Quelques surprises aussi. Cette antholgie 2012 des Imaginales est un bon cru, où l’on retrouve à la fois habitués et nouveaux.
Un article du Manu B. à lire sur Sci-Fi Universe.