Lundi, c’est déclencheurs (8) : un conflit indirect

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Ces conflits indirects forment des moments de friction, où la tension narrative se développe, où les personnages se complexifient, réagissent à la frustration. Comment ? Qu’est-ce que cela révèle sur leur nature profonde ? Quelle différence ressentez-vous par rapport au premier exercice de la série, où l’affontement était direct ?

Déclencheurs : conflit indirect

  1. Retardé par les éléments
  2. On ne s’aime pas mais on bosse ensemble
  3. Je t’aime, mais ce n’est pas réciproque
  4. On s’aime et ça rend tout très compliqué
  5. D’accord sur la finalité, pas sur les moyens
  6. Se justifier à un supérieur
  7. Négociation difficile
  8. Personne ne m’écoute jamais
  9. Trop de pression sur mes épaules
  10. Gagner ta confiance
2014-08-27T16:05:57+02:00lundi 20 août 2012|Technique d'écriture|4 Commentaires

Roland C. Wagner

Photo Le Monde

Je plaisantais juste avant de partir en mer en disant que c’était le moment que le monde s’effondre, parce que je n’en saurais rien. La plaisanterie devient très, très amère quand, à votre retour, vous découvrez qu’une tragédie s’est produite : la disparition d’une des pierres angulaires de la science-fiction française, Roland C. Wagner.

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur sa vie et son oeuvre, laquelle a été continuellement étudiée par les spécialistes qui ont des choses bien plus inteligentes à en dire que je ne pourrais le faire. Je mentionnerai cependant qu’ouvrir un livre de Roland, pour moi, était toujours l’assurance d’un mélange unique, celui d’une grave légereté. La légereté par l’humour, le sens du romanesque, mais nourri et étayé par une profonde réflexion, une véritable préoccupation pour l’avenir de l’humanité et ses défis – une vision aux antipodes de la naïveté, parfois terrible ; mais qui parvenait toujours à conserver une étincelle de lumière, semblable à la claque dans le dos et la bière que vous offre un pote compatissant après que votre vie vient de s’écrouler.

Les forums ont beaucoup parlé de la verve de Roland, de ses engagements, de son combat pour la reconnaissance de la science-fiction, de ses coups de gueule mémorables. Quand le jeune fanzineux que j’étais a débarqué dans le milieu de l’imaginaire, effacé et soucieux de ne pas mettre les pieds là où il ne fallait pas, je dois avouer monsieur Wagner m’impressionnait énormément. Mais lui ne s’est pas laissé faire. Contrairement à une certaine part du sérail, qui vous bizute, vous prend de haut, ne vous calcule pas tant que vous n’êtes pas bankable, monsieur Wagner, qui m’impressionnait tant, m’a parlé comme à un égal dès qu’il m’a identifié, alors que je n’avais qu’une ou deux nouvelles derrière moi, peut-être encore moins. M’a simplement dit, un jour aux Utopiales : « c’est bon, tu fais partie de la maison, on va pas épiloguer. » Presque un chaleureux « oh, ta gueule. » J’ai mis un temps à m’en apercevoir, mais cette gentillesse, cette simplicité dans les rapports humains et surtout cette confiance et ce respect qu’il m’accordait alors que j’avais tout à prouver a grandement contribué à nourrir mon affirmation d’auteur.

Roland s’en foutait que j’aie quelque chose à prouver ; il comprenait que c’était à moi que je devais le faire, et pas au milieu, pas aux éditeurs, pas aux collègues, et surtout pas à mon image de monsieur Wagner, avec mes 20 et quelques années encore un peu sous cellophane. On dit souvent des auteurs qu’ils sont humanistes. Mais beaucoup ne font seulement que parler d’humanité dans leurs livres (et de quoi parler d’autre ?). Roland, lui, était un vrai humaniste. Je le sais parce que je l’ai vu, et il me l’a donné, comme ça, sans même y penser, parce que c’était vrai, c’était lui.

Je n’oserais néanmoins prétendre que je l’ai vraiment connu, au sens qu’on connaît personnellement, au bout du compte, peu de camarades et de collègues dans le milieu littéraire – on se croise lors des festivals, on boit un verre, on rigole. (Le fait que je vive de plus en plus à la marge n’aide pas non plus.) Mais je chérirai les quelques discussions musicales que nous avons eues, et surtout la complicité d’une lueur maligne dans le regard alors qu’il venait de sortir une énorme connerie, l’air de rien, pouffant dans sa bière, en se demandant combien de personnes allaient gober son bobard.

Merci, Roland.

Pour (re)découvrir son oeuvre, voir son site.

Voir l’hommage du Monde par Serge Lehman.

2012-08-17T12:29:16+02:00vendredi 17 août 2012|Le monde du livre|1 Commentaire

5 règles pour (ne pas) démarcher quelqu’un

« Les temps comme les oeufs sont durs », professait ce philosophe de l’exrême qu’est Ken le Survivant (dans son immortelle version française). Cependant, pour faire ses premières armes dans le domaine de la création, il est de plus en plus courant de prendre contact avec d’éventuels professionels via Internet et les blogs.

Je suis honoré et surpris de recevoir de plus en plus de démarches en ce sens, mais j’en reçois aussi un nombre certain qui sont tournées n’importe comment.

Or, les gens publiés sont méchants, c’est connu, ils font partie d’un complot visant à étouffer la véritable création indépendante, puisqu’ils n’aident personne.

Sauf que.

Si je peux aider quelqu’un, je suis ravi de le faire, car « you can never pay back, only pay forward » dans ce métier. Mais faut quand même y mettre un minimum d’efforts. Cela ne vaut pas que pour moi – je suis plutôt cool, en fait, à part mes 10 ans de retard sur mon mail, ce qui constitue une raison parfaitement suffisante pour me vouer à une éternité en enfer -, mais pour toute démarche visant à demander un truc à un type. Et comme le bon sens n’est pas – contrairement à ce qu’affirme ce gros prétentieux de Descartes – la chose la mieux partagée au monde, enfonçons les points sur les i avec des portes ouvertes.

1. Renseignez-vous sur la personne à qui vous parlez

Je suis toujours interloqué quand je reçois des mails m’assurant d’un profond désir de travailler avec ma maison d’édition et, si je ne suis pas la bonne personne, pourrait-on parler au responsable marketing s’il vous plaît ?

Allô ?

J’ai vraiment l’air d’une multinationale ? Est-ce que j’ai seulement l’air de bosser à deux ? Il m’arrive d’avoir des stagiaires une fois par syzygie, certes, mais je n’ai guère les moyens que de les payer en nature, telle est la dure loi du monde de la création. (Je parle de livres, allons. Qu’est-ce que vous imaginez ?)

La moindre des politesses consiste à savoir à qui l’on parle. Solliciter un écrivain pour travailler pour son département artistique est un moyen assez sûr de passer pour un abruti. Pour qu’on vous réponde, assurez-vous de ne pas donner l’impression d’avoir fait un faux numéro.

2. Si vous n’êtes pas personnel, faites au moins correctement semblant

Les temps comme les oeufs sont durs, oui, alors envoyer une brouette de mails tous azimuts permet d’augmenter ses chances, non ?

Ben non. Enfin, pas forcément.

Le milieu de la création est grandement fondé sur des relations de personne à personne, non pas parce qu’on se paie en nature (quoi que fantasment les étudiants en lettres) (c’est pendant les études en lettres qu’il faut en profiter les gens, pas après) (enfin, c’est ce que j’ai entendu dire, j’ai pas fait lettres) (hein) mais parce qu’il s’agit constamment de rencontres d’univers personnels : créateurs, éditeurs avec un discours et une vision, distributeurs amoureux de la culture. Recevoir un mail standard envoyé à 10, 100, 1000 destinataires n’a guère de chances de provoquer l’intérêt.. « Salut, je veux bosser pour / avec vous. » Pourquoi ? « Parce que je suis désespéré. »

Pourquoi vous ? Pourquoi moi ? Démarcher quelqu’un, c’est certes lui demander un service, mais c’est aussi potentiellement lui apporter quelque chose. Bossons ensemble ? Yeah. Mais t’es qui, toi ?

Il ne s’agit pas de réécrire 15 pages à chaque envoi. Mais au moins, s’assurer que ce soit bien ciblé sur la personne, avec un paragraphe changeant en fonction du destinataire, histoire de montrer que vous n’êtes pas aux abois, prêt(e) à tout pour percer), peu importe avec qui. Même s’il faut se faire payer en nature.

Sachez à qui vous parlez. Ça retient l’attention. Ça peut donner envie de lancer la discussion et de s’intéresser, en retour, à vous.

3. Valorisez-vous

Vous êtes chaud(e) patate, motivé(e) à balle, remonté(e) comme un coucou suisse, prêt(e) à conquérir le monde. Vous savez ce que vous voulez. Oui ? Alors dites-le. Il y a, d’après le dernier recensement INSEE, 14,7 pétamilliards de personnes désireuses de bosser dans la création. Avec vous au milieu. Qu’est-ce que vous avez de plus ? Vous êtes vous-même. Vous avez vos idées, votre perspective, votre approche, votre personnalité. Au bout du compte, dans ce domaine, c’est ce qui compte le plus : votre vérité. Alors dites-la, for fuck’s sake. Les diplômes n’ont qu’un poids très relatif dans ce milieu, navré. Des vrais futés, débrouillards, inventifs, en revanche, je peux vous le dire : on en cherche.

N’allez pas jusqu’à exposer clairement que vous allez conquérir le monde, hein, ça fait un peu prétentieux en général et l’histoire a prouvé que ça se termine plutôt mal en général. Mais si vous avez des compétences à apporter, si vous voulez monter un projet avec quelqu’un, mettez-le – mettez-vous – en avant. Vous rêvez de bosser avec Edgar Allan Poe et vous faites du webdesign ? Écrivez-lui en lui proposant un coup de main sur ce front. Parce que, franchement, Edgar, même pas un blog et un Twitter, je te le dis, t’abuses.

4. Sachez ce que vous voulez

Vous ne savez pas ?

Arrêtez tout.

Commencez par là. Qu’est-ce qui vous différencie ? Qu’est-ce que vous apportez ? Il y a forcément quelque chose.

Il y a une constante dans le milieu artistique, du créateur au distributeur : tout le monde ici sait ce qu’il veut et pourquoi il est là. On n’arrive pas là par hasard, et surtout, on n’y survit pas par hasard : c’est une route qui nécessite de la ténacité, de la persévérance au quotidien, au nez et à la barbe de tous ceux qui vous assurent que « personne ne réussit là-dedans, voyons ». Il y a une tolérance assez mince dans ce milieu pour les personnalités poussives ou molles. Soyez proactif, démerdard. Sachez ce que vous voulez – en restant humble. Mais choisissez un cap, un rêve, un objectif. Ayez la niaque. La volonté. Agir. Si vous ne savez pas ce que vous voulez, personne ne le saura à votre place.

Permettez-vous de changer, bien sûr. C’est indispensable.

5. Répondez, même si c’est non

Corollaire de la relation de personne à personne. Les gens ne sont pas des outils, encore moins quand vous leur demandez un coup de patte. La réponse est négative ? Vous avez eu une réponse, déjà, parmi les 14,6999 pétamilliards de mails reçus par la personne. (Cela vaut aussi pour les lettres de refus personnalisées quand vous soumettez un manuscrit.) Plus encore : on vous a posé quelques questions, donné des conseils ?

Répondez, sacré bon dieu.

Le temps d’un créateur, c’est son argent. Si le type vous répond, même pour dire non, il est sympa. Rien ne l’y oblige. Remerciez-le – en deux lignes, juste pour marquer le coup. Ça montre que vous savez vivre, tout simplement. Ce n’est pas de l’obséquiosité. C’est juste se rappeler que c’est comme ça que les relations humaines fonctionnent : en se parlant.

Par contre, une chose est sûre, si vous ne savez pas vivre, ça dispose mal. Et les milieux artistiques sont très, très petits. Une incorrection ou du j’m’en-foutisme peut vous retomber sur le dos sans que vous ne compreniez d’où ça vient. À l’inverse, aux gens sympathiques et motivés, les portes, curieusement, s’ouvrent.

Comportez-vous donc comme si vous aviez votre mère perchée sur l’épaule. Ne jouez pas un rôle. Mais c’est quand même le moment de vous rappeler les leçons de savoir-vivre de votre vieille grand-tante quand elle vous rabâchait de dire « bonjour madame, bonjour monsieur ». On n’est pas des bêtes, bordel, même si on dit bordel.

Pour finir

Tout ça ne fera évidemment pas votre carrière. Mais, par tous les diables, ça peut sacrément aider à vous rendre sympathique. Et ça ne fait pas de mal, à vous, à votre entourage, à votre karma, d’être cool.

En d’autres termes plus agressfis, il faut être sacrément talentueux pour s’octroyer le droit de se comporter comme un connard. Or, comme il est toujours prudent pour un créateur d’éviter de se considérer génial, ça l’oblige à être fréquentable, et ce n’est pas plus mal. La planète ne s’en porte que mieux. Les gens sourient. Tout le monde travaille en bonne entente. Les chats se prélassent au soleil. Signature de la paix dans le monde. Clôture du trou de la couche d’ozone. First contact avec les Vulcains.

2014-08-05T15:21:31+02:00jeudi 16 août 2012|Best Of, Technique d'écriture|10 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (7) : une décision à prendre

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Qu’est cette décision ? Le point de départ de la scène ? Sa conclusion ? Son coup de théâtre ? N’hésitez pas à partir dans tous les sens ! Lâchez-vous, mettez des mots sur le papier (ou l’écran).

Déclencheurs : une décision à prendre

  1. Partir en Islande.
  2. Vendre toutes les actions de l’entreprise.
  3. Passer à l’ennemi.
  4. Déclarer sa flamme.
  5. Quitter le conjoint.
  6. Changer de métier.
  7. Commettre un meurtre.
  8. Demander pardon.
  9. Décider d’une alliance contre nature.
  10. Se faire soi-même justice.
2014-08-27T16:06:03+02:00lundi 13 août 2012|Technique d'écriture|1 Commentaire

Lundi, c’est déclencheurs (6) : une phrase à la con

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : une phrase à la con

  1. « C’est ma dernière journée ici-bas. »
  2. « La mayonnaise, c’est bon pour les frites. »
  3. « Cette nappe cirée me rappelle Marie-Amélie. »
  4. « Pourquoi a-t-il fallu traverser à la nage? »
  5. « Reviens, je t’ai fait des coquillettes. »
  6. « Je ne l’aime pas, mais je suis prêt(e) à faire un effort. »
  7. « La cause est plus importante que nous tous. »
  8. « Si c’est un manche à balai, alors je suis une théière. »
  9. « J’ai passé du thé de contrebande quand tu n’étais qu’un(e) gosse. »
  10. « Peu m’importe ce qui se dresse entre nous. »
2014-08-27T16:06:08+02:00lundi 6 août 2012|Technique d'écriture|2 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (5) : un élément WTF

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Que fait cet élément dans l’histoire ? Est-ce un accessoire ? Le pivot de l’intrigue ? Un coup de théâtre ? Réfléchissez, et surpenez-vous !

Déclencheurs : un élément What The Fuck ?!

  1. Chat
  2. Bracelet brésilien
  3. Sabre brisé
  4. Sablier
  5. Lampe à huile
  6. Ecran plat
  7. Marqueur noir
  8. Bouée de sauvetage
  9. Clé à molette
  10. Sac de terreau
2014-08-27T16:06:16+02:00lundi 30 juillet 2012|Technique d'écriture|5 Commentaires

Les déclencheurs sont trop durs !

Très heureux que l’aventure des déclencheurs plaise, que ce soit suivi, et surtout que l’entraide se soit installée ! Je ne pensais sérieusement pas que l’initiative rencontrerait un tel succès ; du coup, il est probable que je retente ce genre de chose, et cela me fait prendre conscience que je pourrais bloguer davantage sur l’écriture et l’édition (cet article porte d’ailleurs subtilement – ou pas – sur le sujet).

Mais, alors que je passe parfois sur des sites qui relaient le défi, il m’arrive de lire : c’est trop dur. Je ne trouve pas vingt minutes dans la semaine. Ça ne m’inspire pas.

Ce qui me pousse, cette fois, à prendre mon bâton de sergent instructeur et à dire : hé, ho, les divas, ça suffit.

Vous voulez écrire ? Vraiment écrire ? Votre rêve consiste à publier un livre dont vous soyez content(e), puis à poursuivre ?

Vient un moment où faut se botter le cul.

(Je ne parle pas des gens qui écrivent pour eux sans ambition de publication, ce qui est une approche parfaitement légitime ; il n’y a là d’autre exigence que la sienne, puisqu’aucun regard destinataire, et aucune exigence de discipline.)

Si vous ne trouvez pas vingt minutes dans une semaine de probables vacances pour écrire sur un thème au choix parmi dix tous très différents les uns des autres, permettez-moi de m’interroger sur le sérieux de votre engagement « professionnel » (au titre de celui ou celle qui désire pratiquer l’écriture avec le sérieux d’un professionnel, pas de celui qui est payé pour ça). Si vous n’accordez pas ce minimum (car vingt minutes, on parle bien de minimum, moins, c’est ne rien faire) de sérieux à votre écriture, qui le fera ?

L’approche professionnelle exige parfois qu’on se fasse violence. Et se faire violence, être un(e) pro, c’est écrire même quand l’envie n’est pas présente, surtout pour apprendre à se connaître pour savoir comment réveiller la machine à « inspiration », sans attendre qu’elle vienne ; aller la chercher de force, et le plaisir qui va avec. Les déclencheurs vous déplaisent ? Il ne s’agit pas d’écrire toujours sur ce qu’on veut, parfois, mais aussi de savoir tordre un thème pour le faire coller à sa propre sensibilité et trouver ce qu’on a à dire dessus. Où se trouve votre envie d’écriture ? Là est la vraie question. Tordez-les, ces thèmes, et faites-leur cracher ce que vous voulez.

C’est même le meilleur exercice qui soit, car c’est la difficulté qui enseigne. (Ce n’est pas pour dire que l’écriture est une souffrance, bien au contraire ; elle est censée être un plaisir, mais elle comporte un apprentissage, et apprendre nécessite d’investir de l’énergie contre des épreuves, ainsi que se permettre de se tromper.) Apprendre à écrire est un processus constant, et on n’apprend pas le monde en restant dans la sûreté de chez soi. Écrire est un muscle. Un pro – surtout à plein temps – doit produire du texte, un texte bon pour ses lecteurs et qui lui fasse plaisir à écrire, et s’il ne s’est jamais préparé à la difficulté avec sérieux, s’il n’a pas appris à la transcender, à savoir quelle méthode de travail lui convient pour savoir attiser la passion au quotidien, il va dans le mur. (Ou plus exactement dans la grange avec une corde à attacher aux solives.)

Je parle d’expérience. Si j’avais laissé la timidité et le sentiment d’inadéquation face au mythe arthurien parler au lieu de me demander : « qu’est-ce que j’ai, moi, de personnel à dire, et que je peux apporter à ce thème ? », je n’aurais jamais écrit « L’Île close », qui, deux ans plus tard, était finaliste du Grand Prix de l’Imaginaire, lauréate du prix Imaginales, traduite aux États-Unis.

Mais je ne suis pas plus malin que vous. Je réfléchis et je pratique simplement autant que je peux, comme tout le monde. Ce que je peux dire en revanche, c’est que ce chemin ne défilera pas sous vos pieds de lui-même, c’est à vous de l’emprunter. Au bout du compte, écrire est un engagement que vous avez pris avec vous-même, et personne ne vous regardera ni ne vous félicitera de le faire. C’est pour vous que vous travaillez, et personne d’autre. Oui, il faut parfois du courage face à une feuille blanche, je ne dis absolument pas le contraire. Mais ce courage, c’est à vous de vous le donner, et de vous autoriser à l’avoir. Prenez-le à bras-le-corps. Vous ne le trouverez pas dans les prétextes et les fuites, c’est une certitude. Vous le trouverez en vous battant, en remportant de petites victoires, comme avoir consacré vingt minutes à votre rêve, et rien qu’à lui.

Vous voulez écrire ? Vous voulez vraiment écrire ?

Alors au boulot, bordel.

Avec tous mes encouragements.

2014-08-27T16:06:25+02:00jeudi 26 juillet 2012|Technique d'écriture|9 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (4) : un lieu pour l’action

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : un lieu pour l’action

  1. Piscine
  2. Verger
  3. Toit d’immeuble
  4. Dans le noir total
  5. A bord d’un engin volant
  6. La réalité elle-même se délite
  7. Au sommet des montagnes
  8. Orage tropical
  9. Complexe industriel
  10. Plateau de bureaux
2014-08-27T16:06:32+02:00lundi 23 juillet 2012|Technique d'écriture|2 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (3) : ce que veut le méchant

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : que veut le méchant de l’histoire ?

  1. Sauver le monde
  2. L’amour
  3. Détruire
  4. Je veux me venger de mon passé
  5. J’en veux particulièrement au protagoniste principal
  6. Je veux la même chose que le protagoniste principal
  7. Pouvoir
  8. Argent
  9. Sexe
  10. Renommée
2014-08-27T16:06:40+02:00lundi 16 juillet 2012|Technique d'écriture|7 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (2) : un personnage

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Le personnage peut évidemment être de sexe masculin, féminin, chaise, astéroïde, procaryote.

Déclencheurs : personnages

  1. Génie méconnu
  2. Adulé de tous
  3. Rêveur insatiable
  4. Frustré sans savoir pourquoi
  5. Amoureux transi
  6. Petit mais costaud
  7. Ambitieux sans scrupules
  8. Efficace mais effacé
  9. Angoissé perpétuel
  10. Gentil incompris
2018-07-17T14:20:25+02:00lundi 9 juillet 2012|Technique d'écriture|6 Commentaires
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