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Des réponses à vos questions sur La Messagère du Ciel et « Les Dieux sauvages »

Couv. Alain Brion

Hey ! Il y a quelques semaines (je suis en retard, un peu comme toujours, pardon…) j’ai reçu un message très sympa autour de La Messagère du Ciel (me faisant part de son plaisir de lecture : merci !) avec quelques questions attenantes. Suivant toujours l’adage, quel que soit le domaine – si une personne ose poser une question, trois de plus se les posent peut-être en silence – et puis pour discuter davantage publiquement autour de la série, parce que c’est sympa, quoi, je pensais y répondre publiquement. Si d’aventure vous en avez d’autres, des questions, et si ce format d’échange vous plaît, n’hésitez pas à les poser en commentaires, c’est tout à fait une formule que je pourrais revisiter, et sinon, j’ai plein d’articles sur l’écriture et la productivité en stock, donc pas de problème.

Une lecture bien agréable ! Aux personnages bien posés. J’ai surtout apprécié le « duo » Mériane/Dieu, le caractère bouillant de celle-ci et la patience parfois exaspérée de Wer, ainsi que ses nombreux moments de sagesse (mais c’est Dieu, après tout !). Je lirai la suite avec plaisir. Si tu permets, j’ai quelques questions :

1) Concernant les Enfants d’Aska, je ne serais pas particulièrement surpris si tu me disais que ton inspiration est à chercher du côté de Warhammer ? ???? En lisant certains passages, j’avais l’impression de revivre quelques moments sur Warhammer online avec mon gros Élu de Tzeentch.

Alors, je suis content que cette question revienne, parce qu’elle fait surface de loin en loin, souvent en salon autour de la couverture de La Route de la Conquête. Du coup, cela me permet de pouvoir dire qu’il n’en est rien. Je connais extrêmement mal l’univers de Warhammer Fantasy (même si j’ai eu une boîte quand j’étais ado, mais j’ai dû faire trois parties à tout casser – je n’avais pas la patience pour peindre les figurines) et j’ai encore plus longtemps tout ignoré de 40k. (À force qu’on m’en parle, je m’y suis intéressé, et j’avoue que le douzième degré bourrin m’amuse bien.) J’ignore précisément qui est Tzeentch, par exemple, à part que c’est un des dieux du chaos. Pour les enfants d’Aska, l’inspiration se trouve avant toute chose dans l’esthétique biomécanique (employée dans le tatouage, par exemple) mais en version cauchemardesque. Je me suis aussi énormément nourri de Lovecraft à un âge probablement trop tendre (je considère qu’il a capturé l’essence de la terreur existentielle de l’homme, teintée de sublime, d’une manière peut-être indépassable) et cela irrigue pas mal mon approche de la fascination et de l’inhumain, à travers « Les Dieux sauvages » mais aussi « Léviathan » (Andrew León le cite, d’ailleurs, à la fin de Léviathan : la Nuit). Je pense que beaucoup de visions de l’horreur modernes remontent à lui : du coup, j’ai peut-être cette inspiration là en commun avec d’autres.

2) Est-ce que tu prévois d’en dire plus au sujet du Vagabond ? À moins que ce ne soit un personnage qui se retrouve dans La Volonté du Dragon (que je n’ai pas encore lu) ? Voire dans La Route de la Conquête (que j’aurais oublié) ?

Je crois qu’on a à peu près tous les éléments dans La Messagère du Ciel pour suivre les enjeux du passage en question (en tout cas c’était l’intention), mais si l’on veut en savoir plus, l’histoire de Mandre et de la cause de la chute des Mortes-couronnes est traitée dans « Quelques grammes d’oubli sur la neige », le dernier texte de La Route de la Conquête. Mettre en rapport cette histoire et La Messagère du Ciel les éclaire en principe tous les deux d’une façon nouvelle (même si ça n’est pas nécessaire pour suivre l’un et l’autre !).

3) On te l’a sûrement déjà demandé, mais peut-on s’attendre à un bouquin qui concernera la chute de l’Empire ? J’imagine déjà connaître la réponse (un truc pareil doit être tellement fun à raconter !), mais je n’ai rien contre une confirmation, huhu.

Ouiiiiiiii ! (voix emplie de frustration et d’envie à parts égales) Mais c’est probablement le projet le plus ambitieux d’Évanégyre. Genre encore plus que « Les Dieux sauvages ». Il y a donc deux aspects à prendre en compte avant de se lancer là-dedans : d’une part, une question de compétence personnelle (que je dois encore développer, à mon sens, avant d’avoir la hauteur de vision pour aborder un truc aussi vaste), de l’autre, une question toute bête de viabilité économique. Si je me lance dans, mettons (ce n’est pas une promesse, c’est un chiffre en l’air) une série de 10 bouquins d’un million de signes pièce, il faut que l’éditeur comme moi nous assurions de pouvoir la conduire à son terme, et cela implique notamment d’avoir assez de lecteurs pour. Donc, il faut que l’univers continue à s’implanter, à fédérer l’intérêt, et cela se joue à la fois à mon niveau (en proposant les meilleurs récits possibles) et à celui du temps (avec un effort pour faire connaître l’univers et, espérons-le, susciter l’envie auprès de plus de monde, en montrant – c’est important – qu’on peut faire confiance : l’auteur ne va pas s’évaporer en laissant la série en plan). En tout cas ta question est un encouragement très net et très agréable à faire ce projet un jour : merci !

4) Concernant Chunsène, est-ce que ça t’a ennuyé de la désigner comme l' »adolescente » pour être à même de la distinguer de Nehyr aux yeux du lecteur ? Sachant que ton histoire est d’inspiration médiévale et qu’au Moyen Âge, on passait plus ou moins de l’enfance à l’âge adulte ? Ou bien t’en avais rien à cirer et cette question est débile ? ???? (Je la pose parce que je sais que, moi, ça m’aurait ennuyé).

Bonne question. Alors, déjà, je triche un peu : « Les Dieux sauvages » est certes d’inspiration médiévale, mais pas entièrement. L’Empire d’Asreth/ia était bien plus proche de nos sociétés, il y a donc un passé moderne à ce monde médiéval, comme on a pu le voir dans La Volonté du Dragon et La Route de la Conquête. Certains termes employés le trahissent : on parle par exemple de « citoyens » des royaumes, ce qui est anachronique, en fait (mais volontaire de ma part). Mais ça, c’est la réponse facile : de manière plus intéressante, ta question pose le rapport dialectique de la fantasy avec la contemporanéité du lecteur. Même si l’on admettait que « Les Dieux sauvages » se déroulaient dans un monde purement médiéval, la fantasy dépeint rarement un Moyen-âge entièrement authentique, et fait toujours quelques petites entorses de bon aloi pour rendre l’histoire plus intéressante et/ou digeste (c’est aussi pour cela qu’on écrit de la fantasy et pas du roman historique – lequel, d’ailleurs, triche aussi : c’est du roman). Quand je parle d’adolescente dans le cas de Chunsène, clairement, je me place dans le référentiel du lecteur au XXIe siècle ; c’est à lui/elle que ma narration s’adresse. Mon devoir d’auteur (et le devoir de la littérature en général) consiste à créer une illusion de réalité, quelque chose auquel on puisse croire et qu’on vive avec plaisir, d’accès aussi aisé que possible. Parler de Chunsène comme d’une adolescente est une entorse en toute rigueur, mais elle rend la narration suffisamment efficace à mon sens pour valoir le coup, et de toute façon, son comportement rend tout ambiguïté impossible : elle est clairement plus adulte que quelques adultes de l’histoire. Et on pourrait même dire que même aujourd’hui, y a plus de jeunesse, mon bon monsieur, alors…

5) Que penses-tu de l’Église de Wer ? (dans sa forme actuelle en tout cas, quelque chose me dit qu’elle est appelée à évoluer) Est-ce que tout est à jeter selon toi, ou est-ce qu’il y a des éléments que tu apprécies ?

Je pourrais te dire que ma voix n’a aucun intérêt, que ce qui compte, c’est ce que l’histoire raconte (et je le pense), mais je ne vais pas esquiver ta question : dans la réalité, je ne pourrais absolument pas cautionner quoi que ce soit dedans à cause de son traitement des femmes. Mais c’est aussi pour ça que je l’explore : pour chercher et essayer de comprendre où peut bien se trouver l’humanité, malgré l’hostilité viscérale que me cause ce genre d’intégrisme, lequel existe et a existé hélas (dans la fiction comme dans le réel ; mes années de catéchisme m’ont bien servi pour « Les Dieux sauvages »…). Et ce qu’on peut « sauver » de cette humanité au-delà des ravages du patriarcat. Les morales dogmatiques et leur rôle social sont des questions d’une immense complexité qu’il est impossible de dissocier du contexte qui leur a donné naissance. J’espère m’approcher un peu de ces questions à travers « Les Dieux sauvages », et ce que je peux dire, c’est que je vais m’attacher à refléter cette complexité, justement, à travers les différents points de vue (ne serait-ce qu’entre Leopol et Maragal, on a deux conceptions assez différentes du werisme). Pour partager avec le lecteur toutes les questions que ces sujets m’évoquent, et non des réponses (ce qui n’est pas le rôle de la fiction). Bref, j’espère donc que les facettes du récit traiteront de la complexité du sujet mieux que moi en tant qu’individu limité.

6) Au sujet de la ponctuation des dialogues. L’utilisation des guillemets est plus avantageuse selon toi (et pourquoi), ou c’est uniquement par goût esthétique ?

Je crois résolument que les guillemets offrent infiniment plus de flexibilité dans la gestion du rythme, oui, au point que j’aurais du mal à travailler avec un éditeur qui m’impose les tirets seuls. Tu peux faire des incises claires dans ta narration sans introduire de confusion, par exemple :

« Vous êtes très belle ce soir, Anita », dit Bob. Il s’accouda au piano. « Martini ? »

Avec des tirets, tu es obligé de rajouter une précision, sinon on ne sait plus qui cause, ça casse le flux, et sinon tu colles tes didascalies entre parenthèses, bref, c’est super moche à mon goût et vachement plus contraignant alors que les guillemets résolvent tous ces problèmes avec élégance. J’en ai parlé en détail ici.

7) est-ce qu’on peut considérer que les Enfants d’Aska sont les vrais metalleux d’Evanégyre ?

Nan. Bien des métalleux sont en réalité de vrais gentils. :p

2018-07-05T21:03:37+02:00mercredi 11 juillet 2018|Entretiens|6 Commentaires

L’étonnante étymologie d’enfoiré

Attention, article à très explicit lyrics. (Soit : si les gros mots vous choquent, regardez plutôt cette vidéo.)

J’ai un dictionnaire des synonymes accessible en permanence quand j’écris ; j’essaie au maximum de trouver le mot juste pour le fixer dans le texte, car cela m’aide à m’ancrer dans l’ambiance d’une scène, à construire correctement pour avancer dans un livre avec la satisfaction de bien sentir le récit et son atmosphère. (Après, à la correction, je casse généralement tout pour tout reconstruire autrement, mais cela fait partie du processus ; ces premières étapes me montrent les directions que j’ai envie, ou besoin, d’explorer.) Sachant que je consulte Antidote ou ses homologues parfois plusieurs fois par minute (merci Alfred et AppleScript), et que, dans « Les Dieux sauvages », je m’amuse à recréer une sorte de parler pseudo-médiéval, j’aime bien chercher les synonymes inusités ou pittoresques.

Or doncques, l’autre jour, j’avais besoin de synonymes fleuris du mot « cul ». Très bien, Rabelais, tu n’as qu’à bien te tenir, me voici parti en quête. Et quelle n’est pas ma curiosité de découvrir dans la liste celui-ci :

Et là, d’un seul coup, tout un pan de la langue française prend sens dans ma tête : foirer quelque chose, bien sûr, c’est comme le « chier », faire de la merde, tout ça (c’est d’ailleurs le sens vieilli et très familier du terme, ce que j’ignorais) ; et là, je comprends aussi que « enfoiré » n’est en fait qu’une variante sur un thème vieux comme le monde – « enculé », même combat. Comme empaler. Et bougre d’âne : saviez-vous qu’un bougre, à la base, c’est un sodomite ?

Ah, c’est sûr que ça donne moins envie de taquiner ses enfants en les traitant affectueusement de bougres d’âne, tout de suite.

Est-ce que j’ai un point ? (Anglicisme.) En fait, oui, au-delà du fait d’avoir appris un nouveau truc linguistique, ce qui est toujours intéressant quel que soit le registre : si l’on veut s’efforcer de faire évoluer son vocabulaire d’insultes1 pour en évacuer les connotations homophobes et machistes, eh bah « enfoiré » est à mettre tout autant à l’index.

Oui, j’ai totalement fait exprès avec cette dernière phrase.

  1. Rappelons que Freud, qui a certes dit un paquet de conneries, mais pas que, affirmait que le premier à jeter une insulte plutôt qu’une pierre était le fondateur de la civilisation ; ce qui paraît assez vrai, comme le prouve le système routier de toute métropole développée, un endroit assurément très civilisé vu comme on s’y insulte.
2018-08-09T10:56:18+02:00mardi 10 juillet 2018|Best Of, Expériences en temps réel|8 Commentaires

En entretien dans le Mensuel de Rennes (autour de La Messagère du Ciel)

Je relaie ceci avec retard, car c’est paru en mars dans Le Mensuel de Rennes et, ma foi, il est fort peu courtois de reprendre une page d’un numéro de magazine en cours de commercialisation ! (Maman, je t’ai vue, tu aurais acheté tous les stocks d’Ille-et-Vilaine. Du calme.)

Je remercie très spécialement Julien Joly pour sa lecture très attentive de La Messagère du Ciel ; j’ai passé un excellent moment de discussion qui m’a donné la liberté d’évoquer un certain nombre de choses que je n’avais mentionnées nulle part (comme l’inspiration du 11 Septembre 2001 sur le début de « Les Dieux sauvages »). Comme le dit l’article, j’étais bel et bien allé en Islande : tous les articles attenants iciMerci encore pour ce coup de projecteur sur mon travail ! 

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2018-07-05T17:23:18+02:00lundi 9 juillet 2018|Entretiens|6 Commentaires

Be Focused Pro, un outil de choix pour la méthode Pomodoro [la boîte à outils de l’écrivain]

Je vois ça des dizaines de fois par jour en ce moment.

Mise à jour décembre 2018 – j’utilise dorénavant Focus pour mes pomodoros, mais BeFocused Pro reste un excellent outil pour la plupart des gens. Savoir pourquoi ici

J’ai donc reparlé tout récemment de mon usage intensif (et heureux) de la méthode Pomodoro, avec toutefois quelques adaptations pour la rendre compatible avec le travail de création, notamment d’écriture : ne pas interrompre le flow une fois qu’on est lancé, à tout le moins. Et que serait une méthode de productivité sans l’application qui va avec ? On trouve des minuteurs Pomodoro par dizaines dans tous les app stores du monde, j’ai jadis utilisé un temps un chronomètre réel, mais je me suis finalement arrêté sur Be Focused Pro, que j’utilise depuis plus d’un an, et je n’ai pas ressenti le besoin d’aller voir plus loin (ce qui est rare dans mon cas, souffrant d’un cas chronique d’insatisfaction logicielle).

L’application (Mac, iOS, Apple Watch) offre à mon goût le juste équilibre en puissance et utilisation : je veux un truc qui fasse le boulot de manière immédiatement accessible, présent sur toutes mes plate-formes (et le fait de pouvoir démarrer un Pomodoro depuis mon iPad ou mon Apple Watch – dont j’ai parlé ici – est indubitablement un plus quand je veux écrire dans un train ou un avion), mais que je puisse adapter à mon goût. Les données et projets sont évidemment synchronisées entre appareils via le nuage (inscription nécessaire).

Sur le Mac, Be Focused Pro réside dans la barre de menus comme beaucoup d’applications similaires, mais se trouve aisément accessible tout en rendant l’édition des données enregistrées difficile mais pas impossible, ce qui réduit la tentation de tricher si tel est votre problème. Les durées de travail et de pause sont entièrement personnalisables, comme les sons de début et d’arrêt, et propose pour moi une fonctionnalité indispensable : si je me laisse entraîner par l’écriture, un simple réglage me permet de lui ordonner d’attendre la pause pour que je la lance de moi-même au moment où je le désire – c’est une option à décocher ci-dessous :

Et l’application permet évidemment de compiler rapports et de suivre son activité (même si, pour des raisons expliquées précédemment, les Pomodoros ne devraient pas représenter une mesure réelle de la productivité, mais si vous aimez les zolis graphiques, Be Focused Pro peut fournir) :

J’ai un tout petit peu cravaché sur Le Verrou du Fleuve en fin d’année dernière.

Bref, c’est un chronomètre, hein, mais un chronomètre bien foutu, non-intrusif et personnalisable. Et il est rouge. Et ça, si ça vous convainc pas, hein. Plus sérieusement, aussi idiot et simple que ça puisse paraître, trouver un bon outil de ce genre qui ne soit pas pourri de pubs, qui fasse exactement ce qu’on lui demande et qui sache se faire oublier n’est pas si simple que ça. Bref, je recommande.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! 

Me faites pas de mal, s’il vous plaît. (Photo Evaldas Daugintis)

2018-12-03T22:34:14+01:00jeudi 5 juillet 2018|Best Of, Technique d'écriture|Commentaires fermés sur Be Focused Pro, un outil de choix pour la méthode Pomodoro [la boîte à outils de l’écrivain]

Mythologies [table ronde aux Étonnants Voyageurs 2018]

Ce débat aux Étonnants Voyageurs 2018 a été capté par l’organisation du festival, qui rend ses tables rondes librement accessibles (merci à eux !) et faisait participer Estelle Faye, David Vann et moi-même. Modération et animation : Claudine Glot. Il peut être écouté librement en ligne cette page ou bien ci-dessous :

 

2018-06-29T08:54:45+02:00mardi 3 juillet 2018|Entretiens|Commentaires fermés sur Mythologies [table ronde aux Étonnants Voyageurs 2018]

Procrastination podcast S02E20 : « Talent Vs. Travail »

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Deux semaines ont passé, et le nouvel épisode de Procrastination, notre podcast sur l’écriture en quinze minutes, est disponible ! Au programme : « Talent Vs. Travail« .

Le talent, le travail ou les deux ? Cette question a tendance à remuer les milieux artistiques, les discussions entre créateurs et Internet ; mais nos podcasteurs n’ont peur de rien et se lancent dans cette discussion en seulement quinze minutes. Mélanie, justement, se positionne entre les deux, et donne une intéressante définition du talent : ce serait ce qui ne s’apprend pas. Laurent non plus ne minimise certes pas l’importance du travail ; pour lui, la nature du talent est directement connectée à la nature même de l’art, et surtout ce qu’il génère chez son public. Lionel dit clairement que la notion de talent l’ennuie car elle est trop évanescente ; puisque la seule chose que l’on peut contrôler est le travail, alors travaillons.

Références citées :
– Harper Lee
– La collection Fleuve Noir Anticipation
– Stefan Wul

Procrastination est hébergé par Elbakin.net et disponible à travers tous les grands fournisseurs et agrégateurs de podcasts :

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Bonne écoute !

Et Procrastination reviendra le 15 septembre pour une troisième saison !

2019-05-04T18:45:57+02:00lundi 2 juillet 2018|Procrastination podcast, Technique d'écriture|3 Commentaires

Retour sur la méthode pomodoro pour écrire

La méthode pomodoro est un des hacks les plus connus pour se botter le cul se motiver pour une tâche complexe, barbante ou intimidante – un de ces adjectifs représente un intrus pour décrire l’écriture, auguste lectorat, sauras-tu le retrouver ? Je travaille actuellement à quasi-plein temps sur La Fureur de la Terre, le tome 3 de « Les Dieux sauvages ». Je monte lentement en puissance ; je commence à avoir l’habitude de ce processus, le temps de me réapproprier lieux et personnages, de sentir le récit acquérir son élan et sa dynamique, de sentir l’espace mental où je peux gouverner d’une main légère sur la barre en laissant le navire suivre ses propres courants.

La méthode pomodoro, donc : 25 minutes de travail pour 5 de pause, dont j’ai dit le plus grand bien dans le cadre de l’écriture. J’ai écrit la quasi-totalité des deux premiers tomes de la série (La Messagère du CielLe Verrou du Fleuve) de cette manière, mais au fond de moi, j’ai toujours un peu considéré cette béquille comme inélégante. Je suis auteur, je suis censé ne pas avoir besoin de ce genre de piratage mental, non ? Alors que je travaille sur mon troisième bouquin, je devrais pouvoir m’en passer, me perdre avec délectation dans mon récit, être beau comme un Stephen King.

Donc, pour la énième fois, j’ai tenté de me réserver des créneaux d’écriture et de me laisser aller sans ce rythme bizarre de 25/5. Résultat : pas la catastrophe, mais presque. J’ai peut-être pourri mon cerveau après deux ans de cette méthode, je ne sais pas, mais j’ai vu resurgir aussitôt les ennemis classiques : du mal à m’y mettre (procrastination), du mal à me concentrer, à me donner une direction précise. Et si je recherchais tel sujet pendant… quoi, deux heures ? Est-ce bien utile ? Comment ne pas se perdre ?

La finalité d’une session d’écriture consiste à mettre des mots sur la page. (Les bons, si possible, mais si ce sont les mauvais, ce sera toujours ça d’écarté.) Les recherches, la création de monde, c’est super rigolo, mais si cela ne sert pas l’histoire qu’on est en train d’écrire, au bout d’un moment, c’est un loisir, pas du boulot. (Avant que les mal comprenants ne me tombent sur la tronche : oui, les loisirs, c’est bien, mais si on veut écrire, on cherche à faire avancer le curseur, pas à bouiner ; on peut bouiner plus tard.) À titre d’expérience, j’ai alors repris les pomodoros, et là, ô miracle : j’ai réalisé davantage en une demie-journée qu’en une journée précédemment. OK, c’est une béquille, mais j’arrive plus à marcher sans, et je marche vachement mieux avec, donc, bon, va pour l’inélégance.

Pour ceux qui ont du mal à se concentrer (et/ou qui abordent des projets d’une complexité ou d’une longueur intimidante – l’écriture en faisant assurément partie), les pomodoros donnent une soupape fondamentale à l’esprit : ils lui indiquent quand il a le droit de faire une pause. Dans la réalisation d’une tâche créative (où il faut, par définition, inventer ce qui n’existe pas, ce qui est angoissant et/ou éprouvant), des tas de résistances plus ou moins conscientes peuvent surgir. Et surtout des distractions, surtout en notre époque. L’astuce la plus simple que j’aie trouvé pour combattre ces distractions consiste à les noter sur une feuille : tous les trucs idiots que j’ai envie de regarder plutôt que de me mettre à bosser et dont mon cerveau reptilien cherche à me convaincre de l’urgence (« dis ! Si on allait regarder des nouvelles du nouveau Metroid Prime sur Switch, genre tout de suite ? »). Quand je suis en état de flow, ça va, bien sûr ; je ne veux plus m’arrêter. C’est d’y entrer qui peut être compliqué. Et si je peux réduire le temps pour y arriver, c’est toujours ça de gagné de jour en jour. Sans parler de la sérénité.

Le cerveau est une drôle de machine, quand même : quand je dois me mettre à la tâche, le petit singe dans ma tête me chuchote plein de trucs censément urgents ; mais quand le moment de s’arrêter se présente, non seulement il ne veut plus lâcher l’affaire et terminer absolument ce passage, cette scène, ce chapitre, mais en plus, tous les trucs qu’il m’a soufflé ne suscitent absolument plus son intérêt.

La clé de la productivité consiste simplement à trouver comment respecter ses fonctionnements internes pour agir au maximum avec eux et réaliser ce que l’on souhaite avec le plus de plaisir et le moins de difficultés possibles. Je sais que mon petit singe veut se reposer, alors je lui donne des espaces, toutes les 25 minutes. Il n’a qu’une seule obligation dans ces moments-là : interdiction formelle de regarder ce qui peut générer du stress ou des questions – c’est-à-dire, interdiction d’inviter l’inconnu, donc pas de réseaux sociaux, de courriel, etc. Faire du thé, regarder un site d’actualité, nettoyer un dossier de téléchargements, installer une application que j’ai envie de tester, tout cela est autorisé dans le respect des cinq minutes de pause maximum. De même, et c’est très important, il n’est nullement obligé de s’arrêter dès que le réveil sonne – s’il tient à finir un truc, qu’il le fasse, bien sûr. Il m’arrive fréquemment d’avoir du mal à me lancer, puis de ne plus pouvoir m’arrêter, au point de ne pas me rappeler si le pomodoro a sonné ou non – et je constate que oui, il y a une heure. (Alors que sans cette béquille, rester concentré 1h30 présente un défi…)

Pour résumer et développer les règles sur les « pomodoros créatifs » que j’avais déjà introduites il y a un an, ma discipline consiste donc à :

  • Travailler à l’écriture par tranches de 25 minutes minimum. 
  • Toute distraction qui se profile (interne ou externe), aussi anodine ou brève soit-elle, est soigneusement notée à part, mais écartée pour l’instant. Le contrat implicite avec l’esprit est : « pas maintenant, mais je respecte ton envie, je la capture, et nous y reviendrons dans 25 minutes maximum ». (L’expérience prouve qu’on n’y revient quasiment jamais, mais ne pas la noter rompt cette histoire de respect, et peut générer du stress relatif à l’impression d’avoir oublié quelque chose.)
  • Le réveil qui sonne ouvre le droit à une pause de 5 minutes, dès que l’envie s’en fera sentir (ça peut être tout de suite ou dans une heure en fonction de l’état de concentration et de flow).
  • La pause est une vraie pause : quelque chose dont l’esprit a envie et/ou qui le détende. Toute activité qui peut découler sur de nouvelles actions à capturer, donc rompre l’immersion dans l’état d’esprit créatif, est fondamentalement interdite (c’est capital). C’est « ne pas inviter l’inconnu », pour reprendre les mots de Kourosh Dini.
  • Ces temps-ci, je me fixe de plus en plus un quota de temps davantage que de signes à écrire dans une journée. Ces créneaux sont totalement dissociés du compte de pomodoros (puisque les créneaux d’écriture peuvent durer davantage que 25 minutes : en d’autres termes, 5 heures d’écriture ne signifient pas 10 pomodoros, mais 10 pomodoros maximum). Les pomodoros sont une aide, un starter pour le cerveau, et non un objectif. 

Je joue actuellement avec une autre technique de gestion du temps et les premiers résultats sont très prometteurs, mais j’attends plus de résultats pour en parler.

2019-06-01T14:40:54+02:00jeudi 28 juin 2018|Best Of, Technique d'écriture|8 Commentaires

Psycho Starship Rampage en solde sur Steam à -75% – seulement 2,50 € !

Houlà ! Un mot rapide pour signaler que Psycho Starship Rampage, le chouette jeu vidéo indépendant sur lequel j’ai travaillé il y a deux ans, principalement en faisant la musique, est actuellement en soldes pour une durée limitée et son prix le plus bas jusqu’ici : 2,50 euros ! Amazing ! Un rogue-like qui se joue comme un shooter, c’est parfait pour passer l’été au chaud alors que d’autres font des trucs complètement vains comme aller à la plage. Bref, attrapez-le vite tant que c’est chaud sur la boutique Steam :

Page magasin de Psycho Starship Rampage

2018-06-26T21:09:41+02:00mercredi 27 juin 2018|À ne pas manquer, Alias Wildphinn|Commentaires fermés sur Psycho Starship Rampage en solde sur Steam à -75% – seulement 2,50 € !

Le flux RSS du site est de nouveau à jour

Alors bravo, le mec, il fait tout un article pour dire que les flux RSS, ça reste d’actualité et c’est vachement mieux que Facebook, et celui de son site il marchait même pas depuis deux mois et demi.

Merci à Jérôme de m’avoir signalé la chose : c’est réparé et vous devriez voir débarquer deux mois et demi d’archives dans votre lecteur favori. La faute à Feedburner (et un peu à moi) qui n’a pas suivi quand le site est passé en chiffrement par défaut (https). Ça me fait penser que je devrais probablement me débarrasser de Feedburner, qui n’a plus grand intérêt aujourd’hui et Google lui mettra probablement une balle dans la nuque tôt ou tard, mais je vais attendre un peu que la situation se soit stabilisée chez tout le monde avant de considérer ce déménagement.

Pour info, on peut aussi suivre ce site avec une magnifique liste de diffusion mensuelle fraîchement rénovée, qui contient aussi de petits mots doux sur les derniers projets en cours et un récapitulatif commode des articles du mois. Soyez in, soyez modernes, soyez dans le coup avant tout le monde ! (ça n’est pas un terme de boxe) Hop, je recolle un petit formulaire pour la route :

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2018-06-22T07:59:35+02:00mardi 26 juin 2018|Dernières nouvelles|1 Commentaire
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