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Comment un sociologue allemand a publié 70 ouvrages sans jamais avoir l’impression de bosser (Geekriture 03)

Désolé pour le titre à la Buzzfeed, mais ça s’imposait quand même…

Né à Lunebourg en Allemagne, Niklas Luhmann (1927-1998) est fils de brasseur. Dans les années 1960, après des études de droit, il est fonctionnaire au tribunal de sa ville. Il n’est pas spécialement passionné par sa carrière dans l’administration, mais les horaires fixes de son métier lui laissent le loisir de s’adonner à sa vraie passion – lire de la philosophie et de la sociologie.

Sauf qu’après un temps certain à prendre des notes en marge pour le pur plaisir intellectuel, il s’aperçoit d’un problème auquel nous avons toutes et tous été confrontés. Il lit, parvient peut-être à des compréhensions et des illuminations sur le moment, mais il n’en fait rien. C’est quand même dommage… 

➡️ … l’article Geekriture du mois traite ENFIN (depuis le temps que je vous en parle) de la méthode Zettelkasten, à lire sur ActuSF.

2021-03-20T12:29:55+01:00mardi 23 mars 2021|Geekriture|Commentaires fermés sur Comment un sociologue allemand a publié 70 ouvrages sans jamais avoir l’impression de bosser (Geekriture 03)

Vendredi, nouvelle FAQ écriture live chez Morgan of Glencoe, avec Thomas Geha

Hé bien ! Après avoir explosé le record de la soirée la dernière fois, et après avoir constaté que décidément, nous étions loin d’avoir abordé tous les sujets désirés, et que franchement c’était super chouette, Morgan of Glencoe réorganise un live sur Twitch concernant le métier d’auteur et autrice, le milieu de l’édition. Et ce sera encore plus chouette car cette fois, Thomas Geha (alias Xavier Dollo) nous rejoindra ! Il partagera lui aussi sa propre expérience d’écrivain bien sûr, mais nous fera aussi part de son regard de libraire (plus de quinze ans de métier) et d’éditeur (après avoir fondé les éditions Ad Astra, il fait partie des confondateurs des éditions Argyll où paraîtra Comment écrire de la fiction ?).

➡️ Ça se passe ce vendredi 26 mars à 20h30, sur le Twitch de Morgan of Glencoe. Pas besoin de compte ni d’inscription pour suivre (en revanche, si vous souhaitez poser des questions et participer au chat, c’est nécessaire). Merci à Morgan de nous recevoir chez elle, sur sa chaîne, et d’organiser tous ces échanges !

À vendredi !

2021-03-26T16:12:54+01:00lundi 22 mars 2021|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Vendredi, nouvelle FAQ écriture live chez Morgan of Glencoe, avec Thomas Geha

De quoi ça parle ? Les Questions dangereuses

Suite et fin pour l’instant des petits pitches éclair proposés sur la chaîne De Quoi Ça Parle ? : à présent, un livre dont la stupidité intrinsèque fait mon immense fierté jusqu’à Bételgeuse, aussi court et pas sérieux que « Les Dieux sauvages » est long et ambitieux, voici Les Questions dangereuses  :

2021-03-15T11:56:34+01:00jeudi 18 mars 2021|Entretiens|Commentaires fermés sur De quoi ça parle ? Les Questions dangereuses

Si vous dites « digital » dans le domaine tech, vous êtes officiellement un·e naze

Parfois, dans cette vallée de larmes, on se lève le matin et l’on découvre une nouvelle qui nous fait tendre un poing rageur vers les cieux en hurlant du sommet d’une falaise battue par les embruns sous un ciel de tumulte : « Je l’avais annoncé ! C’était la Vérité, et ces fous ne savaient l’entendre ! Que tous ces nazes des réseaux qui se regorgeaient dans leur ignorance soient foudroyés sur le champ par la honte et que leurs lamentations montent vers les cieux comme la musique des ennemis du Seigneur au jour de la Révélation ! Je me ferai un petit thé Oolong dans le calice de leurs larmes. »

Car oui, c’est acté, c’est validé par le Journal Officiel : on ne dit pas digital, mais numérique, bordel. (Il est possible que le « bordel » ne figure pas dans le communiqué légal d’origine. Mais j’aime à croire que c’est là une judicieuse illustration de la différence entre la lettre et l’esprit de la loi.) Digital, en français, c’est ce qui a rapport aux doigts, ou bien à la rigueur au poison de la plante du même nom. Alors certes, une tablette peut être numérique et digitale. Mais elle est numérique d’abord. Capice?

Plus que jamais, le mot « digital » est un indicateur sûr que votre interlocuteur cherche à vous jeter de la poudre aux yeux et n’y connaît probablement en réalité que dalle.

2021-03-15T11:55:56+01:00mercredi 17 mars 2021|Juste parce que c'est cool|7 Commentaires

La genèse de L’Héritage de l’Empire et écrire une saga au long cours [entretien]

Il y a quelques semaines, j’ai eu le grand plaisir de sortir de chez moi (oui, c’est devenu suffisamment rare pour être signalé, heh) et surtout d’apparaître dans l’émission Il était une fois un livre de Natalie Ramage pour une semaine d’entretiens autour de L’Héritage de l’Empire – les évolutions de la série « Les Dieux sauvages », comment on développe une histoire au long cours, le tout sans divulgâcher (comme on est censé dire).

La radio Fréquence 8 a maintenant sa chaîne YouTube, où se trouvent postées les émissions après diffusion ; l’intégralité de notre conversation y est maintenant disponible et, comme tous les entretiens de Natalie, c’est une porte d’entrée idéale sur l’univers et même le genre de la fantasy au sens large. Chaque session se clôt par une splendide lecture d’un passage du roman qu’elle réalise en musique, et elle m’a même fait l’amitié d’aller piocher dans ma playlist d’inspiration pour choisir les illustrations sonores !

Merci à Natalie pour son suivi de la saga, et de parler de littératures de l’imaginaire hors des barrières des genres.

2021-03-15T11:53:01+01:00mardi 16 mars 2021|Entretiens|3 Commentaires

Procrastination podcast s05e13 – Écrire son deuxième livre

procrastination-logo-texte

Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « s05e13 – Écrire son deuxième livre« .

Comment passe-t-on de l’élan primal, peut-être candide, à la professionnalisation et à la production régulière ? Est-ce seulement une bonne idée, d’ailleurs ? Quels sont les impératifs qui apparaissent, à quels pièges prendre garde, et comment négocier le passage de la candeur à l’expérience ? Lionel aborde d’emblée les questions de pression de délais, mais aussi les attentes personnelles que l’on se met alors que la notion d’enjeu apparaît ; Estelle parle de l’espérance de ne pas décevoir, et l’exigence de confirmer l’essai. Mélanie aborde le dilemme de la production et d’enchaîner les publications, ainsi que la nécessité de gérer que certains livres marchent inexplicablement bien mieux d’autres. Très vite apparaissent les notions de stratégie, tant de carrière que personnelles et artistiques – lesquelles ne sont pas forcément toujours alignées.

Références citées

– Virginie Despentes, Baise-moi, Les Chiennes savantes

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

Bonne écoute !

2021-04-02T18:03:22+02:00lundi 15 mars 2021|Procrastination podcast|Commentaires fermés sur Procrastination podcast s05e13 – Écrire son deuxième livre

Inscrivez-vous dès maintenant à la Masterclass des Imaginales (places limitées)

Et hop, donc, pour des raisons sur lesquelles on en a toutes et tous assez de s’étendre, les Imaginales ont lieu cette année en octobre, du 14 au 17. Mais ce sera une édition complète, dans la joie et le plaisir d’être (espérons) un peu plus libres, et donc, la Masterclass est reconduite cette année ! Jean-Claude Dunyach et moi aurons à nouveau le plaisir de l’animer (et vu comme ça nous manque, ce plaisir sera absolument immense, colossal, merveilleux) :

Corriger son manuscrit et envisager l’édition

Cette journée et demi d’échanges et d’enseignement vise à armer les jeunes auteurs pour la transition de l’écriture vers la publication : comment passe-t-on de l’envie d’écrire au métier d’écrivain ? Au cours des dix dernières années, sites, livres et forums d’aide à l’écriture se sont multipliés. Il est aujourd’hui plus facile que jamais de travailler sur un livre. Mais comment l’achever, puis l’amener au meilleur niveau de qualité possible ? Comment se corriger, s’améliorer ? Comment et pourquoi le présenter à un éditeur ? Quels sont les rouages de la fameuse « économie du livre » ? Passer du statut d’amateur passionné à celui de jeune professionnel de l’écriture, voilà l’ambition de cette journée de formation, à travers des thèmes tels que :
• approcher l’écriture en songeant au public, sans sacrifier le cœur de son histoire ;
• savoir se lire avec recul pour parfaire son manuscrit ;
• les relations avec le monde éditorial ;
• la rémunération des auteurs…
Cette journée de formation est destinée à ceux qui se sont lancés dans la rédaction d’un livre, voire l’ont terminé, et pensent à l’étape suivante, la publication professionnelle ; mais aussi à ceux qui ont envie d’écrire des histoires et désirent acquérir une vision panoramique du monde de l’édition. La journée s’articule autour de présentations sur un sujet donné (l’attitude professionnelle, les corrections, les relations avec le monde éditorial…), suivies de temps de discussion et de débats autour des difficultés rencontrées par les stagiaires dans leur propre travail.

Pour mémoire, la formation passe d’une journée à une journée et demie, mercredi 13 octobre de 9h à 18h et jeudi 14 octobre de 9h à 12h30. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes :

➡️ Dossier d’informations et inscriptions

2021-08-09T18:10:18+02:00jeudi 11 mars 2021|À ne pas manquer, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Inscrivez-vous dès maintenant à la Masterclass des Imaginales (places limitées)

Taper des émojis au clavier sans effort (et pourquoi diantre vouloir faire un truc pareil)

Ouaiiiiis alors moi aussi le jour où j’ai eu un smartphone un peu moderne et que j’ai vu ces petites icônes colorées un peu idiotes, je les ai dédaignées comme un homme de goût, un vrai, du genre à avoir connu les smileys de la grande époque, m’sieur-dame, à l’époque où on leur mettait même le nez comme ça 🙂 parce que 🙂 c’était encore trop cryptique, et je ne vous parle même pas de l’invasion de la kawaiitude quand c’est devenu ^^, on était déjà à l’époque au moins, holà, en 2005. Enfin, je dis « aussi », si ça se trouve je suis juste un vieux con et vous êtes parvenu·e beaucoup plus vite que moi à la conclusion suivante :

C’est que c’est drôlement pratique en fait.

Je ne parle même pas des nuances 😃 à donner 😉 aux conversations 😆 évitant globalement 🤔 les erreurs d’interprétation 😱 des smileys classiques1, mais comme il commence à y avoir un émoji pour à peu près n’importe quoi (c’est comme les GIF), objets, véhicules, animaux, lieux, symboles, cela peut former, dans des notes d’écriture (je me demande vraiment pourquoi j’ai pris cet exemple-là au complet hasard) des repères visuels extrêmement pratiques, symboliques et colorés. L’équivalent du petit dessin genre ⚠️ ou de la puce de la liste, mais toujours parfaitement lisible, et réplicable à l’infini.

Il faut savoir que sur le plan technique, les émojis n’ont rien d’une facétie graphique propre à un système : il s’agit de caractères à part entière, validés et décidés par le très sérieux consortium Unicode, l’organisation qui se charge de définir les codes correspondant à tous les caractères du monde, de l’alphabet latin aux idéogrammes chinois. En d’autres termes, employer un émoji est aussi fiable qu’une lettre de base – à condition que le système chargé de le représenter soit à jour ; comme des émojis sont ajoutés tous les trimestres environ, le système doit suivre (sinon, il représentera juste un carré ou une séquence de points d’interrogation). Mais cela signifie que sur un système compatible, on peut utiliser des émojis où l’on veut, notamment dans le corps d’un texte, voire dans le nom d’un fichier – cela ne pose pas plus de problèmes que d’écrire 月牙天衝2.

Par conséquent : prudence dans l’emploi des communications, mais si c’est pour vous-même, par définition, vous voyez ce que vous voyez. (D’ailleurs, petit aparté concernant la représentation graphique des émojis : le symbole est standard, mais la représentation ne l’est pas ; il peut y avoir des nuances entre constructeurs, pouvant mener à des malentendus – bref, évitez de rédiger un traité bilatéral diplomato-commercial en émojis.)

L’article sur les émojis servant à signaler les degrés de certitude dans l’écriture n’avait pas l’air de grand-chose, mais il représente l’une de mes plus grandes percées personnelles sur l’organisation de mes notes. Si vous avez vu la vidéo sur l’organisation des notes d’écriture, c’est devenu un pilier fondamental de mon organisation (et on en reparle en détail dans Comment écrire de la fiction ?).

Alors, bien entendu, c’est raisonnablement facile de chercher un émoji sur un smartphone où c’est prévu pour, mais taper un émoji sur un vrai ordinateur de grande personne, c’est autrement plus galère – s’il faut aller le piocher dans un sélecteur et que ça prend cinq secondes, c’est beaucoup trop, ça brise le flow, le jeu n’en vaut pas la chandelle parfumée. C’est là qu’intervient l’expansion de texte, l’aide technique la plus bête qui soit à installer sur son ordinateur et aussi la plus dramatiquement sous-estimée (si j’en juge par ton dédain collectif envers la chose, auguste lectorat – mais je comprends, moi aussi, je dédaignais jadis). Que ce soit avec TextExpander, Typinator ou même Alfred, n’importe quelle app permet de convertir une chaîne de caractères en émoji, ce qui permet de les « taper » comme n’importe quel mot et là ça change tout.

J’utilise pour ma part le préfixe em et une séquence de 1 à 3 caractères derrière pour désigner l’émoji dont je parle. Par exemple, pour reprendre les degrés de certitude :

em?(question bloquante)
em!❗️ (nécessité)
emcan📚 (canon)
emid💡 (idée)
em>>➡️ (hypothèse)

Évidemment, le ciel est la limite ; rien n’empêche de faciliter aussi la rédaction de ses mails, de ses SMS au clavier avec toutes les variations possibles… 

emyea😃
em;)😉
emxd😆
em))😊
em:)🙂
… et j’en passe.

Ajouter un nouvel émoji à une liste d’expansion textuelle prend à peu près dix secondes pour grandement faciliter la vie par la suite. L’habitude de « baliser » ainsi la moindre idée par son niveau de certitude avec juste une poignée de caractères déverrouille l’esprit qui ne redoute plus de devoir « filtrer » a priori ses inspirations ; si c’est étiqueté ❗️, c’est important ; si c’est ❓, il faudra y revenir, mais ce n’est pas obligatoire maintenant ; si c’est ➡️, cela commence à former un repère, une ancre rassurante pour le projet en devenir, une étendue de sol vaguement ferme que l’on pourra étendre à mesure de la recherche et de la découverte. Mais il suffit de réfléchir librement avec les mains qui volent sur le clavier, et c’est dans le processus que les idées naissent et s’affinent. Il s’agit comme toujours de libérer l’esprit pour lui donner les conditions de livrer ce qu’il a de meilleur.

  1. Maintenant imaginez le premier chapitre de Des Fleurs pour Algernon réécrit avec des émojis à la place de la ponctuation.
  2. Évitez par contre dans les noms de dossiers synchronisés avec Dropbox. Il ne les voit pas.
2021-03-07T12:25:33+01:00mercredi 10 mars 2021|Best Of, Technique d'écriture|2 Commentaires
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