Répondez seul.e à vos questions sur la littérature avec cette technique simple

Ça envoie du rêve, hein ? Beaucoup de questions animent les jeunes auteurs inquiets de bien faire sur les pratiques, les conventions, les manières justes ; un certain nombre d’idées reçues circulent aussi, souvent. La littérature impressionne pour des tas de raisons – pour n’en citer qu’une, l’aura dont on l’orne en cours de français contribuer fortement à la sacraliser au-delà du raisonnable.

Il existe pourtant une manière très simple de prendre du recul : transposez la question à la pratique de la musique. La réponse est souvent évidente. Littérature et musique sont deux arts, et il y a un certain nombre de constantes dans la pratique d’un art (voire de toute activité, j’aurais pu dire « transcrivez ça au deltaplane », et à la réflexion J’AURAIS DÛ).

Les repères sont un peu plus confus en littérature parce que tout le monde maîtrise suffisamment le langage pour s’exprimer oralement, hélas, cela n’entraîne pas automatiquement une compétence littéraire immédiate. Il faut parfois un peu de boulot. En revanche, la musique implique intuitivement pratique, constance et compétence pour arriver à ne serait-ce qu’amuser ses potes sur la plage le soir.

Donc, la prochaine fois que vous vous demandez si l’on peut faire x ou comment faire y : mettez-vous à la place d’un·e musicien•ne et voyez ce qu’il en sort. C’est comme cela qu’on voit aussi si c’est une question solo de guitare.

(OH ÇA VA HEIN on rigole et puis avec lui c’est d’actualité)

2022-12-05T02:15:01+01:00lundi 5 décembre 2022|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Répondez seul.e à vos questions sur la littérature avec cette technique simple

Procrastination podcast S06e18 – Parler de ses textes

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « S06e18 – Parler de ses textes« .

Un épisode confession sur le rapport à la verbalisation des projets en cours de création : en parler, s’ouvrir aux autres, avantage ou danger ? Mélanie a besoin de communiquer sur le fait que la « machine » est relancée, de savoir qu’on la surveille au travail… en revanche reste secrète sur le contenu, qu’elle a besoin de développer dans la solitude. Lionel révèle qu’il n’écrit que visé par des Daleks qui menacent de l’exterminer s’il ne travaille pas assez, et plus prosaïquement, ajoute un degré dans le secret : il ne voudrait s’ouvrir, et ne révéler quoi que ce soit, que sur les projets proches de la complétion, sauf à ses plus intimes, de crainte de figer les choses. Estelle est tout l’inverse : elle parle énormément des projets en cours dans son entourage, dans un groupe d’entraide d’auteurs et autrices ; loin de figer les choses, le processus d’évolution que ces conversations induit est essentiel.

Références citées

– Hewlett-Packard

– Le rubber ducking (« méthode du canard en plastique ») : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_du_canard_en_plastique

– Sylvie Miller

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2022-06-15T10:01:54+02:00mercredi 1 juin 2022|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast S06e18 – Parler de ses textes

7-8 mai : Atelier sur les techniques avancées de création de mondes imaginaires (à Paris et à distance)

Il a très bien marché l’année dernière (je craignais que cela ne plaise qu’à une petite frange de spécialistes !) et vous avez été plusieurs à avoir la gentillesse de me le redemander : je suis donc ravi de tenir cette année une nouvelle édition du stage intensif d’écriture sur les techniques avancées de création de mondes imaginaires.

Ce sera sur le week-end du 7 et 8 mai, à Paris à l’école Les Mots comme toujours, mais l’atelier peut être suivi aussi à distance.

Il s’agira d’explorer les difficultés spécifiques du domaine à travers des exercices et techniques opérantes afin d’étoffer ses mondes imaginaires, d’y rechercher de nouvelles occasions narratives, et surtout de dynamiser ses histoires et d’esquiver les pièges les plus courants. Il n’est pas ici question de défricher le concept de worldbuilding, mais bien de partir d’un projet existant (qui peut être très sommaire – une demie-page de notes suffit !) pour le questionner, l’étoffer, et appréhender la relation entre création narrative et monde fictif.

Qui ne connaît pas le célèbre « Luke, je suis ton père », le pouvoir terrifiant de l’Œil de Sauron ou encore que Winter is coming ? Des succès planétaires de « Star Wars » au Seigneur des Anneaux, de « Game of Thrones » à Harry Potter, l’imaginaire forme la première culture mondiale, transcendant les générations et les nationalités. 

Parler des « littératures de l’imaginaire » est en réalité un raccourci pour désigner les littératures des mondes imaginaires. Ces réalités fictionnelles peuvent être proches de la nôtre dans le cadre du fantastique ou de la fantasy urbaine, ou bien totalement disjointes comme dans le cas de la Terre du Milieu ou de Westeros. Ce qui régit ce monde, qu’il s’agisse de l’horreur indicible des Grands Anciens de Lovecraft, des systèmes magiques extrêmement poussés et complexes de Brandon Sanderson ou de la science du voyage spatial et des relations entre espèces extraterrestres dans « Star Trek », constitue ce que l’on peut appeler « l’hypothèse de monde » imaginaire. 

Or la construction d’un monde imaginaire est une entreprise créative à part entière, mais pour laquelle l’auteur ou autrice doit ménager un équilibre délicat : proposer une réalité complexe, tangible et intéressante, sans pour autant ensevelir l’intérêt de son récit sous l’exposition. 

Attention, le stage est limité à dix personnes et les places partent très, très vite. Pour tous les renseignements et les inscriptions, rendez-vous sur le site des Mots, et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poster en commentaires !

2022-04-27T17:28:53+02:00mercredi 30 mars 2022|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur 7-8 mai : Atelier sur les techniques avancées de création de mondes imaginaires (à Paris et à distance)

Créer un monde imaginaire : techniques avancées [tout nouveau stage intensif chez Les Mots]

Après avoir proposé pendant plusieurs années un stage intensif sur la création de monde imaginaire à l’école Les Mots, je me suis rendu compte d’un truc : il y a certainement de la place – et apparemment de l’intérêt – pour une plongée avancée dans ces techniques. Des choses destinées à des auteurs et autrices qui connaissent déjà extrêmement bien l’imaginaire, l’aiment, sont familiarisé·es avec ses défis et ses difficultés, et veulent trouver de quoi les appréhender et peut-être les franchir. Bref, pour une conversation pointue où l’on se demande comment établir de la meilleure manière les règles de son monde imaginaire, comment l’environnement nourrit et influence la narration, et où l’on réfléchit à ce qui constitue du carburant à histoires et des éléments d’atmosphère (sachant que c’est bien aussi, l’atmosphère).

Bon, tu te doutes, auguste lectorat, que si j’en parle, c’est que… 

… ce stage est maintenant prévu, et il se déroulera les 4 et 5 septembre prochains à l’école Les Mots (4 rue Dante, Paris) ou en visio.

Qui ne connaît pas le célèbre « Luke, je suis ton père », le pouvoir terrifiant de l’Œil de Sauron ou encore que Winter is coming ? Des succès planétaires de « Star Wars » au Seigneur des Anneaux, de « Game of Thrones » à Harry Potter, l’imaginaire forme la première culture mondiale, transcendant les générations et les nationalités. 

Parler des « littératures de l’imaginaire » est en réalité un raccourci pour désigner les littératures des mondes imaginaires. Ces réalités fictionnelles peuvent être proches de la nôtre dans le cadre du fantastique ou de la fantasy urbaine, ou bien totalement disjointes comme dans le cas de la Terre du Milieu ou de Westeros. Ce qui régit ce monde, qu’il s’agisse de l’horreur indicible des Grands Anciens de Lovecraft, des systèmes magiques extrêmement poussés et complexes de Brandon Sanderson ou de la science du voyage spatial et des relations entre espèces extraterrestres dans « Star Trek », constitue ce que l’on peut appeler « l’hypothèse de monde » imaginaire. 

Or la construction d’un monde imaginaire est une entreprise créative à part entière, mais pour laquelle l’auteur ou autrice doit ménager un équilibre délicat : proposer une réalité complexe, tangible et intéressante, sans pour autant ensevelir l’intérêt de son récit sous l’exposition. 

Cet atelier vise à explorer les difficultés spécifiques de cette approche à travers des exercices et techniques opérantes afin d’étoffer ses mondes imaginaires, d’y rechercher de nouvelles occasions narratives, et surtout de dynamiser ses histoires et d’esquiver les pièges les plus courants. 

Il n’est pas nécessaire d’avoir assisté à l’atelier « Créer un monde imaginaire » pour suivre celui-ci, même s’il y forme une bonne introduction. Il est en revanche indispensable : 

– de posséder une familiarité de base avec l’imaginaire et ses genres (science-fiction, fantasy, fantastique), que ce soit sous forme littéraire, cinématographique et/ou ludique ; 

– d’arriver à l’atelier avec une proposition succincte d’hypothèse de monde imaginaire (une demie-page minimum définissant les grandes règles du fonctionnement de la réalité fictionnelle en question selon les intérêts de l’auteur ou autrice : réalité géographique, physique, magique, ou bien sociale, ou encore un peu de tout cela à la fois). Elle servira de base au travail du stage. 

J’insiste spécialement sur les prérequis – bon, normalement, si vous avez l’info ici, ça ne devrait pas vous faire peur. À vue de nez, je mettrai pas mal l’accent sur l’embûche principale de l’imaginaire à mon sens, c’est la présentation du monde. (Protip : ça ne se présente pas. Enfin pas vraiment. Enfin vous verrez. Ha.)

Les places sont limitées à 10, mais l’atelier ne se tiendra qu’à 7 participants inscrits, donc ne tardez pas !

➡️ Infos et inscriptions

2021-06-23T10:56:31+02:00lundi 5 juillet 2021|À ne pas manquer|2 Commentaires

Camille Leboulanger sur Alain Damasio et le privilège de la création

J’avais raté cet article de Camille Leboulanger et c’est bien dommage car il est à la fois d’une concision et d’une pertinence parfaites :

Dans une interview parue 02 avril dernier dans la revue Livres Hebdo, Alain Damasio, questionné à propos de ses relations aux « difficultés rencontrées par des auteurs », donnait la réponse suivante :

« Je ne me sens pas touché en raison du corporatisme que cela représente. D’abord, il y a tellement d’autres secteurs dans la merde et qu’il faut mieux aider. En second, je pense que nous produisons trop. Certains écrivent sans avoir la nécessité vitale de le faire. À un moment donné, même si on est très brillant, on ne se renouvelle pas assez. Je n’ai pas envie de défendre tout ça, ce n’est pas prioritaire. Pouvoir créer est un privilège. » […]

Alain Damasio, dans cette intervention, paraît donc considérer son travail comme essentiellement différent de celui de la majorité des autres auteurs, comme de tous les autres travailleurs. Ce faisant, il personnalise, incarne (involontairement, on le souhaite, à défaut de l’espérer vraiment) le mythe libéral du créateur mystique, hors des choses matérielles de ce monde, rentier que pousse une inspiration mystique.

Alors, pouvoir créer est-il un privilège ? Les auteurs légitimes sont-ils des êtres essentiellement différents des autres êtres humains ? Cette position, en tout cas, semble bien peu compatible avec les valeurs humanistes qu’Alain Damasio se targue de représenter.

Graissage de mon fait, car c’est exactement ce qui, pour le dire poliment, me fait fumer les narines dans les interventions récentes d’Alain Damasio1.

Tout l’article vaut votre lecture (encore une fois, il est rapide) ; la démonstration est brillante et limpide. Et elle est calme et civile, ce dont, en toute honnêteté, je n’aurais pas forcément été capable.

  1. En fait, pas si récentes, puisque je râlais déjà il y a trois ans. ↩
2021-06-21T09:14:29+02:00jeudi 17 juin 2021|Juste parce que c'est cool, Le monde du livre|2 Commentaires

Des outils numériques pour l’émergence des idées et du savoir (Geekriture 05)

Zettelkasten est le mot très à la mode dans les cercles de productivité et de gestion de la connaissance, mais nous avons vu qu’il ne s’agit, finalement, que d’une application particulière et délibérée de l’hypertexte : digérer la connaissance ou formuler ses idées clairement, de manière à pouvoir établir des passerelles entre elles. C’est de ce principe simple que naît un ensemble dont le tout représente plus que la somme des parties, et c’est particulièrement juste dans le cas de l’écriture de fiction : après tout, les personnages ne valent que par leur insertion dans une histoire, l’histoire ne vaut que par les personnages qu’elle nous donne à suivre, le tout s’insérant dans un monde imaginaire (puisque nous sommes sur ActuSF) qui vient servir et architecturer l’ensemble. C’est cette interdépendance constante de toutes les parties d’une œuvre qui rend le travail par émergence aussi précieux, mais après avoir longuement discuté des principes d’une méthode, il serait bel et bon de voir comment l’implémenter.

➡️ … l’article Geekriture du mois traite des outils numériques pour l’émergence des idées et du savoir, à lire sur ActuSF.

2021-05-28T18:25:11+02:00jeudi 3 juin 2021|Geekriture|Commentaires fermés sur Des outils numériques pour l’émergence des idées et du savoir (Geekriture 05)

Procrastination podcast s05e15 – La procrastination

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e15 – La procrastination« .

Procrastination parle de procrastination ! Il était grand temps…
Écrire, en particulier de longs romans voire des séries représente un travail de très long cours. Comment tenir sur la durée ? Pourquoi est-il parfois si difficile de s’y mettre ? Et comment s’assurer de continuer à écrire avec plaisir et de livrer ses projets avec une raisonnable régularité ?
Lionel explique la notion d’échelle floue des projets artistiques, et que la peur s’enracine souvent dans la complexité d’un projet ; le subdiviser peut être alors une voie salutaire. Mélanie souligne que la difficulté principale consiste à se mettre au travail, moins que de rester dans l’élan. Estelle donne plusieurs conseils très concrets tournant autour de la persévérance et du soutien de l’entourage.

Références citées

– Kourosh Dini

– John Gardner, The Art of Fiction

– Maître Yoda

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Bonne écoute !

2021-05-03T18:10:08+02:00jeudi 15 avril 2021|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e15 – La procrastination

Technique d’écriture, parcours et « Comment écrire de la fiction ? » sur le podcast Double Vie

Double Vie : « Le podcast de la création, des auteur·rice·s et de leur mode de vie. » Mickaël Rémond reçoit auteurs et autrices, illustrateurs et illustratrices, musiciens et musiciennes de tous horizons pour parler de parcours, de vie créative et d’organisation au quotidien de tous les rôles parallèles que cela peut impliquer. J’ai eu le grand plaisir d’inaugurer la saison 2 du podcast :

On parle de parcours, de biologie marine, évidemment d’écriture, d’approche technique, d’organisation au quotidien et en particulier de Comment écrire de la fiction ? : à quoi peut-on s’attendre dans ce petit bouquin et quel en est grossièrement le plan ? (Dans le cas précis, c’est marrant de pouvoir évoquer la fin d’un livre sans craindre de spoiler) D’ailleurs, jetez une oreille aussi au dernier épisode de la saison 1, où Mickaël reçoit Xavier Dollo et Simon Pinel pour parler des éditions Argyll !

➡️ La page de l’épisode et le flux des dernières publications du podcast

Merci à Mickaël !

2021-03-01T18:29:38+01:00mercredi 3 mars 2021|Entretiens|Commentaires fermés sur Technique d’écriture, parcours et « Comment écrire de la fiction ? » sur le podcast Double Vie

Départ de tous les réseaux sociaux

It was fun while it lasted.

En fait, non, c’était pas entièrement fun. Surtout les dernières années.

Je ne pensais pas prendre cette décision si vite mais au bout d’un moment, bon, ça n’est pas surprenant, j’ai quitté Facebook, je quitterai Twitter avec sous quinze jours, et tout ce qui est assimilé « réseau social ». (Le compte restera présent mais verrouillé pour éviter le cyber-squatting, et pour conserver l’accès à la messagerie privée qui reste un moyen de communication nécessaire pour certains contacts.)

La raison ? Ma foi, toujours la même : les réseaux sont, d’une, dans mon cas très personnel, un aspirateur à temps de cerveau disponible, de deux, comme les trois polémiques à la semaine le prouvent, il est impossible d’avoir une discussion construite en 280 caractères quand le système est littéralement conçu pour nourrir les réactions instinctives et les outrages.

Twitter, allégorie

Concernant Twitter, je ne jette tout de même pas le bébé avec l’eau du bain. Certains mouvements capitaux y sont nés (#MeToo), j’ai pu échanger avec certaines de mes idoles de jeunesse et j’y ai rencontré et échangé avec plein de belles personnes (merci à vous – j’espère qu’on se retrouvera tous ici).

Je tiens spécialement à remercier tous les lecteurs et lectrices, blogueurs et blogueuses, Instagrameurs et chroniqueuses de tous horizons qui aiment les livres, en parlent sur leur fil et à leur communauté voire leurs clients – votre travail au long cours est capital pour faire connaître des auteurs. Merci !

Mais hélas, en ce qui me concerne, en l’espace d’un an et demi, j’ai été : insulté gratuitement, harcelé à deux reprises, et je ne compte plus le temps consacré à modérer des fils qui partaient en sucette ou à essayer de raccommoder des rapports humains mis à mal par un mauvais like ou un mauvais RT. J’ai énormément de mal à lâcher l’affaire dans ce genre de cas, je me bouffe la rate en sauce et avant d’avoir compris ce qui m’arrivait, j’ai passé deux heures obsessionnelles-compulsives à jouer à tape-la-taupe avec mes mentions.

Au bout d’un moment, pourquoi m’infligé-je ça ? Autant quitter Facebook a d’abord été pour moi un geste politique (à ma minuscule échelle, on est d’accord, mais be the change you want to see in the world, tout ça), quitter Twitter est davantage un geste d’hygiène mentale. Je pense en plus qu’il y a de bien meilleures manières de :

  • communiquer avec les gens : dans des espaces plus calmes comme des forums ou des commentaires de blogs ;
  • parler de son travail : par des événements, des conférences ;
  • accomplir son travail, tout court : en bénéficiant du silence et de la temporalité libérées pour se concentrer sur le vrai métier – qui est, et c’est tout : produire, régulièrement, des œuvres de qualité.

Pour paraphraser le temple de Salomon, savoir, oser, écrire… et se taire.

Écrire consiste à s’immerger dans la narration et l’esprit des temps pour en tirer des choses à rapporter à sa tribu ; à se documenter en profondeur, à réfléchir, à imaginer ; l’artiste est pour moi un chaman, et ce chaman-ci a beaucoup plus de mal à entrer en contact avec le Mystère s’il s’inquiète qu’un imbécile comprenne un tweet de travers et lance une campagne d’ostracisation et de désinformation à son égard.

Donc, dorénavant, en ce qui me concerne :

The amateur tweets. The pro writes.

Steven Pressfield, Turning Pro (chroniqué ici)

Je réitère que le site, le blog et Procrastination ne vont nulle part – c’est tout le contraire. Je compte consacrer davantage de temps à mes espaces, au podcast, et proposer toujours davantage de contenu construit (des choses vont arriver en ce sens).

Pour cela, je vous invite forcément très vivement à vous inscrire à la lettre d’informations dont le formulaire se trouve en bas à droite. Un seul mail par mois, juste entre nous, dense et récapitulant l’activité du site sur la période passée, avec toutes les actualités, et quelques réflexions plus personnelles sur l’écriture et les projets en cours !

On se retrouve… très exactement ici, demain matin.

2020-08-02T09:39:38+02:00mercredi 5 août 2020|À ne pas manquer|11 Commentaires

Un jeu de personnages (merci à Rozenn Illiano)

Rozenn Illiano (Le Phare au corbeau chez Critic, et plein d’autres histoires et des bijoux splendides) a fait un beaucoup trop beau cadeau à la tweetsphère littéraire en ressortant ce mème, parce qu’on aime tous beaucoup trop parler de nos personnages, en effet. Donc, amusons-nous (fil Twitter d’origine).

1. On prenant les publiés, probablement Dwayne de Heldadt dans Léviathan. Qui… apparaît finalement assez peu. A la base, j’étais censé revenir dessus (un jour, peut-être !)

2. Bruz dans « Les Dieux sauvages » (L’Héritage de l’Empire). Un personnage d’arrière-plan, mais qui s’est un petit peu posé quand même. Quand c’est comme ça, faut laisser faire.

3. Dur, ça change souvent. Mais je pense que… Chunsène (« Les Dieux sauvages »). Sa façon de n’avoir failli jamais exister et de s’être imposée comme jamais un personnage auparavant me dit qu’il se passe quand même des trucs étranges dans l’écriture. (Et puis elle n’en a rien à foutre des conventions, est tragiquement sombre et solaire à la fois, elle est très futée et voit clair sur le monde, bref… et elle s’écrit toute seule.)

4. Hmmm difficile à dire aussi parce que je pense les personnages en mots plus qu’en images, mais Ganner, probablement.

5. Parce que y a une histoire derrière, ou parce qu’il y a une occasion narrative qui mérite quelqu’un pour la porter et lui donner de la chair et du sang (et s’en emparer et partir avec la caisse en courant)

6. « D’où viens-tu, et où veux-tu aller ? »

7. Pas du tout, j’avoue. Ce sont les personnages qui me disent qui les attire, et ça reste toujours dans leur propre environnement, nécessairement.

8. Peux pas dire. C’est dans le tome 4 de « Les Dieux sauvages ».

9. Darén, sans aucun doute.

10. Voui, plein. Même chez les gentils, des fois.

11. Absolument pas. Je les passe à l’essoreuse et parfois ils ne sont sauvés de la mort que pour pouvoir être essorés davantage et lâcher tout ce qu’ils ont à dire. (Je crains que Chunsène ne l’ait compris, d’ailleurs.)

12. Hu, j’en ai tué plein, surtout dans « Les Dieux sauvages ». Difficile d’en mentionner un sans spoil, mais l’assassinat sordide dans la ruelle de La Messagère du Ciel reste pour moi aussi vain que juste.

13. Yep, le personnage principal se mangeant le plus dans la face la difficulté de la chose étant Izara de Rhovelle.

14. Au premier jet, ça arrive toujours. Mais j’essaie de comprendre pourquoi, et si c’est parce que le personnage en question n’a finalement rien de spécial à faire ce moment-là, je l’intègre dans l’histoire. Ça arrive, dans la vie.

15. Guil Redel, j’en parlais récemment. C’est un véritable monstre et il faut que j’aille très, très loin pour aller puiser de quoi il est fait.

16. Alors, on enlève les exosquelettes, on est d’accord ? Le plus grand : peut-être bien Darén ? Le plus petit (adulte) : peut-être bien Andrew León dans Léviathan. Avec exosquelette : Jared Valne, mais il triche, il pilote une mekana grande comme un immeuble.

17. Le plus vieux : Mordranth (l’oracle-dragon de l’Empire d’Asreth/ia). Le plus jeune : la princesse Carila de Rhovelle dans « Les Dieux sauvages ».

18. Ça dépend de quelle manière : les limites de l’humanité me fascinent et c’est pour ça que j’écris des monstres, ils sont souvent douloureux à écrire (Guil Redel, aussi Ganner et Daphn).

19. Au sens classique du « self-insert / Mary Sue », jamais, en tout cas pas que je sache. De façon plus vaste : toujours, parce que c’est moi qui écris, forcément.

20. Je regrette de ne pas avoir davantage montré les aventures de Chunsène et Nehyr dans Le Verrou du Fleuve. C’était un choix volontaire et assumé à l’époque, mais avec le recul, je pense que j’aurais dû.

21. Leopol. Je n’aurais jamais imaginé qu’il soit aussi populaire, et certainement pas auprès des lectrices.

22. Leopol. Je n’aurais jamais imaginé qu’il se révèle aussi tragiquement et humainement riche.

2020-05-17T20:22:18+02:00lundi 18 mai 2020|Entretiens, Journal|2 Commentaires
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