Mélanie Fazi expose ses photographies à Rennes

Salutations, peuple breton ! Mélanie Fazi, que tu connais pour ses écrits, ses traductions, sa présence dans l’imaginaire, est également photographe. Elle a rapporté de ses pérégrinations en salons littéraires, concerts, répétitions, quantité de portraits dynamiques, intimistes ou insolites d’artistes, musiciens, écrivains.

Elle exposera au Dahlia Noir, à Rennes. Cela commence ce week-end (samedi) et c’est pour un petit mois.

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2013-04-03T09:37:51+02:00mercredi 3 avril 2013|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Mélanie Fazi expose ses photographies à Rennes

Léviathan adapté à la télévision !

fr3pacaC’est une immense nouvelle que j’ai à partager avec vous aujourd’hui ; j’attendais que tout soit réglé et signé, et je suis maintenant libre d’en parler. La trilogie Léviathan va être adaptée en téléfilms !

Ce projet est réalisé en lien avec la région Provence Alpes Côte d’Azur, qui finance la production à hauteur de 51%, et de la télévision nationale qui y voit, selon les mots du producteur Erico Falso, « un fort potentiel à grand spectacle pour un divertissement familial d’exception ».

De manière à promouvoir la région ainsi qu’à faciliter la réalisation du projet par une petite production, certaines adaptations nécessaires seront opérées dans l’intrigue, mais n’ayez crainte ; l’histoire que vous avez appréciée restera intacte dans son esprit. Voici par exemple l’argumentaire de Léviathan : La Chute – le film.

Chercheur à l’Ifremer de Sète, Michel Peterresein est un homme hanté. En effet, ses parents sont morts sous ses yeux quand il avait sept ans, lors d’une traversée Nice – Bastia qui a viré au désastre. Devenu adulte et père d’un petit garçon, il est envoyé en mission en Sardaigne à bord d’un thonier. Mais il est loin de se douter que cette expédition suscite l’inquiétude d’une mystérieuse organisation séculaire, le Petit Groupe, dont les membres sont infiltrés aux plus hauts niveaux du Crédit Agricole et du Conseil Régional. Parmi eux, un de leurs agents, Macha Turgulescu, infiltrée roumaine, chargée de veiller sur Michel, reçoit des directives claires : le biologiste marin ne doit jamais partir en Sardaigne. Elle ne reculera devant rien – lenteurs administratives, changements d’horaires intempestifs, documents égarés – pour que Michel ne puisse pas renouveler son passeport !

Pour quelle raison Michel gêne-t-il tant le Petit Groupe ? Cela aurait-il un lien avec ce mystérieux cabillaud qui le suit où qu’il se rende et qui l’observe depuis l’aquarium décoratif de la salle de pause ?

Le tournage de ce premier volet démarrera en 2014, pour une sortie en 2015. Les deux autres volets sont déjà planifiés : Léviathan : La Nuit, sera diffusé en 2016 ; on y verra notamment apparaître un commissaire niçois à la retraite passionné de Minitel et du numérologie dans les résultats du Tiercé, André Léon. Enfin, Léviathan : le Pouvoir, qui verra notamment un retour à Bastia et l’élucidation du mystérieux cabillaud, sortira en 2017.

La distribution sera annoncée sous peu ; je vous en révélerai davantage dès que les rôles seront fixés. N’hésitez pas à faire tourner l’information !

2013-04-01T09:44:32+02:00lundi 1 avril 2013|Expériences en temps réel|28 Commentaires

L’État légalise le piratage, mais que le sien, faut pas déconner

Hélas non, ce n’est pas un poisson d’avril ; l’information est tellement saumâtre, tellement absurde, que le monde littéraire s’insurge devant cet abus de pouvoir scandaleux.

Voici le topo. Imaginez que demain, le ministre de l’agriculture vote une loi qui lui permette d’entrer chez vous et de se servir dans votre frigo. Votre seul recours ? Dire « non » quand il aura ouvert la porte et posé la main sur le jambon. Et si vous étiez parti en vacances, ou tout simplement sorti à ce moment-là ? Dommage. Vous êtes fucké (à moins de sauter dans de nouveaux cerceaux administratifs pour récupérer votre bien). Et, en attendant, le frigo est vide.

Cela vous semble dingue ? C’est pourtant ce que vient de voter le gouvernement français avec la loi sur les indisponibles au XXIe siècle, dite ReLIRE. En substance : vous êtes auteur d’un livre devenu indisponible. L’État peut décider de le ressortir, sous forme numérique, de lui-même. On vous rémunère, quand même, mais là n’est pas la question : les conditions sont les mêmes pour tout le monde, pas de négociation possible. Surtout, c’est 50/50 – pour l’auteur… et l’éditeur original, qui a justement laissé le livre devenir indisponible – donc qui s’est désintéressé de son exploitation !

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Il est normal qu’un livre vive son existence commerciale, puis s’éteigne. Mais le Code la Propriété Intellectuelle dicte justement que les droits peuvent revenir au créateur au bout d’un temps de non-exploitation… pour qu’il décide quoi en faire, justement. On ne les lui vole pas, et on n’en fait pas profiter un partenaire précédent !

Pour s’opposer à cette édition, il faut déterminer – en consultant une base de données qui fait honneur à la longue histoire de l’informatique d’État à la française, c’est-à-dire : au design soviétique tout en pastels administratifs et stable comme la tour de Pise – que votre oeuvre figure au registre, puis remplir un beau formulaire Cerfa pour dire en substance : « mon cher gouvernement chéri, t’es sympa, mais tu peux aller te faire fleurir avec des chardons ».

La manoeuvre est d’une énormité qui confine à la gifle. Il s’agit ni plus ni moins d’une expropriation et même de piratage, puisque nous sommes pieds et poings liés devant cette initiative.

Rappelons que l’auteur est souverain sur son oeuvre ; si on veut l’exploiter, on lui demande son avis. Pas l’inverse. Cette loi crée une exception grave, dont même les Américains, avec le régime du copyright, n’osent pas rêver. Enfin si, Google a bien essayé, mais s’est cassé les dents. Pour ajouter l’outrage au dommage, le même gouvernement français s’est élevé à corps et à cris contre la numérisation de Google Books, justement, prétextant le non-respect du droit d’auteur… pour faire la même chose deux ans plus tard.

Cerise sur le gâteau, la base, probablement vérifiée par des lolcats équipés de moufles, présente des incohérences totales par rapport à la loi. Citons par exemple

Maester_numerisation_oeuvres_indisponibles_snac_BD

Que faire ?

Pour aller plus loin :

Cette vidéo de Mediapart où Benoît Peeters qui résume simplement la situation en quelques minutes

Revolución.

2014-03-05T10:47:43+01:00vendredi 29 mars 2013|Le monde du livre|27 Commentaires

Ce week-end : fête du livre en région rennaise

2013_bécherelPour son 25e anniversaire, la Fête du Livre de Bécherel (ze village des bouquinistes et des libraires en Ille-et-Vilaine !) consacre les « merveilleux imaginaires » : fantasy, féerie, conte… Au programme : débats, dédicaces, projections, conférences, concerts, spectacles, cinéma…

J’y serai pour ma part dimanche 31 mars en dédicace. J’aurai le plaisir de participer ce jour-là à un brunch-débat en compagnie de Justine Niogret et Erik Wietzel, animé par Arnaud Wassmer, à la maison de la porte Saint-Michel à 11h30.

Tout le programme de la fête est disponible en ligne. Il y a de quoi faire !

Et sinon, où est Bécherel ? Facile :


Agrandir le plan

En espérant vous y retrouver nombreux !

2013-03-27T10:00:48+01:00jeudi 28 mars 2013|À ne pas manquer|3 Commentaires

Cloud Atlas : voyage à travers l’âme humaine

Cloud_Atlas_PosterImpossible de résumer Cloud Atlas en deux phrases – impossible même de résumer Cloud Atlas en un paragraphe. Aucun des pitches présents sur les sites de cinéma, aucune bande-annonce ne décrit clairement ce qu’est cet étrange OVNI, fresque gigantesque de près de trois heures, affichant quantité de stars d’Hollywood (Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving et j’en passe), et… co-produite par les Wachowski (ceux-là même, qui, après un premier Matrix très réussi, ont déçu la planète entière avec des suites fadasses).

Ouille. Alors, pétard mouillé ou oeuvre majeure ?

Cloud Atlas (tiré du roman Cartographie des nuages de David Mitchell) est impossible à résumer car le film rassemble quasiment tous les genres à travers pas moins de six histoires, couvrant de 1849 à 2321. Il serait fastidieux de les décrire ; disons qu’on y croise du récit de voyage, de l’enquête contemporaine, de la SF dystopique, du voyage initiatique. Le tout est relié de manière ténue par des échos, des réminiscences ; tel personnage lit les mémoires d’un autre ; telle histoire, devenue romancée et portée au cinéma, est visionnée dans le futur. En trait d’union, une mystérieuse marque de naissance en forme d’étoile filante, et des acteurs revenant d’une époque à l’autre sous d’autres identités (mention spéciale à Hugo Weaving en infirmière sadique qu’on croirait échappée de quelque donjon underground).

Dès le début, les récits s’entrecroisent sans autre indice visuel que la photographie. Très vite, ces six récits vont se superposer sans jamais s’attarder plus de quelques minutes à la même époque. Un parti-pris narratif audacieux, qu’on croirait pensé pour satisfaire la frénésie de zapping et autres déficits d’attention décriés aujourd’hui. Mais, loin de devenir un stroboscope incohérent et confus, la construction fonctionne admirablement bien, focalise étonnamment l’attention pendant ces trois heures et conserve une grande clarté à toutes ces lignes narratives. Un tour de force. (Signalons quand même quelques longueurs au milieu, où les scènes de fusillade SF, bien que très jolies, suscitent au bout d’un moment l’ennui ; après les fusillades d’autoroute de Matrix : Reloaded, on sent ici un certain laisser-aller Wachowskien.)

Avec une telle forme, on s’imaginerait se trouver devant une vasque tapisserie à la Collisions, Timecode ou même Contagion, où les histoires forment un tout plus vaste que l’on décode au fur et à mesure. Disons-le tout de suite : il n’en est rien. Le réemploi des acteurs – excellemment grimés – ne se décèle que tardivement ; les thèmes et les situations sont parallèles mais, paradoxalement, c’est suffisamment subtil pour passer inaperçu ; quant à la marque de naissance, aucune explication ne sera fournie. Non, de l’aveu même des producteurs, Cloud Atlas est davantage une expérience à vivre, dont chacun retirera le sens qu’il souhaite. Cela peut sembler une échappatoire, une solution de facilité, mais, pourvu qu’on y soit sensible, un vertige cognitif saisit effectivement le spectateur devant la seule envergure de temps couverte, la myopie obligatoire des personnages, inconscients du grand courant de l’histoire où ils s’inscrivent, des répercussions de leurs actes, grands et petits. Le film évite autant que possible les discours pompeux, ne donnant pas ses clés, se contentant de se livrer tout entier, et de laisser son public le trier, le lire comme il le souhaite.

Alors, faut-il recommander Cloud Atlas, ou non ? Argh. La réponse découlera directement de ce qui précède, et de la sensibilité du spectateur. Celui qui désirera une forme de résolution, des explications, sera certainement déçu, car cette mécanique narrative impeccablement huilée lui semblera vaine et creuse. Pour apprécier Cloud Atlas, il faut y rentrer comme dans un poème, un haiku (ce qui est paradoxal, vue la longueur du film) : une collection d’instantanés, de tranches de vie, dont l’ensemble s’insère dans un tout qui n’est jamais clairement décrit – mais qui n’est rien moins que l’heureuse tragédie du voyage humain – ; il tient de l’expérience contemplative, peut-être même (je prends le risque de lâcher le mot) métaphysique, pour peu que l’on accepte de s’en laisser pénétrer.

Quoi qu’il en soit, il est merveilleux de constater que le cinéma à grand spectacle réserve encore une place à des oeuvres comme celle-ci, audacieuses et, disons-le, parfaitement invendables au « grand public » tel que les financiers voudraient le voir décrit. Ajoutons, diable, une pointe de fierté chauvine au fait que ce soit le langage de l’imaginaire qui permette l’existence d’un tel film. Pour cette seule raison, j’aurais tendance à t’encourager, auguste lectorat, à aller voir Cloud Atlas ne serait-ce que pour le soutenir, pour montrer aux producteurs que oui, un projet dingue comme celui-là peut exister, et à te faire ta propre opinion – parce que c’est ambitieux, c’est unique, c’est grand public et bon dieu, c’est de la SF.

2019-03-17T22:27:27+01:00mercredi 27 mars 2013|Fiction|16 Commentaires

Finalistes du Grand Prix de l’Imaginaire

gpiLe 21 mars, le jury du Grand Prix de l’Imaginaire a annoncé la liste de ses finalistes. Les lauréats seront annoncés comme tous les ans au festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo, qui se déroulera cette année du 18 au 20 mai. Félicitations à tous et bonne chance !

Roman francophone

  • Les Derniers parfaits de Paul Béorn (Mnémos)
  • Oniromaque de Jacques Boireau (Armada)
  • Elliot du Néant de David Calvo (La Volte)
  • Du sel sous les paupières de Thomas Day (Folio SF)
  • Le Premier sang de Sire Cédric (Le Pré aux Clercs)

Roman étranger

  • La Fille automate de Paolo Bacigalupi (Au diable vauvert)
  • Enig Marcheur de Russell Hoban (Monsieur Toussaint Louverture)
  • Descendre en marche de Jeff Noon (La Volte)
  • Black-out de Connie Willis (Bragelonne)

Nouvelle francophone

  • Women in chains (recueil) de Thomas Day (ActuSF)
  • « J’atteindrai le pôle nord » de Gulzar Joby (in Galaxies n°18)
  • Des nouvelles de Ta-Shima (recueil) de Adriana Lorusso (Ad Astra)
  • Une collection très particulière (recueil) de Bernard Quiriny (Seuil)
  • Le prophète et le vizir (recueil) de Yves et Ada Rémy (Dystopia)

Nouvelle étrangère

  • « Les Mains de son mari » de Adam-Troy Castro (in Angle mort n°6)
  • Les Dames de Grâce Adieu (recueil) de Susanna Clarke (Laffont)
  • Manhattan à l’envers (recueil) de Peter F. Hamilton (Bragelonne)
  • « La Petite déesse » de Ian McDonald (in Bifrost n°68)

Roman jeunesse francophone

  • Nuit brûlée de Charlotte Bousquet (L’Archipel)
  • Black Rain – Saison 1 (tomes 1 et 2) de Chris Debien (Flammarion)
  • La Dernière lame de Estelle Faye (Le Pré aux clercs)
  • Ici-bas de Yves Grevet (Syros)
  • Magies secrètes de Hervé Jubert (Le Pré aux clercs)

Roman jeunesse étranger

  • Little Brother de Cory Doctorow (Pocket)
  • Jennifer Strange, dresseuse de Quarkons de Jasper Fforde (Fleuve Noir)
  • BZRK de Michael Grant (Gallimard)
  • Quelques minutes après minuit de Patrick Ness (Gallimard)
  • Sous le signe du scorpion de Maggie Stiefvater (Hachette)

Prix Jacques Chambon de la traduction

  • Florence Bury pour Princes de la pègre de Douglas Hulick (L’Atalante)
  • Camille Croqueloup pour Sous le signe du scorpion de Maggie Stiefvater (Hachette)
  • Sara Doke pour La Fille automate de Paolo Bacigalupi (Au diable vauvert)
  • Pierre-Paul Durastanti pour Zendegi de Greg Egan (Le Bélial’) & « Le Régime du singe » de George R.R. Martin (Bifrost n°67)
  • Nicolas Richard pour Enig Marcheur de Russell Hoban (Monsieur Toussaint Louverture)

Prix Wojtek Siudmak du graphisme

  •  Pascal Blanché pour Derelict Planet (CFSL Ink)
  • Stéphane Perger pour Tadjélé. Récits d’exil de Léo Henry, Laurent Kloetzer, Jacques Mucchielli & Stéphane Perger (Dystopia)
  • Aurélien Police pour Féérie pour les ténèbres (Intégrale 1 & 2) de Jérôme Noirez (Le Bélial’)
  • Shaun Tan pour La Chose perdue et L’Oiseau roi et autres dessins (Gallimard)

BD / Comics

  •  Azimut (tome 1) de Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae (Vents d’Ouest)
  • Les Contes de l’ère du Cobra (tomes 1 & 2) de Enrique Fernandez (Glénat)
  • Daytripper de Gabriel Bà et Fàbio Moon (Urban Comics)
  • Freaks’Squeele (tomes 1 à 5) de Florent Maudoux (Ankama)
  • Zaya (tomes 1 & 2) de Jean-David Morvan et Huangjiawei (Dargaud)

Manga

  • Black Paradox de Junji Ito (Tonkam)
  • Billy Bat (tomes 1 à 5) de Takashi Nagasaki et Naoko Urasawa (Pika)
  • Les Enfants de la mer (tomes 1 & 2) de Daisuke Igarashi (Sarbacane)
  • Sanctum (tomes 1 à 5) de Masao Yajima et Boichi (Glénat)
  • The Arms Peddler (tomes 1 à 5) de Kyoichi Nanatsuki et Night Owl (Ki-oon)
  • Thermae Romae (tomes 1 à 4) de Mari Yamazaki (Sakka)

Essai

  • L’Homme-machine et ses avatars sous la direction de Marc Atallah et Dominique Kunz Westerhoff (Vrin)
  • La Science-Fiction en France de Simon Bréan (Presses de l’Université de Paris-Sorbonne)
  • Rétro-futur ! de Raphaël Colson (Les Moutons électriques)
  • Petite philosophie du zombie de Maxime Coulombe (Presses Universitaires de France)
  • Bram Stoker. Dans l’ombre de Dracula de Alain Pozzuoli (Pascal Galodé)
  • Ces français qui ont écrit demain de Natacha Vas Deyres (Honoré Champion)

Prix spécial

  • Les éditions Ad Astra, pour la publication de l’intégrale du Cycle de Lanmeur (2 volumes) de Christian Léourier
  • Le label Délirium, pour la publication des anthologies Creepy et Eerie
  • Mes cheveux fous de Neil Gaiman et Dave McKean (Au diable vauvert)
  • Créatures fantastiques et monstres au cinéma de John Landis (Flammarion)
  • Féérie pour les ténèbres (Intégrale 1 & 2) de Jérôme Noirez (Le Bélial’)

Source (rappelant également la présélection)

2013-03-24T23:00:25+01:00lundi 25 mars 2013|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Finalistes du Grand Prix de l’Imaginaire

De belles épreuves

Oh mais qu’est-ce donc que ce gros paquet ? Permettez-moi de vous présenter les épreuves de Léviathan : Le Pouvoir, ultime volume de la trilogie entamée en 2011 avec La Chute.

LLP-epreuvesLes épreuves, dans le jargon, c’est un fac simile du livre ; l’intégralité mise en page dans les outils professionnels du maquettiste, tel qu’il se présentera sous sa forme finale une fois imprimé. C’est le dernier moment pour effectuer des corrections de détail, attraper une répétition sournoise, une fraute de fappe invisible, rectifier la ponctuation. (Et croiser les doigts pour n’avoir rien raté, en plus de l’armée de correcteurs, des yeux multiples chez l’éditeur, des lectures des proches, etc.)

En fait, je voulais le peser, mais

LLP-lourd… mon pèse-lettre déclare forfait à 2 kg. On est au-delà. (N’ayez pas peur, le livre sera moins lourd, il s’agit ici d’un tirage informatique sur papier brouillon, donc recto simple, soit probablement plus de deux fois plus lourd que l’objet final !). Mais, en effet, le livre sera épais (un poil plus que La Nuit) ; je tenais à ce que la trilogie se conclue à son aise, fournisse toutes les réponses attendues, mais réserve aussi son lot de surprises prévues de longue date ! Au poids, au moins, vous ne deviez pas être volés… On y retrouvera d’anciens amis et ennemis, certains dévoileront leur jeu, d’autres montreront l’étendue de leur perversité, et la véritable nature de Léviathan sera mise au jour…

Le livre est donc sur d’excellents rails, et sortira comme prévu, courant mai ! 

2013-03-19T18:50:09+01:00mercredi 20 mars 2013|Journal|7 Commentaires

Comment organiser le sommaire d’une anthologie

Eh bien, chacun ses méthodes, sa logique. Même si les lecteurs sont nombreux à lire les textes dans le désordre, entrer dans une anthologie, c’est avant tout partir en promenade en compagnie des auteurs, et il revient donc à Sylvie et moi de rendre la promenade agréable et fluide, de mettre chaque texte en valeur aux côtés de ses camarades tout en nous effaçant totalement derrière le talent des écrivains.

Pour partager avec vous un peu de la cuisine interne d’une anthologie comme Elfes et Assassins, personnellement, j’ai besoin de manipuler des choses et de réfléchir au feeling de l’enchaînement :

parcours_antho

Voilà. Sur chacun de mes post-its, il y a un nom et le titre d’un texte, et, très prosaïquement, je les déplace avec tous ces impératifs à l’esprit, plus d’autres : quelles pourraient être les attentes d’un lecteur achetant l’antho ? Découvrant la fantasy pour la première fois ? Étant au contraire un habitué de cette série de volumes et des Imaginales ? Que va lui évoquer le thème ? Sylvie et moi nous efforçons, autant qu’il est humainement possible, de satisfaire toutes les attentes et de maximiser le plaisir de lecture.

Nous nous livrons chacun à l’exercice de notre côté ; puis nous confrontons notre vision de l’ouvrage, réfléchissons ensemble et en plein accord, jusqu’à parvenir au parcours définitif que vous tiendrez entre les mains, avec un seul objectif : que vous plongiez avec passion et émotion dans les textes des auteurs !

2013-03-14T01:05:08+01:00lundi 18 mars 2013|Journal|3 Commentaires

Anthologie des Imaginales : Elfes et Assassins, le sommaire et la couverture !

L’anthologie annuelle des Imaginales, que je co-dirige à nouveau cette année avec Sylvie Miller, est en phase de finalisation ! Comme tous les ans, il s’agira d’explorer tous les horizons de la fantasy, du médiéval à l’urbain, de l’humour au tragique, toujours avec le sens de l’aventure qui caractérise les meilleurs récits du genre.

Pour mémoire, le thème cette année est « Elfes et Assassins », la rencontre du merveilleux et des ténèbres, de la magie et du crime !

La splendide couverture est réalisée par Jean-Sébastien Rossbach :

Couv. Jean-Sébastien Rossbach

Couv. Jean-Sébastien Rossbach

Au sommaire :

  • Raphaël Albert *
  • Pierre Bordage *
  • David Bry
  • Fabien Clavel
  • Fabrice Colin *
  • Jeanne-A Debats
  • Anne Fakhouri *
  • Anne Duguël
  • Johan Heliot *
  • Nathalie Le Gendre
  • Jean-Philippe Jaworski *
  • Xavier Mauméjean *
  • Rachel Tanner *

* Auteurs en dédicace aux Imaginales.

L’anthologie sera publiée comme tous les ans aux éditions Mnémos et sortira pour le festival Imaginales, qui se déroulera cette année du jeudi 23 au dimanche 26 mai 2013. Sylvie et moi-même y serons par ailleurs présents, et nous espérons vous y retrouver nombreux !

2013-03-11T10:24:48+01:00lundi 11 mars 2013|À ne pas manquer|2 Commentaires

Question : vaincre le doute… et ceux qui nous précèdent

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L’écriture d’un roman est toujours une période particulière, une parenthèse faite autant d’exaltation que d’abattement à vaincre, et je commence à me rendre compte que mes promesses pour le blog mettent toujours du temps à se concrétiser. J’en suis navré, d’autant plus qu’il y en a une qui me tient à coeur, celle de répondre aux questions sur le métier. En voici donc une qui m’est arrivée depuis à peu près deux ou trois éternités, avec mes plates excuses pour ma lenteur, et mon fervent désir d’être plus à jour.

J’ai bien trouvé deux trois choses pour m’orienter dans l’écriture d’un roman. Mais je crois que le plus gros travail reste d’ordre psychologique et prendre suffisamment de confiance en soi pour ne pas jeter l’éponge quand une voix me sussurre : « Laisse tomber, d’autres ont déjà écrit ça mieux que tu ne le feras jamais. » J’envie tous ceux qui n’entendent jamais cette voix et qui peuvent écrire avec leurs tripes sans se soucier de savoir que tout a déjà été écrit. Y a-t-il une méthode pour franchir cette barrière ? Pour enfin faire s’écrouler ce Mur des lamentations ? A force d’y mettre des coups de têtes, peut-être…

Voilà bien une excellente question sur la confiance en soi pour écrire, ainsi qu’un résumé à mon sens très juste de l’essence de ce métier : un mélange d’humilité – pour savoir retravailler, s’améliorer tant qu’on peut, ce qui signifie, au fond, que rien n’est jamais terminé – et d’égocentrisme, car écrire avec une visée professionnelle revient à dire : « j’ai des choses à raconter, et cela va suffisamment intéresser quelqu’un pour qu’il l’achète ».

Eh bien, pas de problème. C’est tout le paradoxe de la chose. Dès qu’on en prend conscience, cela va même mieux, je dirais. Je ne crois pas qu’il y ait de méthode miracle pour vaincre cette ambivalence. Je pense même que le doute, à petites doses, est un aiguillon salutaire pour chercher la qualité et pour ne pas croire que tout ce que l’on fait est génial – un syndrome hélas assez fréquent chez certains jeunes auteurs, ce qui rend impossible tout apprentissage ou tout retravail… Mais, à trop hautes doses, il est paralysant, nous sommes bien d’accord.

Je crains hélas que la réponse – en tout cas celle que j’aie trouvée, pour ma part – soit contenue dans ta question. Prendre confiance en soi, et cela vient avec le travail, l’expérience, la conscience évanescente que l’on parvient de mieux en mieux à atteindre ce que l’on souhaite faire.

Mais au-delà de ça, il y a une réalité réconfortante : seul toi peux écrire ce que tu as à écrire, si tu prends le temps de chercher au fond de toi ta vérité et ce que tu veux vraiment dire. Non, d’autres n’ont pas déjà raconté mieux que toi ton histoire. D’autres ont peut-être déjà traité ce thème, oui – c’est même plus que probable – mais ce que tu peux en faire, ce que tu peux raconter dessus, vient de ta personnalité, de ton vécu, de l’être que tu es, de ton regard sur les choses. Et tout cela est unique, au même titre que tu es une personne unique. Les thèmes sont immensément nombreux mais, à terme, ils représentent l’expérience humaine, le socle de ce que nous sommes, et tu es presque assurément condamné à retomber sur quelque chose de commun. Mais c’est normal. Ce que tu as à dire dessus, par contre, n’appartient qu’à toi. Il faut par contre prendre le temps de le chercher… Et savoir le rendre accessible, le faire partager. C’est là le parcours à apprendre.

En d’autres termes, si l’on s’était arrêté de parler d’amour parce qu’après Tristan et Yseult, tout avait été dit, Shakespeare n’aurait jamais écrit Romeo et Juliette. Toute création se construit sur les épaules des géants qui viennent avant nous. C’est le processus. Nous sommes des créateurs, mais aussi des continuateurs, des explorateurs à avancer en terrain nouveau, le nôte, en permanence.

Un des intérêts de l’imaginaire, c’est qu’on se trouve à défricher de nouveaux thèmes des décennies, voire des siècles, avant qu’ils ne fassent partie de l’expérience humaine. Mais c’est une autre histoire…

2014-08-05T15:18:28+02:00jeudi 7 mars 2013|Best Of, Technique d'écriture|12 Commentaires
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