Une description fort apte de Twitter

Chuck Wending (dans un article par ailleurs fort intéressant sur l’implication personnelle des auteurs qui écrivent pour de grosses licences) :

[Twitter] is a wasteland where nuance goes to die. As I am increasingly wont to say, Twitter is the place where somebody was wrong on the internet. Then someone was mad on the internet. Then you were mad on the internet. Then you were wrong on the internet. And that cycle just kinda goes and goes. It’s like a dunk tank where you’re dunking people and then getting dunked for dunking on people and then as you’re being dunked you still find other people down in the deep to dunk on, until everyone is drowning down in Dunktown.

Chuck Wendig, « No, Writing IP is not Soulless« 

(Graissage de mon fait.)

Pour m’assurer qu’on n’avait pas essayé de m’envoyer des notifications que j’aurais ratées (et un peu par curiosité perverse, j’avoue) j’ai sous-mariné Twitter quelques minutes la semaine dernière pour voir si, avec le recul, j’aurais des regrets.

Ce que j’ai vu partout : a) des gens qui s’engueulent pour des broutilles b) des choses plus sérieuses qui font du mal à des gens c) des broutilles ou des choses plus sérieuses qui me font du mal à moi. Il y a bien, bien d’autres façons de rester informé du monde et d’y agir, sans avoir recours à ce mode qui donne le sentiment que tout est accessible et donc que tout qu’on peut, et doit, tout résoudre tout seul maintenant tout de suite pourvu qu’on y mette assez d’énergie (non). Sachant, auguste lectorat, que tu as eu la gentillesse de suivre ici en nombre, ce n’est même pas que j’ai zéro regret : j’ai littéralement l’impression de m’être libéré d’un poids toxique de longue date. Forcément, j’ai envie de vous encourager vous aussi à laisser complètement cette machine à tristesse derrière vous. J’ai retrouvé des facultés de concentration et une certaine tranquillité d’esprit (malgré la pression du boulot assez incommensurable par ailleurs) que j’avais perdues sans même m’en apercevoir, et c’est assez terrifiant, en fait.

Le monde est dehors.

2020-08-31T09:18:35+02:00lundi 31 août 2020|Humeurs aqueuses|4 Commentaires

Écrire en musique : Ad Vitam

Ad Vitam, c’est une de ces rares séries de science-fiction française à exister, et en plus, elle n’est pas mal du tout. Sa bande originale, composée par HiTnRuN, lorgne clairement vers la synthwave tout en adoptant un son plus moderne et donc peut-être plus intemporel. Plutôt douce et atmosphérique par moments, elle peut apporter un fond agréable pour l’écriture, a fortiori évidemment quand on écrit de la dystopie ou du cyberpunk. Disponible sur YouTube ci-dessous et sinon sur tous les services de streaming (Apple Music / lien affilié). Morceaux recommandés : « Sunset » (le générique) et « Darius ».

2020-08-25T09:41:28+02:00jeudi 27 août 2020|Décibels, Technique d'écriture|7 Commentaires

Procrastination podcast saison 5 : sujets et première invitée

J’avais méchamment teasé quelques nouveautés pour la saison 5 de Procrastination – le confinement a au moins eu ceci de positif que nous nous sommes mis au point pour enregistrer à distance… ce qui nous permet à présent d’accueillir des invité•es.

Et nous nous sommes très, très heureux et honorés que Mireille Rivalland, directrice littéraire des éditions L’Atalante, ait accepté notre invitation à venir parler d’édition, à lever le voile sur le processus réel de sélection des manuscrits, de retravail, de commercialisation. L’Atalante est une grande maison indépendante dans le domaine de l’imaginaire, adossée à la librairie du même nom qui existe depuis plus de 40 ans à Nantes, où publient des auteurs majeurs du genre (Terry Pratchett, Glen Cook, Dmitry Glukhovsky, Pierre Bordage, Jean-Claude Dunyach…). Nous remercions profondément Mireille de nous avoir fait bénéficier de son regard, de son expérience, de sa bienveillance et sa franchise ; les deux épisodes enregistrés en sa compagnie sont le 501 et le 506, et nous sommes certains que vous les trouverez aussi passionnants et instructifs que nous.

Mireille Rivalland, Estelle Faye, ma pomme et Mélanie Fazi. Montage Mélanie Fazi.

Mais ce n’est pas tout ! Nous avons déjà enregistré un bon tiers de cette saison (Procrastination, le podcast toujours à l’heure, si c’est pas paradoxal), et voici la sauce à laquelle vous allez être mangés, chers poditeurs et poditrices :

  • 15 septembre, 501 : La sélection des manuscrits, avec Mireille Rivalland
  • 1e octobre, 502 : Écrire pour soi, écrire pour les autres (partie 1)
  • 15 octobre, 503 : Écrire pour soi, écrire pour les autres (partie 2)
  • 1e novembre, 504 : La course à la perfection
  • 15 novembre, 505 : Être auteur et timide
  • 1e décembre, 506 : Le retravail des manuscrits, avec Mireille Rivalland
  • 15 décembre, 507 : Le découpage des séries

Reprise, donc, le 15 septembre chez tous vos agrégateurs de podcasts !

2020-08-25T09:41:29+02:00mardi 25 août 2020|Technique d'écriture|4 Commentaires

Quelques souvenirs de la 47e convention française de science-fiction

Rentré hier soir un peu fatigué mais enchanté de cette 47ème convention : encore merci à toute l’organisation d’avoir tenu bon ce navire en ces eaux houleuses pour toutes et tous ! Et merci à tous les participants, camarades et intervenants pour ces quatre jours extrêmement agréables (c’est difficile de revenir au boulot après ça !) Je n’ai jamais été très doué pour les compte-rendus, donc je préfère vous laisser avec quelques photos souvenir.

Ugo Bellagamba (mod.), François Manson, Xavier Dollo et Laurianne Gourrier parlent des finalistes roman du prix Rosny-Aîné 2020
La salle des expositions
Laurianne Gourrier (mod.), Pierre Gévart, Jérôme Vincent et Simon Pinel débattent de l’exportation de l’imaginaire français à l’étranger
Sylvie Denis, conférence sur David Bowie et la SF
Claude Ecken, conférence sur l’écologie et la SF
Remise des prix
Jean-Daniel Brèque, lauréat du prix Cyrano pour tout son travail de passeur et de traducteur de l’imaginaire
2020-08-31T09:37:54+02:00lundi 24 août 2020|Carnets de voyage|2 Commentaires

L’atelier sur le conflit est complet, mais il reste quelques places pour la scène d’action

Incroyable ! Et vraiment immensément agréable : merci pour votre confiance constante, l’atelier d’écriture à distance sur le conflit en narration est maintenant complet ! J’ai pu répéter à quel point cette notion me semble centrale à la narration (moderne, surtout) et je suis très content de pouvoir la transmettre.

Il reste par ailleurs encore quelques places pour le stage intensif sur la scène d’action, qui se déroulera sur un week-end entier à l’école Les Mots (10-11 octobre). Du duel à l’infiltration jusqu’à la bataille épique rangée, venez mettre vos personnages sous pression : ne tardez pas, l’atelier est limité à 12 participants maximum !

➡️ Infos pratiques, inscriptions, détail du déroulement

2020-08-15T21:20:50+02:00jeudi 20 août 2020|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur L’atelier sur le conflit est complet, mais il reste quelques places pour la scène d’action

Le lecteur RSS Reeder actuellement gratuit

Ah ben tiens, on en parlait lundi des flux RSS (pour mémoire, c’est vachement bien, reprenez le contrôle de votre information en-dehors des réseaux commerciaux) : Reeder, mon lecteur de flux RSS de choix (parce qu’il est simple mais quand même puissant, et se contente d’un achat unitaire au lieu d’un abonnement) est actuellement gratuit sur les App Store Mac et iOS. Pourquoi ? Comment ? Aucune idée (la dernière fois que Reeder était gratuit, c’était en prévision d’une nouvelle version), mais si vous voulez le récupérer et coupler ça avec un compte Feedly ou Inoreader, vous voilà idéalement équipé•e pour découvrir le merveilleux univers du RSS et ce pour pas un sou. (Sauf si vous devez acheter l’iPhone qui va avec, mais Feedly et Inoreader, par exemple, proposent leurs propres applications de lecture sur Android, sinon.)

➡️ iOS App Store

➡️ Mac App Store

2020-08-15T21:12:59+02:00mercredi 19 août 2020|Geekeries|Commentaires fermés sur Le lecteur RSS Reeder actuellement gratuit

L’Héritage de l’Empire : où en suis-je ?

Il y a deux mois environ, je prévenais que les barres de progrès sur le côté risquaient d’être aussi fiables que celles d’une copie de fichier Windows : avec tous les soucis de 2020, je devais temporairement passer en mode corrections sur L’Héritage de l’Empire (« Les Dieux sauvages » 4) avant de terminer le premier jet – dont il ne reste, donc, pas grand-chose à écrire (mais tout créatif vous dira que le pas grand-chose de la fin nécessite autant d’énergie que tout ce qui précède). L’idée étant d’alimenter ma directrice d’ouvrage en parallèle à mon propre bouclage du manuscrit. Pas la manière idéale de travailler, mais quand vous avez passé deux mois manchot, il faut ce qu’il faut.

Cette opération est donc terminée (la correction, pas celle de la main, même si oui, aussi) – pour la petite histoire, j’ai supprimé du premier jet plus de 200 000 signes dans cette passe (une bonne centaine de pages), et les derniers chapitres sont actuellement évalués par les bêta-lecteurs. Histoire de refléter le processus, on est fou, on est dingue, une deuxième barre de progrès est apparue à droite, avec la rédaction du premier jet et les corrections du manuscrit en parallèle, histoire de tout suivre, parce que pourquoi pas.

Concrètement :

  • Il me reste 2-3 chapitres à écrire (qui mesureront entre 100 et 200 000 signes, ça tombe bien, je les ai récupérés) ;
  • Mes corrections personnelles sont pour ainsi dire terminées (il me restera à évaluer et à reprendre les derniers 3 chapitres une fois ceux-ci terminés) ;
  • La couverture est pour ainsi dire prête (et elle dépote) ;
  • Nous sommes dans les starting-blocks pour les corrections éditoriales.

2020 a été extrêmement compliquée pour tout le monde, et j’ai joué en plus cette année en mode hard (deux mois de chômage technique, des projets d’envergure, côté personnel, en train de se monter aussi – auxquels la situation mondiale ont hélas mis un coup d’arrêt temporaire, mais qui reprendront dès qu’on aura un vaccin, soit, si tout va bien, dans plus trop longtemps).

Nous faisons tout, tous, pour proposer un tome 4 qui qui déchire à l’automne, évitons pour l’instant de donner une date de sortie trop précise, mais, franchement, je pense qu’on en prend bien le chemin, et, pour des tas de raisons différentes, j’ai rarement eu aussi hâte d’apporter enfin ma validation finale à des épreuves.

Plus d’infos dès que ce sera possible !

2020-08-15T21:11:29+02:00mardi 18 août 2020|Journal|4 Commentaires

Reprenez le contrôle de votre information avec les flux RSS

Donc, j’ai récemment quitté les réseaux commerciaux, redécouvrant il y a quelques années le plaisir de contrôler mon information, mes sources, mes intérêts au lieu d’avoir Facebook et Twitter qui cherchent à me faire réagir parce que « machin a liké ça » et « truc a commenté ceci ». Pour mémoire, ce que vous montrent les réseaux n’est pas calibré sur ce qui vous intéresse, mais sur ce qui vous fera réagir ; le but de ces entreprises, c’est de vous conserver le plus longtemps possible sur leur plate-forme, afin de vous montrer de la publicité.

Heureusement, il existe une meilleure manière de faire. En fait, elle existe depuis très, très longtemps, faisant partie des premières technologies du web : le RSS (pour Really Simple Syndication) est un protocole âgé de plus de vingt ans, mais toujours bien vivace, qui permet de suivre les sources d’information et les sites que l’on choisit, sans aucun autre algorithme que son libre arbitre et son goût personnel.

Le principe du RSS

C’est tout simple. Un site (comme celui-ci même, fantastique et merveilleux) propose un flux compatible. Tous les sites de bon goût, surtout de nos jours, en sont équipés.

L’utilisateur (c’est vous, c’est moi, c’est nous) s’abonne avec un service compatible, un « agrégateur de flux », qui garde la trace de tous les sites auxquels il ou elle s’est abonné.

Dorénavant, chaque mise à jour de tous les sites auxquels on s’est abonné apparaît dans l’agrégateur. Dès lors, il est possible de lire l’article si ça semble prometteur, de l’écarter dans le cas contraire, de l’exporter ailleurs pour le lire plus à son aise, etc. Car le RSS est un protocole standard.

Évidemment, tous les abonnements (tous les « flux » auxquels on s’est abonné) peuvent être organisés et classés comme on le souhaite : pour ma part, j’ai par exemple un dossier pour les actualités technologiques, un dossier pour les actualités littéraires, un dossier pour les blogs des copains, un dossier pour les sites débiles qui vident agréablement le cerveau, etc.

Une beauté de la chose est que tous les articles publiés ainsi sur les flux ont une date d’expiration : vous ne serez jamais submergé•e par 12000 mises à jour non lues, car les vieilleries disparaissent automatiquement (après un délai raisonnable, fixé en moyenne à 30 jours).

En gros : ça se consulte comme Twitter, mais avec vos sources, vos décisions, et sans personne qui vous engueule.

Comment ça marche ?

Eh bien, Jérôme Bonaldi1, c’est très simple. Certains navigateurs, comme Firefox, proposent une implémentation rudimentaire du RSS, mais je recommanderais, pour être à l’aise et apprécier la chose, de s’inscrire à un vrai agrégateur offrant moult avantages et fonctionnalités confortables pour bien profiter de l’expérience. Voici ce dont vous aurez besoin :

  1. Vous inscrire à un agrégateur de flux RSS (nécessaire, mais gratuit)
  2. Un chouette lecteur de flux (optionnel, payant, mais confortable)

L’agrégateur est donc la plate-forme qui collationnera tous vos abonnements, les ordonnera selon vos goûts, et interrogera les sites pour vous. Il fournira ensuite ces données selon une forme (assez) standard, lisible dans une application compatible. Mais comme les choses sont plutôt bien faites, la plupart des agrégrateurs fournissent aussi un environnement de lecture intégré, donc l’étape 2. n’est pas nécessaire en toute rigueur.

Le service gratuit le plus populaire dans ce domaine est Feedly. Le compte gratuit de base est extrêmement généreux (100 abonnements inclus), et l’agrégateur fournit des applications de lecture sur presque toutes les plate-formes. Si vous découvrez le système et voulez commencer à jouer avec, c’est le point de départ idéal.

Commencez par vous inscrire :

➡️ https://feedly.com/i/welcome

Et ajoutez par exemple votre premier flux, trop génial par essence :

➡️ https://lioneldavoust.com/feed

Vous consultez compulsivement des sites à la recherche de leurs nouvelles actualités ? Mettez-les dans Feedly. C’est exactement pour cela que ça a été conçu. Vous êtes à l’affût d’infos sur ce groupe moldovalaque qui produit un single tous les cinq ans ? Idem. Toutes les mises à jour se retrouvent au même endroit sans avoir à chercher partout.

Petite astuce : les flux des sites se trouvent en général toujours à la même adresse : http://nom-de-domaine.com/feed ou /rss. Et le plus simple, évidemment, consiste à rechercher l’icône du RSS sur le site d’intérêt (ci-contre) et cliquer dessus.

Passer power user

Maintenant, si l’on veut aller plus loin, le RSS un outil que l’on peut pousser et personnaliser de manière extrêmement puissante, jusqu’à construire une veille poussée, quel que soit le domaine. Feedly et ses concurrents (j’utilise pour ma part Inoreader) proposent tous des paliers d’abonnement payants (mais restant raisonnables à l’année) ajoutant quantité de fonctionnalités très puissantes. Par exemple, mon abonnement à Inoreader me donne, entre autres :

  • La possibilité de programmer des recherches automatiques de termes sur tous mes abonnements (si je surveille un sujet ou un produit précis, par exemple) ;
  • La possibilité de brancher des sites dans l’agrégateur même s’ils ne sont pas compatibles RSS ; il est ainsi possible de suivre des comptes Twitter de l’extérieur sans être membre de Twitter soi-même (intéressant pour les sites d’information… et les photos de chats) ;
  • La possibilité de renvoyer ses newsletters à son agrégateur, pour éviter d’encombrer sa boîte mail et centraliser davantage les informations qu’on survole ;

Et j’en passe.

L’autre possibilité pour améliorer son expérience, évoquée plus haut, consiste à utiliser un lecteur de flux dédié, qui offre un confort de lecture souvent meilleur que les applications des agrégateurs (dont ce n’est pas la priorité : leur priorité, ce sont les fonctionnalités de veille). Cherchez « RSS reader » dans votre App Store préféré et vous tomberez sur des dizaines d’applications compatibles.

Pour ma part, sous iOS et macOS, j’utilise Reeder, qui n’est pas la plus puissante ni la plus jolie, mais elle offre l’énorme avantage de ne pas avoir succombé aux sirènes de l’abonnement. Pour un achat unique sur Mac et iOS, j’ai une application robuste, raisonnablement puissante et agréable qui me permet de consulter mes flux sur n’importe laquelle de mes plate-formes avec des repères identiques. Comme on dit au Québec, ça fait la job, et ça la fait bien.

Révoooolte

En ces temps où il est avéré que les réseaux monétisent nos données et manipulent l’opinion, et où, surtout, on se colle la rate au court-bouillon avec des inconnus pour une virgule de travers, les flux RSS offrent un merveilleux espace de silence et de libre-arbitre. Personne ne consulte à quoi vous vous abonnez et vous conservez le total contrôle de votre information. En résumé, le RSS, c’est le même plaisir de silence et d’espace mental que lire un bon livre, adapté au web.

  1. Pfiou le vieux.
2020-08-12T21:41:44+02:00lundi 17 août 2020|Best Of, Geekeries|7 Commentaires

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