Invité chez Dounia reçoit, autour de « Les Dieux sauvages » (et de l’âge de pierre de la culture geek)

J’ai été très honoré d’être invité par Dounia Charaf dans son émission pour parler de « Les Dieux sauvages » ; un immense merci pour cette conversation, et tout particulièrement pour les excellentes questions nées d’une lecture en profondeur de ces énormes briques dans un temps bref, ce qui n’est vraiment pas facile ! Disponible en ligne sur la chaîne des Vagabonds du Rêve ou bien ci-dessous :

Je cause aussi de geekisme de première génération, et j’ai l’air d’un vieux daron.

2024-12-18T01:21:33+01:00mercredi 18 décembre 2024|Entretiens|Commentaires fermés sur Invité chez Dounia reçoit, autour de « Les Dieux sauvages » (et de l’âge de pierre de la culture geek)

Ne l’écrivez plus Kiev, mais Kyiv

C’est une goutte d’eau dans l’océan, et il y a tellement plus grave (pour mémoire, ce lien du développeur ukrainien Resale recense quantité de manières d’aider matériellement le pays et sa population), mais si on ne se préoccupe pas un minimum du pouvoir des mots et de leur portée politique par ici… Quelques interrogations circulent sur les deux orthographes de la capitale ukrainienne : Kiev (comme on le fait en France et dans beaucoup de langues étrangères) ou Kyiv (comme on le voit dans les médias anglophones) ?

C’est Kyiv. « Kiev » est la transcription venue du russe, « Kyiv » correspond à l’origine ukrainienne. J’espère qu’il est superflu d’expliquer pourquoi il convient maintenant de préférer cette dernière ; l’orthographe peut aussi être un choix politique, choix qu’a fait Libération.

2022-03-04T17:28:31+01:00lundi 7 mars 2022|Non classé|2 Commentaires

Cela nous concerne très directement

Toutes les horreurs que les écrivains croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité.

Balzac

À chaque fois que le monde part en vrille, je pense systématiquement à cette citation de Sartre à laquelle Ayerdhal tenait beaucoup : « La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent. » Mais à chaque fois que le monde part en vrille, je m’interroge aussi en ces termes à peu près : « Qu’est-ce que je suis en train de foutre ? » C’est-à-dire : suis-je à la hauteur de cet aspect de la mission ? (Ne répondez pas, ce n’est pas une question à laquelle on répond, c’est un processus que l’on réfléchit à incarner.)

La littérature, l’art par extension, me semble toujours la chose la plus importante et la plus futile à la fois. L’art sauve, nous élève, nous incite à réfléchir et même, simplement, nous fait du bien. Oui, bien sûr. Mais quand le monde part en vrille et qu’on n’est qu’un humble pousse-curseur, il ne me semble pas complètement absurde de se demander : « Non mais là, en vrai, qu’est-ce que je suis en train de foutre ? »

Qu’est-ce qui me donne le droit et la volonté de croire que je fais un truc réellement important ? Personne, et c’est bien ça le truc : la création est toujours un processus imprévisible, quelle que soit la structure qu’on y injecte ; l’authenticité qu’on s’efforce d’y mettre ne parvient pas toujours à établir ce pont vaporeux avec l’esprit inconnu que l’on espère atteindre, et nul ne peut le savoir a priori. On ne peut qu’essayer, toujours, avec sincérité ; laquelle est la seule clé et la seule vraie raison de toute cette futilité.

Quand le monde part en vrille, que ce soit le monde en dehors ou au-dedans de moi (ce qui arrive aussi), je m’efforce toujours de revenir à ces paroles simples et ô combien fortes de Neil Gaiman : make good art. Le good est toujours une aspiration, une intention, un espoir. Aucun de nous ne sait si ça va marcher. Il n’est même pas un but réaliste. Il nous reste à make art, surtout ceux et celles d’entre nous, dont je fais absolument partie, qui ne savent pas faire grand-chose d’autre et en ont grande conscience. (À part aussi, bien sûr, faire des dons à La Croix Rouge, et à toutes les organisations humanitaires de réputation établie.)

Du discours de Gaiman, on a surtout retenu le make good art, mais je trouve, tout particulièrement en ce moment, ce passage beaucoup plus important, qui nous concerne tous, c’est peut-être là que notre action individuelle commence réellement, en tant que citoyens du monde : être sages, et si nous ne le sommes pas, faire comme si nous étions quelqu’un de sage, et puis agir conformément à ce que cette personne ferait. Ce qui est une nécessité vitale en cette ère de surinformation, de désinformation et, forcément, d’angoisse :

Les Stoïciens plaçaient la vertu (et l’action qui en découle) au-dessus de toute considération, l’équivalant au bien ; deux millénaires plus tard, Gandhi disant be the change you want to see in the world.

Qu’est-ce que je suis donc en train de foutre ici, là, aujourd’hui ? Je vous parle, déjà, parce que j’ai la chance d’avoir une petite tribune, et que si, pour être totalement honnête, je ne sais pas depuis le début de cet article comment aborder un sujet bien trop brut pour avoir une réaction que j’espère intelligente (si j’écris de la fiction, c’est aussi parce qu’elle m’offre le bouclier du temps, de la réflexion et de la métaphore avec l’alibi du divertissement), je ne peux pas ne pas m’en servir alors qu’une histoire terrible est en train de s’écrire et que j’ai l’impression qu’on n’en prend pas trop la mesure. Ce n’est pas la première fois ni le premier endroit où ça arrive, je sais. Mais là, il faut vraiment prendre conscience de tous les parallèles historiques, et on ne rigole plus avec ça : on a déjà, réellement, vécu ça de très près.

Lors du défilé pour la paix samedi à Rennes, des personnes d’ascendance ukrainienne martelaient aux passants : « Arrêtez-vous, les Français. Cela vous concerne. » Fichtre oui. Cela nous concerne. Les habituelles récupérations politiques écœurantes ont lieu – elles ont toujours lieu ; les figures publiques démagogiques croient toujours pouvoir capitaliser sur les crises qu’elles s’imaginent lointaines et donc inoffensives. Mais ce n’est pas cela qui nous concerne, nous, en tant que citoyens et citoyennes du monde. La vérité brute, c’est qu’une puissance a envahi militairement une nation souveraine, bombarde des cibles civiles et que son allié proche prépare sa nucléarisation tandis que l’agresseur lui-même brandit la menace atomique.

Des imbéciles et des fantoches ânonnent un relativisme criminel et irresponsable, comme quoi la Russie aurait été poussée par l’expansion de l’OTAN à réagir de la sorte. L’Ukraine est une nation souveraine apte à choisir son destin ; la personne qui met le flingue sur la tempe de son gouvernement n’est pas l’Ouest. L’invasion russe est aussi un aveu criant d’échec de la proposition portée par son pouvoir. Quelle que soit la manière dont on regarde cette crise, on ne peut pas justifier, expliquer, comprendre cette invasion, quel que soit le contexte géopolitique. C’est une fucking invasion, avec des civils qu’on arme dans les rues, des immeubles d’habitation qu’on bombarde, et un pays auquel l’agresseur a refusé explicitement le droit d’exister.

C’est extrêmement grave, ça nous concerne, c’est littéralement à nos portes. Et j’avoue que je suis juste triste de voir réseaux et figures publiques s’exciter tellement fort dès qu’un président de droite est démocratiquement élu1, se drapant dans des proclamations de Résistance (une référence historique dont je n’oserais pas personnellement me réclamer : il fallait un courage et une vertu que la vaste majorité d’entre nous ne peut affirmer posséder en toute connaissance de cause, parce que nous avons eu la chance de ne jamais avoir été mis à l’épreuve) alors que là, j’ai quand même l’impression que les affaires continuent sans guère de vague. Alors certes, les affaires doivent évidemment continuer, car c’est déjà une façon d’affirmer la vie, et affirmer la vie, c’est résister (avec un petit « r »). Mais quand même. Nous rendons-nous bien compte de la chance que nous avons ?

Mais que peut-on faire ? Pas grand-chose de concret, certes, mais commencer par refuser, protester vocalement et continuellement, car c’est aussi une guerre d’influence et de propagande (les médias russes ont interdiction de parler d’invasion, Twitter et Facebook sont coupés là-bas depuis quelques jours, les manifestations anti-guerre sont passibles d’arrestation) ; et à notre humble échelon, à chaque instant, s’efforcer (et je reviens à Gaiman) de faire preuve de sagesse dans nos actions, quelles qu’elles soient, dans notre partage de l’information, dans notre compréhension du sujet, dans nos conversations. Refuser, comme nous avons encore la chance merveilleuse de ne pas être appelés à résister. Nous montrer peut-être à la hauteur des valeurs que nous prônons porter et incarner, alors qu’elles sont justement mises à l’épreuve. En tant que citoyens, en tant qu’êtres humains.

Et le plus important, bien sûr, exprimer notre solidarité avec le peuple ukrainien qui se bat en ce moment même dans les rues de ses villes, et Résiste, lui, avec un grand « R ».

2022-02-27T16:38:58+01:00dimanche 27 février 2022|Humeurs aqueuses|Commentaires fermés sur Cela nous concerne très directement

La genèse de L’Héritage de l’Empire et écrire une saga au long cours [entretien]

Il y a quelques semaines, j’ai eu le grand plaisir de sortir de chez moi (oui, c’est devenu suffisamment rare pour être signalé, heh) et surtout d’apparaître dans l’émission Il était une fois un livre de Natalie Ramage pour une semaine d’entretiens autour de L’Héritage de l’Empire – les évolutions de la série « Les Dieux sauvages », comment on développe une histoire au long cours, le tout sans divulgâcher (comme on est censé dire).

La radio Fréquence 8 a maintenant sa chaîne YouTube, où se trouvent postées les émissions après diffusion ; l’intégralité de notre conversation y est maintenant disponible et, comme tous les entretiens de Natalie, c’est une porte d’entrée idéale sur l’univers et même le genre de la fantasy au sens large. Chaque session se clôt par une splendide lecture d’un passage du roman qu’elle réalise en musique, et elle m’a même fait l’amitié d’aller piocher dans ma playlist d’inspiration pour choisir les illustrations sonores !

Merci à Natalie pour son suivi de la saga, et de parler de littératures de l’imaginaire hors des barrières des genres.

2021-03-15T11:53:01+01:00mardi 16 mars 2021|Entretiens|3 Commentaires

Un extrait audio de Contes hybrides à découvrir

Avec ma grosse voix (ou semblant d’icelle) et surtout un habillage sonore de toute beauté réalisé par les éditions 1115 !

Voici un court passage de « Point de sauvegarde », dont il m’arrivait régulièrement de lire un autre extrait avec Les Deep Ones :

(Pour mémoire, le livre est à présent disponible en numérique sur toutes les plate-formes pour deux euros à peine.)

2019-10-17T04:39:53+02:00lundi 14 octobre 2019|À ne pas manquer|1 Commentaire

Révoltes et guerres de libération chez les écrivains de fantasy [table ronde aux Imaginales]

Photo ActuSF

Ce débat aux Imaginales 2018 a été capté par le site de référence ActuSF et faisait participer Manon Fargetton, Estelle Faye et moi-même. Modération et animation : Christophe de Jerphanion. Il peut être écouté librement en ligne ou bien téléchargé sur cette page.

2018-06-04T01:51:50+02:00mardi 5 juin 2018|Entretiens|Commentaires fermés sur Révoltes et guerres de libération chez les écrivains de fantasy [table ronde aux Imaginales]

Facebook décide ce que vous voyez, ce que vous lisez

Cher Facebook,

L’article que vous censurez est un essai PHILOSOPHIQUE sur une guerre FICTIVE en FANTASY. Il n’a strictement rien de dangereux. C’est comme censurer des articles sur Le Seigneur des Anneaux parce que vous redoutez le terrorisme orc.

Je ne sais pas si je dois me sentir outré ou honoré, ou si même, conformément aux illustres précédents établis par l’Inquisition, c’est le début de la gloire, mais c’est en tout cas une preuve certaine de stupidité : l’édito de la semaine dernière « Pourquoi je vous parle de guerre » – qui parle sous l’angle philosophique et littéraire d’une guerre fictive influencée par l’Antiquité gréco-romaine (une actualité qu’on ne qualifiera pas exactement de brûlante) – a été censuré par Facebook.

censure-facebook

Je vais être honnête : en réalité, je ne me sens ni outré ni honoré, ni insulté ni en colère. Je me sens inquiet, car cela démontre une fois de plus et s’il le fallait encore combien les systèmes automatiques de détection de contenu sont inefficaces et inadaptés. Combien, de plus en plus, nous abandonnons l’usage de notre esprit critique à des robots. Problème qui concerne le web tout entier, avec l’exemple de la Grande-Bretagne et ses filtres nationaux, ce que l’on veut importer chez nous.

Mais, en l’occurrence, il s’agit de voir combien les réseaux sociaux sont maîtres du contenu qu’ils fournissent, combien ils sont capables de modeler ce que vous voyez, contrôlent votre accès à l’information – on parlait du racket de la promotion des messages sur le flux d’informations, il y a maintenant par exemple la capacité de modeler votre humeur, ainsi que l’a révélé cette expérience de Facebook qui a fait scandale. Aujourd’hui, ce sont encore des systèmes automatiques de détection hautement imparfaits. Mais demain ? Et même, à mesure que les algorithmes s’améliorent et aident à filtrer plus efficacement ?

Le dernier épisode de Person of Interest mettait en scène une entreprise leader sur le marché des moteurs de recherche qui avait passé des accords secrets avec des entreprises pharmaceutiques. Certains utilisateurs dépressifs, s’ils cherchaient des informations sur le suicide, se voyaient proposés des pages les poussant subtilement plus loin dans leur trouble, afin de leur vendre par la suite des antidépresseurs. Ce n’est pas de la science-fiction : c’est entièrement du domaine du réalisable aujourd’hui.

Je ne suis qu’un auteur de fantasy et de thriller. Par essence, je parle de fiction sur des lieux, sur des gens qui, dans la plupart des cas, ne pourraient même pas exister dans notre monde. Personnellement, je suis par ailleurs capable d’aller chercher et croiser des informations impartiales, de me documenter. Je ne m’inquiète pas de mon cas. Je m’inquiète, comme tout le monde et ce n’est pas nouveau, pour l’esprit. Si un auteur comme moi, infinitésimal dans le grand ordre des choses et même de la littérature française, inoffensif par essence, peut être ciblé de la sorte, que dire des controverses du monde réel, non symbolisées, non métaphorisées par la fiction ? Que penser des échanges d’idées, de visions politiques, des actualités réelles et brûlantes ?

Il faut tordre le cou à l’idée que les réseaux sociaux commerciaux sont neutres, qu’ils sont des tuyaux « stupides » délivrant le contenu qu’on leur demande. Cela, c’est l’idée de neutralité du Net, un concept essentiel lui-même battu en brèche à l’heure actuelle (voir les censures du web qui s’installent discrètement).

Facebook et les réseaux semblables n’ont même pas eu besoin de nous séduire : poussés par le besoin humain de créer du lien, fascinés par les réelles possibilité de communication qu’ils offrent, nous nous jetons dans leurs bras, leur donnons nos informations, leur faisons confiance, leur tendons les poignets pour leur remettre notre sort, comme on le fait d’une religion, d’un pouvoir, d’une autorité. Parce que nous communiquons de chez nous, de nos terminaux, nous croyons bénéficier de la même impunité et de la même intimité. C’est évidemment faux. Oui, c’est un outil pratique, mais, comme tout outil, il convient de le dominer et d’en contrôler l’usage. Qu’il ne devienne pas essentiel et unique. Que faire ? Peut-être commencer par se réinventer en ligne.

Il n’est de plus insidieuse tyrannie que celle qui prétend agir en votre nom, pour votre bien, et c’est ce qui s’installe. « En échange de la paix intérieure, remettez-nous votre liberté et nous ferons le travail à votre place » – un marché faustien paradoxal, car religieux à l’origine. C’est aussi ce dont je parle avec Évanégyre et l’Empire d’Asreth. J’aimerais pouvoir prétendre que c’est pour cela que l’éditorial a été censuré, mais il ne faut jamais attribuer au conspirationnisme ce que la bêtise pure explique parfaitement bien.

Cela ne veut pas dire que les manipulations ne finiront pas par s’institutionnaliser une fois que les gains envisagés seront supérieurs aux pertes. « Si c’est gratuit, c’est vous le produit. »

asrethouakbar

2015-03-04T19:14:10+01:00mercredi 4 mars 2015|À ne pas manquer|28 Commentaires

Pourquoi je vous parle de guerre ? (un essai)

Alors maintenant, écoutez-moi bien – écoute-moi bien, auguste lectorat, si tu permets que je t’appelle ainsi, comme je le fais chez moi ; permets-moi de profiter un instant de la tribune que la Faquinade, en son inconscience, m’a offerte, pour le clamer bien fort et une bonne fois pour toutes :

Tout ça, ce sont des conneries.
Non seulement cela, mais ce sont des insultes à l’intelligence.

L’article du jour est un éditorial un brin épais et conséquent, sur la représentation de la guerre en fantasy, les prétendus manichéismes et conservatismes du genre, des idées tenaces et reçues avec lesquelles j’avais un compte à régler depuis un petit moment. Ça s’appelle « Pourquoi je vous parle de guerre ? » et c’est à lire sur le blog la Faquinade.

2015-02-24T10:31:36+01:00mercredi 25 février 2015|À ne pas manquer|5 Commentaires

« Point de sauvegarde », à paraître dans La Guerre, anthologie d’une belligérance

Couv. Simon Goinard Phelipot

Voilà un projet dont je n’avais pas encore parlé, parce que les choses se sont emballées récemment : j’ai le grand plaisir de pouvoir annoncer la publication prochaine d’un nouveau texte intitulé « Point de sauvegarde », dans La Guerre, anthologie d’une belligérance, ouvrage dirigé par Yael Assia et Merlin Jacquet aux éditions Hydromel. L’anthologie sortira fin mai, juste à temps pour les Imaginales, où les éditions Hydromel seront présentes.

Quatrième de couverture

La guerre, c’est l’opéra grotesque d’un crime à grande échelle ; une forme fondamentale de la nature humaine, le théâtre atavique de la discorde. La guerre, c’est l’abandon de soi dans l’idée commune, et l’expression la plus extrême de la solitude de l’être.

Quatorze déclinaisons sensibles et concernées sur la pandémie la plus imaginative de l’Histoire : de l’esthétique du conflit à la mise en exergue de l’horreur brute d’un enfant-soldat, les textes composent de la guerre dans notre société et nos imaginaires ; de la dissension entre et au sein de nos êtres, de la mémoire dans nos structures, sous toutes nos coutures.

De l’humain bâti sur le feu pour s’anéantir dans ses braises. De la tension, de l’exécution, du souvenir, avec violence, lassitude – avec espoir, parfois ; puisqu’il ne s’agit au final rien de moins, dans toute la splendeur de son ironie, que d’une bataille contre la guerre.

Au sommaire

  • Stéphane Beauverger
  • Stéphanie Benson
  • Pierre Bordage
  • Charlotte Bousquet
  • Jean-Michel Calvez
  • Lucie Chenu
  • LD
  • Léo Henry
  • Jess Kaan
  • Luvan
  • Li-Cam
  • Jacques Mucchielli
  • Jérôme Noirez
  • Laurent Queyssi

À propos de « Point de sauvegarde »

2050. Bennett, Martinez et Rivera sont des surhommes : des cyborgs, dont la psyché méticuleusement conservée dans leur cerveau biologique commande à un corps d’acier, de fibres de carbone et d’élastomère. Sens augmentés, force physique décuplée, ce sont les soldats parfaits, invincibles, méticuleux, méthodiques.

Immortels.

L’Armée des Sans-Terre s’est retranchée dans une vieille mission située au coeur de l’Amazonie, où un brouilleur dissimule leurs effectifs et leurs objectifs véritables. L’objectif des trois cyborgs : reprendre le site et exterminer les rebelles.

Mais ce qu’ils vont y trouver va heurter de plein fouet leurs convictions, leur identité – et leur raison même d’hommes-machines…

Oui, « Point de sauvegarde » est donc de la SF ! Cela faisait des années que je ne m’étais pas aventuré sérieusement dans ce domaine et cela m’a fait plaisir de pouvoir jouer avec un thème qui m’intéresse énormement, celui du cyborg et les réflexions que cela entraîne sur la question de l’identité et du soi. Cela m’a aussi confronté à nouveau aux difficultés inhérentes au genre : comment construire une extrapolation scientifique vraisemblable pour proposer des choses qui n’existent pas encore ? La SF nécessite de prêter attention à une myriade de détails du monde réel et de sa technologie pour fournir une anticipation vraisemblable ; un exercice dont j’avais un peu perdu l’habitude – la fantasy et le fantastique exigent une cohérence interne, mais la création y est plus libre, puisque l’on peut s’écarter des lois réelles du monde. J’espère m’en être tiré correctement. Après… Le texte devrait cacher une ou deux surprises !

2011-05-17T15:57:32+02:00mardi 17 mai 2011|Actu|7 Commentaires
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