Lundi, c’est déclencheurs (6) : une phrase à la con

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : une phrase à la con

  1. « C’est ma dernière journée ici-bas. »
  2. « La mayonnaise, c’est bon pour les frites. »
  3. « Cette nappe cirée me rappelle Marie-Amélie. »
  4. « Pourquoi a-t-il fallu traverser à la nage? »
  5. « Reviens, je t’ai fait des coquillettes. »
  6. « Je ne l’aime pas, mais je suis prêt(e) à faire un effort. »
  7. « La cause est plus importante que nous tous. »
  8. « Si c’est un manche à balai, alors je suis une théière. »
  9. « J’ai passé du thé de contrebande quand tu n’étais qu’un(e) gosse. »
  10. « Peu m’importe ce qui se dresse entre nous. »
2014-08-27T16:06:08+02:00lundi 6 août 2012|Technique d'écriture|2 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (5) : un élément WTF

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Que fait cet élément dans l’histoire ? Est-ce un accessoire ? Le pivot de l’intrigue ? Un coup de théâtre ? Réfléchissez, et surpenez-vous !

Déclencheurs : un élément What The Fuck ?!

  1. Chat
  2. Bracelet brésilien
  3. Sabre brisé
  4. Sablier
  5. Lampe à huile
  6. Ecran plat
  7. Marqueur noir
  8. Bouée de sauvetage
  9. Clé à molette
  10. Sac de terreau
2014-08-27T16:06:16+02:00lundi 30 juillet 2012|Technique d'écriture|5 Commentaires

Les déclencheurs sont trop durs !

Très heureux que l’aventure des déclencheurs plaise, que ce soit suivi, et surtout que l’entraide se soit installée ! Je ne pensais sérieusement pas que l’initiative rencontrerait un tel succès ; du coup, il est probable que je retente ce genre de chose, et cela me fait prendre conscience que je pourrais bloguer davantage sur l’écriture et l’édition (cet article porte d’ailleurs subtilement – ou pas – sur le sujet).

Mais, alors que je passe parfois sur des sites qui relaient le défi, il m’arrive de lire : c’est trop dur. Je ne trouve pas vingt minutes dans la semaine. Ça ne m’inspire pas.

Ce qui me pousse, cette fois, à prendre mon bâton de sergent instructeur et à dire : hé, ho, les divas, ça suffit.

Vous voulez écrire ? Vraiment écrire ? Votre rêve consiste à publier un livre dont vous soyez content(e), puis à poursuivre ?

Vient un moment où faut se botter le cul.

(Je ne parle pas des gens qui écrivent pour eux sans ambition de publication, ce qui est une approche parfaitement légitime ; il n’y a là d’autre exigence que la sienne, puisqu’aucun regard destinataire, et aucune exigence de discipline.)

Si vous ne trouvez pas vingt minutes dans une semaine de probables vacances pour écrire sur un thème au choix parmi dix tous très différents les uns des autres, permettez-moi de m’interroger sur le sérieux de votre engagement « professionnel » (au titre de celui ou celle qui désire pratiquer l’écriture avec le sérieux d’un professionnel, pas de celui qui est payé pour ça). Si vous n’accordez pas ce minimum (car vingt minutes, on parle bien de minimum, moins, c’est ne rien faire) de sérieux à votre écriture, qui le fera ?

L’approche professionnelle exige parfois qu’on se fasse violence. Et se faire violence, être un(e) pro, c’est écrire même quand l’envie n’est pas présente, surtout pour apprendre à se connaître pour savoir comment réveiller la machine à « inspiration », sans attendre qu’elle vienne ; aller la chercher de force, et le plaisir qui va avec. Les déclencheurs vous déplaisent ? Il ne s’agit pas d’écrire toujours sur ce qu’on veut, parfois, mais aussi de savoir tordre un thème pour le faire coller à sa propre sensibilité et trouver ce qu’on a à dire dessus. Où se trouve votre envie d’écriture ? Là est la vraie question. Tordez-les, ces thèmes, et faites-leur cracher ce que vous voulez.

C’est même le meilleur exercice qui soit, car c’est la difficulté qui enseigne. (Ce n’est pas pour dire que l’écriture est une souffrance, bien au contraire ; elle est censée être un plaisir, mais elle comporte un apprentissage, et apprendre nécessite d’investir de l’énergie contre des épreuves, ainsi que se permettre de se tromper.) Apprendre à écrire est un processus constant, et on n’apprend pas le monde en restant dans la sûreté de chez soi. Écrire est un muscle. Un pro – surtout à plein temps – doit produire du texte, un texte bon pour ses lecteurs et qui lui fasse plaisir à écrire, et s’il ne s’est jamais préparé à la difficulté avec sérieux, s’il n’a pas appris à la transcender, à savoir quelle méthode de travail lui convient pour savoir attiser la passion au quotidien, il va dans le mur. (Ou plus exactement dans la grange avec une corde à attacher aux solives.)

Je parle d’expérience. Si j’avais laissé la timidité et le sentiment d’inadéquation face au mythe arthurien parler au lieu de me demander : « qu’est-ce que j’ai, moi, de personnel à dire, et que je peux apporter à ce thème ? », je n’aurais jamais écrit « L’Île close », qui, deux ans plus tard, était finaliste du Grand Prix de l’Imaginaire, lauréate du prix Imaginales, traduite aux États-Unis.

Mais je ne suis pas plus malin que vous. Je réfléchis et je pratique simplement autant que je peux, comme tout le monde. Ce que je peux dire en revanche, c’est que ce chemin ne défilera pas sous vos pieds de lui-même, c’est à vous de l’emprunter. Au bout du compte, écrire est un engagement que vous avez pris avec vous-même, et personne ne vous regardera ni ne vous félicitera de le faire. C’est pour vous que vous travaillez, et personne d’autre. Oui, il faut parfois du courage face à une feuille blanche, je ne dis absolument pas le contraire. Mais ce courage, c’est à vous de vous le donner, et de vous autoriser à l’avoir. Prenez-le à bras-le-corps. Vous ne le trouverez pas dans les prétextes et les fuites, c’est une certitude. Vous le trouverez en vous battant, en remportant de petites victoires, comme avoir consacré vingt minutes à votre rêve, et rien qu’à lui.

Vous voulez écrire ? Vous voulez vraiment écrire ?

Alors au boulot, bordel.

Avec tous mes encouragements.

2014-08-27T16:06:25+02:00jeudi 26 juillet 2012|Technique d'écriture|9 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (4) : un lieu pour l’action

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : un lieu pour l’action

  1. Piscine
  2. Verger
  3. Toit d’immeuble
  4. Dans le noir total
  5. A bord d’un engin volant
  6. La réalité elle-même se délite
  7. Au sommet des montagnes
  8. Orage tropical
  9. Complexe industriel
  10. Plateau de bureaux
2014-08-27T16:06:32+02:00lundi 23 juillet 2012|Technique d'écriture|2 Commentaires

Invité sur la Couveuse des Idées : « Nous sommes tous des créateurs »

La Couveuse des Idées est une section du site LesInfluences.fr, dont le sujet est très simple :

Quelle idée avez-vous envie de défendre en ce moment ?

J’ai eu l’honneur d’être invité à proposer ma réponse :

Nous sommes tous des créateurs.
Ce que nous sommes relève de notre seule responsabilité. Au sens double du terme : celui des choix que nous accomplissons, que nul ne peut faire à notre place ; et celui des conséquences qu’ils entraînent, qui n’appartiennent qu’à nous.

La suite à lire sur la page correspondante de la Couveuse.

2012-07-18T00:55:02+02:00vendredi 20 juillet 2012|Entretiens|3 Commentaires

Léviathan : La Chute finaliste du prix Rosny Aîné !

Couv. Alexandre Fort

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai appris la bonne surprise en revenant d’une journée en mer : Léviathan : La Chute, le premier tome de la trilogie, est finaliste du prix Rosny Aîné ! J’en suis ravi et vous remercie d’avoir choisi ce livre parmi vos préférés de l’année – car ce prix est un prix du public, dont les lauréats seront choisis à la convention annuelle de fantasy et science-fiction de Semoy.

Félicitation à tous les sélectionnés !

Finalistes du prix Rosny Aîné

Romans

  • Lionel DAVOUST : Léviathan : La Chute (DON QUICHOTTE)
  • Thierry DI ROLLO : Bankgreen (BÉLIAL’)
  • Thomas GEHA : La Guerre des Chiffonneurs (BLACK COAT PRESS)
  • Éric HOLSTEIN: D’Or et d’émeraude (MNÉMOS)
  • Anne LANIÈCE: L’Ardoise magique (SOUFFLE DU RÊVE)
  • Norbert MERJAGNAN : Treis, Altitude Zéro (DENOËL)
  • Roland C. WAGNER : Rêves de Gloire (L’ATALANTE)
  • Laurent WHALE : Les Étoiles s’en balancent ( BCP et CRITIC)

Nouvelles

  • Ugo BELLAGAMBA : « Journal d’un poliorcète repenti » (in Galaxies n° 14/56)
  • Thomas DAY : « Nous sommes les violeurs » (in Bifrost n° 62, BÉLIAL’)
  • Jean-Claude DUNYACH : « Dieu, vu de l’intérieur » (in Angle mort n° 4)
  • Franck FERRIC : Révolutions (Souffle du Rêve)
  • Léo HENRY : « Œuvre vécu d’Athanase Stedelijk, une monographie » (in Angle mort n° 3)
  • Jérôme NOIREZ : « Faire des algues » (in Bifrost n° 64, BÉLIAL’)

[Source]

2012-07-18T00:56:37+02:00mercredi 18 juillet 2012|À ne pas manquer|3 Commentaires

Lundi, c’est déclencheurs (3) : ce que veut le méchant

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Déclencheurs : que veut le méchant de l’histoire ?

  1. Sauver le monde
  2. L’amour
  3. Détruire
  4. Je veux me venger de mon passé
  5. J’en veux particulièrement au protagoniste principal
  6. Je veux la même chose que le protagoniste principal
  7. Pouvoir
  8. Argent
  9. Sexe
  10. Renommée
2014-08-27T16:06:40+02:00lundi 16 juillet 2012|Technique d'écriture|7 Commentaires

Léviathan : La Nuit en première sélection du prix Planète-SF !

Couv. service artistique Seuil Image © Bertrand Desprez / Agence VU

Planète-SF est un agrégateur de blogs consacrés à l’imaginaire et à sa littérature : une sorte de point d’eau et de revue de presse qui propose toutes les nouvelles du domaine éditées par les indépendants. Il s’est bien sûr construit une communauté autour de l’initiative, notamment de blogueurs critiques, et celle-ci a fondé son prix, le prix Planète-SF. Les sélections se font en commun entre membres du forum et du jury.

Et j’ai le grand plaisir de découvrir que Léviathan : La Nuit est en lice pour le deuxième tour ! Merci aux votants !

Bravo à tous les préselectionnés, dont voici la liste :

  • Ainsi naissent les fantômes, Lisa Tuttle, trad. Mélanie Fazi, Dystopia
  • Du sel sous les paupières, Thomas Day, FolioSF
  • Flashback, Dan Simmons, trad. Patrick Dusoulier, Robert Laffont
  • Frère Elthor, Pierre Bordage, L’Atalante
  • Heptagone, Georges Panchard, Robert Laffont
  • Julian, RC Wilson, trad. Gilles Goullet, Denoël
  • La fille automate, Paolo Bacigalupi, trad. Sara Doke, Au diable vauvert
  • La place aux autres, Philippe Mouche , Gaïa
  • Les enfers virtuels, Ian M. Banks, trad. Patrick Dusoulier, Robert Laffont
  • Léviathan – La nuit, Lionel Davoust, Don Quichotte
  • Matricia, Charlotte Bousquet, Mnémos
  • Mimosa, Vincent Gessler, L’Atalante
  • Mordre le bouclier, Justine Niogret, Mnémos
  • Rifteurs, Peter Watts, trad. Gilles Goullet, Fleuve Noir
  • Serenitas, Philippe Nicholson, Carnets nords
  • Tau zero, Poul Anderson, trad. Jean-Daniel Brèque, Le Bélial
  • The city & the city, China Miéville, trad. Nathalie Mège, Fleuve Noir
  • Vestiges, Laurence Suhner, L’Atalante
  • Wastburg, Cédric Ferrand, Les moutons électrique

[Source]

2012-07-12T23:43:59+02:00jeudi 12 juillet 2012|À ne pas manquer, Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Léviathan : La Nuit en première sélection du prix Planète-SF !

Lundi, c’est déclencheurs (2) : un personnage

Rappel des règles du jeu : il s’agit d’écrire pendant vingt minutes sur un, ou plusieurs éléments, remaniés ou non, de la liste ci-dessous. L’article initial de la série se trouve ici.

Le personnage peut évidemment être de sexe masculin, féminin, chaise, astéroïde, procaryote.

Déclencheurs : personnages

  1. Génie méconnu
  2. Adulé de tous
  3. Rêveur insatiable
  4. Frustré sans savoir pourquoi
  5. Amoureux transi
  6. Petit mais costaud
  7. Ambitieux sans scrupules
  8. Efficace mais effacé
  9. Angoissé perpétuel
  10. Gentil incompris
2018-07-17T14:20:25+02:00lundi 9 juillet 2012|Technique d'écriture|6 Commentaires

Le plus dur, c’est demain

Aujourd’hui : Rennes -> Paris (train) -> Amsterdam (avion) -> Glasgow (avion).

La zone indus de l’aéroport de Glasgow, prise depuis une fenêtre qui s’ouvre pas, avec mon reflet dedans. Bref, une photo pourrie.

Auguste lectorat,

Je me trouve actuellement dans le salon wi-fi d’un hôtel de la zone industrielle de l’aéroport de Glasgow, ce qui signifie que j’ai accompli la moitié de mon périple pour atteindre le village de Tobermory, situé au bout de l’île de Mull, elle-même située au bout de l’Écosse. (Pour mémoire, voici pourquoi.) Je ne sais pas si je pourrai bloguer comme ça régulièrement mais j’aimerais bien. Ce fut une longue journée sans grand événement ni intérêt, à part la succession de bizarreries aléatoires qui s’entrechoquent dans les gares et les transports. Il y a le gamin qui montre une DS miniature – la voiture – à sa fille au pair en l’appelant GPS, bonjour le coup de vieux. Il y a la surtaxe pour excédent de poids à payer due au matériel nécessaire pour survivre en mer ET à terre – bottes de navigation, cirés, sacs de mer et tout le toutim, et ensuite les deux vols retardés au départ parce que, deux fois, un voyageur ne s’est pas présenté à l’embarquement et qu’il faut donc retirer son bagage de la soute – et moi de psychoter en craignant d’être concerné, qu’on n’ait pas enregistré mon paiement, qu’une erreur d’adressage quant aux correspondances n’envoie ma valise à Taipei ou Duban, avant de me dire que, attends, elle ne peut pas non plus partir deux fois à Taipei de deux aéroports différents.

Ou alors, j’ai vraiment la lose.

Impression renforcée par le fait que je lis l’intégrale de Poe en alternance avec une relecture de celle de Lovecraft, ce qui donne une coloration parfois un peu surréaliste à l’environnement, surtout quand on débarque dans la section « Essais » de Poe juste après Arthur Gordon Pym et qu’on découvre qu’il en a écrit un sur la philosophie de l’ameublement, où figurent des gemmes telles que :

Les Hollandais ont, peut-être, une vague notion qu’un rideau n’est point un légume.

Ou encore

Un juge de droit commun peut être un homme ordinaire ; un bon juge en matière de tapis de doit d’être un génie.

Et un autoportrait pour faire plaisir à Mélanie Fazi.

Tant de fulgurance me pénètre.

Journée conclue par un peu d’errance sur la si riante zone industrielle de l’aéroport de Glasgow en quête de mon hôtel, sachant que ce genre d’endroit n’est absolument pas conçu pour les piétons, encore moins pour les piétons tractant une putain de valise à roulettes pour lesquelles ils ont payé une surtaxe pour excédent de poids : les roulettes, sur les trottoirs couvert d’herbe, ça roule pas super bien. Je sais, ma vie est passionnante. J’ai le vrai, le profond, le grand sens de l’aventure.

Demain, je m’éloigne des grandes villes pour traverser l’Écosse au fil d’une succession de transports toujours plus rares, avec un accent écossais probablement toujours plus dense, et j’espère que mon intense pratique de Star Trek en VO avec son délicieux Scotty m’aura suffisamment entraîné. Tant qu’on me dit I cannae push her any farther cap’n or she gunna blow, je suis au taquet.

Allez, assez de couillonnades, je file, auguste lectorat, ça passe Game of Thrones sur la BBC. J’aime les pays de langue anglaise. Sauf que je peux pas regarder, j’ai rien vu de la saison 2 encore.

Mais c’était juste pour te faire râler.

2012-08-01T19:54:58+02:00dimanche 8 juillet 2012|Carnets de voyage|8 Commentaires
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