Toute l’histoire de ma vie
Ô, algorithme, tu me connais si bien, tes recommandations sont si justes, je, heu…

Heuuuuuu
C’EST PAS VRAI
DES FOIS J’ÉCOUTE DE LA POP SUCRÉE QUI PASSE DANS DES BOWLINGS
DES FOIS

Ô, algorithme, tu me connais si bien, tes recommandations sont si justes, je, heu…

Heuuuuuu
C’EST PAS VRAI
DES FOIS J’ÉCOUTE DE LA POP SUCRÉE QUI PASSE DANS DES BOWLINGS
DES FOIS


J’ai appris avec une grande tristesse que Kathleen Ann Goonan nous a quittés fin janvier. Le meilleur hommage que je puisse lui rendre, il se trouve certainement dans Galaxies n°26 (2002), où je louais à l’époque dans le dossier qui lui était consacré sa capacité à mêler des problématiques de SF plutôt dure (en particulier, Goonan avait toujours été fascinée, et alertée, par le potentiel de la nanotechnologie) à des récits plaçant toujours les complexités humaines au centre des enjeux, mettant en scène des personnages dépeints avec une grande sensibilité. Mais mon article, en vrai, on s’en fout : je vous invite surtout à vous replonger dans la nouvelle de ce numéro, « Les Tournesols », qui allie la SF à l’amour que Goonan avait pour les horizons infinis de la création artistique humaine. La meilleure manière de célébrer nos artistes est de continuer à faire vivre leur travail.
J’étais son traducteur attitré en français pour son quatuor de romans mêlant post-apocalypse et nanotechnologie, dont le premier tome, Queen City Jazz, était paru en 2002 aux éditions Imaginaires Sans Frontières, avant que la série ne s’arrête pour cause de cessation d’activité de l’éditeur. Elle s’est toujours montrée d’une immense gentillesse et d’une disponibilité sans faille avec les questions du jeune traducteur que j’étais, terrifié (à un excès de zèle proprement obsessionnel-compulsif) de commettre la moindre erreur dans les subtilités de son travail. À nouveau, merci, madame.
Si vous lisez en anglais, ses livres sont des trésors méconnus en France, notamment le quatuor nanotech sus-mentionné (remarqué entre autres à l’époque, excusez du peu, par William Gibson). Il associe une SF recherchée, les traces d’une apocalypse extrêmement originale (pas de bombe atomique ni de dévastation à proprement parler) à de profonds échos de la culture américaine dans ce qu’elle a de plus évocateur : les grands espaces, les road trips, et surtout la musique, jazz et blues :
Et bien sûr, il y a également plein de nouvelles et des romans à (re)découvrir.
En 2018, lors d’une rare période de répit, j’ai eu la possibilité de dégager un mois pour une nouvelle mission de volontariat avec la fondation Orca Guardians en Islande ; une expérience fantastique (qui manque d’autant plus enfermé entre quatre murs) où j’ai probablement vu le plus d’animaux de toute ma vie (le récit complet est là). À ce moment, la fondation tournait un documentaire sur les orques de la péninsule du Snæfellsness ; comment, notamment, leur venue a transformé les communautés locales, et développé une activité de tourisme et d’observation scientifique.
Le documentaire va sortir cette année, intitulé The Draw, et à voir le teaser, j’avoue qu’il me tarde énormément de me replonger dans ces ambiances. Les plans aériens du Kirkjufell (la célèbre montagne en forme de flèche dans « Game of Thrones »…) sont splendides. Cinquante secondes d’images splendides1, à voir ici (c’est du Facebook watch, mais ça se voit sans compte) :
C’est donc important de se laisser des instructions claires quand on écrit.

Ce qui est merveilleux avec ces mots doux, c’est qu’on oublie qu’on se les a laissés, et que leur impact est donc maximal pour s’assurer que la tâche désignée soit bien effectuée.
Hop, coup de pub éhonté pour le financement participatif annuel de l’association Eli Scientific, qui conduit un projet de long cours au Nicaragua sur l’étude et la conservation des baleines à bosse, avec un volet éducatif et le développement d’un éco-tourisme local durable. J’ai bossé avec la directrice de projet quand j’étais volontaire à New Quay il y a près de dix ans et son dynamisme et sa persévérance sont à toute épreuve (elle a reçu le 3e prix du Prix Terre de Femmes en 2017 pour ses initiatives) ; l’association demande seulement 3000 € pour boucler le financement de sa campagne, et elle en est à plus de la moitié.
Le parc national du lac Mungo (Australie) fait partie d’une région plus vaste où des lacs affluaient jusqu’à il y a 20 000 ans environ. Les Aborigènes ont commencé à vivre sur ces rives il y a 40 000 ans.
Quarante mille ans.
Essayez d’imaginer ce que cela peut représenter quand l’Occident peine déjà à garder la mémoire d’un siècle ou deux.
Ces lieux demeurent sacrés aujourd’hui et font partie des sites où l’on trouve les plus anciennes traces d’occupation humaine.
La consultation de la semaine dernière a mis en évidence que cela manquait ici un peu de parler de narration au sens large et de projets cools, n’est-ce pas ? Alors ça tombe bien, parce que ça, c’est super cool. Une phrase résume tout : « faire descendre la musique classique de la tour d’ivoire où elle est trop souvent reléguée, la porter sous le regard de nouveaux publics qui ne s’y seraient pas forcément intéressés. »
Anachronistic Hearts est un projet transmédia d’envergure, porté par la musique de Handel sous forme de concept album dans un univers steampunk, accompagné par des projets de courts métrages, le tout dans le but résolu de montrer que le classique, eh bien non seulement c’est magistral, mais c’est accessible à tout le monde. Et utiliser l’imaginaire (qui est la culture générale de notre époque, hello) comme porte d’entrée vers le classique, avec un véritable amour et une réelle connaissance du genre, bon dieu, oui, c’est exactement ça qu’on veut. La culture, crénom, c’est exactement ce genre de démarche.
Franchement, après avoir vu le teaser, on ne peut qu’en vouloir davantage, la qualité de la production est absolument bluffante et la musique est évidemment parfaite.
L’œil du narratif chiant en moi est absolument réjoui de voir enfin un teaser qui accroche intelligemment l’œil dès la première image et qui déboîte direct sa maman pendant trois minutes. Le rôle principal est tenu par Héloïse Mas, révélation classique de l’ADAMI en 2014, dont la présence et la voix crèvent littéralement l’écran. (Ses mandales aussi.)
Pas de site pour l’instant mais une page Instagram qui est une œuvre d’art, un Facebook et un Twitter pour un projet dont vous aviez besoin sans avoir jamais osé l’espérer, à suivre dès maintenant tout de suite.
Suite et fin du retour sur la Grande Consultation Publique™ de la newsletter, donc (épisode 1 de la veille : les chiffres). Merci à vous d’avoir pris le temps d’exprimer vos envies, parce que c’est drôlement instructif. Et notamment, je m’aperçois qu’il ne manque pas tellement de choses dans la newsletter, mais sur le blog, peut-être, si. Parce qu’un certain nombre d’idées, ce me semble, ont plus leur place ici que dans un envoi mensuel.
La newsletter, par son côté sporadique1, correspond pour moi à un point d’étape où il subsiste ce qui demeure notable sur le mois passé. Le blog, au contraire, se prête à l’aspect plus transitoire des choses, puisqu’il est publié quasiment quotidiennement, et que les archives en avalent vite le contenu (même si elles demeurent à disposition, ce qui permet heureusement de retrouver les articles de fond qui restent intemporels – c’est le sens de la catégorie Best Of).
Vos suggestions me font penser que, peut-être, je pourrais aborder davantage certaines choses, mais peut-être pas dans la newsletter. Sur le blog, justement.
Allons-y :
Ce qui me plairait, ce serait des conseils de lectures. Des oeuvres que tu as lu et que tu trouves intéressantes pour des différentes raisons (qualités narratives, scénario, twists, construction des personnages etc.). Un avis simple bien sûr, pas nécessairement en entrant dans les détails et une analyse de 50 pages, le but n’est pas pas de te faire perdre du temps.
Je fais de moins en moins de chroniques ici parce que, hé bien, tristement et surtout cette année, j’ai de moins en moins le temps de regarder / lire / jouer. Ce n’est pas sain et ce n’est pas une situation appelée à durer, mais je note pour l’aspect technique narrative. C’est une excellente idée (cela libère aussi de tout aspect « actualité », que je ne suis pas, honnêtement) et c’est tout à fait noté, merci. Cependant, pour moi, cela a sa place, justement, sur le blog.
Une rubrique coup de coeur du mois sur de la lecture/film/musique de même qu’il y a la photo de la semaine. Pas obligé d’expliqué « pourquoi », car c’est un coup de coeur.
Cf supra ; je fais trop peu de chroniques et quand j’en fais, à présent, j’ai tendance à parler de ce qui me parle vraiment (le dernier en date – qui commence à remonter – étant Gris). Mais c’est tout à fait vrai que je pourrais prendre un peu plus soin de le faire, et sans forcément argumenter – j’ai tendance à vouloir faire des chroniques fouillées, mais quand on dit du bien, c’est quand même moins important. Mais là, une fois de plus, cela a d’abord sa place sur le blog.
Quelques photos de temps en temps de votre univers de travail (bureau, promenade, etc) (sauf si c’est trop personnel). Une petite série d’article sur vos débuts ou premiers pas dans l’écriture
Une série sur tes débuts ce serait instructif pour beaucoup d’auteurs débutants… et probablement marrant ^^
Merci beaucoup pour cet intérêt ! Répondons donc dans l’ordre :
Pour les photos de l’univers personnel, je suis navré de décevoir, mais il est quasiment certain que je ne le ferai pas. Je l’évoquais hier, il est temps de détailler : je suis très secret dans l’absolu. J’ai joué le jeu des réseaux commerciaux parce que je m’intéresse à la technologie, mais je n’ai jamais mis de moi-même une photo personnelle nulle part, sauf pour me faire un profil, et m’en aller au bout de plus de dix ans a été l’une de mes meilleures décisions en 2020 pour ma santé mentale. Je me méfie énormément du narcissisme qu’Internet flatte chez nous, et je sépare drastiquement la sphère privée du travail (cela vaudrait un article à part entière, mais j’ai puissamment conscience du pouvoir que la narration entraîne sur l’identité et le libre-arbitre ; les réseaux nous poussent à nous narrer nous-mêmes de par l’exposition publique constante qu’ils génèrent, ce qui nous fossilise dans nos processus de pensée et donc notre liberté).
Bref, si je parle de moi ou de ce que je fais, c’est parce que je pense que cela peut avoir une portée qui dépasse le seul fait de raconter ma vie, ou dans le cadre codifié d’un entretien où, là, okay, inquiring minds want to know. C’est pour cela qu’il y a les photos chaque semaine et que, quand je fais un voyage notable comme une expédition scientifique, je le détaille dans les carnets de voyage. Ou pour quelque chose de vraiment notable. Mais c’est aussi pour cela que (comme cela m’a été suggéré) rédiger des journaux réguliers comme le fait Thierry Crouzet ne me correspond pas. Je ne le fais même pas pour moi, hormis pour ce que j’ai appris sur le plan d’écriture chaque jour. Je pense que l’important avant tout chez un auteur, ce sont ses livres et pas sa personne et, dans un monde d’idéaux platoniciens, on en ferait même entière abstraction.
Et puis, en toute honnêteté, mon quotidien au long cours n’est pas très palpitant. En période d’écriture, j’écris tous les jours ouvrables, et à la fin, y a un bouquin. Je résume rapidement, mais mes histoires d’écriture reposent quand même principalement sur ma capacité à me présenter devant mon clavier tous les jours pendant des mois et à bosser. Ce processus représente 80% du résultat final, et ça ne se raconte pas très bien.
En revanche, parler des débuts et du parcours, cela peut effectivement dépasser le cadre de mon nombril. Pour info, il y a déjà cet article de la semaine dernière, et beaucoup de choses dans toute la catégorie Entretiens, notamment dans les récents, celui de Planète Agro et la discussion de la Convention française.
Cependant, je note, et je vais voir si je rassemble l’audace de le faire. Et je ne dis pas que je ne changerai jamais là-dessus, que je ne me prendrai jamais au jeu, mais disons que de tous les retours, d’autres sont davantage probables à court terme.
Quoi qu’il en soit : merci beaucoup, à nouveau, pour cet intérêt.

Fan art, lien vers blog tiers qui parlent de tes œuvres
Cela aussi, donc, ce serait pour le blog. Cela existe déjà pour les chroniques : chaque fiche livre comporte un onglet « Revue de presse » (en tout cas pour les plus récents, la faute à quelques changements de système qui a remis les choses à zéro). Fut un temps, je relayais la revue de presse sur le site et les réseaux, mais je n’ai jamais trouvé de manière de le faire qui ne sonne pas à mes yeux comme « Hé ! Regardez ! On dit du bien de mes bouquins, je suis trop fort. » (Et puis parfois, cela a donné aussi des situations absurdes.) Mais ces liens existent absolument, ils sont collectés sur les pages livre correspondantes.
Pour les fan arts, oui, complètement (sur le blog encore). Je suis en retard là-dessus et c’est mal, à chaque fois je me dis que je vais intégrer cela dans les portails univers qui n’en finissent pas d’arriver, mais je vais oublier cette idée et découpler les deux. (Au passage, si vous en avez… le formulaire contact arrive directement dans ma boîte personnelle.)
Merci encore d’avoir pris le temps de me faire remonter vos envies et idées. J’en ressors avec finalement davantage de sujets pour le blog que pour la newsletter, mais c’est très bien : l’un entraînant l’autre, tout cela se nourrit ensemble tel un cercle vertueux de développement durable. Attendez-vous donc à un peu plus de substance sur le blog (ce qui est bienvenu, j’avoue avoir été très pris en 2020 pour arriver à proposer davantage de fond), et, comme disait Corwin d’Ambre, « au revoir et bonjour, comme toujours » !
Merci d’avoir voté et répondu à la consultation sur la newsletter ! Merci également d’avoir fait part de vos idées et désirs, c’était fort instructif, peut-être davantage encore quant à ce qui se passe en ces lieux, plutôt que sur la newsletter elle-même. Cela a fait ressortir un certain nombre d’aspects peut-être pas clairs sur le site (en même temps, avec plus de dix ans d’archives, faut s’y attendre) et je n’ai certainement pas de réponses pour tout (j’en ai quand même un peu). Tout cela FAY RÉFLÉCHIRE, et la discussion reste ouverte, notamment en commentaires. Cela nécessite un retour quand même assez détaillé, donc on va découper le déballage en deux, comme dans toute bonne élection : d’abord, les chiffres, ensuite, le débat.
Donc :

La cause est globalement entendue : vous êtes la moitié à trouver que c’est, comme pour Boucles d’Or, « juste comme il faut ». Cependant, il a été exprimé ici et là le désir d’avoir un moyen plus régulier d’être tenu·e au courant de ce qui se passe via le blog, soit par mail, donc, puisque c’est le sujet.
Je faisais ça il y a quelques années, mais j’avais supprimé cette possibilité car j’avais la sensation que ça rendait tout très compliqué (deux listes, une automatique et quasi-quotidienne, l’autre personnelle et mensuelle). Cependant, comme je ne suis plus sur les réseaux commerciaux, c’est probablement pertinent de restaurer cette fonctionnalité et ça ne mange pas de pain techniquement.
Verdict : je vais rapidement proposer une seconde liste optionnelle vous envoyant chaque article dès sa publication.
Pour mémoire, dans l’intervalle, vous pouvez aussi recevoir les mises à jour en quasi temps réel via le flux RSS et votre compte WordPress (il suffit de cliquer sur le bouton « Suivre » en bas de chaque article).
Là, c’est un poil moins clair.

Vous êtes à peu près 50/50 à trouver que ça va, ou à la vouloir plus personnelle. Comme vous êtes globalement beaucoup moins nombreux à la vouloir, pour résumer, « professionnelle », j’imagine que je ne dois avoir peur de la décaler un peu plus vers la confidence. C’est notay.
J’ai toujours beaucoup de réticences à raconter ma vie, pour être très honnête avec toi, auguste lectorat. Mais cela, on en parlera demain, avec le déballage de la boîte à idées.