Typinator passe en v10, avec une app iOS et un abonnement encore évitable

Vite fait : Typinator est mon app de choix pour l’expansion de texte, et à présent, l’app offre un compagnon iOS qui donne accès à ses abréviations sur iPhone et iPad. Ça n’est hélas pas aussi élégant que le vieux kit propriétaire de TextExpander qui permettait d’associer dans les apps qui le supportaient la correction automatique du clavier système à l’expansion de texte (mais aucune solution, y compris celles de TextExpander elles-mêmes, n’arrivent encore à rivaliser avec cette implémentation hélas abandonnée depuis).

L’app de Typinator permet cependant d’accéder à ses macros sur son iPhone, ce qui peut être très pratique pour les messages-type, les macros basées sur des dates (genre Zettelkasten UID), les titres décidément trop longs (n’est-ce pas, « Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse »). À l’occasion, Typinator propose une formule à l’abonnement et y pousse gentiment ses clients (l’app iOS n’est ainsi pas disponible à l’achat unique). Cependant, l’achat unique reste disponible sur Mac, là où c’est quand même le principal.

Et s’il vous prend l’envie d’essayer la concurrence, j’ai vite fait testé Rocket Typist disponible via Setapp, mais immédiatement, des bugs ou des imperfections dans l’expansion de texte me sont apparues. Typinator reste la solution la plus fiable et rapide sous Mac que j’ai testée, et j’ai donc accepté le coût de la mise à jour à la v10, pour un outil qui est absolument vital à mon usage d’un ordinateur aujourd’hui, sans même parler de l’écriture.

De manière générale, si l’envie d’acheter cet outil (ou l’un des autres présentés sur ce site) vous vient, n’oubliez pas de passer par les liens proposés ici – vous contribuez à financer le temps passé à rédiger ces articles gratuitement. Merci ! (Comme toujours, liens affiliés.)

2026-03-12T05:13:46+01:00jeudi 12 mars 2026|Geekeries|2 Commentaires

Retrouvé dans les archives : « Les Dieux sauvages » en 2009

J’ai enfin pris mon courage à deux mains pour purger mon abonnement Office pour l’éternité (je serai donc : Meta-free, Google-free, Microsoft-free). J’ai mis si longtemps à cause de OneNote, qui ne présente aucune option de migration ou d’export, ce qui est sacrément bâtard de la part de Microsoft, mais nullement surprenant de leur part. Or, depuis le passage à l’abonnement, OneNote exige de conserver ses carnets de notes sur OneDrive, sans donner la possibilité de les rapatrier en local (en tout cas sous Mac), et il est purement et simplement impossible de les exporter en masse dans quelque format que ce soit.

Or, jadis, j’utilisais OneNote pour tout, comme j’utilisais autrefois Evernote, et aujourd’hui Bear. Notamment, toutes les notes de l’univers d’Évanégyre s’y trouvaient centralisées de 2009 à 2014 environ (et que j’ai continué à développer de loin en loin, certaines infos ne se trouvant que là, d’où l’importance), ce qui donnait ça :

Et là-dedans, j’ai dégoté ceci, dans une note innocemment appelée « Idées de cycles » :

On me passera l’expression « grosse guerrière », c’est mes notes perso, je me comprends, hein. C’est marrant de constater que certains éléments sont restés (Jeanne d’Arc évidemment, mais même Maragal était présent depuis le début !), d’autres pas du tout (j’ai fini par évacuer la dérive orthographique, qui s’est retrouvée à la place dans le nom Rhovelle / Rhovel, et Mériane n’est pas du tout une guerrière des eaux au final…)

Si vous voulez migrer depuis OneNote

En passant, donc, c’est la misère. Au final : Obsidian comporte un importateur qui convertit les notes en Markdown (que j’ai, de là, importées dans Bear), mais il ne sait pas récupérer les notes manuscrites, pour lesquelles j’ai dû me taper des captures d’écran à la main. 3h30 de taf laborieux pour tout vérifier et rattraper ce qui manque (et encore, je m’en tire bien).

Pour info, il existe aussi sous Mac une app appelée Outline, qui est un clone d’OneNote et permet de récupérer et convertir les classeurs en fichiers locaux sur son disque. Ce que j’ai fini par faire pour conserver une copie accessible, parce qu’une fois mon abonnement Office résilié, je perdrai l’accès à OneDrive, ce qui conduira à la destruction de tous mes classeurs OneNote. Faites bien gaffe si vous voulez vous aussi vous en débarrasser, ce n’est pas comme se dire qu’on garde un fichier PowerPoint dans un coin qu’on pourra toujours rouvrir plus tard !

2025-11-24T00:34:02+01:00mercredi 26 novembre 2025|Juste parce que c'est cool|Commentaires fermés sur Retrouvé dans les archives : « Les Dieux sauvages » en 2009

Quand soudain, je m’aperçois que j’ai deux appareils photo

L’adage dit que le meilleur appareil photo, c’est celui dont on se sert. Évidemment, c’est notre téléphone ; la machine à selfies et à photos souvenir qui sert davantage à fixer la mémoire qu’à faire de la création pour la plupart d’entre nous. Les appareils dédiés se font de plus en plus rares dans la nature, mais je conserve pour l’animalier un gros machin avec un zoom apte à me faire arrêter au contrôle de sécurité des aéroports : impossible d’attraper ça avec un iPhone, lol :

Keen wallaby
Cliquez pour agrandir

J’étais longtemps sur un Canon 7D, je suis maintenant passé sur un R7. Je conserve spécifiquement cette gamme au lieu de passer sur du plein format : mon usage principal étant l’animalier, le « crop factor » des plus petits capteurs augmente artificiellement la puissance des téléobjectifs (mon 400 mm, par exemple, est un équivalent 640). C’est pourquoi cette gamme reste au catalogue des fabricants depuis toujours, et pourquoi c’est le boîtier favori des photographes d’animaux et de sportifs (qui, au sens biologique, sont des animaux aussi).

Sauf que, on le sait aussi, la technologie a incroyablement progressé (Apple fait beaucoup de communication sur la capacité « photo » de l’iPhone). Je suis passé sur la gamme Pro des iPhone à l’origine avec le 11 pour m’amuser avec les possibilités offertes, étant à présent sur un 15 Pro Max parce que j’avais envie de jouer avec le grand-angle. Or, quand nous étions dans l’outback en juin dernier et que je me baladais avec mon R7, j’ai enfin saisi à quel point l’iPhone a progressé, mais aussi, à quel point c’est devenu un appareil photo à part entière. (Jusqu’ici, je trouvais ça rigolo, exploitable dans certaines situations, mais je me méfiais à mort du langage marketing : oui, okay, on a tourné tel et tel film avec un iPhone, mais il y a une raison pour laquelle on utilise encore des grosses caméras.)

Ça, par exemple, c’est du #shotoniphone (passé sous Lightroom ensuite) :

Great Central Road
Cliquez pour agrandir

Les vrais pros se baladent avec deux boîtiers, sur lesquels ils vissent deux types d’optiques différentes, un zoom et un grand angle, par exemple. Mais vu que mon R7 a pour boulot de zoomer, même avec mon grand angle, j’ai été shockay de découvrir que j’avais moins de recul que l’iPhone. Lequel shoote en RAW avec une définition respectable. C’est effectivement un appareil à part entière, aux capacités clairement bornées, mais très compétent pour son domaine spécifique (et même meilleur parfois – j’ai fait à main levée de la photo nocturne qui aurait nécessité un trépied sur un gros appareil).

J’ai donc l’équivalent de deux boîtiers, pour deux usages différents, et je ne m’en étais pas rendu compte. Et visser un grand angle sur mon R7 n’a plus aucun sens : j’ai un truc dans la poche qui fait ce boulot mieux de toute façon. L’iPhone, dans son domaine de compétence, n’est carrément plus un jouet dans la gamme Pro.

Cette prise de conscience me fait également réévaluer mon logiciel de développement photo, et ça tombe à point nommé. Adobe est une compagnie toxique, leurs abonnements sont abusifs, la polémique l’année dernière sur l’entraînement potentiel de leurs modèles génératifs sur le contenu des utilisateurs a soulevé la furie à juste titre, et ils ont encore augmenté leurs tarifs. Je veux les lâcher depuis longtemps, mais pour aller où ? Je suis bien coincé profondément dans Lightroom.

Sauf que, aussi : originellement, j’avais deux bibliothèques photo avec deux rôles clairement identifiés, Apple Photos avec le contenu « personnel » (photos de vacances, pour simplifier) et Lightroom avec le contenu « créatif » (puisque sortant du gros appareil Canon) ou relatif au volontariat écologique (photoidentification). Au fil des années, là encore, je me rends compte que ça n’est plus du tout aussi clair, et cette division est aussi artificielle que malcommode. Un coup je pioche un RAW dans Photos, un coup c’est dans Lightroom… Je passe sous Lightroom, mais je réimporte dans Photos dans mon album « Flickr sélection »… Tout cela est redondant.

Lightroom est puissant, je le connais sur le bout des doigts depuis une petite quinzaine d’années, mais franchement, Adobe et ses abonnements me sortent par les yeux, je vis sans Microsoft, Google et Meta, c’est l’occasion de chercher une autre solution, et de fusionner mes deux bibliothèques en une seule (et je paie de l’espace iCloud que je ne remplis pas).

Alors, quoi ? Setapp m’offre une licence de Luminar, que j’ai utilisé de loin en loin au fil des ans, mais je trouve l’interface bizarre et les résultats sur-travaillés (c’est une esthétique, mais ça ne colle pas pour tout). En ce moment, je tente ma chance avec Photomator, créé par les développeurs de Pixelmator que j’utilise déjà pour l’édition d’images, et qui vise clairement à concurrencer Lightroom en s’intégrant à Apple Photos.

J’ai très envie d’aimer Photomator. Clairement, c’est quand même bien moins puissant que Lightroom. Je perds tous les presets accumulés au fil des ans. Mais l’élégance d’aller directement piocher dans une seule bibliothèque de photos me plaît énormément. Donc, je vais insister et essayer de m’y faire, pour pouvoir virer Lightroom à terme. Pour ce que je fais, Photomator semble « good enough ».

Par contre, Apple a racheté les développeurs… Et on ne sait rien de l’avenir des apps. Je crois cependant qu’il est permis d’être prudemment optimiste : Apple ne rachète pas ce genre d’app pour les tuer ensuite (Workflow a donné l’excellent Shortcuts, par exemple), et il leur manque clairement un successeur à feu Aperture. À suivre.

2025-08-27T00:58:37+02:00lundi 11 août 2025|Photo|4 Commentaires

Marre de payer des abonnements et des mises à jour ? Il y a Setapp.

Autrefois, on disait : there’s an app for that, et le problème de notre époque, c’est que ça entraîne : … and it comes with a subscription. Il faut bien que les développeurs gagnent leur vie, on est bien d’accord, mais des abonnements dans tous les coins pour des apps qu’on n’utilise pas forcément à longueur d’année, ça pèse. Acheter des applications pour une activité de loisir intermittente, aussi. (J’aime faire du code à mes rares moments perdus, mais ça ne justifie pas de payer une licence annuelle pour un client git comme Tower, par exemple.)

Setapp est un idéal moyen terme, et après des soucis de modèle économique qui m’ont fait claquer la porte il y a deux ans, je suis redevenu un client ravi une fois leur maison remise en ordre. Le principe est très simple : c’est un Netflix pour applications. Un seul abonnement, l’accès illimité à 240 programmes dans des domaines extrêmement variés, allant de l’utilitaire dont on ne peut pas se passer (Bartender, BetterTouchTool, Dropzone, Default Folder X, AirBuddy, Yoink…) au gros logiciel de production (Ulysses, Spark, Craft). Toutes les apps sont d’excellente tenue ; pas forcément les meilleures du domaine (je continue à préférer Scrivener à Ulysses pour les sagas, par exemple) mais toutes de qualité, et surtout, couvrant tous les cas d’usage.

Je vous cause de Setapp aujourd’hui parce que j’ai découvert plusieurs excellents services par leur intermédiaire, ou que je voudrais vous causer d’excellentes apps qui se trouvent être disponibles chez eux, et que ça semble les bœufs à mettre avant ma charrette : vous dire où les trouver de façon avantageuse. Même en comptant toutes les licences que j’avais achetées séparément, Setapp est drôlement rentable. Une personne normalement constituée paiera 135 $ US par an, couvrant 1 Mac et 4 (!) appareils iOS. En comparaison, voici le calcul que j’avais conduit en prenant les services ou apps que j’utilise couramment au grand minimum :

App / ServiceCoût ou remplacement à l’année
ProtonVPN60€, remplacé par ClearVPN
Ulysses (pour blogging)40€, inclus
Mindnode (mindmapping)20€, inclus
Aeon Timeline (chroniqué ici)30€, inclus
Due (rappels)10€, inclus
Coût total160€

… on dépasse pas mal le coût de l’abonnement à Setapp normal, et on arrive même au coût de leur formule « Power User » qui couvre 4 (!) Macs (c’est-à-dire deux dans mon cas). Et ça n’est que cinq services…

Mais ça veut dire aussi que ça ouvre l’accès à une ribambelle d’autres applications, qui deviennent par essence gratuites :

  • Je collabore avec L. sur Craft pour notre vie commune ;
  • Gitfox est un client git largement suffisant pour mes besoins ;
  • Coderunner est un éditeur de code suffisant aussi ;
  • L’autre jour, j’avais ponctuellement besoin d’ouvrir une base de données SQLite, je n’ai eu que l’embarras du choix dans Setapp pour trouver un éditeur ;
  • J’ai découvert GetSound, mon nouveau fond sonore de travail favori ;
  • Et ainsi de suite.

C’est donc encore un abonnement, oui, je sais, sauf que c’est quasiment le dernier que vous prendrez (et que ça vous évite d’acheter quoi que ce soit d’autre). C’est comme un abonnement à un service de streaming musical… ça suffit dans 95-100% des cas. À moins d’être très spécifiquement exigeant sur ses outils, on peut sans aucun problème s’abonner à Setapp et ne plus rien utiliser d’autre (il y a deux logiciels de mails, une demi-douzaine d’apps pour travailler le texte, deux ou trois apps de time tracking, d’autres de notes reliées comme Craft ou NotePlan, et j’en passe, plusieurs solutions sont fréquemment proposées par domaine). Mais en plus, Setapp propose pour ainsi dire tous les utilitaires merveilleux qui rendent la vie magique sur Mac (à l’exception notable de Hazel et Alfred, même si des alternatives sont proposées), mais dont le coût peut devenir lourd en mises à jour. Et ça n’est pas de l’app à deux balles, c’est du vrai bel outil dans la quasi-totalité des cas.

Comme dit plus haut, si vous avez une poignée d’apps et de services favoris, vous continuerez à les utiliser (dans mon cas, Scrivener, Alfred, OmniFocus, Focus, Bunch, Keyboard Maestro et Hazel). Mais Setapp en inclut une impressionnante majorité et, dans bien des cas, propose des alternatives tout à fait compétitives.

Setapp est l’équivalent d’une boutique de bonbons pour geeks sous Mac et iOS. Vous en parler me donne en fait la possibilité de reprendre un peu la boîte à outils de l’écrivain, parce que j’y ai (re)découvert des tas de choses pour faciliter la vie créative, et c’est donc l’endroit privilégié pour les obtenir.

À venir, donc.

➡️ Découvrir Setapp gratuitement pendant sept jours

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2024-03-04T00:42:32+01:00lundi 26 février 2024|Lifehacking|2 Commentaires

Interruption temporaire de messagerie

Auguste lectorat, j’aborde dans des terres inconnues, l’espace liminal où s’évanouit le temps dévoré par le passage à l’heure d’été : à partir d’aujourd’hui et pour une semaine, mon mail sera indisponible. Je ne sais pas si les messages envoyés malgré tout (fous que vous êtes, prêts à braver tous les interdits) me parviendront une fois les interrupteurs rebranchés, ou bien s’ils seront condamnés à errer eux aussi en compagnie de Lucien, hurlant leurs octets au vide. J’espère que la coupure de service sera suffisamment brève pour que le flot engorgé se déverse à nouveau dans mon inbox en une rafale de tintements électroniques, mais on ne sait pas, on ne sait rien, c’est l’angoisse de la nature humaine.

Pourquoi ? Vous êtes sûr·e que ça vous intéresse ? Nan, parce que bon. OK, vous l’aurez voulu. Après avoir déménagé mes possessions terrestres et ma splendide personne, je déplace mon compte Apple de la France à l’Australie, or, pour des raisons abyssales connues seulement de Steve Jobs, je dois lui refaire une presque totale virginité, c’est-à-dire : annuler tous mes abonnements en cours. Dont mon espace disque sur iCloud, lequel gère et stocke aussi le mail de lioneldavoust.com. Théoriquement, je pourrais toujours envoyer et recevoir, sauf que 5 Go gratuits, mon copain, ça suffit tout juste à faire rentrer le projet Scrivener de « Les Dieux sauvages », alors on cause pas de toutes mes archives. En conséquence, je serai incapable d’écrire sur mon espace cloud pour cause de quota dépassé, et ça inclut les mails.

Si tout va bien, ça reviendra donc dans une semaine, le temps que tous mes abonnements s’arrêtent et que je fasse la bascule. « Si tout va bien » étant une phrase extrêmement dangereuse à prononcer dans un cadre informatique, un peu moins quand même chez Apple, mais bon.

Priez pour moi.

2024-01-22T08:15:03+01:00mardi 16 janvier 2024|À ne pas manquer|Commentaires fermés sur Interruption temporaire de messagerie

On est en 2023 et je paie pour un moteur de recherche

Sauf que si c’est pas gratuit, c’est pas moi le produit, et justement parce qu’on est en 2023, j’aime bien.

Le moteur de recherche, c’est un peu la base d’une vie moderne connectée, plus encore quand a besoin d’une clarification de règles à Terraforming Mars quand on écrit des trucs sur des machins et que l’on a besoin d’informations précises comme la possibilité de transporter une longue lettre dans un cartouche sur le dos d’un oiseau messager (ce qui revient un peu à connaître la vitesse de croisière d’une hirondelle non chargée, d’ailleurs, ce qui est spécialement important sur des ponts suspendus). Google donne des résultats excellents, je n’en disconviens pas, mais considérez-moi vieux jeu, j’aime bien mes données et qu’elles me restent personnelles.

Quelles alternatives respectueuses de la vie privée ? J’ai longtemps essayé DuckDuckGo et Qwant, mais quand on se retrouve à devoir taper !g pour revenir sur Google une recherche sur trois, on peut considérer que le service est inadéquat. Brave Search est un poil mieux, mais reste insuffisant pour des recherches pointues.

Des fous ont lancé il y a cinq ans Kagi, considérant qu’il y avait de la place sur le marché pour un moteur de recherche de qualité, payant et respectueux de la vie privée. On doit être plusieurs fous à être d’accord, car l’entreprise est non seulement toujours là, mais elle se développe.

Pourquoi le chien fait la gueule ? Je ne sais pas. Peut-être faut-il chercher l’étymologie de cagi en vieux français. Non, n’y allez pas. Je vous aurai prévenu.e.

Kagi propose des résultats de qualité, mais aussi, ce qui est intéressant, moins nombreux que la concurrence. Au lieu de noyer l’utilisateur sous douze mille pages semblables et cent mille images identiques, l’algorithme s’efforce de fournir des infos à la fois variées mais qui se recoupent le moins possible, ce qui rend utile l’exploration des pages 2 et 3 des résultats, et assure que dans l’immense majorité des cas, si l’info n’a pas été trouvée, c’est qu’elle n’est pas disponible. En particulier, Kagi est très doué à pêcher des réponses obscures sur Reddit ou dans des forums. Il est également possible de favoriser certaines sources au détriment d’autres, mais je n’ai jamais creusé là-dedans : je demande à mon moteur de recherche qu’il me réponde clairement d’emblée, ce que Kagi fait très bien sans configuration.

Combien ça coûte ? Ça dépend de l’usage, soit du nombre de requêtes mensuelles. On peut évidemment se faire une idée avec un plan gratuit, et monter en gamme jusqu’à l’illimité :

À titre d’exemple, 300 recherches suffiront pour une personne normalement constituée ; sachant que je fais beaucoup de recherches documentaires, je varie entre 400 et 600 recherches par mois, ce qui n’est pas non plus énorme (mais m’oblige quand même à un plan Professional).

Installer Kagi comme moteur de recherche par défaut

Évidemment, tout ça ne sert à rien si on ne peut pas utiliser son moteur tout nouveau tout beau avec la même immédiateté que son Google, hein ? Heureusement, les créateurs n’ont pas oublié de rendre leur produit disponible sur tous les navigateurs avec une extension qui interceptera obligeamment vos recherches pour les renvoyer vers leur moteur. Et oui, il y en a une pour Safari aussi, qui fonctionne sur Mac et iOS, ce qui permet de conduire ses requêtes depuis la barre d’adresse, comme avec Google. Joie !

Si vous utilisez Alfred (vous utilisez Alfred, hein ?), installer Kagi comme moteur de recherche par défaut est simplissime également. Quand vous êtes abonné.e au service, on vous fournit une URL de recherche personnelle à ne partager avec personne, contenant un jeton d’identification. Il suffit de créer une entrée supplémentaire dans la catégorie Web search d’Alfred (voir ci-contre) puis d’entrer votre URL de la façon suivante, en plaçant le jeton évidemment à la bonne place :

https://kagi.com/search?token=VOTRE_JETON_ICI={query}

Et voilà, c’est beau :

Un joli jouet (mais un peu pour riche, oui)

Est-ce que ça vaut le coup ? Honnêtement, si l’on parle du seul service, il n’est pas fantastiquement meilleur par rapport à Google pour valoir le prix de l’abonnement. Mais si l’on ajoute la vie privée dans la balance et que l’on est sensible à cet argument (comme je le suis), alors Kagi est non seulement la meilleure solution de rechange à Google, c’est aussi la seule valable.

Ça n’est certainement pas le premier produit que je vais vous recommander, mais il est important d’en parler, je trouve fantastique qu’une entreprise puisse faire de la concurrence à Google avec une vraie pensée derrière et une offre viable, et si vous êtes sensibles à ces arguments, vous vous reconnaîtrez. Sinon, vous passerez votre chemin, et ça marche aussi.

➡️ Explorer Kagi

2023-11-20T07:29:03+01:00jeudi 23 novembre 2023|Juste parce que c'est cool|2 Commentaires

Maintenant disponible : le kit d’émergence organique de Procrastination

L’émergence organique est ce concept que nous évoquons souvent dans Procrastination, abordé récemment de nouveau par la bande dans l’épisode sur l’inconscient constructeur – une histoire, un monde et des personnages dépendent tous les uns des autres, et une des manières les plus agréables et les plus cohérentes de créer un récit consiste à laisser ces dépendances se mettre en place naturellement au fil de l’écriture.

Jusqu’ici, nous avons pu dire que l’émergence organique se construisait avec l’expérience et la connaissance de soi. Mais à présent, toute l’équipe est ravie de vous présenter enfin un raccourci miracle vous épargnant toute la difficulté d’un travail ardu : le kit d’émergence organique de Procrastination !

Avec le kit d’émergence organique de Procrastination, plus besoin de travailler vos récits, de réfléchir à votre technique, de sonder en vous-même vos intentions profondes ni de démarcher des éditeurs ! Pour un modique abonnement mensuel de 49,90€ , vous pouvez d’ores et déjà commander sur la boutique du site ce kit, qui vous rendra 85% plus génial que l’année dernière à la même heure, fera arriver les sollicitations de manuscrits directement par SMS sans sortir de chez vous et vous donnera la connaissance intuitive de Scrivener !

Mais que contient le kit d’émergence organique de Procrastination ? Ce produit révolutionnaire et particulièrement bon marché est exclusivement réalisé avec des partenaires d’agriculture durable. Il contient six grosses graines d’idées géniales à planter dans le sol, un kilo de sol déshydraté prêt à l’emploi (votre propre sol peut être employé à vos risques et périls, voir ci-dessous), de l’eau Fluenceuse™®© et un mini-arrosoir en plastique jaune. (Ne surtout pas utiliser de plastique de couleur différente ni d’eau du robinet : seule l’eau Fluenceuse™®©, conçue par un procédé secret et breveté, peut désigner les idées géniales.)

De façon générale, il a été constaté que le kit d’émergence organique garantit une productivité accrue de 54%1, en plus d’offrir la capacité mentale de convertir automatiquement les calibrages des textes entre mots et signes et la prescience absolue concernant les tendances du marché, vous permettant de savoir ce qui va vendre demain, de manière à laisser exclusivement l’argent gouverner votre carrière ! C’est pour cette raison qu’il ne faut pas voir le kit d’émergence organique de Procrastination comme un achat, mais comme un investissement.

Et quel meilleur investissement que vous-même ? Et un modeste kit d’émergence organique ?

Grosse graine d’idée géniale en cours de germination

Vous êtes sceptique ? C’est bien normal ! Mais d’autres avant vous ont fait le même achat, et leurs témoignages absolument authentiques ci-dessous sont convaincus, alors si vous ne l’achetez pas, ça veut quand même dire que vous êtes un gros loser :

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ – Avec le kit d’émergence organique de Procrastination, je suis maintenant un auteur de best-sellers, j’ai obtenu trois contrats d’adaptation à Hollywood, et j’ai une grosse voiture. Recommandé à 100% !

– Marc L.

Le kit d’émergence organique de Procrastination a fait de moi un véritable phénomène sur les réseaux ! Tout le monde parle de moi ! Pour mes livres, bien sûr. Pour mes livres.

– Joanne K.

Grâce au kit d’émergence organique de Procrastination et une machine à voyager dans le temps, je suis maintenant un auteur classique étudié partout en France ! Et je vais pouvoir inventer TikTok avant l’heure.

– Victor H.

Et comment fonctionne donc le kit d’émergence organique de Procrastination ? Le mode opératoire est très simple.

  1. Prenez l’une des graines dans votre main courante ;
  2. Fermez les yeux et concentrez-vous sur l’idée géniale que vous souhaitez recevoir, pour une durée dépendant de la longueur du récit souhaité (une nouvelle : 30 secondes, un roman : 5 minutes, une saga de fantasy épique : 1200 ans) ;
  3. Plantez la grosse graine dans le sol déshydraté (si vous avez du sol chez vous, il peut aussi être employé, à condition qu’il ne provienne pas d’un cimetière amérindien, auquel cas l’équipe se dégage de toute responsabilité concernant d’éventuels effets indésirables sur la santé mentale et la carrière littéraire) ;
  4. Arrosez la grosse graine avec l’arrosoir et une bonne dose d’eau Fluenceuse™®© ;
  5. Et maintenant, assez procrastiné, allez écrire.
  1. Étude indépendante réalisée par Elbakin.net.
2023-03-30T05:29:45+02:00samedi 1 avril 2023|Expériences en temps réel|2 Commentaires

Twitter fait des trucs intéressants en ce moment

L’équation du Mal qui régit toute entreprise de réseau social (donc commercial) est la suivante :

  • Un réseau est attractif dès lors qu’il fédère un nombre d’utilisateurs suffisant pour lui donner de l’intérêt ;
  • Sachant que les gens ne sont pas dans l’ensemble prêts à payer pour un tel produit, cela pousse à le rendre gratuit ;
  • Sauf que ces serveurs pour héberger statuts, photos et vidéos et ne se paient pas d’amour et d’eau fraîche ;
  • Il faut donc rentabiliser (et faire croître) l’entreprise par de la pub, ce qui ouvre la porte à
    • tous les abus possibles concernant la vie privée pour cibler les utilisateurs ;
    • toutes les techniques les plus nocives pour les conserver sur la plate-forme en stimulant l’engagement (soit : le stress né de la captivité).

Exhibit A : Facebook. (Sérieusement, jetez un œil à cette page Wikipédia, ça vaut son pesant de likes.)

La capitalisation boursière et le fonctionnement de ces entreprises les rendent par-dessus tout captives de l’engagement. Je n’exonère personne, Hannibal Lecter aussi pourrait plaider qu’après tout, il avait seulement faim (juste, change de régime, mec ?), c’est seulement ce qui se trouve au cœur de toute cette toxicité.

C’est pour ça que je trouve que Twitter, après de longues années de complète apathie, tente en ce moment des trucs intéressants. Twitter Blue propose un abonnement optionnel (encore à l’état d’expérience) : puisque si c’est gratuit, c’est vous le produit, alors si c’est payant, c’est peut-être moins méchant (euh, j’improvise). Mon indécrottable optimisme me fait dire qu’il y a peut-être dans les hautes sphères de la boîte un constat productif :

  • Twitter sera toujours plus petit, car plus volatile que Facebook, donc un éternel second ;
  • Il faut donc cesser d’essayer de rivaliser sur le modèle économique et se différencier (timidement) sur le plan du modèle économique même (lequel va bien finir par péter, que ce soit à coups de lois ou de ras-le-bol des utilisateurs) (c’est entre autres pour ça que Mark Zuckerberg veut se racheter une virginité à coup de métavers et de rebranding) (jamais, Mark, jamais, tu m’entends ?)

Par conséquent, on pourrait voir dans Twitter Blue une tentative de s’extraire du marais puant de l’engagement ; si assez de gens paient, peut-être que l’entreprise pourrait s’arracher un peu au diktat du financement publicitaire, et donc proposer un fonctionnement d’un peu plus vertueux. (Maintenant, comme je l’ai lu, qui diantre accepterait de payer pour se faire agonir d’injures H24 ? Parce que Twitter, c’est aussi ça, et c’est une excellente question, mais c’est aussi une autre question.) (On pourrait aussi dire que rien ne changera et que ce sera juste une manière supplémentaire d’engranger du CA. Oui.)

Il y a aussi dans les cartons de Twitter l’initiative Bluesky, dont on ne sait à peu près rien, si ce n’est la promesse d’outils décentralisés revenant peut-être aux idéaux ouverts du web d’origine, ce qui est forcément sympathique. En tout cas davantage que ce qu’envisageait Facebook dans le même temps, entre autres un Instagram pour enfants (toi aussi, construis ton malheur dès le primaire). Le réseau a aussi reconstruit tout son écosystème programmatique pour que des applications tierces puissent proposer des expériences alternatives à la plate-forme officielle. En clair, vous pouvez utiliser Twitter avec d’autres clients que l’officiel : Twitterrific et Tweetbot, par exemple, pour personnaliser votre expérience. C’est totalement impossible avec Facebook.

Le problème avec Twitter, c’est que ça reste quand même géré avec davantage d’inertie et d’incompétence que de réelle volonté, mais dans le monde des réseaux, c’est toujours mieux qu’une volonté maléfique délibérée, hein. (Mon dieu, la barre est tellement basse.) Tout ça peut donc parfaitement n’aboutir nulle part, mais même en termes purement économiques, chercher à se désolidariser des mécanismes mêmes dans lesquels le principal concurrent s’est pris les pieds a un réel sens.

J’aimerais donc bien que ça donne quelque chose, parce que ce monde en a terriblement besoin.

2021-11-23T18:23:03+01:00lundi 29 novembre 2021|Humeurs aqueuses|2 Commentaires

Le bot Twitter gagne de nouveaux pouvoirs

Heu, alors, wahou. Je ne m’attendais vraiment pas à l’enthousiasme suscité par cette idée, et je m’en mords les doigts de ne pas avoir suivi le conseil plus tôt, du coup, heh ! Merci à toutes et tous d’en être aussi content·es, et de suivre le bot Twitter déjà en aussi grand nombre au bout de seulement quelques jours.

Du coup, il gagne des super pouvoirs supplémentaires, un peu expérimentaux :

  • Une rediffusion d’un ancien épisode de Procrastination toutes les deux semaines, en creux des nouvelles diffusions ;
  • Une rediffusion tous les trois jours d’un article tiré du Best-of du blog, depuis, heu, quelques années qu’il existe.

On va croiser les doigts pour que ça marche comme c’est censé, et n’hésitez pas à le signaler ici si ça vous inonde de chauves avec des orques en peluche. Encore merci pour votre fidélité !

2021-08-19T16:27:59+02:00lundi 23 août 2021|Dernières nouvelles|Commentaires fermés sur Le bot Twitter gagne de nouveaux pouvoirs

Si vous êtes sur Twitter, vous pouvez maintenant suivre le site avec ce bot

Soyons clairs, entièrement transparents, et peut-être que l’enseignement pourra servir à quelqu’un d’autre (est-ce qu’on n’est pas là pour ça ?) :

Fréquentation du site sur les six derniers mois

Malgré toutes les critiques que j’ai envers les réseaux (et qui sont aussi liées à la manière très personnelle dont mon cerveau un peu mal dégauchi fonctionne), je constate une réalité assez nette, et finalement assez évidente, qui est que bien sûr, les gens se renseignent là où ils sont. Et oui, la fréquentation du site s’effrite, ce qui ne m’ennuie pas spécialement dans l’absolu (je préfère la qualité des interactions à la quantité), mais de façon très prosaïque, même si je fais un métier de création dont la temporalité est violemment décorrelée de l’aspect effréné de notre époque, même si mes éditeurs font un prodigieux boulot de communication, même si mon travail est d’écrire et pas de faire community manager, il n’est pas complètement stupide d’avoir une tête de pont auprès de ces nouvelles réalités.

Mon problème avec les réseaux n’est évidemment pas les échanges merveilleux qu’on peut y avoir (duh) mais les dramas du jour oubliés en quarante-huit heures après avoir laissé tout le monde exsangue, les randoms qui viennent t’agresser dans l’espoir de gagner du follower sur des réactions polarisées, l’ambiguïté d’apparaître en tant que personne individuelle en ligne quand on n’est là pour son boulot (sachant que je déteste raconter ma vie personnelle en ligne, c’est vraiment pas ma came), les coups de sang qui m’épuisent mentalement tant sur Internet qu’IRL (et j’y inclus les miens). Et tout ça qui m’empêche de me concentrer sereinement sur ce que je fais, parce que, comme je l’ai dit ici et là, il m’est presque impossible de lâcher.

Quelqu’un m’avait suggéré au moment de mon départ la possibilité de proposer un compte social qui ne fasse que du relais sans interaction (merci pour cette suggestion, et désolé d’avoir oublié votre nom). Soit, potentiellement, le bon côté de proposer des choses en ligne, sans la charge mentale de gérer des mentions qui partent en sucette et de devoir alimenter la route à hamster avec des idées nécessairement réduites en 280 caractères.

Eh bien, on va tenter ça ! Je regrette d’avoir perdu un certain nombre de contacts sympas à mon départ, et si je peux vous rendre la vie plus facile en vous proposant un compte Twitter à suivre plutôt qu’une inscription à une newsletter, tout ça sans me rendre zinzin au passage, eh bah ce serait drôlement cool.

Ooooh :

Alors, pour des raisons de clarté, ça n’est pas Lucien, évidemment, mais c’est tout comme : ce compte relaiera les articles et les actus du site + quelques infos de dernière minute (comme le programme des salons) et, à terme, rediffusera le best-of du présent bordel site, comme au bon vieux temps. Mais pour me trouver en ligne, ça restera ici (le compte sera entièrement automatisé, pas de messages privés, je ne surveillerai pas les mentions). Une seule adresse :

http://twitter.com/LDavoustBot

J’espère que c’est une bonne idée. J’espère que vous trouvez que c’est une bonne idée. J’espère que ça vous sera utile, surtout, et puis à moi aussi, quand même. Comme toujours, n’hésitez pas à dire ce que vous aimeriez trouver dans un outil de ce genre. J’ai un peu peur, en toute franchise.

Question quant à l’éléphant dans la pièce : est-ce à dire que Facebook aura à terme la même chose ? En toute honnêteté, très probablement pas. Si Twitter m’a usé à titre personnel, j’ai beaucoup moins à reprocher objectivement à cette entreprise (même si ce ne sont pas des saints) que Facebook, dont l’emprise sur nos données, les innombrables scandales quant à la vie privée, le modèle économique même en font un véritable golem de pus. (Page 194 du Manuel des Monstres. Non, je déconne, j’en sais rien.) Je ne toucherai jamais plus un produit de cette entreprise (que ce soit Facebook, Instagram, WhatsApp mais aussi Oculus) à moins d’une refonte fondamentale qui, ne nous leurrons pas, n’arrivera jamais. Et si Facebook était le dernier moyen sur Terre de vendre un livre, sachez que je me reconvertirais dans l’élevage de harengs à Grundarfjörður. Plus jamais je n’alimenterai de mon plein gré leur système amoral et kafkaïen fondé sur la destruction de la société et de la raison, une publicité ciblée à la fois.

2021-11-15T18:39:25+01:00mercredi 18 août 2021|À ne pas manquer|10 Commentaires
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