Débat : Reines et Dragons, l’anthologie des Imaginales 2012

Couv. Kerem Beyit

Cet entretien d’une heure, réalisé à l’occasion des Imaginales, porte sur l’anthologie 2012 du festival, intitulée Reines et Dragons.

Auteurs présents sur le débat :

  • Pierre Bordage
  • Anne Fakhouri
  • Mathieu Gaborit
  • Chantal Robillard
  • Adrien Tomas

Modération : Sylvie Miller et Lionel Davoust (anthologistes).

L’enregistrement a été réalisé par le site d’actualités ActuSF et peut être écouté en ligne ou téléchargé sur cette page.

2012-06-12T21:49:18+02:00mardi 12 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Débat : Reines et Dragons, l’anthologie des Imaginales 2012

Ordo ab chao

Le colloque « L’Antiquité gréco-latine aux sources de l’imaginaire contemporain : Fantastique, Fantasy & S-F » vient de s’achever ; il s’est déroulé entre Rouen et Paris en fin de semaine dernière. Le programme, richement fourni en interventions de haut vol, est toujours accessible sur le blog de l’événement. Des actes seront édités, rassemblant entre autres le dialogue entre écrivains et universitaires.

Photo Jean-Christophe Benoist

J’ai eu le plaisir de participer à une table ronde d’auteurs le vendredi, où nous avons discuté de notre expérience et de notre propre usage de cette période dans notre fiction ; Fantasy.fr a filmé toutes les interventions d’écrivains, qui devraient être en ligne sous peu. Une expérience très intéressante que de confronter le point de vue du « réutilisateur » qu’est l’auteur d’imaginaire à l’étude bien plus historique des sources. Et ce qui est revenu régulèrement sur ces deux jours a été résumé par une formule bien trouvée de David Camus : en narration, « tout fait matière ». L’historien, l’universitaire, a pour charge et pour rigueur l’étude exacte de la matière première, des textes, du contexte historique ; l’auteur, quand il s’affranchit de l’historicité en construisant son propre monde, n’a pour autre obligation que la vraisemblance de la construction narrative.

L’Empire d’Asreth, dans le monde d’Évanégyre, comporte des réminiscences romaines – la symbolique de l’aigle, la devise « Pax Asreth Cayléann Vannhayr » qui constitue un écho à peine voilé au Senatus PopulusQue Romanus – mais aussi grecques par son plan de conquête civilisateur dont l’inspiration va plutôt lorgner chez Alexandre le Grand. Cependant, c’est aussi une civilisation que j’espère originale par son envergure, le fossé technologique qui la sépare des autres cultures d’Évanégyre, son impératrice-dragon pourtant non régnante, etc. C’est la grande liberté de la création, plus encore de l’imaginaire. Alors qu’à travers Léviathan, je m’efforce d’être très rigoureux dans mon approche historique (puisque ce monde est le nôtre), la fantasy reposant sur un monde inventé ne connaît qu’une seule limite : la cohérence fictionnelle. Asreth comporte quelques inspirations de Rome, mais n’est pas un décalque, une réécriture, ni même un référent précis à Rome. Asreth est autant nourri de ma culture historique que des images grandiloquentes et totalement erronées historiquement de Gladiator et de 300. Pourquoi ? Parce que c’est cool. Évanégyre ne cherche pas à établir un dialogue avec l’histoire réelle de notre monde, mais avec l’idée d’histoire, d’historicité, la marche des siècles et l’évolution des points de vue sur les faits, avec la distance culturelle, géographique, temporelle. Dans mon cas, cela me semble un point de divergence important entre l’écriture de la fiction et son étude universitaire. C’est avec le fantasme que le lecteur entretient des empires, de l’histoire, que je cherche à établir un dialogue, parce que, comme toujours, je reste un raconteur d’histoires avant tout, et c’est l’émotion qu’il m’intéresse d’aller chercher. Des questions peuvent s’ouvrir ensuite comme autant de portes, mais c’est en établissant d’abord un lien avec le coeur et l’intellect du lecteur que la fiction fonctionne. Elle n’étudie pas ; elle traite, discourt, et surtout, vit, échappant toujours en partie à la dissection.

Ce qui la rend diablement malcommode à étudier… et je rends hommage aux théoriciens et organisateurs du colloque pour leurs travaux pointus, leur éclairage sur l’imaginaire accueilli avec rigueur et passion sous les auspices prestigieux de l’Université, et pour leur travail de longue haleine pour l’organisation de cet événement.

2012-06-11T10:12:04+02:00lundi 11 juin 2012|Le monde du livre|2 Commentaires

Conférence-rencontre à l’occasion des Imaginales 2012

Photo ActuSF

Cet entretien d’une heure, animé par Stéphanie Nicot épaulée de Nicolas Barret pour les lectures, s’est déroule à l’occasion du festival Imaginales 2012 : la rencontre avec l’auteur « coup de coeur » de l’événement. Le site ActuSF en a réalisé l’enregistrement et le tournage.

Pour écouter en ligne la rencontre ou télécharger le MP3, rendez-vous sur cette page.

Un extrait, à propos de l’Empire d’Asreth du monde d’Evanégyre, le projet narratif de cet univers et le difficile problème de la morale en histoire :

2012-06-11T10:15:43+02:00vendredi 8 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Conférence-rencontre à l’occasion des Imaginales 2012

Débat : auteurs et récits engagés, passés de mode ou plus actuels que jamais ?

Photo ActuSF

Le but est de poser des questions et d’ouvrir des portes. C’est au lecteur d’avoir ensuite ses responsabilités.

Ce débat, faisant intervenir :

  • Jean-Pierre Andrevon
  • Lionel Davoust
  • David Anthony Durham
  • Carina Rozenfeld

Animé par Christophe de Jerphanion, épaulé par Jocelyne Bourbonnière en traduction, s’est déroulé dans le cadre du festival Imaginales 2012.

Le site de référence ActuSF en a réalisé l’enregistrement et la synthèse.

 

2012-06-07T11:03:53+02:00jeudi 7 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Débat : auteurs et récits engagés, passés de mode ou plus actuels que jamais ?

« Intérêt et faisabilité zootechniques de la métamorphose de masse » au sommaire de Fragments d’une fantasy antique

Tandis que le colloque intitulé « L’Antiquité aux sources de l’imaginaire contemporain » approche à grands pas (il se tiendra en fin de semaine entre Paris et Rouen, voir le blog consacré) le sommaire et la couverture de l’anthologie liée, Fragments d’une fantasy antique, viennent d’être dévoilés.

En plus d’intervenir au colloque lors d’une table ronde, j’ai aussi le grand plaisir de figurer dans l’anthologie avec un texte intitulé (on prend une grande inspiration) « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse », rédigé à la façon d’un bien curieux et acerbe article scientifique, dont l’auteur n’est pas entièrement inconnu…

Au sommaire de l’anthologie :

  • Fabien CLAVEL : « Sur un fragment perdu du Satyricon »
  • Jeanne-A DEBATS : « Le miroir d’Electre »
  • Romain ASPE : « Le Labyrinthe »
  • Rachel TANNER : « Le Sphynx »
  • Lionel DAVOUST : « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »
  • Nicolas DELONG : « Les Dieux veulent, les Dieux prennent »
  • Sylvie MILLER et Philippe WARD : « Voir Pompéi et mourir »
  • Nathalie DAU : « A couteau »

Celle-ci sera en vente en avant-première durant le colloque en fin de semaine. Elle sortira ensuite normalement en librairie à l’automne.

 

2012-06-07T11:04:15+02:00mercredi 6 juin 2012|À ne pas manquer, Dernières nouvelles|16 Commentaires

Imaginales 2012 : le coup d’envoi

Photo ActuSF

« Vos ambitions en littérature pour ces vingt prochaines années ?
— Être mis à l’index ? »

Cette courte rencontre, faisant intervenir :

  • Charlotte Bousquet
  • MaryJanice Davidson
  • Lionel Davoust
  • David Anthony Durham
  • Johan Heliot
  • Mercedes Lackey
  • Jaye Wells

Animée par Stéphanie Nicot en présence de monsieur le Maire d’Epinal, Michel Heinrich, avec à la traduction Jocelyne Bourbonnière et Sylvie Miller, constituait le « coup d’envoi » de l’édition 2012 du festival Imaginales.

Le site d’informations ActuSF en a réalisé la synthèse, lisible sur cette page, ainsi que le tournage.

Ce court extrait propose une partie du discours d’ouverture de Stéphanie Nicot, directrice artistique de l’événement :

2012-06-07T11:04:33+02:00mardi 5 juin 2012|Entretiens|Commentaires fermés sur Imaginales 2012 : le coup d’envoi

Epinal, du coeur

De retour d’Epinal, comme toujours épuisé mais absolument ravi, et cette année plus encore, puisque j’avais la joie et l’honneur d’être le « coup de coeur » du festival ! D’autant que c’est un événement auquel j’ai beaucoup d’attachement, puisqu’on y fait beaucoup de rencontres amicales, où il est extrêmement facile de discuter entre auteurs et lecteurs, sans barrières, et qui s’efforce d’année en année d’enrichir sa formule sans cesse depuis onze éditions.

Difficile, comme toujours, de faire un compte-rendu de cet événement après coup. Mais merci à vous tous, auteurs de l’atelier, lecteurs, blogueurs, visiteurs qui êtes venus échanger deux mots, assister aux tables rondes, vous intéresser aux livres et anthologies, des soirées de lecture aux déjeuners-débats. J’ai beaucoup de retard à rattraper sur les réseaux sociaux et je posterai dans les jours à venir les débats auxquels j’ai eu le plaisir de participer, enregistrés par ActuSF, en plus des quelques actus.

Bon retour à toutes et à tous et à très bientôt de visu – et le cours normal des émissions reprend par ici !

2012-06-07T11:05:40+02:00lundi 4 juin 2012|Carnets de voyage|11 Commentaires

En route pour les Imaginales

Illus. Christophe Vacher

Salutations, ô auguste lectorat. Me voici en route pour Épinal où se déroulera une des grand-messes majeurs de l’imaginaire en France, les bien connues Imaginales. J’ai l’honneur d’y être cette année le « coup de coeur » de l’événement, ce qui promet un emploi du temps bien rempli !

J’ignore si j’aurai la possibilité de bloguer de là-bas (même si c’est mon intention), donc il se peut que le site ait un petit ralentissement d’activité. Dans l’intervalle, j’espère vous y retrouver nombreux !

Programme et rencontres

[ai1ec tag_name= »Imaginales 2012″]

2012-05-25T17:23:13+02:00mardi 29 mai 2012|Journal|9 Commentaires

Questions génériques sur l’édition d’un livre

"Bonne nouvelle ! Vous avez en vous un livre qui n'attend que de sortir !"

Cela faisait un moment que je n’avais pas répondu à de bonnes questions sur l’écriture, en voici reçues par mail qui illustrent bien que le monde de l’édition est encore bien mystérieux.

Je veux imprimer un bouquin à la suite d’un voyage / expédition / reportage. Pourrais-tu m’eclairer sur les possibilités que je pourrais avoir sur l’edition d’un bouquin ? Si je passe par un éditeur, est ce que dois-je avancer de l’argent pour l’impression et la mise en vente ? De quoi se chargent-ils ? Est-ce qu’il faut que j’ai fini mon livre avant d’aller les voir ? Et est-ce que je peux vendre moi meme mon livre sans passer par un éditeur ?

En premier lieu, sur la question de payer ou non pour se faire éditer, le sujet est traité ici.

Ensuite, les rôles principaux d’un éditeur aujourd’hui consistent à faire retravailler l’oeuvre (pour lui donner le plus de force) et de la diffuser (= la placer en point de vente, ce qui est bien plus difficile qu’on ne pense et le nerf de la guerre aujourd’hui, car les rayons sont saturés, et Internet n’offre aucune visibilité sans un vrai travail de communication sur la durée). Un éditeur à compte d’auteur (cf l’article précédent) n’en fera pour ainsi dire rien, puisque tu l’as payé, il est rentré dans ses frais ; alors qu’à compte d’éditeur, l’entreprise ayant placé des billes dans ton travail, elle a tout intérêt à ce que ça se vende. Donc, la motivation – et l’action – seront là.

Généralement, il faut avoir fini le bouquin avant de le soumettre. On peut ensuite, avec les bons contacts et/ou de l’expérience, vendre sur synopsis ou sur un descriptif d’un projet, mais ce n’est pas très courant ni facile ; quand on débute, il faut montrer qu’on est fiable, et ça passe fréquemment par monter ses premiers livres sur son temps et ses fonds.

Oui, tu peux vendre ton livre sans éditeur (moyennant le respect de quelques règles, comme l’obtention d’un ISBN, numéro de série des livres), cela s’appelle de l’auto-édition. Cela semble alléchant parce que le pourcentage de rémunération d’un auteur sur la vente d’un livre est réputé faible (10% en moyenne du prix de vente public) ; mais il faut savoir que le marché de l’édition est saturé et que éditeur / diffuseur / agence de presse etc. se démènent pour te faire une place au soleil sans que toi, l’auteur, aies à t’en préoccuper. Or, cela coûte énormément de temps, donc d’argent. Si tu t’auto-édites, tu peux plus ou moins oublier toute idée de diffusion nationale (librairie, Fnac, etc.), et il va falloir démarcher les points de vente un à un, ce qui requiert une énergie démesurée pour une personne seule en échange de résultats souvent marginaux (j’aurais tendance à considérer que c’est de la folie pure si tu espères avoir ne serait-ce qu’une visibilité minime).

Il te faudra alors penser aux formes de diffusion alternatives, via Internet, sous forme de livre électronique (Amazon, etc.), en construisant un concept autour d’un blog, d’un site, de la géolocalisation, etc. et espérer que ton projet « buzze » sur la toile. Ca demande là aussi beaucoup d’investissement, régulier, surtout, mais pour moi, on entre dans le faisable, surtout avec de bonnes idées. Mais ça reste un gros pari, sur lequel tu devrais éviter de fonder de trop gros espoirs de rémunération.

2014-08-05T15:21:33+02:00jeudi 24 mai 2012|Best Of, Technique d'écriture|3 Commentaires

Les finalistes des Science Fiction and Fantasy Translation Awards 2012

L’Association for the Recognition of Excellence in SF & F Translation (ARESFFT) s’est lancée dans un projet honorable et important : mettre en valeur la qualité des traductions d’imaginaire vers la langue anglaise, donc venant du reste du monde. Quand on connaît l’envergure du marché anglophone et la difficulté d’y percer, on ne peut que saluer cette initiative visant à promouvoir la littérature étrangère et à reconnaître ses ambassadeurs.

Les finalistes de son prix (Science Fiction and Fantasy Translation Awards) ont été annoncés. Félicitations à Tom Clegg et Pierre Pevel pour leur nomination, ainsi qu’à Edward Gauvin (qui s’était occupé de la traduction en anglais dans Interfictions 2 de « L’Île close ») !

Roman

 

  • Zero, Huang Fan, traduit en anglais du chinois par John Balcom (Columbia University)
  • Good Luck Yukikaze, Chohei Kambayashi, traduit en anglais du japonais par Neil Nadelman (Haikasoru)
  • The Dragon Arcana, Pierre Pevel, traduit en anglais du français par Tom Clegg (Gollancz)
  • Utopia, Ahmed Khaled Towfik, traduit en anglais de l’arabe par Chip Rossetti (Bloomsbury Qatar)
  • Midnight Palace, Carlos Fuiz Zafón, traduit en anglais de l’espagnol par Lucia Graves (Little, Brown)

Nouvelle

  • “Paradiso”, Georges-Oliver Chateaureynaud, traduit en anglais du français par Edward Gauvin (Liquid Imagination Summer ’11)
  • “The Boy Who Cast No Shadow”, Thomas Olde Heuvelt, traduit en anglais du néerlandais par Laura Vroomen (PS)
  • “The Short Arm of History”, Kenneth Krabat, traduit en anglais du danois par Niels Dalgaard (Sky City: New Science Fiction Stories by Danish Authors)
  • “Stanlemian”, Wojciech Orlinski, traduit en anglais du polonais par Danusia Stok (Lemistry)
  • “The Green Jacket”, Gudrun Östergaard, traduit en anglais du danois par l’auteur (Sky City: New Science Fiction Stories by Danish Authors)
  • “The Fish of Lijiang”, Chen Qiufan, traduit en anglais du chinois par Ken Liu (Clarkesworld 8/11)
  • “Spellmaker”, Andrzej Sapkowski, traduit en anglais du polonais par Michael Kandel (A Polish Book of Monsters)

(Source)

2012-05-24T12:17:19+02:00mercredi 23 mai 2012|Le monde du livre|Commentaires fermés sur Les finalistes des Science Fiction and Fantasy Translation Awards 2012
Aller en haut