Arrêtez de compter la longueur de vos textes en « mots »

Un mot (ha) qu’il me semble important de rappeler ici, surtout que le NaNoWriMo est dans un peu plus d’un mois :

Ne comptez pas la longueur de vos textes en mots.

L’usage de l’édition française, ce sont les signes espaces comprises.

Je sais, le NaNo utilise les « mots », mais c’est l’usage anglo-américain, d’où nous vient le NaNo, et cela s’est du coup transposé dans beaucoup de cercles de jeunes auteurs, mais je vous assure que personne ne compte ainsi dans l’édition française professionnelle.

Si vous voulez travailler avec ce milieu, prenez la bonne habitude, cela vous donnera l’air carré et au courant.

Et si vous ne voulez pas, comptez la longueur vos textes en tablettes d’argile, parce qu’un créateur se doit d’emmerder un peu le monde un peu quand même.

(Si la conversion vous donne du mal, multipliez / divisez mentalement par 6, en moyenne, puis donnez le résultat en signes d’un air assuré, personne ne le saura. Sauf moi, puisque je vous ai donné le truc.)

2020-09-21T17:58:43+02:00mardi 29 septembre 2020|Best Of, Technique d'écriture|10 Commentaires

Retour sur un parcours (une heure d’entretien à la Convention française de SF)

Je vais être honnête : c’est hyper dur de relayer ce genre de choses parce que j’ai toujours un peu l’impression de me la raconter to kingdom come. Donc on la faire la plus factuelle possible : le mois dernier, j’ai eu le très grand honneur de faire partie des invités de la Convention française de science-fiction. Et le très grand honneur, aussi de pouvoir causer pendant une heure sur mon parcours, interrogé par Jérôme Vincent. Et ça me fait très plaisir d’avoir pu revenir ainsi sur des étapes qui commencent à remonter : mes débuts, notamment, la direction d’Asphodale, et pas mal d’autres passages sur lesquels j’ai finalement assez peu causé dans l’absolu. Si vous être curieux•se de savoir par quels concours de circonstances étranges on passe du statut de biologiste marin chevelu et naïf à celui d’auteur professionnel chauve et peut-être encore naïf quand même, c’est par là que ça se passe.

Mille mercis à Jérôme pour l’animation de cette rencontre ! Et à ActuSF pour la captation, car l’entretien est à présent disponible en ligne ici.

2020-09-23T22:33:04+02:00lundi 28 septembre 2020|Entretiens|0 commentaire

Les photos de la semaine comme déclencheurs de micro-nouvelles

Je signale une chouette initiative de l’auteur Frank Scaldeyr qui, depuis deux semaines, s’est mis à prendre la photo de la semaine comme déclencheur pour des micro nouvelles (ici et ). Je n’y avais jamais pensé et c’est une très chouette idée, merci à lui ! Il y a des tonnes de listes de déclencheurs sur le présent site, mais cela fait trois ans que je n’en ai pas reproposé, et voilà qu’en réalité, il y en avait un par semaine depuis tout ce temps ! Plot twist !

Si vous cherchez une petite contrainte / coup de pied aux fesses / inspiration instantanée, joignez-vous au jeu !

2020-09-21T10:43:48+02:00jeudi 24 septembre 2020|Technique d'écriture|1 Comment

Mais qui est Lucien, le robot de la newsletter ?

Lucien. LUCIEEEEEEN, j’ai lié à ton âme à ma volonté par la puissance des électrons et du plugin WordPress, tu m’appartiens, tu m’entends ? J’ai soumis ton mythe à ma résolution et t’ai recyclé comme une vieille canette en alu. Tu ne peux pas, tu ne dois pas reprendre la vie d’un légende urbaine ! Et pour cela, je m’en vais crever de la flèche de la vérité le récit de ta genèse ! Rawr.

Ahem

Pardon.

Donc

Il se peut que je reçoive, voire lise par hasard des interrogations ou des questionnements ma foi légitimes tournant autour de l’identité de Lucien, le petit robot qui envoie la newsletter mensuelle. Mais pourquoi ? Pourquoi s’appelle-t-il Lucien, et pourquoi pas, je ne sais pas, Childéric, Maubeuge ou encore Alphonsine ? Eh bien, accroche-toi à ton terminal mobile responsive, auguste lectorat, parce que nous allons maintenant partir dans une histoire finalement pas hyper passionnante mais bon disons comme ça que ce sera fait.

Poorlydrawnlines (CC-By-NC)

En un temps lointain donc, où MySpace était une startup d’avenir et l’Internet mobile grand public se limitait au WAP (début des années 2000, si vous êtes limite dans vos repères d’histoire des technologies), je fus nommé rédacteur en chef d’une revue de fantasy nommée Asphodale, qui connut quelques jolis faits d’arme (premières publications en France de China Miéville, Kelly Link et Andrzej Sapkowski, avec la complicité des éditions Bragelonne pour le dernier – si ça vous intrigue, les sommaires sont disponibles ici). À l’époque, j’étais vraiment tout nouveau dans le milieu littéraire, j’étais passé par le fanzinat et je faisais partie de l’équipe de Galaxies, mais cela faisait seulement, à la louche, deux ou trois ans que je m’y investissais réellement. Et on ne va pas se mentir, j’ai un peu un nom à coucher dehors dont personne ne sait jamais prononcer la fin (et même moi j’ai toujours un doute), donc, quand le jeune fan chevelu se retrouve bombardé à diriger la petite sœur de Galaxies, ça peut se comprendre qu’on puisse faire une coquille sur son identité. C’est pas cool, mais compréhensible, ferrari humanum est ou du moins j’aimerais bien mais c’est cher.

À l’époque, Internet était vachement plus petit, on pouvait en voir l’autre bout si on se haussait sur la pointe des pieds, et les sites d’information majeurs sur l’imaginaire se comptaient sur les doigts d’une main. Et voilà donc que l’un d’eux m’appelle… Lucien Davoust. Bon, okay, sauf que comme c’est un site majeur, l’information se retrouve bientôt reprise, beaucoup. Beaucoup. Et un rédacteur en chef de revue, même jeune, et dans un contexte où le webzine n’est encore qu’une invention étrange dont personne ne sait si elle prendra vraiment jour, c’est pas mal en vue. Ça publie des gens, et les gens aiment être publiés, donc ils s’intéressent à vous, vous envoient des textes, font saluent sur les salons, et, vous l’avez vu venir –

À ce stade, je me demande s’il est bien pertinent de continuer à corriger les gens à force ou bien d’expliquer à ma mère que je change mon état-civil parce que là ça ira plus vite.

Évidemment, tous les copains (Mélanie Fazi, je te vois) se marrent comme des baleines et se mettent forcément à m’appeler Lucien aussi, parce que c’est à ça qu’on reconnaît les copains, ils se foutent de vous, et comme j’aime bien être mon propre copain aussi tant qu’à faire, je me aussi fous de moi et je commence à décider que, puisque c’est comme ça, Lucien est mon jumeau maléfique et dès que je ferai une connerie, ça sera la faute à Lucien et pas moi, c’est pratique. Bim.

Asphodale ne connaîtra au final que cinq numéros – satisfait d’avoir lancé une revue qui avait trouvé un début de public (comme c’était plus facile à l’époque, la presse papier…), je décide de voguer vers d’autres cieux parce que je commence à avoir des opportunités pour publier des nouvelles (une bise en passant à Lucie Chenu) et que je veux me centrer sur l’écriture à côté de la traduction ; je quitte mon poste en laissant un numéro six totalement composé et prêt à la publication, mais qui ne verra hélas jamais le jour en raison de la cessation d’activité de l’éditeur.

Lucien disparaît peu à peu dans l’oubli, et à mesure que mon nom correct circule un peu plus, seuls les copains continuent à se foutre de moi, tandis que je leur explique que je suis devenu grand, je ne fais plus de connerie, et donc je n’ai plus besoin de mon jumeau maléfique en leur racontant évidemment tout le sérieux mortel qu’il convient à ce genre de chose que j’ai attiré Lucien sur un cimetière indien pour conduire un rituel de bannissement liant son âme aux soubassements sacrés du lieu et que je suis libéré de son influence à jamais, À JAMAIS VOUS M’ENTENDEZ.

Techniquement, dans la mythologie de Lucien, donc, j’ai réveillé son âme aux alentours de 2015 pour vider son esprit de sa substance, le contraindre à son rôle de majordome lisse et courtois, m’appelant maître, et livrant comme un bon robot ma newsletter mensuelle à vous tous.

Cinq ans plus tard, peut-être – PEUT-ÊTRE – Lucien commence à remuer dans son sommeil, tandis que son incarnation recommence à étendre des tentacules de mystère à travers l’inconscient collectif dans l’espoir de renaître de sa propre légende.

Cet article sera peut-être le carreau d’argent en plein cœur qui le videra à jamais de sa substance.

Ou bien vous emparerez-vous de lui, pervers que vous êtes, pour en faire des choses qui m’échapperont de nouveau. Non.

NOOOOON

2020-09-12T21:31:18+02:00mercredi 23 septembre 2020|Expériences en temps réel|13 Commentaires

Rendez-vous ce week-end aux Aventuriales, près de Clermont-Ferrand !

Et bravo et merci à toutes les équipes d’organisation qui, de manière générale, travaillent d’arrache-pied pour maintenir des rendez-vous littéraires par les temps qui courent.

Les Aventuriales, donc, c’est ce week-end à Ménétrol (près de Clermont-Ferrand) ! Avec des auteurs, illustrateurs, rencontres, dédicaces, animations contes, jeux… 

J’ai le très grand honneur cette année de parrainer le salon, avec mon excellente et très estimée camarade Carina Rozenfeld !

J’y serai présent tout le week-end en dédicace, et j’y inaugurerai une nouvelle conférence que je donnerai dimanche à 10h (et dont le sujet ne devrait pas surprendre grand-monde ici…) : S’organiser en solitaire et créer sereinement.

En gros, j’y parlerai techniques de productivité en lien avec la psychologie de création : comment les célèbres approches Getting Things Done et Zettelkasten peuvent nourrir une pratique artistique au long cours (je travaille seul, toute l’année, et c’est qui me donne une structure et une rigueur dans un métier parfois capricieux). Et si vous n’avez fichtre aucune idée de ce que recouvrent des deux termes barbares, c’est vraiment que vous devez venir :

« J’écrirai… demain. » Qui n’a jamais connu ce découragement, cet épuisement intellectuel face à l’envergue parfois intimidante que représente l’écriture ? 

Surtout que nos vies modernes nous bombardent d’informations, d’impératifs et d’injonctions. La charge mentale de nos existences est sans précédent dans l’histoire humaine et ce tumulte est hélas bien peu compatible avec le silence et la persévérance dont se nourrissent la création littéraire. Atteindre la détente et la clarté d’esprit qui permettent de créer sereinement est difficile ; le faire seul.e, sans pression extérieure, l’est encore davantage. Dès lors, comment progresser sur un roman l’esprit libre ? 

La clé réside dans une rigueur suffisante pour progresser régulièrement, mais qui conserve la liberté et la joie d’écrire. À travers la psychologie de la création, les principes de productivité personnelle et même les outils technologiques, cette conférence expose des méthodes simples et ancrées dans la pratique pour organiser son art au quotidien : 

– Gérer tous ses projets ; 

– Clarifier et organiser ses connaissances et ses idées pour construire son livre (… et prévoir les suivants). 

J’ai pu voir régulièrement en atelier que c’était un sujet pour lequel il y avait une vraie soif, et du coup, je suis vraiment content de pouvoir distiller ce que j’ai pu rassembler sur la base de l’expérience depuis bientôt vingt ans (ouch). Attention, les places sont limitées, l’inscription en ligne est fortement recommandée.

À ce week-end ! (et en cette période de crise sanitaire, n’oubliez pas de consulter spécialement le 🙂

➡️ Site officiel

2020-09-30T18:08:00+02:00lundi 21 septembre 2020|À ne pas manquer|0 commentaire