Blog

Le prix Campbell change de nom (tant mieux)

H. W. Wesso (Hans Waldemar Wessolowski) / Astounding Stories (Clayton)

Je résume rapidement : une controverse a récemment traversé l’édition anglophone, à l’initiative de Jeannette Ng, lauréate du prix John W. Campbell du meilleur nouvel auteur. Cela s’est passé il y a quelques semaines à peine, à la Worldcon de Dublin.

John W. Campbell était un éditeur absolument fondamental de la science-fiction américaine, mais il se trouve aussi qu’il était carrément raciste et pro-esclavage, une vérité inconfortable que Jeannette Ng a clairement rappelée à une assistance quelque peu gênée (lire ici son bref discours d’acceptation).

Félicitations, donc, aux magazines Dell, qui ont réagi extrêmement vite à la situation en renommant le prix « Astounding« , du nom de la revue dirigée par Campbell pendant une grande partie de sa vie. Astounding est une pierre angulaire de l’histoire du genre (et de son âge d’or), car Campbell, aussi détestable soit-il, était également (et c’est pour ça que la situation est compliquée) un excellent éditeur de littérature.

Donner au prix le nom de la revue semble une solution idéale, rendant hommage à l’héritage immense de celle-ci dans l’histoire de la science-fiction, sans légitimer plus longtemps un personnage aux propos déjà inacceptables dans les années 1950.

2019-08-30T18:06:24+02:00mardi 3 septembre 2019|Le monde du livre|2 Commentaires

Apprends la magie de jeter 100 pages avec la méthode Marie Kondo

Donc, comme beaucoup de gens qui aiment les bouquins, les jeux vidéo, la musique, la culture geek, les trucs et les machins, qui habitent depuis longtemps au même endroit et donc l’âge commence à monter en dizaines, j’ai comme qui dirait un léger problème de bordel. (Oui maman, je sais, j’ai toujours eu un problème de bordel. Sors de cet artifice rhétorique qui servira juste à me dédouaner si jamais tu tombes là-dessus, steuplaaaaît.) J’ai en plus une propension à l’accumulation, du genre, hé, si ça peut servir, faut garder, non ? J’ai une grande cave. Ça sert à ça.

Avalanche Dat GIF - Find & Share on GIPHY
En exclusivité mondiale, voici ce qui se passe quand j’ouvre la porte de ma cave.

Alors donc voilà, j’ai lu le bouquin à la mode, La Magie du rangement1, de Marie Kondo, énorme vente internationale, et maintenant une série Netflix.

Le principe fondamental de la méthode Marie Kondo est globalement connu : « conserve ce qui te donne de la joie« . Mais plus intéressant, elle recommande, quand tu jettes / donnes / supprimes un objet de ton environnement, de le remercier pour le plaisir qu’il t’a donné, et je trouve ça plutôt chouette. Ça ne mange pas de pain, et si l’on considère que les possessions sont d’une certaine manière un reflet de l’individu ou même une projection, cela revient à se remercier soi-même avant de clore le (micro) chapitre de sa vie que représente l’objet. Pourquoi pas ?

Là où ça devient intéressant, c’est qu’elle libère aussi l’individu de la culpabilité des achats impulsifs2… ou du rejet des cadeaux moches. Tu as acheté un pull en promo dont tu aimais vraiment la couleur mais tu te rends compte avec le recul que, franchement, il ne te va pas et ne t’ira jamais, eh bien tu t’en débarrasses, mais tu le remercies du plaisir qu’il t’a donné sur le moment quand tu pensais vraiment que c’était une bonne affaire. De ce point de vue, il a rempli son office sur le moment. Idem pour le pot de chambre de mariage3 qu’on t’a offert et qui, franchement, fait un peu désordre dans ton 350m2 de Bali cinquante ans plus tard. Tu peux t’en débarrasser, Marie t’en donne le droit, non sans le remercier pour l’intention avec laquelle il t’a été offert et le plaisir qu’il t’a donné. Il a, encore une fois, rempli son office.

Le rapport avec l’écriture ?

Aimer le processus et le chemin davantage que la destination.

Une des causes de la procrastination dans le domaine créatif (lire : les sept causes de la procrastination et comment y remédier) touche à la complexité du travail, ce qui le rend intimidant (et donc, on se trouve d’un coup pris d’une irrésistible passion pour la vaisselle). Je tâtonne, j’explore, et parfois, je me plante.

Sauf que c’est déjà assez dur comme ça, alors j’ai pas envie de me planter. Que de temps perdu ! Que de frustration ! Non ?

Quand j’avais vingt ans et que je commençais, j’écrivais assez lentement parce que j’essayais de faire bien du premier coup. J’étais concentré sur le rendu autant que sur le contenu, ce qui est l’équivalent discursif de réfléchir à une réponse avant même d’avoir trouvé comment formuler la question. Ça fait bobo la tête. Alors, à force, ça marchait, mais j’ai vite découvert que travailler le rendu, la forme, l’efficacité, c’était plutôt le rôle des corrections. Comme disait Terry Pratchett, « le premier jet n’est là que pour s’expliquer l’histoire ».

À trente ans, avec davantage d’expérience, j’ai fini par accepter (avec réticence) le fait qu’écrire des trucs « pour rien », des pages entières qu’on jette (j’élague entre 10 et 30% de mes premiers jets de manuscrits), ce n’est pas du travail inutile. Tâtonner dans une direction dont on se rend compte a posteriori qu’elle n’était pas adaptée au projet n’est pas du temps perdu, c’est écrire ce qu’il ne fallait pas pour pouvoir mieux découvrir ce qu’il fallait. Après, quand t’es à la bourre sur ta date de rendu, la consolation est un peu maigre, et t’aimerais bien tomber juste du premier coup, ça pourrait pas marcher un peu plus comme ça ?

Aujourd’hui, je me suis aperçu d’un seul coup (avec le confort que donne un peu de recul et une date de rendu un peu plus relax, quand même) que je m’en tape d’écrire 100 pages pour rien si je me suis amusé à les faire, ou si, du moins, j’y ai trouvé du sens. Au contraire, presque. Si elles m’ont apporté quelque chose dans l’exploration, si j’y ai trouvé une forme de compte, quelle importance qu’elles ne servent pas le projet ? L’acte est sa propre récompense – le reste forme à mon sens des illusions dangereuses.

Telle Marie Kondo, je remercie alors ces pages pour le plaisir et le sens qu’elles m’ont apporté sur le moment. Et je les supprime sans une once de regret. Car elles ont rempli leur office.

Et le plus merveilleux, c’est qu’en général… elles restent. Car, écrites dans la joie et la vérité, ce sont souvent les plus intéressantes. Mais pour ça… il faut être sincèrement prêt à les bazarder. On ne peut pas faire semblant de lâcher-prise.

  1. Je m’aperçois à cet instant que j’ai une abréviation TextExpander pour le mot « rangement Â», ça ressemble à un appel désespéré de mon inconscient. ↩
  2. Ok, oui, faire des achats impulsifs c’est pas terrible d’un point de vue environnemental, et même financier, donc autant éviter, mais que celui ou celle qui n’a jamais acheté un truc qu’il a regretté ensuite me jette la première paire d’escarpins qui font mal aux pieds. ↩
  3. Ça existe. Je vous laisse chercher. ↩
2019-08-30T19:31:13+02:00lundi 2 septembre 2019|Best Of, Technique d'écriture|6 Commentaires

Pensez bien à ouvrir la lettre d’informations pour ne pas être désabonné.e [annonce de service]

Hop, j’en ai parlé en annonçant le petit cadeau qui attend les abonnés de la lettre d’informations du site (plus le gros cadeau tiré au sort), mais l’information vaut un rappel à part :

Si vous… 

  • N’ouvrez pas la liste de diffusion (KWI) pendant plus de six mois
  • Ou bien empêchez le chargement des images

Alors vous êtes automatiquement désabonné.e de la liste.

La raison en est simple : pour m’assurer que la liste arrive bel et bien aux destinataires sans tomber dans les pourriels, je dois conserver un taux d’ouverture à peu près correct. Cela signale aux systèmes de messagerie que oui, j’envoie bien des messages pertinents pour les gens et pas des pubs pour des petites pilules bleues qui permettent d’acheter des lunettes de soleil Rolex. Du coup, mon propre système retire automatiquement les adresses mail qui semblent tombées en désuétude.

Évidemment, si la liste n’est pas pertinente pour vous, aucun problème, hein. Ce message ne concerne que ceux et celles pour qui elle est pertinente, afin qu’ils et elles continuent à la recevoir, et continuent par là-même à déclarer au monde entier que ce sont des gens d’un goût très sûr qui font l’envie de leurs pairs et réussissent tout ce qu’ils entreprennent.

J’dis ça, j’dis rien.

2020-08-04T21:40:16+02:00jeudi 29 août 2019|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Pensez bien à ouvrir la lettre d’informations pour ne pas être désabonné.e [annonce de service]

Précommandez Contes Hybrides entre le 4 et 14 septembre pour recevoir votre exemplaire dédicacé

Oh yeah ! Oh yeah ! Si tu as raté la nouvelle, auguste lectorat, Contes hybrides sort le 18 septembre, un bouquin qu’il est joli et vachement bien (forcément) avec trois novellas à pas cher.

Profitant du Festival de l’imaginaire du Tonnerrois (où je serai), nous proposons avec les éditions 1115 une opération qu’elle est trop bien :

Couv. Victor Yale

Précommandez Contes hybrides sur le site des éditions 1115 entre le 4 et le 14 septembre et votre exemplaire sera dédicacé. La page est ici, et je recommande dès maintenant l’emploi de douze imposants réveils mécaniques de cuisine pour ne pas rater la date. Nan, j’déconne, je ferai un rappel, ALLEZ.

2019-09-02T16:41:16+02:00mercredi 28 août 2019|À ne pas manquer|1 Commentaire

Apparaître sur les réseaux commerciaux quand on est un personnage semi-public [leçons de la Worldcon]

Donc. Je suis un peu revenu sur Twitter ces derniers temps, en mode « haha ne faites pas attention à moi, je regarde juste par la fenêtre », oui je sais après avoir juré mes grands dieux que je toucherais plus à cette came néfaste et diabolique, comme j’avais dit il y a quinze ans que je ne toucherais jamais à World of Warcraft, or j’ai TUÉ RAGNAROS ET ONYXIA À VANILLA MOI MONSIEUR. C’est bien la preuve que je suis FAIBLE.

Suis-je si rapide à oublier l’eau froide tel un chat échaudé sans mémoire ? Eh bien, déjà, les interactions régulières et sympas, le côté spontané me manquaient, tout simplement. J’avais un peu l’impression de m’être mis au piquet tout seul (même si j’avais grand besoin d’une bouffée d’air et de réfléchir).

Mais surtout, j’ai assisté à beaucoup de tables rondes sur le sujet même des réseaux commerciaux à la Worldcon, dans l’espoir de comprendre pourquoi mes fils ne cessaient de m’exploser à la gueule depuis le début de l’année pour des trucs bien moins polémiques que je n’ai pu en écrire autrefois (avec d’ailleurs, a posteriori, quelques regrets).

Keira Knightley Anna Karnine GIF - Find & Share on GIPHY
C’est chiant les GIF animés quand on lit hein

La leçon que j’en ai retiré, très simplement, est : « you’re doing it wrong« . Je m’y prends mal, au moins sur la forme. Et la raison en est : engoncé dans mon vieux pote, le syndrome de l’imposteur, je n’avais pas vu que mon audience avait lentement mais sûrement dépassé un certain cercle confidentiel.

Or, il y a une différence entre twitter pour son cercle, qui vous connaît, vous suit et vous accorde le bénéfice du doute quand vous n’êtes pas clair, et voir ses mots pas forcément aussi bien léchés qu’on l’aurait voulu s’envoler bien au-delà de ce qu’on imagine et prendre des formes inattendues et monstrueuses. Et c’est là que l’on prête le flanc à ce vers célèbre de Rudyard Kipling, je paraphrase – c’est là que les gueux travestissent vos paroles pour exciter les sots.

Alors, que faire, sur un réseau comme Twitter où, par définition, tout est accessible à tout le monde ? Décider que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous sont forcément des gueux et ceux qui les suivent forcément des sots ? Les argumentations autocentrées ne sauraient être reçues sans une immense méfiance – celles qui soutiennent que je ne peux pas me tromper car je suis un gentil, et c’est irréfutable, puisque c’est moi. (L’ennemi est idiot, disait Desproges, il croit que l’ennemi c’est nous, alors que nous on sait bien que c’est lui.)

La meilleure image que j’ai entendue à la Worldcon est : il faut considérer Twitter comme un pub. Un pub où, en outre, (pour reprendre une précision qui m’a été apportée depuis) tout le monde est saoul et cherche la castagne. Et, là, à un moment, vous montez sur un fût pour clamer un truc.

Hahaha.

Eh bah, vous avez drôlement intérêt à être clair pour les inconnus qui n’ont pas le contexte et ne vous connaissent pas. Ils n’iront jamais chercher les précisions, car les réseaux sont ainsi faits qu’ils stimulent la rage plutôt que la conciliation, l’outrage plutôt que la modération. C’est structurel, c’est leur modèle économique. Et espérer que les gens le fassent quand même, pour vous accorder, à vous, le bénéfice du doute est certainement une illusion de l’ego. (« Je suis gentil ! Vous devriez me traiter différemment ! Parce que c’est moi ! »)

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Un auteur (ou créatif au sens large) est dans une situation ambiguë. D’un côté, c’est une personne seule, avec ses failles, ses moments de fatigue, ses opinions, ses maladresses aussi. (On ne tweete pas comme on publie un roman, qui relève de toute façon de la fiction, et où l’on s’efforce en plus de soupeser chaque phrase, lesquelles seront relues par toute une équipe éditoriale, pour que ça dise bien ce qu’on veut dire.) Des fois, donc, on se loupe. Mais aussi, c’est un compte « professionnel ». C’est, qu’on le veuille ou non, l’image pro que dégage l’auteur, et malheur à lui ou elle s’il sort un truc mal interprétable.

Donc, il viendrait, logiquement, que :

On ne doit pas sortir sur Twitter un truc mal interprétable.

Ça veut donc dire éviter un certain nombre de sujets et d’idées complexes.

Triste conclusion ? S’il s’agit de déplorer l’état du débat public, où l’on s’empare de la moindre imprécision pour clouer au pilori la moindre parole qui va défriser une personne isolée, alors oui, totalement. S’il s’agit de comprendre dans quoi on met les pieds personnellement et à quoi on s’expose, c’est une bonne leçon à retenir. Pour ma part, je fais ce blog, je suis sur les réseaux commerciaux pour le plaisir, et pour payer ma dette karmique. Donc, pour m’efforcer d’ajouter de la valeur à une conversation. Tout le monde n’a pas la même notion de la valeur, mais la conclusion que je tirais il y a un mois reste la même : si ce que tu voudrais dire ne peut pas passer clairement en 280 caractères, alors ne le dis pas (comme dans l’analogie du bar avec les clients à fleur de peau), ou bien sois prêt à t’accrocher au pinceau quand on t’enlèvera l’échelle et que the floor is lava.

Je n’ai pas envie d’aller à la baston. Je n’ai plus vingt ans et besoin de m’affirmer au monde pour exister : je sais que j’existe, la preuve, je me suis rencontré. Et franchement, ça me fait chier de terminer certains jours avec le cÅ“ur à 120 à cause d’une énième prise de bec idiote sur un mot mal compris, mais ça me fait chier aussi de me dire que peut-être, en face, une personne est dans le même état à cause d’un truc que j’ai pu dire de travers. C’est un peu trop facile de se dire que le type en face est un idiot et que j’ai forcément raison ; de toute façon, j’en suis structurellement incapable.

Alors bien sûr, les trolls, les imbéciles et les personnes qui ne vivent que pour susciter du conflit afin qu’on parle d’eux existeront toujours. Une part de l’apprentissage de ces outils, à mesure que l’on s’adresse à une audience plus vaste dans le pub, consiste aussi à savoir appeler les videurs : mute et block sont tes amis1.

Mais Gareth L. Powell affirmait à la Worldcon : « Je pense résolument que l’on retire des réseaux ce que l’on y investit. Les gens et vos interactions reflètent ce que vous y présentez. » Une opinion à laquelle je souscris (car je la trouve valable pour l’existence, de manière générale : be the change you want to see in the world).

Que faire, donc, du contenu plus complexe, plus potentiellement polémique ? On le tait par prudence ? Le monde ne sera-t-il à jamais que photos de chats ? Non, heureusement que non. Pour ma part, l’envie de me recentrer davantage ici, de réserver de toute façon à MA plate-forme, à MA maison et à vous, qui me faites le plaisir de la suivre, le meilleur de ce que je peux raconter (spoiler : et ça n’est pas le contenu facile à résumer en 280 caractères qui finit sur Twitter, justement), reste. Donc : si ça ne tient pas en 280 caractères, ça sera ici (et ça sera vachement plus provocateur de pensée, thought-provoking, et ça va être chouette).

Mais qu’est-ce qu’on peut faire avec Twitter, alors dis-donc Jamy ?

Il y a une responsabilité dans l’usage de la parole publique, j’ai toujours pensé qu’elle s’appliquait à la fiction (on est responsable de ce qu’on véhicule, consciemment en tout cas – restons-en là pour l’instant, car l’inconscient, c’est beaucoup plus complexe). Maintenant, il faut aussi savoir reconnaître quand on en dispose d’une telle tribune sur un réseau – qu’on soit créateur, critique, ou simplement personne un tant soit peu publique –, sans fausse modestie, et se rendre compte qu’on doit faire un peu plus gaffe que quand on fait une blague à ses potes, car on n’est pas avec ses potes. On est dans un pub louche et on monte sur un fût avec la gueule enfarinée et seulement 280 caractères.

Donc : il s’agit de discuter avec des gens en mettant l’accent sur la bienveillance et la gentillesse. De tendre la main, en accordant soi-même le bénéfice du doute, et de refuser tout net, immédiatement, le conflit (à moins d’être prêt à empoigner le lance-flammes quand il y a réel danger – mais les susceptibilités froissées, la mienne ou la tienne, n’en font pas partie). La polémique, la discussion constructive, devraient être réservés aux espaces plus développés comme les blogs, où l’espace pour s’exprimer est illimité, et où la temporalité, détachée de l’instantané, se prête infiniment mieux à des échanges réfléchis2.

Dont acte, ou du moins, on va faire de son mieux pour.

  1. Par comparaison, la fiction, étant ce qu’elle est (fictive, duh) est un laboratoire paradoxalement bien plus sûr, alors qu’elle livre souvent des idées bien plus inconfortables. ↩
  2. Même si les blogs peuvent aussi avoir leur côté impulsif et inachevé – c’était leur principe, à la base, avant les réseaux commerciaux. ↩
2019-08-26T19:05:09+02:00mardi 27 août 2019|Humeurs aqueuses|11 Commentaires

Ce week-end, festival des Voyageurs Immobiles à Cherbourg !

Je vais en Normandie ! Je franchis les frontières bretonnes pour oser m’aventurer dans un territoire dangereux et inconnu… euh… 

Me tapez pas s’il vous plaît je joke :

Ha

Donc, ce week-end, c’est le festival Voyageurs Immobiles à Cherbourg-en-Cotentin (oui, c’est le Cherbourg que vous imaginez, y a pas de piège) et ça va être très chouette : plein d’animations autour de l’imaginaire sous toutes ses formes, bouquins, cinéma, cosplay etc. J’y serai de samedi vaguement-vers-onze-heures-le-temps-d’arriver-quoi à dimanche soir.

Tout le programme et les infos pratiques ici.

2019-09-02T16:40:55+02:00lundi 26 août 2019|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Ce week-end, festival des Voyageurs Immobiles à Cherbourg !

Un nouveau cadeau pour les abonnés de la liste de diffusion début septembre

Toujours dans l’idée d’essayer de reprendre une forme d’indépendance vis-à-vis des réseaux commerciaux, je m’efforce de revenir à une communication plus directe : vous, moi, un courrier mensuel dans votre boîte aux lettres, par le biais de la liste de diffusion, KWI, gérée par Lucien mon jumeau maléfique dont j’ai enfermé l’âme dans un robot Internet.

J’avais déjà fait l’expérience en début d’année, et j’aimerais vous la reproposer, renouvelée, avec un outil différent, pour continuer à resserrer les liens. Soit :

Il y a certaines applications (j’en parle dans la boîte à outils de l’écrivain) dont je me sers au quotidien, qui me font gagner un temps et une santé mentale considérables, au point que si je n’en dispose pas, mon ordinateur me semble tout cassé. En début d’année, je vous avais proposé un code promotionnel pour découvrir (et peut-être souscrire) à Focus@Will ; cette fois, je vous propose… autre chose.

Surprise.

Début septembre, tous les abonnés à la liste de diffusion se verront proposer un code promotionnel exclusif (non disponible ailleurs) pour découvrir un autre service qui m’est indispensable et m’aide énormément dans l’écriture (et pour faire du texte de manière générale). Non seulement ça, mais :

Avec le soutien de l’éditeur (que je remercie profondément !), six (oui, six) licences d’un an seront offertes à six abonnés actifs de la liste de diffusion tirés au sort.

Tant que vous êtes abonné.e à la liste de diffusion avant le 31 août, que vous le restez au cours du mois de septembre, ET que vous êtes un abonné considéré actif par mon système1, alors vous avez une chance de recevoir l’une de ces six licences. Elle est pas belle la vie ? Plus belle, qu’ils disent dans le sud, il paraît.

Je garde le nom du service une surprise, parce que… je trouve ça plus rigolo comme ça, et puis il n’y a rien à perdre de toute façon.

Et si vous n’êtes pas abonné.e encore, pas de problème, hop, je repose un formulaire ci-dessous. La liste de diffusion est envoyée une fois par mois, elle reprend les actualités à venir, résume les articles importants du blog, et lève souvent davantage le voile sur le processus d’écriture au long cours et l’étrange vie qui consiste à créer des trucs en espérant que des gens les aiment. Donc, ce n’est pas invasif (je compatis, je reçois déjà beaucoup trop de mails moi aussi) et je m’efforce de m’assurer que ce soit bien fourni en trucs et en machins.

Rejoignez les 474 abonnés à ce site : pour ne manquer aucune information, entrez votre
Veuillez choisir ce que vous désirez recevoir :
Vous affirmez avez pris connaissance de la politique de confidentialité du site. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment à l'aide des liens contenus dans chaque message.

Merci pour votre fidélité, en espérant que ce genre d’expérience continue à vous plaire !

  1. Lequel est Mailpoet. Être abonné actif signifie en gros que vous avez ouvert une lettre d’information dans les trois derniers mois, et que vous autorisez le chargement des images dans votre logiciel de lecture de courrier. ↩
2019-09-09T18:55:08+02:00jeudi 22 août 2019|À ne pas manquer|5 Commentaires

Worldcon 2019, jours 4 et 5

Je jure que lundi midi, quand un ami a reçu ses gyôzas au restaurant, je me suis dit : « mon cerveau doit ressembler à ça ». Ce qui méta-décrit mon état de cramitude : ce n’est pas tellement l’image qui compte que le fait que j’aie simplement pu la concevoir…

Bref ! Gros coup de bleu (de blues) à la cérémonie de clôture tandis que cette 77e Worldcon touche à sa fin et que symboliquement, le flambeau a été remis à l’équipe de l’année prochaine, ConZealand, à Wellington. Entre les tables rondes et les belles rencontres toutes reliées par notre passion commune, ces cinq jours sont passés extrêmement vite.

J’ai été frappé (comme à chaque fois) par le pragmatisme à la fois simple et décomplexé de l’approche de l’écriture dans le milieu anglophone. On adore encore, en France, se raconter des contes comme quoi le « talent » ou la « vocation » doivent primer sur toute autre considération ; que l’écriture (ou la création) restent la chasse gardée d’une classe mystérieuse d’élus mystiques qui « l’ont » (le truc) ou pas. Dans une culture qui s’est toujours proclamée égalitaire, cela me laisse drôlement songeur.

Rien de tout cela à une Worldcon. Tu veux écrire ? Bosse. Bosse, encore, encore et encore. Et puis davantage que ça. Ne lâche pas ; prends-toi des portes dans la tronche, marche sur les râteaux, c’est inévitable, cela fait partie du chemin hélas, mais quoi que tu fasses, n’oublie pas : ne lâche pas. Le travail est ta seule variable d’ajustement, et ce qui différencie ceux qui « y arrivent » (arrivent à publier, jouissent d’un certain lectorat, pour faire connaître leur travail au monde) c’est avant tout la persévérance, la volonté d’évoluer et d’apprendre sans cesse. C’est dur, oh oui. Mais tu veux ? Alors donne tout et même le reste, et tu pourras probablement y arriver, même si cela doit prendre dix ou vingt ans. Au fond, il n’y a qu’une seule vraie métrique : l’expérience. Et une seule pulsion : une niaque tellement invraisemblable qu’elle confine à la mégalomanie, l’inconscience, ou un mélange des deux. (Au passage, je repose ça là)

Tu te doutes, auguste lectorat, que je souscris entièrement au discours, parce que c’est celui que j’ai biberonné depuis plus de vingt ans, et j’oserais dire que c’est celui qui m’a conduit où je me trouve (soit, timidement, un peu plus loin qu’il y a vingt ans, c’est-à-dire : j’ai publié quelques trucs et des gens ont aimé), avec l’immense conscience que j’ai à peine commencé à vaguement accepter le chaos non-euclidien doublé de résolution indispensable qui semble apparemment former l’essence de ce métier. On apprend toujours, et c’est ça qui est merveilleux. On en a parlé il y a un an tout juste dans Procrastination, d’ailleurs (« Talent Vs. Travail »).

Non, ça ne sera pas plus simple ou plus facile, mais au bout d’un moment, tu finiras par comprendre intimement que c’est normal. Le talent existe peut-être. Mais vu qu’on ne peut pas y faire grand-chose, on s’en balance un peu, et tout ce que tu peux faire, c’est travailler sans relâche à cette chose qui compte pour toi ; et la seule personne à qui tu rends des comptes, en définitive, c’est toi-même. (Coucou, Steven Pressfield.)

Authentique, et il fallait que je reparte avec. Attention : peut contenir également des larmes de directeur d’ouvrage.

Sinon, ça fait tout drôle, j’ai mesuré le jour même que c’était la première fois que j’étais invité à intervenir sur une table ronde avec ma casquette musicale, aux côtés de Sam Watts (compositeur entre autres de la bande originale de Sarah Jane Adventures !), et pouvoir discuter avec le public de bandes-son légendaires (en replaçant au passage celle de Babylon 5 par Christopher Franke) a constitué un des grands plaisirs de cette convention.

George R. R. Martin sera toastmaster de ConZealand.

Ma plus grande erreur aura certainement été d’emporter une grande valide vide. En pensant que je rapporterais DES TRUCS. Ben forcément, hein. Je cherche, aussi. Les livres, c’est comme les gaz parfaits. C’est curieux, ça finit toujours pas occuper tout l’espace disponible.

2019-08-19T22:14:53+02:00mardi 20 août 2019|Carnets de voyage, Le monde du livre, Technique d'écriture|17 Commentaires
Aller en haut